mardi 20 janvier 2026

Hôtel Dieu de Tonnerre (89)

 Hôpital Notre-Dame de Fontenilles



L'hôtel-Dieu de Tonnerre est fondé en 1293, par Marguerite de Bourgogne. Il est le plus long hôpital médiéval d'Europe et l'un des plus anciens.

En 1293, Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, veuve de Charles d'Anjou, roi de Sicile lance la construction de l'Hôtel-Dieu, au cœur du chef-lieu de son comté, Tonnerre. Elle met à la disposition des bâtisseurs des moyens financiers conséquents ainsi que les carrières et les bois de Maulnes, à proximité ainsi que des châtaigniers de Puisaye et d'une forêt du nord de Paris, permettant d'achever l'édifice en deux ans.

En 1295, l'Hôtel-Dieu accueille ses premiers patients dans quelque quarante lits.

Vers 1305, la Vierge Dorée gagne le chœur de la Grande Salle.

En 1308, Marguerite de Bourgogne s'éteint et est inhumée dans le chœur de la Grande Salle.

En 1454, un riche marchand bienfaiteur, Lancelot de Buronfosse, fait don d'une Mise au Tombeau, sculptée par Georges et Michiel de la Sonnette.

De 1642 à 1648, un deuxième hôpital, pour résoudre les problèmes d'humidité et de fraîcheur du premier, est édifié autour de l'actuel jardin. La Grande Salle désaffectée sert alors de lieu de sépulture jusqu'en 1777.

De 1763 et 1767, une extension est effectuée à la place de l'ancien portail de l'Hôtel-Dieu, pour y installer plusieurs salles, dont une pour le conseil d'administration de l'Hôpital, ainsi qu'un cabinet de chirurgie.

En 1785, une méridienne est installée sur le sol de la Grande Salle.

En 1793, la Grande Salle est utilisée comme halle puis magasin de paille. Les métaux de la méridienne et du tombeau de Marguerite de Bourgogne sont volés et la flèche du clocher (attestée au XVe siècle) est détruite.

En 1819, les descendants de Louvois reconstituent son mausolée de l'église des Capucins, profané à la Révolution (les profanateurs ayant dispersé ses cendres), dans la chapelle gauche de la Grande Salle.

En 1826, le nouveau tombeau de Marguerite de Bourgogne est installé à l'emplacement de l'ancien.

En 1850, pour pallier le manque de place, le pavillon Dormois, du nom de l'économe Camille Dormois, est édifié sur la place voisine, dans un style néoclassique.

En 1862, l'hôtel-Dieu est classé monument historique.

 Au début du XXe siècle, une campagne fut menée pour sauver le vieil hôpital, la municipalité de la ville ayant pour projet d'édifier un marché. Cette campagne, qui fut couronnée de succès, fut dirigée par Clément Georges Lemoine, membre de l'Académie des sciences (né à Tonnerre en 1841), devenu le 8 novembre 1908 président de la Société des sciences de l'Yonne.

De 1960 à 1982, les bâtiments du Centre hospitalier, Rue des Jumériaux, sont construits. C'est la fin de l'activité hospitalière de l'hôtel-Dieu de Tonnerre, bien que le nouvel hôpital en soit propriétaire.

L'établissement d'origine comprend une Grande Salle des Pauvres, accessible par un porche d'ouest, destinée aux soins des indigents malades, terminée par un chœur et deux chapelles, abritant quatre autels. Le principal est érigé en l'honneur de la Vierge Marie, et les autres pour Saint Jean-Baptiste, Sainte Marie-Madeleine et Sainte Élisabeth de Thuringe. Au dos du chœur et de la chapelle sud, se tient une sacristie et une crypte. En 1454 une Mise au Tombeau est installée dans la crypte, don d’un riche marchand. Au nord de cette Grande salle, le cimetière est encadré par plusieurs dépendances et trois corps de logis, démolis en 1838, deux abritant les services de l'hôpital et un, appelé "Château", servant de résidence à la fondatrice, Marguerite de Bourgogne.

Les bâtiments du deuxième hôpital, édifiés de 1642 à 1648, aujourd'hui disparus (sauf la buanderie), sont édifiés en L, autour de la cour latérale (actuel jardin).

L'extension (salle Courtanvaux) réalisée de 1763 à 1767, sous la direction des architectes Chauvelot puis Chaussard, à la demande de François-César Le Tellier, duc de Doudeauville, marquis de Courtanvaux, et comte de Tonnerre, arrière-petit-fils de Louvois et bienfaiteur de l'hôpital, se fait au détriment de la façade sur rue, de la partie antérieure du toit et du porche de la Grande Salle. La partie inférieure de l'extension, cellier antérieur conservé où l’on peut aujourd’hui acheter du vin) et la partie supérieure, le musée de l'hôtel-Dieu.

- La Grande Salle, bâtie sur un axe est-ouest, mesure, avec l'abside du chœur, 96 m de long (contre 88,5 m sans), 21,5 m de large et 20 m de haut, faisant ainsi de l'hôtel-Dieu de Tonnerre, le plus long hôpital médiéval d'Europe. De style gothique, son vaisseau, dont les murs de pierre sont couronnés d'une corniche à modillon, est soutenu par des contreforts à chaperon. Il est, en outre, percé par des fenêtres jumelées en arc brisé, inscrites dans une embrasure en arc surbaissé, et couvert d'un berceau lambrissé en chêne, laissant apparents les entraits et poinçons de la charpente, et aéré par des ouvertures quadrilobées.

Il est prolongé, à l'est, par un chœur, à abside polygonale, percé de hautes fenêtres en arc brisé à deux lancettes et quadrilobe de réseau. Ce dernier est flanqué de deux chapelles. Tous trois sont voûtés d'ogives, de même que l'ancienne sacristie, située en contrebas. Une tour d'escalier carrée, hors œuvre, donne accès à une pièce voûtée, au-dessus de la chapelle gauche, ainsi qu'aux combles.

Le mur sud est percé d'une porte (1764), encadrée de pilastres, et sert aussi d'appui à un bâtiment de pierre, comprenant un soubassement et un étage carré, couvert d'un toit à croupes.

