jeudi 5 mars 2026

Un peintre oublié, J.-C. Menissier

 


Joseph-Constant Menissier 1808-1864

Peintre religieux Champenois

 

Ingres était un excellent peintre qui ne connaissait pas encore la notoriété lorsqu’il accueillit un jeune provincial venu d’un petit village de la Champagne pouilleuse. Le maître venait de créer son atelier sur les hauteurs de Paris et, pour préparer ses toiles et ses pigments, il s’entoura d’apprentis auxquels il inculqua une parie de son savoir.

Combien de temps le jeune Menissier resta-t-il en sa compagnie ? Aucun document précis ne peut encore nous le révéler. Tout ce que l’on sait, c’est que le jeune homme, marqué dès le début de son plus jeune âge par le goût du dessin et de la peinture, quitte Saint-Amand-sur-Fion où ses parents exerçaient la profession d’agriculteurs, à la suite d’une démarche du curé. Il devait alors avoir aux environs de seize ans. On pense qu’il était aux côtés d’Ingres lorsque celui-ci présenta au salon de Paris de 1824, « Le vœu de Louis XIII », une œuvre qui donna à l’élève de David sa première consécration.

Avant que le Maître ne quitte Paris en 1834, pour relever Horace Vernet de ses fonctions de Directeur de l’École de Rome, il s’était constitué une cour d’amateurs, jeunes, aimant la peinture.

C’est ainsi que Menissier connut Théodore Chasseriau, natif de Saint Dominique, d’un père français et d’une mère créole… alors qu’il n’était âgé que de onze ans. Ménissier se lia également d’amitié avec les deux frères Flandin, Hippolyte et René-Auguste, un peu plus âgés que lui et qui avaient quitté Lyon à pied, en 1830, pour tenter de trouver un travail rémunérateur.

Tous ces artistes suivirent les tribulations d’Ingres en Italie. Menissier, quant à lui et bien qu’il peignît dans la tradition du maître, ne connut qu’une gloire locale, que signale cependant, aujourd’hui, la bible des Artistes, « Le Bénizet ».

La découverte en l’Ile de Malte, d’une de ses peintures sur le thème de Saint Paul, répertoriée par le Conservateur du musée de Saint-Dizier, laisserait à penser que Menissier accompagna cependant son Maître dans certains de ces voyages !

Nous avons essayé d’en savoir plus sur cet enfant de St Amand sur Fion, voici le fruit de nos recherches.

Joseph Constant Menissier est né le 31 mars 1808 à Saint-Amand-sur-Fion, département de la Marne (51), où il fut déclaré en mairie comme étant le fils d’Étienne Justin Menissier âgé de 28 ans et de Marie-France Vauthier. L’acte d’État-Civil que la mairie nous délivra stipule qu’il est né à 9 heures du matin.

Il est décédé accidentellement le 30 août 1864 à 9 heures du matin dans le presbytère de Saules, en Haute-Marne (52) à l’âge de 56 ans. L’acte de décès signale que ce jour-là, le maire de Saulles, Jean-Baptiste de Tricornot, avait été prévenu par le curé, Jean-Nicolas Herbelot et par l’instituteur, François Simon, que l’artiste était tombé de l’échafaudage sur lequel il se trouvait alors qu’il décorait le plafond de l’église du lieu.

Longtemps on put voir la trace laissée par le coup de pinceau à l’instant de la chute en arrière. Monsieur Ruotte, ancien adjoint au maire de Saulles, révèle que Monseigneur le Chanoine Mugnier, ancien directeur de “La Croix de la Haute-Marne”, originaire de ce village haut-marnais, ne manquait pas, chaque fois qu’il faisait visiter l’église, de rapporter cette mort tragique rappelée par ce coup de pinceau situé en avant du chœur, presque au sommet et au milieu de la voûte.

Les peintures de l’église Saint Symphorien furent restaurées en 1959 et la trace a été définitivement effacée.

