dimanche 17 mai 2026

Église Saint Jean-Baptiste de Chaource

 


Église Saint Jean Baptiste de Chaource

Son histoire plonge ses racines dans le haut Moyen Âge : dès 880, la cité de Chaource appartient à l’abbaye bénédictine de Montiéramey, fondée au VIIᵉ siècle et devenue, au fil des siècles, l’une des institutions religieuses les plus influentes du diocèse de Troyes. Cette abbaye, qui possédait de vastes domaines, des droits de justice et un réseau de prieurés, jouait un rôle majeur dans l’organisation religieuse, économique et sociale de la région. Sa présence à Chaource n’est pas anecdotique : elle conditionne toute l’évolution de l’église, car selon la coutume médiévale, c’est au seigneur ecclésiastique — ici Montiéramey — qu’incombait la construction du chœur, tandis que les paroissiens finançaient les chapelles et les parties annexes.

Avant même la donation de 880, Chaource apparaît dans les sources carolingiennes : en 877, Charles le Chauve donne la terre à Robert, frère et successeur d’Eudes II de Vermandois, comte de Troyes. Quelques années plus tard, Robert en fait don à l’abbaye de Montiéramey, confirmant l’emprise monastique sur la région.

Par la suite, Chaource revient aux comtes de Champagne, puis passe, par héritages féminins successifs, aux maisons de Bourgogne, d’Albret et de Clèves. En 1601, Henriette de Clèves vend la seigneurie à Charles de Choiseul, marquis de Praslin et maréchal de France, dont les descendants la conserveront jusqu’à la Révolution.

La famille de Monstier, très implantée localement, fournit plusieurs capitaines de Chaource du XIVᵉ au XVIᵉ siècle, dont Nicolas de Monstier, commanditaire de la chapelle du Sépulcre en 1515.

Sur le plan architectural, les sources anciennes précisent que le chœur — que ton texte rattache au XIIIᵉ siècle — est le vestige d’une église consacrée en 1307, ce qui complète la consécration de 1304 par Bertrand de Goth. Ce chœur comprend trois vaisseaux de même hauteur, terminés carrément : un type halle, rare au XIIIᵉ siècle mais fréquent en Champagne au XVIᵉ. La première travée du vaisseau central, aujourd’hui surmontée d’un clocher en bois, avait été conçue pour supporter une tour plus importante.

Le XVIᵉ siècle marque une phase de reconstruction intense. Dès 1515, la dernière travée du vaisseau central est flanquée de deux annexes, dont la chapelle du Sépulcre. La reconstruction de la nef semble avoir débuté par les chapelles latérales :

  • 1531–1537 : construction des trois chapelles du flanc gauche et du portail latéral. La troisième chapelle, alignée sur la première travée du chœur, est la chapelle du Paradis, fondée par Sébastien David et Bertrande Le Tartier. Ces chapelles sont de style flamboyant. Le portail présente un bas‑relief d’un donateur présenté par saint Nicolas à saint Pierre — probablement Nicolas de Monstier. L’entablement forme un auvent, disposition rare mais attestée aussi à Avièrey.
  • 1542 : le maçon Vaultherin s’engage à construire les chapelles du flanc droit et à surélever le vaisseau central. Les deux premières chapelles sont achevées en 1547. La troisième, chapelle funéraire des Monstier, symétrique de la chapelle du Paradis, est terminée en 1548, date de la peinture murale. Le vestibule du portail du flanc droit fait également partie de son marché.

Vers 1546, Vaultherin réalise la surélévation du vaisseau central, abandonnant le projet initial d’un édifice de type halle. La nef, prévue plus longue, n’a jamais été achevée ; sa fermeture sommaire a été renforcée par des contreforts en 1843.