À l'ouest du vaisseau, un escalier en équerre permet l'accès au grand palier, formant une tribune dominant l'ensemble, menant à la salle Courtanvaux. La façade de cette dernière, côté rue, comporte un avant-corps surmonté d'un fronton cintré. Le toit à longs pans et croupe polygonale est couvert de tuiles plates. Un clocheton hexagonal, à essentage d'ardoise, domine ce dernier, à l'ouest.

 


La méridienne, tracée au sol de la Grande Salle, date de 1785-1786.

Elle est réalisée par Dom Camille Férouillat, moine de l'abbaye bénédictine Saint-Michel de Tonnerre, à l'initiative du maître des requêtes Guermadeuc, exilé en cette ville et ayant obtenu de la commission administrative de l'hôpital la mise à disposition de la Grande Salle désaffectée. L'astronome Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande effectue la vérification des calculs. La méridienne indique l’heure du midi solaire vrai et l’heure du midi moyen, le soleil passant à travers un orifice, percé dans une ancienne fenêtre bouchée, pour former une tache lumineuse sur la ligne correspondant à l'un ou l'autre des midis. Elle indique en outre, les mois, les saisons, les solstices, les équinoxes ainsi que les signes astrologiques.

Selon André Matton   !



Tombeau de Louvois

Installé dans la chapelle du couvent des Capucines à Paris, dès 1691, puis mis à l'abri au musée des Petits Augustins, à la Révolution, le tombeau de François Michel Le Tellier dit "Louvois", marquis de Louvois, de Courtanvaux et de Souvré, comte de Tonnerre, sire de Montmirail, La Ferté-Gaucher, Chaville et Viroflay, ministre de Louis XIV, est transféré à l'hôtel-Dieu de Tonnerre en 1819, à l'initiative de ses descendants.

Ce monument, de marbre et de bronze est l’œuvre de François Girardon, Martin van den Bogaert (Desjardins) et Corneille Van Clève.

Louvois est représenté, allongé de quart sur son tombeau, dans son habit "fleurdelisé" de l'Ordre du Saint-Esprit, aux côtés de son épouse, Anne de Souvré.

Ses armes (trois lézards d'argent et trois étoiles d'or) figurent sur le socle du tombeau. L'ensemble est encadré, à gauche, par une statue de Minerve, représentant la Sagesse, et à droite, par l'allégorie de la Vigilance, le pied posé sur un globe terrestre, avec, à sa gauche, une grue tenant un caillou dans sa patte.


Tombeau de Louvois

François Girardon, Martin Desjardins et Corneille Van Clève  - XVIIe siècle  -  Marbre, bronze

François Michel le Tellier (dit Louvois) fut Ministre de guerre de Louis XIV de 1684 à 1691, date à laquelle il mourut subitement d’une crise cardiaque à Versailles. Il fut comte de tonnerre par son mariage avec Anne de Souvré, à qui il racheta le compté en 1684.

Anne de Souvré née à Paris en 1646 – Décédée à Versailles en 1715

Comtesse de Tonnerre – Marquise de Louvois

 Ce décès soudain a demandé quelques années avant que son épouse puisse mettre sa sépulture dans ce tombeau réalisé par Girardon (à l’origine pour l’église des Capucines, place Vendôme à Paris). Pillés à la Révolution, les restes de Louvois ont été éparpillés. Ce tombeau a été ramené à Tonnerre en 1819, à l’initiative de ses descendants.

Louvois est à demi allongé en habits de l’Ordre du Saint-Esprit (dont il était chancelier), aux côtés de sa femme.

Ses armes (trois lézards d’argent et trois étoiles d’or) figurent sur le socle du tombeau. A sa droite une statue de Minerve, représentant la sagesse a été exécutée par Girardon. A sa gauche, l’allégorie de la Vigilance, le pied posé sur un globe terrestre avec à ses côtés une grue tenant un caillou dans sa patte, a été exécutée par Desjardins.

 Anne de Souvré :

« Je suis Anne de Souvré, mon nom vous est sans doute inconnu en effet, c’est le lot de toutes les épouses de grands hommes. Néanmoins, mon mari, François Michel le Tellier, dit Louvois, le grand ministre de la Guerre de Louis XIV n’aurait sans doute pas accompli tout cela sans moi. Peu de temps après avoir acheté le comté de Tonnerre de mes ancêtres, sa disparition soudaine nous accable. C’est sa respiration qui le foudroie. Il connaissait Tonnerre de par son titre, mais ne l’a que trop peu visité. Pourtant l’hôpital avait en ses spécialités les maladies pulmonaires et aurait pu le soigner.                                                                                     Moi j’avais ce comté en amour : Je n’ai pas oublié le bruissement du vent dans les vignes, mes pas sabrant les bords de l’Armançon, la fraicheur de ses sources scintillantes, la ritournelle des passereaux qui contemplait la rondeur de la vallée.

Un comte de Tonnerre doit s’attendre à être inhumé aux yeux de tous ! Alors que le tout Versailles pleurait la perte du ministre, la lumière semble rejaillir sur mon nom. Sa gloire passée se fige dans le marbre pour la postérité, sous le burin de François Girardon que j’engage pour cette œuvre en 1691. J’ai passé commande pour le tombeau de mon mari mais je souhaitais qu’à côté d’un ministre alangui, cela soit moi, son épouse me tenant droite et attentive que l’on remarque.

Intéressons-nous aux allégories : à gauche se tient Minerve, la déesse de la Sagesse ; armée d’une lance et casqué, c’est une figure guerrière et à ses pieds un chien, signe de fidélité et un bouclier, dont le décor  à tête de Gorgone est un symbole qui éloigne le mauvais sort.

Quant à l’autre allégorie, à droite, c’est celle de la Vigilance. C’est une figure féminine qui s’instruit, le livre ouvert posé sur ses genoux. De sa main gauche, elle tient une lampe à huile qui éclaire les ténèbres. Cette lumière lui évite les chemins tortueux et lui assure, comme elle pose son pied sur le monde, d’imposer sa domination. Et si d’aventure l’attention vient à s’endormir, comme la grue à son côté lâcherait la pierre qu’elle tient dans ses serres, alors la Vigilance la réveille.