Aucune tombe portant le nom de Menissier n’existe dans le cimetière de Saulles. D’après M. Ruotte, il aurait été inhumé à Coiffy, canton de Bourbonne-les-Bains, d’où était originaire son épouse, née Marie Jeanne Duval.

Les fresques peintes par Menissier dans l’église de Saulles représentent, à droite du chœur “Le martyr de Sainte Phylomène” et à gauche “Le martyr de Saint Symphorien”, patron de la paroisse.

[C’était une copie assez libre d’une fresque d’Ingres que l’on peut voir à Saint-Symphorien d’Autun, voir ci-dessous]

Le Martyre de saint Symphorien de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1834)
cathédrale Saint-Lazare d'Autun.


Au début du XXe siècle, on essaya de s’intéresser à l’œuvre de Menissier, il y eut quelques recherches, quelques articles puis… il retomba dans l’oubli.

Le chemin de Croix ornant l’église de son village natal fut remis dans les combles. L’abbé Herrard, également natif de St Amand sur Fion, se souvient bien des 14 tableaux. « C’est l’abbé Albert Gratieux qui les retira en 1922 car ils masquaient la beauté des chapiteaux… Je les ai revus dans un triste état, dans le grenier du presbytère ! »

Personne ne semblait apprécier son art ! Pourtant, Menissier était devenu le spécialiste d’art religieux de la Champagne en cette moitié du XIXe siècle.

Comme beaucoup d’artistes, il mena une vie de bohème, frappant aux portes des mairies, des couvents et des presbytères. C’est ainsi qu’il parcourut la Marne, la Haute-Marne, l’Aube et la Côte-d’Or, en peignant pour subsister. Il appréciait la bonne chère, les produits locaux, la gniole et… ne manquait jamais de le dire ! « Un épicurien qui respirait la joie de vivre. Il était peintre mais aussi un peu poète à ses heures ».

Si certaines œuvres furent marouflées ou peintes sur toiles, une des spécialités de Menissier était de peindre à même les murs. Quelques fresques furent retrouvées couvertes d’une couche de plâtre et certains tableaux ont une histoire.

Comme le rapporte l’abbé Lorain en 1909, la toile que l’on peut voir en la chapelle du Lycée de Chaumont a été peinte vers 1855, lorsque l’artiste vint décorer l’Hôtel de Ville. « Ce tableau a été placé le matin d’une fête de Première Communion. Il représente un enfant fidèle aux promesses de son baptême, acceptant la mort plutôt que de les violer ». Dans son historique du collège, l’abbé Lorain regrette que ce tableau reproduise une scène presque semblable à celle qui figurait déjà à l’autel de la nef du nord, celle consacrée au martyr du pape Sainte-Luce : « Dans les deux scènes, on voit figurer les mêmes personnages, le bourreau, ses aides et une idole. La seule différence est qu’à l’autel du nord on n’aperçoit pas le juge sur son trône et que la victime est à genoux tandis que sur le maître autel, elle est debout et repousse de la main le réchaud embrasé ».

Wassy fut un des secteurs de la Haute-Marne où Menissier travailla à plusieurs reprises soit dans la chapelle de l’actuel centre socio-culturel, soit dans la chapelle de l’hôpital, voire au théâtre où la date de 1843 apparaissait.

C’est en 1993 qu’une fresque, longue de 11,70 mètres et large de 6,20 m a été découverte sous un faux-plafond, dans le bâtiment qui abrite, aujourd’hui le Centre Culturel. Grâce aux efforts conjugués de la municipalité, conduite par son maire, M. Jacques Labarre et de M. Marc Barbier, conservateur du musée de Saint-Dizier, une équipe de restaurateurs spécialisés venus d’Auxerre, Mme et M. Perrot-Chaveyriat ont pu, après plusieurs mois de travail redonner leurs couleurs aux scènes du Nouveau Testament qui illustrent ce plafond : La Nativité, La Fuite en Égypte, La vie du Christ, Les Évangélistes, ainsi qu’au médaillon central ornée d’une importante Trinité.
Pour parvenir à leur fin, les restaurateurs ont dû, en divers endroits consolider la structure avec des résines car le plâtre mêlé de bourre de poil de vache posé sur un enduit de torchis de terre et de paille tendait à se décoller. Selon Jacqueline Lepage, l’ensemble daterait de 1830-1840.