À la fin du XIIᵉ siècle, sous le règne du comte Thibaut IV de Champagne, Montiéramey entreprend la construction du chœur de l’église. Le contexte est alors particulièrement favorable : la Champagne connaît une période de prospérité exceptionnelle, portée par les célèbres foires de Champagne, qui attirent marchands, banquiers et artisans de toute l’Europe. Les comtes de Champagne, dont Thibaut IV, encouragent activement les constructions religieuses, non seulement pour affirmer leur pouvoir, mais aussi pour renforcer l’attractivité de leurs terres. Dans ce climat de dynamisme économique et artistique, les abbayes champenoises multiplient les chantiers. Le chœur de Chaource, achevé au XIIIᵉ siècle, s’inscrit dans ce mouvement. Il témoigne d’un gothique encore sobre, marqué par la transition entre les influences bourguignonnes et champenoises, avec des volumes équilibrés et une élévation claire.

L’église est consacrée en 1304 par Bertrand de Goth, évêque de Langres, futur pape Clément V. Cet événement n’est pas anodin : le diocèse de Langres, l’un des plus vastes du royaume, s’étend alors jusqu’aux portes de la Champagne méridionale. L’évêque de Langres, pair de France, est l’un des prélats les plus puissants du royaume. Sa venue à Chaource pour consacrer l’église témoigne de l’importance du lieu. À cette date, l’édifice porte encore le vocable de sainte Marguerite, avant d’être placé sous celui de saint Jean‑Baptiste, patron qu’elle conserve depuis plus de sept siècles. Cette consécration, effectuée par un prélat appelé à jouer un rôle majeur dans l’histoire de la papauté, constitue un jalon essentiel dans l’histoire religieuse locale.


Les XIVᵉ et XVᵉ siècles sont marqués par les crises : la peste noire, les troubles de la guerre de Cent Ans, les difficultés économiques ralentissent les travaux. Pourtant, l’église demeure un centre religieux actif. Les archives mentionnent plusieurs confréries, notamment celles de Saint‑Jean et de Sainte‑Marguerite, qui participent à l’entretien du sanctuaire et à la vie liturgique. La présence de ces confréries, typiques de la piété médiévale, témoigne de l’importance de Chaource comme pôle religieux local. Ce n’est qu’au début du XVIᵉ siècle que la région connaît un renouveau spectaculaire, à l’image de toute la Champagne méridionale, alors l’un des foyers les plus dynamiques de la sculpture française.

En 1515, Nicolas de Monstier, capitaine de Chaource, et son épouse Jacqueline de Laignes fondent la chapelle du Sépulcre, édifiée en contrebas du sanctuaire.


Pour accéder à la représentation du Sépulcre, groupe de huit personnages sculptés en pierre polychrome et d’un tombeau, il faut descendre quelques marches où se trouvent trois gardiens imposants, la pique à la main, qui gardent l’entrée. Celui de droite semble vous dévisager d’un air soupçonneux. Celui en habit Renaissance porte une inscription sur sa cuirasse : Mathieu de Tronchoy. La scène est saisissante et laisse une impression de malaise. L’éclairage variant au cours de la journée et des saisons, il faut l’avoir vue plusieurs fois pour apprécier les différents aspects de la beauté des visages de ces personnages qui semblent vivants.



Les 3 gardiens du Sépulcre


Une inscription, toujours visible, précise : « Nicollas de Monstier… et damoiselle Jacqueline de Laignes… firent faire ce présent cepulcre l’an mil cinq cens et quinze ».

Cette chapelle funéraire, voûtée en berceau, partiellement enterrée et entièrement peinte, constitue l’un des ensembles les plus importants de la région. Michel MARTIN spécialiste de la statuaire du Moyen-Age, dans un ouvrage consacré aux gisants à travers l’Europe, évoque le Sépulcre de Chaource en ces termes : "Jamais sans doute, la tragédie de la mort du Christ n’aura été retranscrite dans la pierre avec autant d’intensité, d’humanité vraie et de ferveur".

Nicolas de Monstier et Jacqueline de Laignes sont représentés sous la forme de deux statues priantes le long du mur sud de la crypte, agenouillés devant un prie‑Dieu orné de leurs armoiries. Leur statue serait posée sur leur tombeau. Nicolas est représenté en chevalier, en cotte d’armes, l’épée au côté. Il tourne le corps à son épouse, agenouillée derrière lui et de plus petite taille. L’inscription nous apprend qu’il est à cette date décédé et que son corps repose sous le crucifix. Jacqueline est encore vivante en 1527, date à laquelle elle rédige son testament dans lequel elle déclare vouloir reposer aux côtés de son premier époux, Nicolas de Monstier. Elle fonde également une messe dans la chapelle. Elle est représentée en veuve.