A travers ces allégories, mes contemporains verront les vertus d’un ministre de la guerre. Mais pour l’avenir, pour vous, voyez-y ma détermination à conserver mon image en ce comté de tonnerre et à rappeler qu’il y a toujours de grandes femmes derrières les grands hommes de l’Histoire ».

 Tombeau de Marguerite de Bourgogne

Le tombeau dans lequel Marguerite de Bourgogne est inhumée en 1308, est installé dans le chœur de la Grande Salle. Il est constitué de cuivre et de bronze et représente la fondatrice gisante, avec deux angelots à sa tête et une colombe à ses pieds.

Les métaux sont pillés en 1793, mais les restes de la comtesse sont épargnés, de par son bon souvenir de protectrice des pauvres et des malades.

Le tombeau actuel, daté de 1826, est l'œuvre de Bridant. Il est fait de marbre blanc et représente Marguerite de Bourgogne assise, en robe fleurdelisée et couronnée. Sa main gauche est posée sur sa poitrine tandis que sa main droite, tombante, tient la charte de fondation de l'Hôtel-Dieu. Son corps est soutenu par la Charité, allégorie voulue par l'auteur (les Tonnerrois aimeront voir sous les traits de cette femme la ville de Tonnerre), qui tient dans sa main le cœur de Marguerite de Bourgogne.

La présence du cœur dans cette scène fait référence au don qu'en fait la fondatrice aux tonnerrois, dans le dernier codicille de son testament.


 La "Mise au Tombeau", située sous  l'ancienne sacristie, date de 1454. C'est l'une des plus anciennes d'Europe.


Elle est commandée par Lancelot de Buronfosse, un riche marchand bienfaiteur, et est l’œuvre de Georges et Michiel de la Sonnette, disciples supposés de Claus Sluter, sculpteur des ducs de Bourgogne.

Cette sculpture, taillée dans la pierre locale, est à l'origine polychrome et comporte, outre les huit personnages représentés, deux gardes romains, aujourd'hui disparus.

Elle met en scène le Christ étendu sur son tombeau, Saint Joseph d'Arimathie, à sa tête, la Vierge Marie, soutenue par Saint Jean, à gauche, Sainte Marie Madeleine en orante, la chevelure dégagée, au centre, les deux Saintes Femmes, à droite, et Saint Nicodème, à ses pieds.

Sept personnages, en dehors du Christ, composent cette mise au tombeau. L'homme situé à la tête du Christ pourrait être Joseph d'Arimathie. Ensuite, de gauche à droite, viennent : la Vierge et Jean, Marie de Magdala, Marie d'Alphée, mère de Jacques et de Joseph et Marie Salomé. Aux pieds du Christ, un marchand, peut-être Nicodème. Les plis des manteaux sont lourds et assez caractéristiques de la sculpture bourguignonne de la fin du Moyen Age. Les visages aux yeux fermés donnent aux personnages une expression très intériorisée. Ils ne se regardent pas et semblent absents de la scène, préférant le recueillement intérieur à l'expression de la douleur.   1453

 Description historique

L'oeuvre a été exécutée par deux élèves de Claus Sluter, Jean Michel et Georges de la Sonnette, grâce au don d'Ancelot de Buronfosse, marchand de Tonnerre, en 1453 et placée dans la chapelle dite du Sépulcre (et plus tard dans les registres de délibérations et inventaires d'objets mobiliers du 'Revestiaire') en 1454. Le groupe a été restauré en 1861 par le sculpteur italien, originaire de Milan, Eugenio Thierry, auquel, la même année, le conseil d'administration avait commandé un buste de Camille Dormois. Les deux gardes qui complétaient la scène originelle ont disparu (cf. registre des délibérations de l'hôpital, 1861). 

Il avait été envisagé de déplacer, en 1861, la mise au tombeau, qualifiée dans tous les textes de Sépulcre. La grille de clôture en fer forgé qui forme barrière et main-courante a été sans doute placée là à cette date. La dernière restauration date de 1983. L'épisode source des représentations habituelles des mises au tombeau, dont, en Bourgogne, les plus célèbres en dehors de Tonnerre sont, celle de Semur-en-Auxois et celle de Châtillon-sur-Seine, est décrite dans Luc, 23, 55-56 et dans Marc 16, 1-3.

 Le maître-autel du chœur de la Grande Salle date du XVIe siècle de style Renaissance

L'autel en bois peint bleu est encadré par deux paires de piliers corinthiens supportant un fronton ouvert en son milieu. Entre les piliers de chaque paire se trouve une niche contenant, pour l'une, une statue de Saint Augustin en évêque, et pour l'autre, une statue de Saint Pierre en pêcheur. Le retable représente le Crucifiement de Saint Pierre, surmonté par la Vierge Dorée, posée au milieu du fronton.

La Vierge à l'Enfant au buisson ardent

La Vierge à l'Enfant est commandée par Marguerite de Bourgogne vers 1305. Elle est peinte en doré, mesure 2,10 m de haut et est installée au-dessus du maître-autel du chœur, dominant ainsi la grande salle. Elle tient dans sa main droite un lys, symbole de pureté, et l'Enfant Jésus dans sa main gauche. À ses pieds, Moïse est en prière devant le Buisson ardent. Cette œuvre représente la Bible dans son ensemble, par le savant mélange de personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament ; Jésus étant qualifié de "nouveau Moïse", dans l'Évangile selon Jean.

 Le musée de l'Hôtel-Dieu, situé à l’étage de l'extension aménagée au XVIIIe siècle, retrace la vie de l'Hôpital en présentant du mobilier, des bijoux de Marguerite de Bourgogne et de son époux, ainsi que les reconstitutions d'une chambre d'hôpital du XIXe siècle et d'un bloc opératoire du début du XXe siècle.