Cette rénovation a permis la découverte d’un autoportrait de Menissier parmi les personnages de l’un des éléments de la fresque, une identification unique parmi toutes les œuvres actuellement connues dans la région.

A Wassy, on peut également voir, dans la chapelle de l’Hôpital, quatre tableaux marquant un épisode de la vie de Saint Charles de Borromée, Archevêque de Milan au XVIe siècle. Malheureusement, la décoration du théâtre de cette ancienne sous-préfecture n’existe plus. De cet ensemble on peut dire que l’influence d’Ingres apparait nettement. Certains vont jusqu’à reconnaître une similitude dans la manière de disposer les personnages.


Voûte de la chapelle de l’ancien couvent des Dames de Ste Maure à Wassy – 
La Nativité vers 1844


Chapelle devenue Centre Socio-Culturel


La chapelle du château de Cirey-sur-Blaise

Le château de Cirey, situé en bordure de la Blaise, à quelques lieues de Wassy, eut un regain de notoriété en 1963 lorsqu’il est apparu, en filigrane, sur un billet de la banque de France. Il faut préciser que Voltaire y séjourna une dizaine d’années et qu’il y rédigea ses principaux écrits.

Les habitants de Cirey connaissaient Joseph Constant Ménissier car il venait souvent s’y reposer chez un membre de sa famille. Dans le village, on savait qu’il peignait et tout naturellement, cela arriva aux oreilles de la Marquise de Damas. Elle voulait adjoindre une chapelle au château et c’est Ménissier qui fut chargé de la décorer.

Combien de temps resta-t-il dans ce lieu ? Personne ne semble le savoir, mais de nombreux amateurs vont jusqu’à se demander si ses qualités picturales ne s’accompagnaient pas de connaissances sculpturales. En effet, le maire de Cirey, actuel propriétaire du château, a remarqué qu’il existe, dans le cimetière du village, un magnifique tombeau sculpté portant la signature “Menissier”. S’agit-il d’un même homme, d’un frère, d’un cousin ?... Monsieur l’abbé Mettrier qui fut curé de la paroisse durant une trentaine d’années nous a également fait savoir que, dans l’église, se trouvent un tableau “Le baptême du Christ” et une pierre tombale signés “Menissier”. Les peintures qui ornent la chapelle du château relatent – ici encore – la vie de Saint Charles Borromée, archevêque de Milan qui se dévoua pour porter la communion aux malades de la peste.

L’abbé Isoir, historien notoire et actuel curé de Nully, petit village situé en Haute-Marne, à quelques kilomètres du département de l’Aube, connait peu Constant Menissier, bien que cela fasse de nombreuses années qu’il côtoie les tableaux qui ornent le chœur de l’église. Il n’a jamais prisé cet art, « plusieurs experts, plusieurs artistes n’ont attribué et n’attribuent, en visitant l’église de Nully, qu’une appréciation relative à ces peintures ». Pour ses raisons, elles ne se trouvent que seulement énumérées dans son livre “ Histoire d’un village, Nully en Haute-Marne ”. Il ajoute, sur les conseils du docteur Ronot, du Ministère de la Culture, plusieurs retouches ont été faites, il y a une dizaine d’années, payées par la paroisse”.

C’est l’abbé Boude, curé de Nully, qui fit appel, on sa qualité de Vice-Doyen à Menissier, afin que celui-ci garnisse les cadres sculptées en 1726 par Toussaint, artiste ébéniste de Troyes, ainsi que la corniche, les boiseries et panneaux entre lesquels se développe une guirlande de feuillage, de fleurs et d’oiseaux qui en embrasse le tour.