Les commanditaires se rappellent aux yeux de tous en ayant fait mettre leurs armoiries sur le sarcophage du Christ, de part et d’autre d’un ange portant un phylactère. À gauche, les armes de Nicolas de Monstier, d’azur à trois châteaux d’or ; à droite, celles de Jacqueline de Laignes, d’azur à trois fasces d’or au chef endenté de même.


La Mise au Tombeau de Chaource est considérée comme l’un des chefs‑d’œuvre absolus de la sculpture champenoise et comme « la plus belle mise au tombeau d’Europe ».

Attribuée à l’atelier du Maître de Chaource — parfois rapproché de Jacques Bachot — elle se déploie dans une crypte intime où la lumière tamisée renforce l’émotion de la scène. Trois soldats, placés en retrait, semblent surpris dans leur veille silencieuse. Le Christ repose sur un linceul tenu par Joseph d’Arimathie et Nicodème, dont les attributs — turban pour l’un, chapeau de pèlerin et bourse pour l’autre — rappellent les codes iconographiques du début du XVIᵉ siècle. La Vierge, soutenue par saint Jean, se penche avec une « digne retenue » sur le visage de son fils, tandis que les trois saintes femmes — Marie‑Salomé, Marie‑Madeleine et Marie‑Cléophas — expriment une douleur contenue.

La composition, d’une grande sobriété, « exprime une unité des sept personnages dans les sentiments… comme si le temps s’était arrêté juste avant l’ensevelissement ». Cette scène ne correspond pas aux Évangiles, qui ne mentionnent que Joseph d’Arimathie et Nicodème, mais relève d’une tradition iconographique née au IVᵉ siècle, popularisée par les Croisades et les Franciscains. Chaource en offre l’un des exemples les plus aboutis, tant par la qualité de la sculpture que par la puissance émotionnelle de l’ensemble.

Marie mère de Jésus et Jean

[La dépose de la croix et l’ensevelissement sont le fait de Joseph d’Arimathie, selon Matthieu (XXVII, 57‑61), Marc (XV, 42‑47) et Luc (XXIII, 50‑56), en présence de Marie de Magdala et Marie mère de Jacques. La présence de Nicodème n’est signalée que par Jean (XX, 38‑42). Cette scène est à compléter avec les écrits apocryphes, et plus particulièrement l’Évangile de Nicodème.]

[Mise au tombeau du corps de Jésus (Marc 15.42-47)

42 Le soir venu, comme c’était le jour de la préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat,

43 Joseph d’Arimathée arriva. C’était un membre éminent du conseil, qui attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate pour demander le corps de Jésus. 44 Pilate s’étonna qu’il soit déjà mort; il fit venir l’officier et lui demanda si Jésus était mort depuis longtemps. 45 Une fois renseigné par l’officier, il fit remettre le corps à Joseph.

46 Joseph acheta un drap de lin, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le drap de lin et le déposa dans un tombeau taillé dans la roche. Puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau.

Nicodème                                                   Jospeh d'Arimathie

47 Marie de Magdala et Marie la mère de Joses regardaient où l’on déposait Jésus.]

Marie-Madeleine et Marie Salomé

Sur la dalle du tombeau, le corps cadavérique du Christ est allongé, le torse légèrement relevé par Joseph d’Arimathie qui maintient soulevé le saint suaire pour présenter son fils à la Vierge Marie. La scène est d’un réalisme saisissant. Son visage reste dans l’ombre, car l’heure de la Résurrection n’est point arrivée. Nicodème est aux pieds de son maître, soulevant le linceul ; il porte une tenue de pèlerin et l’escarcelle. Marie est là, penchée sur son fils, le visage rongé par la douleur. Saint Jean est placé derrière elle, au regard grave, soutenant la Vierge. Marie‑Salomé est légèrement en retrait, mains croisées, yeux baissés. Marie‑Madeleine, présente à ses côtés, tient un vase de parfum à la main. Marie‑Cléophas porte la couronne d’épines, regardant le visage du Christ.