 Le Pavillon Dormois a été construit à l'Est du château des comtes de Tonnerre, acquis en 1837. Il était prévu à l'origine de réaménager le château, mais il sera finalement détruit pour laisser place au bâtiment actuel, édifié à partir de 1850. Les pierres du château serviront à la fondation du nouvel établissement, les tomettes seront placées dans le grenier du pavillon Dormois et les poutres de chêne qui constituaient la charpente du château serviront de pilotis au pavillon Dormois construit en partie sur les anciens fossés de la ville. Le bâtiment a été conçu par l'architecte Louis François Perruchon (plans et devis définitifs approuvés par le conseil d'administration en 1848) et construit notamment par les entrepreneurs tonnerrois Louis Gaudenaire puis Charles Viard. Les ailes centrale et méridionale (destinée aux hommes avec les salles saint Charles, saint Louis et saint Augustin) ont été inaugurées en octobre 1851. L'aile nord destinée aux femmes sera construite en 1852 (salles sainte Marie et sainte Hélène à l'étage, sainte Marguerite et sainte Catherine au rez-de-chaussée). En 1904, projet de construction par Rousseau (architecte de la ville mais établi à Auxerre) de deux pavillons, l'un pour l'isolement des malades contagieux et l'autre pour la salle d'opérations ; les travaux seront adjugés en 1906 et reçus définitivement en 1909. Une salle d'hydrothérapie sera installée en 1906-1907 dans le sous-sol du pavillon de la salle d'opérations. Le bâtiment doit son nom à Camille Dormois (1799-1867), économe de l'hôpital à l'époque de la construction et également historien de l'hôtel-Dieu. Il est aujourd'hui utilisé par les services administratifs de l’hôpital.



 Trésor et musée

Cloche à 2 anses, mouton en chêne avec ferrures et attache de la corde.
Inscription sur une ligne à la partie supérieure du vase, lettres sur dossiers.

Inscription : SITNO MEN DOMINI BENEDICTVM LE 17 MAY 1738


Ciboire et ostensoir en tôle de fer étamée. Vestiges de dorure sur l'ostensoir, gloire à rayons alternativement droits et ondés.

Décor de frises de perles sur les deux objets, lunule de l'ostensoir bordée de festons.

H = 44 ; la = 17

Manque la croix du couvercle du ciboire ; dorure de l'ostensoir usée. 18e siècle

 Les objets du culte en étain ou en fer blanc sont assez rares, ils ont été principalement fabriqués entre la période révolutionnaire et la restauration du culte par le Concordat en 1802.

 


Horlogerie : Acier ; laiton ; fonte : peint, vert ; chêne

Chevalet en chêne, châssis en fonte peinte en vert, mécanisme en acier et laiton. L'horloge à échappement à chevilles sonnait les quarts et les heures ; le mécanisme qui se trouvait dans le comble du pavillon Dormois, était relié au cadran extérieur et actionnant les trois cloches du campanile.

H = 130 ; la = 127 ; pr = 53 ; Dimensions avec le chevalet ; cadre en fonte : h = 30, la = 110, pr = 53.

Marque sur le châssis : BREVETE / J. WAGNER / NEVEU / RUE DES PETITS CHAMPS, 47 / PARIS

Par : Wagner Jean, dit : neveu (horloger) ; Vassort Gilles (restaurateur)   Milieu 19e siècle

 Horloge réalisée par Jean Wagner dit neveu, horloger à Paris, médaille d'or en 1849 (voir Tardy : Dictionnaire des Horlogers français). La salle de l'horloge porte de nombreux graffiti et des dates : 1853 ; Gauthier 1874 ; Emille Frèche horloger à Tonnerre 1877 et 1878 ; Nicolas Grosperrin horloger à Tonnerre1878 ; J. Guy février 1885 ; Picard fecit 1887 ; Cyrille Morize 1928, Morize 1932. L'horloge a été restaurée en 2005 par Gilles Vassort, maître-horloger, 10 rue des Ponts à Loches en Touraine.

 

La scie à fil d'acier dite de Gigli se compose de deux poignées en forme de manettes de robinet, permettant le maniement à deux mains de la chaîne.
L = 34  -   1er quart 20e siècle

 Il existe depuis la période moderne plusieurs types de scies à amputation ou à trépanation, dont la scie de Gigli, représentée dans les encyclopédies médicales illustrées de grande diffusion des 19e siècle et début du 20e. L'objet exposé à Tonnerre se rattache probablement au matériel neuf acheté lors de la construction de la nouvelle salle d'opération en 1904. Utilisées en chirurgie courante orthopédique et traumatologique, ces scies à fil d'acier servent à pratiquer des ostéotomies et, de façon plus récente, le traitement d'inégalités de longueur de membres.


Pot à sangsues du 18e siècle

Le pot est en forme de sphère, sur une base et possède un bouchon sur lequel est fixée une poignée ronde, décorée de stries et fixée par une bague.  H = 15 ; d = 12 

Pot à pharmacie

Pot canon sur piédouche, sur fond blanc à décors de rinceaux et de palmes de couleur bleue. Ce pot comporte un décor de grand feu comme il est usuel d'en retrouver sur les objets fabriqués à Nevers.

H = 28 ; d = 12,5  ;  18e siècle

De nombreux pots à pharmacie, en faïence, sont cités dès l'inventaire des objets mobiliers de 1759.

Saint Laurent

La statue de pierre calcaire représente saint Laurent, un livre ouvert à la main, l'air pensif et les yeux mi-clos, dans une expression de méditation. Il porte une robe d'ecclésiastique de la période moderne et une coiffure dégradée. Il apparaît sous les traits d'un homme très jeune. On observe quelques traces de polychromie.    H = 155 ; la = 62 ; pr = 35       Limite 16e siècle 17e siècle

 La présence de cette statue s'explique sans doute par l'existence d'un mécénat actif qui, entre la fin du 16è siècle et la première moitié du 17è siècle, a permis à l'établissement de se développer pour se doter en particulier, en 1648, de nouveaux bâtiments de grande ampleur par rapport au site initial de la fin du 13è siècle. De nombreuses statues ont alors trouvé leur place dans les nouveaux bâtiments ou à l'intérieur même de l'ancienne salle des malades devenue une église à part entière, munie d'un mobilier renouvelé.