Dans une note laissée par l’abbé Boude, il y écrit qu’il est satisfait du travail de Menissier et que son prix n’a pas été élevé… Cette remarque sur un prix abordable apparait d’ailleurs dans bon nombre de localités où l’artiste a réalisé une ou plusieurs œuvres.

Les peinture de Nully, dans le sanctuaire où domine le maitre autel présentent : La Naissance à Bethleem ; l’Adoration des Mages ; la Présentation au Temple ; Jésus au milieu des Docteurs de la Loi ; le Mont des Béatitudes ; l’Institution de l’Eucharistie ; Le baiser de Judas ; Le reniement de Saint-Pierre.

L’abbé Isoir dans un courrier conclut : « Un dicton prétend que les goûts changent quand on vieillit, un jour peut-être on se prendra d’engouement pour l’œuvre de Menissier qui offrit ses services à de nombreuses paroisses ».


Saint Sébastien – Sainte Catherine – Saint Antoine
Menissier église de Nully


Le théâtre de Vitry-le-François qui fut détruit lors de la dernière guerre, avait été entièrement décoré par Menissier. Malheureusement, les fresques ont suivi les gravats et il n’en reste plus rien.

On retrouve dans la Marne la trace du peintre à la chapelle de l’hôpital de Sainte-Menehould et au Musée de cette ville. Là encore, il s’agit de ։ “ Saint Charles Borromée visitant les malades ”.

En plus du Chemin de Croix de l’église de Saint Armand sur Fion, devrait se trouver l’adoration des rois Mages, car cette peinture a été répertoriée, tout comme La remise des clefs à Saint Pierre, dans le village d’Argers.

La cathédrale de Châlons sur Marne, possède également une œuvre, La Résurrection de Lazare.

Dans l’Aube et en Haute-Marne

Colombé-la-Fosse produisait déjà au XIXe un excellent vin ; Menissier dut l’apprécier et décora l’église de six tableaux de “La vie de Saint Paul”. A Bayer, on trouve “La charité de Saint Martin”, et à Fontaines “Le Martyr de Sainte Germaine”.

Le maire de Cirey nous a également signalé que “La Tentation de Saint Antoine” se trouve en l’église de Ville-en-Blaisois et qu’à Bussières-les-Belmont, le maire de l’époque lui fit réaliser en 1860, une fresque représentant les tombeaux de son fils mort à 17 ans et de sa femme. Il ajoute « Les meilleures compositions murale de cet artiste ambulant se trouvent en Haute-Saône, près Sussey, dans l’église de Comboing ».

Nous n’aurions garde d’oublier, dans cette énumération, le tableau : Martyr de Saint Félix et Augebert, qui se trouve derrière l’autel de l’église de Châteauvillain, une autre œuvre exécutée en 1855 à la chapelle du Petit Séminaire de Langres et enfin que la chapelle du château de Dampierre-sur-Aube, aujourd’hui détruite, avait été entièrement décorée par Menissier. Un travail signalé par une lettre autographe à l’abbé Godard et qui se trouve aux archives du diocèse de Langres.

Au cours de ses recherches sur l’église de Chaudenay en Haute-Marne, M. André Marchal a découvert un poème écrit à la gloire de Menissier, en voici deux quatrains :

« Son décor prend mesure au flanc des absides

Ou d’un pinceau fécond s’exprima Menissier.

Ocres et ors rompus par les bleus en damier

Vibrent dans le regard, comme un vol de lucides

 

Aucune gloire, ici, ne transcendra l’artiste

Ni la tardive fois d’un chrétien négligent

L’art en sa pureté fut d’abord pénitent

De croire en sa vertu la main de Dieu l’assiste »

 

 

Des recherches nouvelles

 Lors de l’inauguration de la “Salle Menissier” où se trouve le plafond décoré de l’ancienne chapelle du pensionnat des Dames de Saint Maure, le 8 mai 1994, Marc Barbier, Conservateur départemental des Musées du Nord de la Haute-Marne, fit une synthèse de ses recherches et apporta de nombreuses précisions fort intéressantes.

