Danton vers 1790 – Musée Carnavalet – Paris
Georges Jacques Danton est né le 26 octobre 1759 à
Arcis-sur-Aube, et baptisé le même jour en l'église Saint-Etienne
d'Arcis-sur-Aube : son parrain est Georges Camus, charpentier, et sa marraine
est Marie Papillion, fille du chirurgien Charles Papillion.
Ses parents sont Jacques Danton (de Plancy où son père est
agriculteur), procureur, et Marie-Madeleine Camut, fille d'un entrepreneur
commissionné pour l'entretien des ponts et chaussées.
Danton a un an lorsqu’un taureau, se jette sur une vache qui
l’allaite et le blesse d’un coup de corne, lui laissant une difformité à la
lèvre supérieure gauche. Plus tard, comme il est doué d'une grande force, il
veut se mesurer à un taureau qui lui écrase le nez d’un coup de sabot. Enfin,
il contracte dans sa jeunesse la petite vérole, dont il conserve des traces sur
son visage grêlé.
Danton fut un enfant terrible, rebelle à toute discipline,
préférant l’école buissonnière à la classe, et courant les prés et les bois le
long de l’Aube, pêchant à la ligne, se baignant et livrant bataille aux
troupeaux d’où il sortait souvent vaincu. Il en conservait d’horribles cicatrices
qui, ajoutées aux traces de la petite vérole donnaient à son visage le “mufle
léonin” que l’histoire nous a laissé. A huit ans, une institution accueille le
turbulent garçon, sans arriver à captiver davantage son attention, mais, il
s’initie toutefois au latin et, chose rare à l’époque, il apprend l’anglais. Il
se passionne aussi pour la lecture.
En 1772, il est admis au petit séminaire de Troyes, mais son
esprit d’indépendance fait qu’il supporte mal la sévérité de l’internat et il
ne cache pas sa façon de penser. Il va donc au collège de l’Oratoire de Troyes,
il est classé parmi « les bons », en seconde et en rhétorique, de 1773 à 1775.
Il obtient le prix de fable et des accessits de discours latin, d’amplification
française et de vers latins.
Le 11 juin 1775, le jeune Louis XVI doit être couronné à
Reims, ce qui fait l’objet de dissertations littéraires à l’école. Curieux de
voir comment “on fait un roi”, Danton déjà un fort gaillard, s’échappe et se
rend à Reims, à pied, où il trouve le moyen d’assister au spectacle. A son
retour, il plaide si bien sa cause et son devoir, narrant les faits, qu’il est
pardonné.
Jusqu’en 1780, il poursuit ses études à Troyes, apprend
l’italien puis, après un rapide passage à l’université de Reims, il décide
d’embrasser la carrière de robe. Toutefois, il revient souvent à Arcis qui
garde pour lui un attrait grandissant. Puis c’est le contact avec la capitale
où le jeune homme veut parfaire sa formation judiciaire. Là, va commencer sa
carrière professionnelle puis politique d’où il tirera sa célébrité.
Il se marie le 14 juin 1787 en l'église
Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris avec Antoinette-Gabrielle Charpentier dont il
fit la connaissance à Paris, puis, devenu veuf, avec une toute jeune fille,
Sophie Gely. Le seul héritier direct fut Louis-Antoine Menuel, né à Santiago du
Chili le 15 septembre 1901.
Après ses humanités, il étudie le droit et devient avocat au
Conseil. Mais, les causes ne lui arrivent pas et, son caractère s’aigrit, et il
se jette à corps perdu dans le mouvement révolutionnaire.
Ami de Mirabeau, dont il a l’éloquence, il se met à la tête
de tous les mouvements et de tous les complots dirigés contre la monarchie.
Secondé par l’ardent Camille Desmoulins, il établit le Club des Cordeliers, et
en est l’orateur le plus distingué.
Il préside le rassemblement du Champ de Mars, en 1791, et la
même année, est nommé substitut du Procureur de la Commune de Paris. Il est
accusé d’avoir conçu et inauguré le régime de la Terreur, et d’avoir été un des
organisateurs des journées du 20 juin et du 10 août 1792. Membre du Conseil
exécutif provisoire, et ministre de la justice, il fait faire des visites
domiciliaires, le 2 septembre de la même année.
Nommé député de Paris à la Convention, il vote la mort de
Louis XVI.
Peu de temps après, il est envoyé en Belgique pour la
convertir à la révolution. On l’accuse, sans preuves, de s’être approprié 4
millions qu’on lui a remis. Il revient à Paris en mars 1793 pour se replacer à
la tête du mouvement. Membre du Comité de salut public, il fait décréter la
formation du Tribunal révolutionnaire.
Pour vaincre, dit-il, « il nous faut de l’audace, encore de
l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! ».
Il n'hésite pas, par pragmatisme, à entamer des négociations
secrètes avec les monarques coalisés pour négocier une paix rapide.
Quoique président de la Convention, il est accusé de tiédeur
par ses collègues et surtout par Robespierre. Arrêté par ordre de celui-ci le
31 mars 1794, il est condamné à mort en qualité de contre-révolutionnaire. Sur
le point de recevoir le coup fatal, il dit au bourreau : « Tu montreras ma tête
au peuple, elle en vaut la peine ».
Il périt sur l’échafaud à 35 ans, le 16 germinal an II (5
avril 1794).
Ennemi juré des institutions monarchiques et de tout ce qui
peut faire échec à la Révolution, il n’avait aucune haine pour les personnes,
et il arracha plus d’une victime au poignard et à l’échafaud. Il chercha à
sauver les Girondins, après avoir été leur antagoniste le plus acharné.
Danton n’oubliera jamais son pays natal. Il s’y installera
par l’acquisition d’une élégante gentilhommière entoure d’un beau parc, où il
aimait à venir se reposer et se replonger dans ses racines. Cette maison a été
détruite lors de la guerre de 1940, mais les dépendances et le parc subsistent,
faisant l’attention de la municipalité.
Maison de Danton,
acquise par le Conventionnel en 1791
et habitée par sa
famille jusqu’en 1887
La ville d’Arcis-sur-Aube, fière de lui avoir donné naissance, lui élève par souscription en 1882, une statue sur la grande place. L’œuvre de Longepied fut érigée en 1888 sur la place de la République et perpétue le souvenir du célèbre conventionnel.
Le 12 mai 1883, le conseil municipal de Troyes donne le nom
de Danton au boulevard qui aboutit à l'Avenue Chomedey de Maisonneuve.
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