Tombeau du cœur : médaillon ; plaque commémorative

Un médaillon de marbre blanc de forme ovale, présentant le profil en bas-relief du défunt, est un vestige de la sépulture de cœur du marquis de Courtanvaux, arrière-petit-fils du ministre Louvois et administrateur de l'hôpital, décédé en 1781.

H = 55 ; la = 38 (Dimensions du médaillon) par Bridan Charles André (sculpteur)   Année de création   1782 ; 1785

Dès 1775, le marquis de Courtanvaux, dans son testament, avait légué 6000 livres pour l'érection d'un mausolée. Il décède le 21 juillet 1781 et l'on ouvre la caisse qui contient le projet de mausolée. Un coffret de métal argenté abrite le coeur du marquis. Il est déposé sous les dalles de la nef, aux côtés de Marguerite de Bourgogne. L'exécution du mausolée est retardée par l'économe jusqu'en 1782 et l'ouvrage, du à Charles-André Bridan, oncle de l'auteur du mausolée de Marguerite sous la Restauration, n'est installé qu'en 1785. Tout est détruit sous la Révolution. En 1820, au moment de travaux, l'on retrouve le coffret contenant le coeur du marquis et l'on remonte le médaillon. L'ensemble est complété en 1852 par la plaque de marbre noir dont les fragments sont retrouvés par Camille Dormois, l'économe, dans des greniers. Une colonne, faisant partie de l'ensemble initial, était connue en 1852. On a perdu sa trace depuis au moins 1992.



Tableau commémoratif de 1888

Huile sur toile H = 234 ; l = 167

Le tableau, sur fond blanc, représente, dans un écu surmonté d'une couronne comtale et entouré d'un cordon, les armes écartelées de la maison de France et de Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre. Au-dessus de l'écusson, la date de 1293 rappelant la fondation de l'hôpital. Sous l'écusson, l'inscription commémorative « à la mémoire de Marguerite de Bourgogne »

 En 1888, l'inventaire des objets mobiliers signale la présence du tableau aux armes de Marguerite, à la suite de la salle placée sous le vocable de Sainte Marguerite, dans un vestibule plus précisément, cette représentation se trouvant déclinée dans la salle du conseil d'administration sous l'intitulé 'groupe d'écusson'. Le tableau fait partie des objets exécutés sans doute dans la seconde moitié du 19è siècle, au moment de la montée en puissance de l'établissement, après la construction du bâtiment neuf entre 1848 et 1852. L'inventaire de 1888 fait état de nombreux achats et commandes et signale que nombre de décors et de pièces de mobilier ont été renouvelés à cette époque. Par ailleurs, l'année 1864 semble être particulièrement importante pour l'hôpital qui décide de célébrer à partir de cette date, l'anniversaire de la mort de sa fondatrice. Des vitrines sont aménagées pour exposer les bijoux, des ornements à galons sont achetés, les ornements plus anciens sont exposés dans une vitrine. Il se pourrait donc que ce tableau ait été commandé entre 1864, date de ces réaménagements de type commémoratifs et emblématiques, et 1888 où l'on constate pour la première fois son existence dans l'inventaire des objets mobiliers, à un emplacement qui semble en rapport logique avec l'intitulé et la vocation des lieux.

 

Le premier tabernacle provient, si l'on se rapporte à la description du marché daté du 11 février 1621, au tabernacle du retable initial du choeur de la chapelle de l'ancienne salle des malades. Il a donc été exécuté par Jean Boullon, Jean Ranard et Jean Roy, menuisiers à Tonnerre. Il abritait le Saint Sacrement. 


Le deuxième tabernacle était placé dans la salle des malades du bâtiment qui fut construit après 1648 et correspondait à l'autel de la Croix, aménagé en 1672 au plus tard. Il illustre la période de mécénat de François, comte de Clermont-Tonnerre, entre 1641 et 1679.

Ensemble de deux tabernacles 1621 ; 1648 ; 1672

Les deux tabernacles se présentent démontés et donc isolés de leur support initial. Ils sont tous les deux en bois sculpté doré et comportent un décor d'inspiration Renaissance tardive ou Baroque. Le premier comporte sur les registres inférieur et supérieur, un décor de cartouches et motifs végétaux alternés, le registre intermédiaire abritant une alternance de niches à arc en plein cintre et cariatides placées contre des pilastres de l'ordre ionique. Le second comporte un registre inférieur dont le décor est constitué de têtes d'angelots ailés alternant avec des cabochons en cartouches, un registre intermédiaire composé de six niches à arc en plein cintre et voussures comprises dans un ébrasement, encadrées de colonnes torses aux chapiteaux de l'ordre corinthien.

H = 71,5 ; h = 63 (Dimensions du premier puis du deuxième tabernacle)  ;  Bois doré   17e siècle

St François d’Assise
Huile sur toile fin XVIIe

Le tableau fait partie de la série d'œuvres léguées par l'ancien sacristain Varet en 1832.

Sainte Geneviève de Paris 

H = 32,5 ; la = 25

Huile sur toile XVIIIe

 Le tableau fait partie de l'ensemble légué par l'ancien sacristain Varet en 1832.


Bague de Marguerite de Bourgogne

Les bijoux sont réputés être ceux de la fondatrice de l'établissement en 1293, la comtesse de Tonnerre, Marguerite de Bourgogne. En effet, par son testament, elle lègue en 1295 des bijoux à l'hôpital placé sous le vocable de Notre Dame, qui accompagnent un morceau de la vraie Croix.

En 1410, ces bijoux, qui font partie du trésor de l'hôpital, sont transférés à la cathédrale d'Auxerre où ils restent conservés pendant 36 ans. Entre 1440 et 1442, selon les sources écrites, les archives et le trésor reviennent à l'hôpital. En 1807, les registres de délibérations décrivent les bijoux dits « de la Reine », comme se composant d'une alliance, de deux bagues et cachet or. Ces bijoux, déplacés depuis l'an 2, reviennent à cette date à l'établissement et sont conservés dans un coffre à trois clés qui aurait dû être placé à terme dans le futur mausolée en cours de reconstitution. Une vitrine de conservation est aménagée en 1864, à l'occasion de la célébration d'un anniversaire de la mort de la Reine. Sont conservés à Tonnerre sept éléments, ce qui signifie que certains éléments sont aujourd'hui désolidarisés et incomplets (fragments de la couronne).

