mercredi 11 février 2026

DANTON

 

Danton vers 1790 – Musée Carnavalet – Paris


 Le nom de Danton est encore commun dans la région d’Arcis-sur-Aube, particulièrement dans les vallées de l’Aube et de son affluent la Barbuise. « Les DANTON étaient d’honorable bourgeoisie », de ce Tiers-État dont le tribun défendra les droits avec l’impétuosité que l’on connait. Ils se faisaient remarquer par leur stature et leur corpulence, par leur aplomb et leur âpreté aux gains.

Georges Jacques Danton est né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, et baptisé le même jour en l'église Saint-Etienne d'Arcis-sur-Aube : son parrain est Georges Camus, charpentier, et sa marraine est Marie Papillion, fille du chirurgien Charles Papillion.

Ses parents sont Jacques Danton (de Plancy où son père est agriculteur), procureur, et Marie-Madeleine Camut, fille d'un entrepreneur commissionné pour l'entretien des ponts et chaussées.

Danton a un an lorsqu’un taureau, se jette sur une vache qui l’allaite et le blesse d’un coup de corne, lui laissant une difformité à la lèvre supérieure gauche. Plus tard, comme il est doué d'une grande force, il veut se mesurer à un taureau qui lui écrase le nez d’un coup de sabot. Enfin, il contracte dans sa jeunesse la petite vérole, dont il conserve des traces sur son visage grêlé.

Danton fut un enfant terrible, rebelle à toute discipline, préférant l’école buissonnière à la classe, et courant les prés et les bois le long de l’Aube, pêchant à la ligne, se baignant et livrant bataille aux troupeaux d’où il sortait souvent vaincu. Il en conservait d’horribles cicatrices qui, ajoutées aux traces de la petite vérole donnaient à son visage le “mufle léonin” que l’histoire nous a laissé. A huit ans, une institution accueille le turbulent garçon, sans arriver à captiver davantage son attention, mais, il s’initie toutefois au latin et, chose rare à l’époque, il apprend l’anglais. Il se passionne aussi pour la lecture.

En 1772, il est admis au petit séminaire de Troyes, mais son esprit d’indépendance fait qu’il supporte mal la sévérité de l’internat et il ne cache pas sa façon de penser. Il va donc au collège de l’Oratoire de Troyes, il est classé parmi « les bons », en seconde et en rhétorique, de 1773 à 1775. Il obtient le prix de fable et des accessits de discours latin, d’amplification française et de vers latins.

Le 11 juin 1775, le jeune Louis XVI doit être couronné à Reims, ce qui fait l’objet de dissertations littéraires à l’école. Curieux de voir comment “on fait un roi”, Danton déjà un fort gaillard, s’échappe et se rend à Reims, à pied, où il trouve le moyen d’assister au spectacle. A son retour, il plaide si bien sa cause et son devoir, narrant les faits, qu’il est pardonné.

Jusqu’en 1780, il poursuit ses études à Troyes, apprend l’italien puis, après un rapide passage à l’université de Reims, il décide d’embrasser la carrière de robe. Toutefois, il revient souvent à Arcis qui garde pour lui un attrait grandissant. Puis c’est le contact avec la capitale où le jeune homme veut parfaire sa formation judiciaire. Là, va commencer sa carrière professionnelle puis politique d’où il tirera sa célébrité.

Il se marie le 14 juin 1787 en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris avec Antoinette-Gabrielle Charpentier dont il fit la connaissance à Paris, puis, devenu veuf, avec une toute jeune fille, Sophie Gely. Le seul héritier direct fut Louis-Antoine Menuel, né à Santiago du Chili le 15 septembre 1901.

Après ses humanités, il étudie le droit et devient avocat au Conseil. Mais, les causes ne lui arrivent pas et, son caractère s’aigrit, et il se jette à corps perdu dans le mouvement révolutionnaire.

Ami de Mirabeau, dont il a l’éloquence, il se met à la tête de tous les mouvements et de tous les complots dirigés contre la monarchie. Secondé par l’ardent Camille Desmoulins, il établit le Club des Cordeliers, et en est l’orateur le plus distingué.

Il préside le rassemblement du Champ de Mars, en 1791, et la même année, est nommé substitut du Procureur de la Commune de Paris. Il est accusé d’avoir conçu et inauguré le régime de la Terreur, et d’avoir été un des organisateurs des journées du 20 juin et du 10 août 1792. Membre du Conseil exécutif provisoire, et ministre de la justice, il fait faire des visites domiciliaires, le 2 septembre de la même année.

Nommé député de Paris à la Convention, il vote la mort de Louis XVI.

Peu de temps après, il est envoyé en Belgique pour la convertir à la révolution. On l’accuse, sans preuves, de s’être approprié 4 millions qu’on lui a remis. Il revient à Paris en mars 1793 pour se replacer à la tête du mouvement. Membre du Comité de salut public, il fait décréter la formation du Tribunal révolutionnaire.

Pour vaincre, dit-il, « il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! ».

Il n'hésite pas, par pragmatisme, à entamer des négociations secrètes avec les monarques coalisés pour négocier une paix rapide.

Quoique président de la Convention, il est accusé de tiédeur par ses collègues et surtout par Robespierre. Arrêté par ordre de celui-ci le 31 mars 1794, il est condamné à mort en qualité de contre-révolutionnaire. Sur le point de recevoir le coup fatal, il dit au bourreau : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ».

Il périt sur l’échafaud à 35 ans, le 16 germinal an II (5 avril 1794).

Ennemi juré des institutions monarchiques et de tout ce qui peut faire échec à la Révolution, il n’avait aucune haine pour les personnes, et il arracha plus d’une victime au poignard et à l’échafaud. Il chercha à sauver les Girondins, après avoir été leur antagoniste le plus acharné.

Danton n’oubliera jamais son pays natal. Il s’y installera par l’acquisition d’une élégante gentilhommière entoure d’un beau parc, où il aimait à venir se reposer et se replonger dans ses racines. Cette maison a été détruite lors de la guerre de 1940, mais les dépendances et le parc subsistent, faisant l’attention de la municipalité.


Maison de Danton, acquise par le Conventionnel en 1791

et habitée par sa famille jusqu’en 1887


La ville d’Arcis-sur-Aube, fière de lui avoir donné naissance, lui élève par souscription en 1882, une statue sur la grande place. L’œuvre de Longepied fut érigée en 1888 sur la place de la République et perpétue le souvenir du célèbre conventionnel.


statue de Danton à Arcis-sur-Aube


Le 12 mai 1883, le conseil municipal de Troyes donne le nom de Danton au boulevard qui aboutit à l'Avenue Chomedey de Maisonneuve.



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