 C’est ainsi que nous apprenons que Marie Jeanne Duval, épouse de Constant Menissier était née à Glannes, dans la Marne, et non, comme l’avait signalé M. Ruotte, à Coiffy près de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne.

 La confusion tient au fait que, deux ans avant sa mort, Menissier avait acheté un terrain à Coiffy avec l’espoir d’y construire.

 Selon un article du journal La Marne, en 1830, l’artiste est présent à Châlons ; ce qui nous laisse perplexe car, dans le même temps, Constant Menissier se serait trouvé aux côtés d’Ingres, lorsque celui-ci ouvrit son atelier parisien… ?

 Quelle qu’en soit la période, la jeunesse de Constant passe quand même par Châlons où il aurait vécu, au 2 de la rue Sainte Croix, chez M. Desessart, chaudronnier. Il y aurait suivi les cours gratuits de dessins de l’École de Ville crée en 1772.

 En 1823, le 2 septembre, Joseph Constant qui a 15 ans ½, reçoit le 1er Pris en catégorie “Tête d’après la bosse” pour une “Tête de Paris”.

En 1824, il obtient à nouveau le 1er Prix dans la même catégorie ainsi qu’un 2ème Prix “Tête d’après gravure” et un accessit “Prix du paysage”.

 En 1828, Liénard, ancien élève de David, reconnaît que Menissier, issu d’une classe ouvrière très voisine de l’indigence, avait su, grâce à sa peinture, accéder à un rang honorable dans la société. Il aurait acquis, auprès du Ministère de la Maison du Roi, une pension annuelle de 300 Frs.

 C’est dans un article paru en 1867 dans “La semaine diocésaine ne Langres”, en Haute-Marne, que l’on mentionne Menissier, élève d’Ingres.

 Travailla-t-il par intermittence avec le Maître ?

Poursuivit-il ses cours à Châlons, tout en se rendant à Paris puisque la liaison Châlons-Paris par chemin de fer existait depuis 1849 ?

Autant de questions qui restent à élucider…

 En 1834, il est à Sainte-Menehould où il se marie, le 1er avril avec Marie Jeanne Duval née le 24 janvier 1808 à Glannes. Il a alors 26 ans.

Marie Jeanne aidera son mari dans son travail et leur fils Charles, né le 13 novembre 1834, deviendra artiste sculpteur à Cirey-sur-Blaise. Le mystère de la pierre tombale et des sculptures retrouvées à l’église et dans le cimetière de la commune est ainsi élucidé.

 Charles mourra le 14 décembre 1877 à l’âge de 43 ans. Sa mère vivra 77 ans et décèdera à Cirey-sur-Blaise, le 17 mars 1885.

Grâce à ces détails, on comprend mieux l’imbroglio ; d’autant que le père et le fils ont décoré ensemble la chapelle de l’Hôpital de Gray en Haute-Saône et que c’est Charles qui termina les fresques de l’église de Saulles, au lendemain de l’accident mortel de son Constant.

 Ajoutons pour la petite histoire que c’est au retour des obsèques de son père que Charles, qui était marié à Cirey avec une fille du pays, Louis Florence Arigot, apprit la naissance de son propre fils, Joseph Constant Hyacinthe.

 Les toiles actuellement retrouvées

 La plus ancienne, “Saint Charles Borromée en prière” est datée de 1829, se trouve dans la sacristie de la cathédrale de Châlons-sur-Marne, ainsi que “Saint Memmie ressuscitant le fils du Gouverneur de Châlons”.