 



Maitre autel 1619

Le retable du chœur se compose d'un ensemble en pierre calcaire sculptée divisé en trois parties, la partie centrale abritant le maître-autel et le tableau de la crucifixion de Saint Pierre, qui fait l'objet d'un dossier individuel. Les deux parties latérales, séparées de la partie centrale par deux groupes de quatre colonnes aux fûts cannelés et aux chapiteaux de l'ordre corinthien, comportent des niches à l'arc en plein cintre, au fond orné d'une coquille, et encadrées de pilastres cannelés du même ordre, surmontés d'un fronton triangulaire. La partie supérieure du retable comporte un entablement complet à architrave, corniche et fronton en arc de cercle interrompu largement. Au centre de la corniche interrompue, la statue de la Vierge, qui, comme les statues des deux niches (Simon et Saint Augustin), sont étudiées dans des dossiers individuels séparés. Au-dessus des niches, un rectangle en relief portait les armes des Clermont-Tonnerre, bûchées.

Charles-Henri de Clermont avait épousé Catherine-Marie d'Escoubleau en 1597 et, après la mort de sa femme en 1615, se lance dans plusieurs campagnes de construction et d'améliorations : pose de la première pierre du couvent des Minimes (1611) ; pose de la première pierre du logis jouxtant l'hôpital (1621). Pour la construction du retable, la source primaire est un marché de menuiserie conclu avec Le Sourd, menuisier à Tonnerre, pour des travaux à faire 'aux vénérables maître-autel et choeur de l'hôpital' daté du 27 décembre 1619, ce qui laisse supposer que la structure du retable était déjà en place (cf. infra, source secondaire de 1653). Un autre marché, daté du 13 juin 1621, conclu avec Jean Gillot, sculpteur à Auxerre, indique qu'il avait reçu les ornements suivants, complétant la structure initiale : statues de Saint Augustin, et Saint Denis (?, que l'on ne retrouve plus aujourd'hui). D'autres marchés, de la même date, complètent la connaissance sur l'aspect initial de l'ensemble : cariatides et plusieurs tableaux dont la plupart a soit disparu, soit changé d'emplacement ; Crucifixion de Saint Pierre, qui n'est pas l'actuel, déposé par le Louvre ; deux petits formats sur fond or, Sainte Catherine de Sienne et Saint François d'Assise, un grand tableau représentant Saint-Charles Borromée, dont on ne sait rien. Un document non référencé, cité par la conservation départementale des Antiquités et Objets d'art de l'Yonne, indique qu'en 1653 (source secondaire, citation) un certain Robert Luyt date la construction du retable de 1618 et en attribue la commande à Charles-Henri de Clermont-Tonnerre. L'aspect actuel est en partie du aux réaménagements faits en 1812, quand divers objets ont été transférés dans l'ancien hôtel Dieu rendu au culte comme église, en provenance de la paroisse Notre Dame. Le maître autel placé dans la partie centrale et le devant d'autel postérieurs à la construction du retable, font partie des éléments arrivés en 1812, ce qui signifie que les marchés de 1621 en particulier celui du 11 février pour le tabernacle, conclu avec Jean Boullon, architecte et les menuisiers Jean Ranard et Jean Roy, de Tonnerre décrivent un maître autel qui n'existe plus (décor de cariatides, de pilastres de l'ordre ionique).


Orné aux angles de feuillages et, au centre de la partie antérieure, d'une Vierge sur un nuage (Assomption, vocable de l'église Notre-Dame).

H = 100 ; la = 293 ; pr = 88 (Dimensions de l'autel)

Bois : taillé, peint, doré, polychrome ; Ornementation ; Vierge ; 18e siècle

1990 : nombreux soulèvements, pose de papiers de protection aux endroits les plus menacés. 1991 1992 : autel essuyé et lavé, peut-être même poncé ; le tabernacle est emporté afin d'être restauré. 1992 : le tabernacle a été poncé, décapé ; les lacunes ont été complétées par des sculptures neuves et les parties fragiles ont été supprimées et recréées à neuf (quoique consolidables par injection de cire résine ; présence de remontées de sels, preuve de l'utilisation d'un produit de nettoyage). Aucun ordre n'est parti de la CAOA.

L'autel, le tabernacle et le gradin constituaient le maître-autel de Notre-Dame de Tonnerre avant 1812.

 

Retable du Maître-Autel  
La crucifixion de Saint-Pierre

Le tableau se rattache aux grandes scènes de genre de la peinture religieuse du 17è siècle, de tradition italienne. Saint Pierre, la tête en bas, est maintenu sur la croix par deux hommes dans une position qui illustre l'effort physique, tandis que le troisième, placé au sommet de la composition triangulaire, attend que le placement soit fait pour planter le clou de la crucifixion. L'arrière - plan, sombre et formé pour partie de nuées, offre un contraste avec les vêtements et la carnation blanche des personnages, renforçant l'effet dramatique que le peintre souhaite suggérer.

Huile sur toile : H = 315 ; la = 194

Au dos du tableau, étiquette collée : 'Ministère de l'Education nationale. direction générale des arts et lettres. Fabre. La Crucifixion de saint Pierre d'après Guido Reni. Appartenant aux collections nationales. Dépôt des œuvres de l'Etat. Inv. n° 22608 - 1952. Ne peut être déplacée, ni restaurée sans autorisation...'. Peint au tampon sur le châssis : 'Musée de Lyon'.

 Auteur de l'œuvre : Fabre (peintre)

Auteur du projet : Reni Guido (d'après, peintre) ; Tinti Camillo (d'après, graveur)

Siècle de création : 19e siècle

Cette crucifixion n'a été placée dans la partie centrale du maître autel qu'à la suite de nombreux remaniements, de manière tardive, en 1975. Il s'agit d'un dépôt du Musée du Louvre. Le tableau est une copie du 19è siècle par Fabre, d'un tableau de Guido Reni. Ce tableau prend la suite de trois autres tableaux. Le premier tableau, cité dans le marché de 1621, était une Purification et a été détruit en 1793. En 1811, est installée la Présentation de Jésus au Temple par Bruloy, élève de David. En 1945, après les bombardements de la ville, le Louvre dépose une Annonciation par Guido Reni, qui part en restauration en 1972 et se trouve donc remplacée en 1975 par la copie de l'original conservé au Musée de Lyon.

