Un bâtiment dit de l’Auditoire, siège permanent de la juridiction du prévôt, figure sur un plan de 1679, gravé par Jouvin de Rochefort, trésorier de France, plan dédié à MM. Les Maire et Echevins de Troyes.
L’Auditoire occupe tout le 1er étage, le dessous
forme la halle des drapiers drapant dès 1434, s’ouvrant sur la place de l’Etape
au Vin.
L’Auditoire
royal de la Prévôté s’ouvre sur la rue du Chaperon. On y monte par un
escalier extérieur de pierre à toit très élevé et couvert d’ardoises, ouvrant
sur la rue du Chaperon et faisant face à la rue de la Levrette (rue Bruneval).
Le prévôt (magistrat) y tient ses séances.
Les baillis s’occupaient des grandes causes, celles
concernant la noblesse, les cas féodaux, le domaine, l’état des personnes. Le
Prévôt était, lui, le magistrat du peuple, le juge de toutes les heures et de
toutes les matières civiles, criminelles, commerciales.
En 1697, il y
a un plan gravé d’Antoine Parizot de Nîmes dressé par ordre des Maire et
Echevins.
Jacques Camusat, bourgeois troyen, conseiller du roi
et major de la milice bourgeoise, fait construire entre 1723 et 1727, un hôtel
particulier (Chambre de Commerce, place Audiffred).
Il y installe son fils Nicolas, maire de Troyes
(1759-1766) et colonel de la milice bourgeoise, seigneur de Messon, Errey et
Villacerf.
A la suite de la réunion de la Prévôté de Troyes au
bailliage, par édit du 17 juin 1749, les avocats et procureurs, conjointement
avec les drapiers, vendent l’édifice en mai 1750, à Nicolas Camusat, pour 6.100 livres.
En 1750, suivant une correspondance entre
l’intendant des finances Trudaine, l’intendant de Champagne et le subdélégué de
Troyes, la question est de savoir s’il y a lieu de construire une Chambre du
Conseil aux officiers de la Maîtrise qui tiennent leurs audiences au palais,
depuis la suppression de la Prévôté, les procureurs et avocats de Troyes ayant
vendu l’Auditoire de cette juridiction.
Différents plans permettent de voir l’emplacement de
l’auditoire de la Prévôté, puis le bâtiment construit à partir de 1750.
Nicolas Camusat fait bâtir sur l’emplacement de
l’Auditoire, les dépendances dans le même style que l’hôtel.
Le Plan Coluel est le premier plan manuscrit au sol.
Dès 1758, M. Coluel, ingénieur en chef de Champagne, dresse un plan qui devait
servir aux alignements de la ville de Troyes et de ses faubourgs, échelle
1/268°. Ce travail est achevé en 1769 et arrêté le 2 août 1773, par la Chambre
des finances de la province. Les Archives municipales de Troyes en possèdent un
exemplaire, magnifiquement remis à neuf, et qui mériterait d’être exposé à la
Mairie.
On trouve également un plan de Laloy de 1827, un en
1862, de nivellement de la place de la Banque, et un en 1885.
Il y a une date sur un fronton de fenêtre côté rue de la Monnaie : 1716, une date place Audiffred : 1891 Ledanté Frères architectes.
A cette époque, l’immeuble actuel du Crédit Lyonnais
est cerné au nord par la rue du Chaperon, devenue rue de la Monnaie (en 1530,
rue de l’Auditoire) ; à l’ouest par la rue des Croisettes devenue rue Juvénal
des Ursins ; au sud, par la place de l’Etape au Vin, appelée ensuite, place de
la Banque (puis place Audiffred), car la Banque de France était installée dans
l’immeuble de la Chambre de Commerce.
Nicolas Camusat vend l’immeuble à M. Jacques Pierre
Fortier et son épouse Marie Huez qui, en 1807, le vendent à la Caisse
d’Escompte de Commerce.
Cette dernière le revend en 1811, à Jean Julien
Gréau, négociant, qui le revend en 1874 à Nicolas Contant, négociant.
En 1890, l’immeuble est vendu à M. François Soucin,
marchand tanneur, et en 1924, son héritier le vend à la Société du Crédit
Lyonnais.
Cette banque était installée 18, rue Juvénal des
Ursins depuis 1882.
« L’annuaire
de l’Aube » indique pour la première fois, l’installation du téléphone dans la
liste des abonnés au 1er février 1890.
C’est en 1891 que les frères Ledanté, architectes,
transforment le bâtiment et la façade. La porte cochère disparait et la cour
devient un grand hall avec dôme vitré.
Sur la façade apparaissent les armes de la ville de
Lyon (un lion et 3 fleurs de lis)
En 2024, le Crédit Lyonnais est toujours place
Audiffred !
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