A Sainte-Menehould, on peut voir au Musée un “Couronnement de la Vierge” daté de 1833 et deux grandes toiles créées pour l’église Notre-Dame : “St Memmie ressuscitant le fils du Gouverneur” et “St Alpin arrêtant le fléau de Dieu”.
La trace de 4 grande toiles a également été retrouvée : “Jésus donnant les clefs à St Pierre”, “La Conversion de St Paul”, “Le Marty de St Etienne” et enfin “La pêche miraculeuse”.

C’est en 1835 que Menissier soumissionne pour décorer le plafond du théâtre de Vitry-le-François. Il aurait mis plusieurs années pour en terminer tous les décors car il n’y venait que pour de courtes périodes. A l’église, on peut voir « Le Martyr de St Laurent » mais les quatorze toiles de chemin de crois ont disparu.

De 1836 à 1837, li réalise les décors du théâtre de Ligny-en-Barrois et pour l’église de La Nativité de la Sainte Vierge à Fontaine, dans l’Aube, “St Paul évangélisant les habitants de l’île de Malte” et “Le martyr de Ste Germaine”.
On notera que c’est ici la première fois que le peintre semble s’intéresser à l’île de Malte…

[Le projet : sauvegarder une église et son mobilier prestigieux du XIXe siècle

Votre soutien est indispensable pour sauvegarder l'église de la Nativité à Fontaine. Située au sud de Bar sur Aube, elle a été reconstruite au XIXe siècle. Sous la responsabilité de la commune, ce lieu chargé d'histoire a besoin aujourd'hui d'être restauré afin d’assurer sa pérennité. La restauration des toitures, charpentes, façades intérieures et extérieures et du mobilier, constituent les différents chantiers de l'église. La restauration d'œuvres telles qu'un tableau du peintre Ménissier, des statues du XV, XVI, XVIIème siècles et une décoration murale originale du peintre suisse Andreazzi (1887), rendront à l'église sa beauté d'antan.

Le lieu et son histoire : de l'ancienne Fontes au XIXe siècle, une église qui traverse les siècles

L’ancienne Fontes ou le Fontaine actuel est déjà cité en 1147. De l’ancienne chapelle du château du XIIème siècle, il ne subsiste plus rien. Remaniée totalement au XVIème siècle, l’église est devenue église paroissiale sous le vocable Saint Antoine. De cette même époque, il ne reste qu’une partie du chœur, de la charpente et une baie. Au XIXème siècle, de 1830 à 1833, l’église est reconstruite et agrandie. Elle se compose alors de 2 nefs couvertes différemment : celle du sud surmontée d’un berceau, celle du nord d’un plafond. La reconstruction du clocher date de 1887.]

 Les années 1838-1839 se passent dans l’Aube. A Bar-sur-Aube, il décore la salle de spectacle située dans une aile de l’ancien couvent des Ursulines. Monsieur Barbier pense que ces travaux furent réalisés à l’occasion de la venue dans cette ville de Mademoiselle Georges, artiste réputée, titulaire du théâtre de la Porte St Martin.

Toujours à Bar-sur-Aube, Ménissier réalise pour la chapelle de l’Hôpital un “Saint-Nicolas”, “St Augustin et les Ursulines” et “Ste Françoise Romaine”.

 Puis, ce sera à Bayel, une fresque : “Charité de St Martin” et “Vie de St Martin et de St Louvent*” ; et à Colombey-la-Fosse* (église St Louvent) les six principales phases de la “Vie de St Louvent”.

[* St Louvent est également nommé St Lupin”]
[*Colombey-la-Fosse s’écrit aujourd’hui Colombé-la-Fosse]

 1844 verra Ménissier à Wassy…

En 1847 il sera à Osne-le-Val, puis à Donjeux avec la “Légende de St Georges”.
En 1848 à Rachecourt-Suzemont avec “La Tentation de St Antoine” et une nouvelle fois à Wassy, à la chapelle de l’Hôpital pour “Les bienfaits de St Charles Borromée lors de la peste” ; puis il sera à Langres pour “Le petit Séminaire”.
En 1850 il crée pour Beurville “L’institution du Rosaire” ; pour Silvarouvres “St Félix et Augebert et, pour Saint Geosmes, “Le martyr des St Jumeaux”.