 

Vierge Marie - XVIIIe

La Vierge est représentée inclinée et les mains croisées, dans un costume de paysanne méditerranéenne, en buste.  Huile sur toile  H = 40 ; la = 32

Au dos, étiquette collée : « communauté des Augustines de Tonnerre »

Le tableau fait partie de l'ensemble légué par l'ancien sacristain Varet en 1832.


Saint-Jérôme

Saint Jérôme au désert est placé dans une position instable et anti-anatomique, nu à l'exception d'un manteau pourpre posé sur ses jambes et les livres saints sont posés soit à ses pieds, soit devant lui. A l'arrière-plan, un crâne illustrant la fin humaine et au premier plan de la composition, à droite, un lion, symbole de force et de courage. Le type de composition, maladroite, laisse apparaître l'influence des recueils de gravures, en particulier celles qui diffusaient les œuvres de l'école de Bologne et dans lesquels les artistes qui travaillaient pour les communautés d'habitants trouvaient plusieurs scènes et modèles qui les inspiraient et qu'ils juxtaposaient pour arriver à un tableau unique.

Huile sur toile : H = 55,5 ; la = 42. Copie de ( ?) d’après le peintre Palma le jeune Jacopo et Goltzius Hendrik (graveur) 17e siècle

Le tableau fait partie des œuvres léguées par le sacristain Varet en 1832. Il était assez usuel également, au cours d'un voyage en Italie, de faire exécuter une copie des nombreuses œuvres des peintres des écoles italiennes présentes dans les églises de Rome. Saint Jérôme est un thème très répandu dans la peinture d'inspiration du Caravage. Dans ce cas, il s'agirait d'un don bien en rapport avec les goûts et les manières de l'époque. Ce tableau, peint au 17e siècle, est une copie d'après une œuvre de Jacopo Palma le jeune, via la gravure d'Hendrik Goltzius.


Saint Augustin

Pierre et plâtre de 1621

Un marché du 13 juin 1621 avec le sculpteur Gillot d'Auxerre, désigne deux images en plâtre représentant saint Augustin et Saint Denis, pour le maître autel qui, à cette date, fait l'objet d'aménagements totalement nouveaux. Cette statue de pierre tendre pourrait bien être le saint Augustin, dans la mesure où saint Denis est plutôt représenté, dans l'iconographie traditionnelle, portant sa tête et qu'aucune statue pouvant être identifiée ainsi ne figure plus aujourd'hui dans les collections. Une autre statue, aujourd'hui placée dans une niche du maître autel, est réputée représenter saint Augustin (dossiers documentaires de la conservation départementale des antiquités et objets d'art). Il ne serait pas étonnant que plusieurs statues de ce saint aient figuré dans les collections de l'hôpital, au vu de sa signification pour l'établissement, servi et dirigé par deux communautés d'Augustins et d'Augustines (service des malades). Enfin, cette statue est plus petite que les autres et pourrait en effet correspondre à un objet placé dans une niche d'autel et non dans une niche de tribune, plus grande, comme c'est le cas pour son emplacement actuel.



Gauche : Plaque commémorative de Joseph Catinus à la mémoire de Pierre Catinus et Marguerite Coutonière, ses parents

Marbre (noir) : gravé   H = 42 ; la = 28

Inscription : DOM / DE PIETRO / CATINO VIRO / TOGATO ET / MARGARETAE / COUTONIERAE / PIISS OPTIMISQVE / PARENTIBVS / IOSEPH CATINVS / VOVEBAT / 1574.

Cette inscription était sur le mur sud de l'ancienne salle des malades entre la 7e et la 8e baie

Droite : Plaque commémorative à la mémoire de Nicolas Callot

Salle des malades, entre la 8e et la 9e baie sud

Nicolas Callot, décédé le 23 juillet 1731, était : maître chirurgien de l'hôpital, opérateur du Roi, neveu du célèbre graveur Lorrain Jacques Callot, âgé de 66 ans lors de son décès.

Tableau, étude : Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre
 'Fait à Paris par Ansiaux de Liège, l'an 1825'

L'étude préparatoire au tableau représentant Marguerite de Bourgogne est très proche du portrait définitif. Seuls des éléments de décor changent. L'étude représente, en pied, la fondatrice, devant une table et la volonté de la représenter en fondatrice, désignant du doigt des chartes de fondation de type médiéval, qui montrent un ensemble foncier est manifeste. Le portrait est légèrement différent. Marguerite de Bourgogne y apparaît plus comme la réalisatrice d'un établissement moderne et ce sont des documents d'architecture, des plans et élévations de bâtiments, qui figurent sur les documents qu'elle désigne du doigt. L'accent est donc plus mis sur le rôle de la comtesse dans la construction que sur la fondation juridique de l'institution. Ce changement de parti n'est pas innocent. De même, le fauteuil placé derrière la fondatrice est de type médiéval dans l'étude et d'esprit plus moderne dans le portrait définitif. Le costume de Marguerite de Bourgogne est blanc dans la version définitive, a donc une connotation plus royale que la robe jaune de l'étude. Enfin, dans l'étude, Marguerite ne porte pas de couronne puisque celle-ci est posée au second plan, derrière les documents de fondation qu'elle désigne, mais une simple coiffure tressée, alors que le portrait la représente en représentante de la maison de France, comtesse de Tonnerre, portant couronne. La mention de la date du portrait et de l'auteur se trouve peinte sur la tranche de la marche de l'estrade sur laquelle est placée la comtesse.