 Les toiles peintes pour Doulevant-le-Château et qui représentaient un Chemin de Croix sont aujourd’hui disparues.

 Nous découvrons la première toile peinte par son fils Charles à Doremois-en-Ornois. Elle porte la mention « Charles Ménissier à 20 ans ».

 Pour Marc Barbier, Menissier, aidé par son fils, aurait pu intervenir dans la réfection et l’amélioration du théâtre de Voltaire.

 Ce qui semble quelque peu étonnant c’est que le “Chemin de Croix” de l’église de Saint-Amand-sur-Fion, aujourd’hui disparu des greniers du presbytère où il se trouvait il y a encore quelques années et pour lequel Menissier fit poser des habitants du village, n’aie été réalisé qu’en 1855… car le peintre était en très bons rapports avec le curé de l’époque, ainsi qu’avec l’Évêque de Châlons, Monseigneur de Prilly. Ce sont eux du reste qui décidèrent ses parents à accepter qu’il fasse une carrière autre que celle d’ouvrier de la terre…

 A partir de 1855, le travail de l’artiste commence à être connu et les commandes affluent. Il est à Chaumont, Nully, Saint-Blin, Vicq, Chaudenay, Sommevoire, Vesoul.

En 1857-1858, on le voit à Langres, Choisel, Ambonville et Cemboing en Haute-Saône. Il y eut d’ailleurs quelques démêlés et des difficultés pour se faire payer.
En 1860 on le retrouve à Bussières-les-Belmont.

En 1862 à Autreville sur la Renne, Baudrecourt, Grenant, Dommartin-le-Franc, etc.

 Le nombre des œuvres grandit encore mais, cela augmenta l’imbroglio car parfois, le père et le fils travaillèrent ensemble et, si Charles réalisa plusieurs œuvres… il oublia de les signer…

 

Église Saint Pierre et Saint Paul de Valay – Haute-Saône (70)

 

L’Apothéose de la Croix – 1866 – Menissier Joseph-Constant et Ménissier Charles

peinture murale à Tempera : largeur 750 cm -Voûte en cul de four du chœur

Iconographies :

saint Liévin

saint, agenouillé

Josué, Aaron, Abraham, David, Moïse, Adam, Eve

saint Pierre, saint Paul

sainte Scholastique, sainte Françoise, sainte Marie-Madeleine, saint Louis, saint Etienne, saint Bruno

 Les apôtres

saint Joseph, Vierge, saint Jean-Baptiste

Christ, Dieu le Père

angelot, portant : croix

Iconographie et décor : saint Liévin (?) ; saint, agenouillé ; Josué, Aaron, Abraham, David, Moïse, Adam, Eve ; saint Pierre, saint Paul ; sainte Scholastique, sainte Françoise (?), sainte Marie-Madeleine, saint Louis, saint Etienne, saint Bruno (?), prêtre, sainte Barbe, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Cécile ;

Les apôtres ; saint Joseph, Vierge, saint Jean-Baptiste ;
Christ, Dieu le Père ;
angelot, portant : croix.
 
La scène se passe sur trois registres avec personnages classés par ordre d'importance ; registre inférieur : mise en valeur de saint Pierre et de saint Paul, entre personnages de l'Ancien Testament à droite et les apôtres à gauche ;
2ème registre : mise en valeur de la Vierge entre saint Joseph et saint Jean-Baptiste ;
3ème registre : Jésus et Dieu le Père sont au même niveau ; la croix domine l'ensemble.