H = 232 ; la = 165 ; h = 32 ; la = 24 (Dimensions du portrait puis de l'étude)

[A partir des années 1819 - 1822, le conseil d'administration prend plusieurs décisions relatives à l'exécution d'objets mobiliers rappelant la mémoire de Marguerite de Tonnerre, dans un but de commémoration, d'édification mais aussi avec une intention politique. Il s'agit en effet de s'appuyer sur le personnage et l'esprit de la fondation pour s'inscrire dans une histoire de longue durée, afin d'assurer à l'hôpital une renaissance après les troubles de la Révolution et ceux des Cent jours marquant la fin du premier Empire. L'étude et le tableau de la fondatrice doivent donc être rapprochés de la commande du nouveau mausolée qui sera inauguré en 1826.]



Divers morceaux archéologiques

Dais ; clef de voûte ; niche ; statue mutilée

En pierre calcaire, éléments sculptés en ronde bosse, de style gothique flamboyant ou Renaissance. La base de colonne engagée porte un décor de feuilles de choux ; les deux dais de style gothique sont en forme de quart de rond et comportent un décor de remplages et l'un est surmonté d'un gable ; la niche de style Renaissance, pourvue d'un arc en plein cintre, flanquée de pilastres de l'ordre ionique, porte des traces de polychromie.

L'hôpital de Tonnerre a connu une première campagne de construction achevée en 1295. On note des réparations en 1442 et l'aménagement de la chapelle dite du 'revestiaire' en 1453 et 1454. 

Ces éléments sculptés ont été trouvés au moment des sondages et fouilles accompagnant la campagne de restauration de l'hôtel Dieu de 1992. Il est impossible, les éléments ayant été déplacés plusieurs fois pour être présentés dans des lieux divers, et se rattachant à des bâtiments sans doute détruits au 19e siècle, d'attribuer chacun à une provenance précise. Les comptes rendus des sondages de 1992 avancent l'hypothèse, pour les dais gothiques, qu'il s'agirait d'éléments provenant du jubé, détruit à la Révolution et dont les fragments ont été enterrés sous un mur de refend en 1842.

Le site comprend

un hôtel-Dieu fondé en 1293 par Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, veuve de Charles d'Anjou et belle-soeur de Louis IX, remanié au 18e siècle ; 

une extension du 17e siècle (détruite) ;

 le "pavillon Dormois", du milieu du 19e siècle et les bâtiments de l'actuel centre hospitalier (1960-1982). 

L'établissement initial comprenait une vaste salle pour héberger les pauvres, avec quatre autels, le principal en l'honneur de la Vierge Marie, et les trois autres dédiés à saint Jean-Baptiste, sainte Marie Madeleine et sainte Elisabeth de Thuringe, ainsi que des salles de service et dépendances. 

Une sacristie, ou revestiaire, fut construite au sud-est, dans l'angle de la chapelle axiale et de la chapelle droite ; elle fut réaménagée, un peu plus tard, pour y installer le Sépulcre donné à l'hôpital, en 1454, par Lancelot de Buronfosse. Marguerite de Bourgogne fit aussi bâtir, au sein de l'hôpital, un corps de logis, dit le château, où elle résida jusqu'à sa mort en 1308. Son tombeau fut placé dans la chapelle axiale, face à l'autel.                                                                                                                                                 Corps de logis et dépendances ont disparu ; selon le témoignage de l'économe Camille Dormois, qui les avait visités avant leur démolition, le château de Marguerite de Bourgogne, proche des chapelles, comprenait des pièces de service au-rez-de-chaussée et à l'étage de grandes salles couvertes d'un berceau lambrissé. Il existait deux corps de logis dont le plus grand, long de quarante mètres abritait notamment la cuisine, au rez-de-chaussée.   

En 1838, le conseil d'administration délibéra de démolir toutes ces constructions, y compris le château, au vu du rapport rédigé par l'architecte de la ville. Le plan initial n'est pas connu avec certitude : disposés irrégulièrement, les corps de logis et dépendances encadraient le cimetière, au nord de la grande salle des pauvres à laquelle on accédait par un porche, à l'ouest. 

Entre 1642 et 1648 (plan daté de 1650) , la construction de bâtiments en L autour de la cour latérale (actuellement jardin) permirent la désaffectation de l'ancienne salle, humide et reposant sur un sol instable ; celle-ci servit de lieu d'inhumation jusqu'en 1777. 

Entre 1763 et 1767, Chauvelot, architecte à Ancy-le-Franc, puis l'architecte Chaussard, édifièrent la salle Courtanvaux (du nom du marquis, comte de Tonnerre et bienfaiteur de l'hôpital) , puis d'autres salles, une salle du conseil et un cabinet de chirurgie (1776-1777) ; cette construction nécessita la démolition de la façade sur rue, de la partie antérieure du toit et du porche de la grande salle.                En 1785, Beaudoin de Guermadeuc et le bénédictin Camille Ferrouillat réalisèrent un gnomon dans la grande salle, sur les conseils du mathématicien de Lalande, tonnerrois d'origine.                                 Après 1792, l'église fut utilisée comme halle puis magasin de paille et la flèche du clocher placé au-dessus des chapelles (attestée avant 1442) fut détruite.                                                                            

Au cours des 19e et 20e siècles, l'utilisation du grand vaisseau médiéval fit l'objet de débats et de projets divers. 

Il fut classé Monument Historique en 1862 et en 1879, le Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts projeta sa restauration complète. Les travaux entrepris entre 1900 et 1925 concernèrent la maçonnerie, la charpente, le lambris du berceau et la couverture. 

Le bombardement du 15 juin 1940 détruisit les verrières et une partie du toit, au sud. 

Sept siècles après sa fondation, la grande nef a fait l'objet, en 1992, d'une importante campagne de restauration. Un musée, où documents et objets évoquent la longue histoire de l'établissement, occupe désormais les salles du 18e siècle. Construit entre 1850 et 1854, le nouvel hôpital dit pavillon Dormois  inaugure une période d'expansion, qui se poursuit jusqu'à l'aménagement d'une salle d'opération et d'un bâtiment d'hydrothérapie (1899, 1904) , aujourd'hui disparus. Les bâtiments du centre hospitalier (non étudiés) ont été bâtis entre 1960 et 1982.

 

Hôtel-Dieu de Tonnerre





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