 


[Le XIXème siècle a vu la construction de l’église Saint Pierre et Saint Paul sur l’emplacement d’une ancienne chapelle. Bâtie en 1842, il s’agit d’un “édifice bien conçu dans ses proportions extérieures” qui contient notamment un “Chemin de croix et une Remise des clés, peintures qui sont fort estimées. En 1864, un artiste distingué, Monsieur Ménissier, avait commencé des ouvrages de décor au chœur et sous les coupoles.” Tout ce qui était alors prévu n’a toutefois pas pu être terminé en raison du décès accidentel de l’artiste sur un autre chantier. Plusieurs objets d’art sont classés : chemin de croix, statues, tableaux, etc. L’église et ses escaliers sont inscrits au titre des Monuments Historiques]

 

Hôtel Dieu à Gray (70)

L'hôtel a été construit à partir de 1716 sur les plans de l'architecte Tripard, par Florent Gauthier, apparailleur-architecte. Le bâtiment avait un plan en croix grecque, avec une chapelle au centre.

Des bâtiments annexes ont été édifiés aux XVIIIe et XIXe siècles.

En 1850, un grand corps de bâtiment destiné aux enfants est bâti selon les plans de Christophe Colard, et orné d'un fronton couronné de statues représentant la Foi et la Charité, œuvres de Grandgirard.

De 1862 à 1865, le décor de la chapelle est entièrement refait (tableaux muraux et décors peints par Joseph Constant Menissier et son fils Charles).

L'hôtel a par la suite subi des transformations radicales qui, tout en épargnant l'enveloppe du bâtiment de 1850 et le plan-masse de l'hôpital ancien, ont modifié volumétrie, structure et dispositions intérieures.

Lettres patentes de Louis XIV pour l'établissement d'un hôtel-Dieu du 6 juin 1715 ; plans fournis par l'architecte bisontin Jacques François Tripard le 26 mai 1716 ; pose de la 1ère pierre le 25 août 1716 (inscription conservée dans le corps de bâtiment construit en 1854 indiquant qu'elle fut posée par le comte de Montcault, maréchal des camps et armées du roi, en présence de messieurs d'Ancier et Richardot, vicomte mayeur de la ville) ; l'entrepreneur Gauthier se charge du gros-oeuvre ; en 1772, la chapelle et une aile sont terminées ; entre 1732 et 1750, achèvement complet de l'édifice (plan en croix grecque avec chapelle au centre) ; en 1755, Christian Strolz, ouvrier allemand, obtient le marché pour la construction de parties agricoles (détruites après 1886) ; en 1787, devis de l'architecte Antoine Mielle pour le logement de l'aumônier ; en 1811, devis de l'architecte Jean-Baptiste Mielle pour la grille de la cour sur la Grande rue ; en 1842, Christophe Colard devient architecte des hospices et hôpitaux de Gray ; en 1849 il dessine la grille de la cour des militaires ; en 1850, hôpital agrandi par un grand corps de bâtiment longitudinal, sur un devis de Christophe Colard, avec fronton orné de 2 statues commandées au sculpteur graylois Constant Grandgirard ; entre 1890 et 1892 construction d'une buanderie par E. Bertrand ; entre 1903 et 1905 création d'un pavillon pour les services administratifs par Louis Colard et V. Natey portant la date 1903 sur les portes d'entrée : 1 vitrail est commandé au maître-verrier Joseph Beyer ; hôtel-Dieu transformé en hospice au XXe siècle


L’Assomption – 1833

Église st Martin de Bayel (10)



Aujourd'hui, l'oeuvre de Menissier étant quasi exclusivement monumentale, réalisée in situ, plusieurs ensembles ont disparu ou sont très dégradés.

Les archives départementales de Haute‑Marne montrent bien que Ménissier est présent dans la région, mais elles ne listent pas d’œuvres conservées, seulement des traces biographiques et judiciaires.

Les seules œuvres identifiables aujourd’hui sont :

  • Wassy : La Nativité

  • Langres : fresques des Carmes (attribuées)

  • Cirey‑sur‑Blaise : fresques (attribuées)

Tout le reste semble perdu, repeint, ou non documenté.

J.-C. Menissier est devenu un peintre oublié


Pascal V. Lamy

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