Marie Cléophas

Cette mise au tombeau est souvent considérée comme l’une des plus belles répertoriées en Europe. C’est une œuvre d’atelier, les personnages n’étant pas tous de la même main. Jacques Baudoin y voit la main du sculpteur troyen Jacques Bachot. Aucun document écrit ne vient appuyer cette thèse, qui repose sur des similitudes stylistiques avec d’autres œuvres. Cet atelier est désigné sous le nom d’atelier du Maître de la Sainte‑Marthe, ou Maître aux figures tristes, dit atelier du Maître de Chaource. L’ensemble fait une hauteur de 190 cm, une largeur de 308 cm et une profondeur de 142 cm.




Le troisième groupe sculpté, le long du mur sud, représente les donateurs présentés en orants : Nicolas de Monstier, chevalier, et derrière lui son épouse Jacqueline de Laignes. Au‑dessus, on peut lire : « Nicolas de Monstier, escuier en son vivant, seigneur de Chesley, Fontaine et Cussangy en partie, capitaine de Chaource, et damoiselle Jacqueline de Laignes, sa femme, dame de La Jaisse, Montigny, Lasson, la Petite‑Brosse, Bruchon, Pichancourt et Sailly, firent faire ce présent sépulcre l’an mil cin cens et quinze ; et gist le dit escuier sous le crucifix de céans. Priez Dieu pour eulx. »

De taille plus petite, ces sculptures n’ont pas la même valeur artistique que les deux autres ensembles, qui sont donc de 1515. La voûte était autrefois peinte ; on peut encore y apercevoir quelques fragments de peintures polychromes avec des semis de tours d’or. On peut y distinguer le Christ, habillé en jardinier, apparaissant à sainte Madeleine. Le phylactère posé sur l’arbre séparant les deux personnages porte : « Noli me tangere » (« Ne me touche pas » ou « Ne me retiens pas »).

La chapelle sépulcrale, entièrement peinte, constitue un écrin exceptionnel pour cette œuvre, dont la restauration prévue en 2026 permettra de redécouvrir la polychromie et les détails aujourd’hui atténués par le temps.

Les donateurs : Nicolas de Monstiers et son épouse Jacqueline de Laignes


ici je suis dos à l'entrée, l'on sort par l'escalier devant nous qui mène au Maître-Autel

Résurrection Marie-Madeleine reconnait le Christ
fresque sur la voûte du sépulcre

La famille de Monstier fonde également la chapelle Saint‑Georges, tandis que Sébastien David et son épouse Bertrande Le Tartrier créent en 1538 la chapelle du Paradis.

Entre 1532 et 1548, la nef et les chapelles latérales sont reconstruites, témoignant de l’ampleur des travaux entrepris dans cette période de prospérité.

L’architecture de l’église adopte un plan en croix latine, typiquement gothique, avec une nef orientée ouest‑est. Plusieurs éléments singuliers méritent d’être soulignés : des hagioscopes percés dans les piliers permettent aux fidèles de voir le chœur depuis les chapelles ; la clôture Renaissance de la chapelle du Paradis, datée de 1538, est un exemple remarquable de sculpture ornementale ; un caveau funéraire subsiste sous la chapelle du Sépulcre, rappelant l’importance des familles nobles dans l’histoire locale.

L’intérieur de l’église abrite une soixantaine de sculptures médiévales et renaissantes, ce qui en fait un véritable musée de la sculpture troyenne. On y trouve notamment des statues de sainte Barbe, sainte Marguerite, saint Éloi, saint Vorles, un Christ de Pitié, ainsi que plusieurs Vierges à l’Enfant dont certaines conservent des proportions archaïques héritées du gothique tardif. Ces œuvres illustrent l’évolution du style troyen, caractérisé par un naturalisme expressif, une attention minutieuse aux drapés et une polychromie souvent préservée.

La Champagne du XVIᵉ siècle, et particulièrement Troyes, est alors l’un des foyers majeurs de la sculpture française, avec des ateliers dynamiques et des maîtres dont l’influence dépasse largement les frontières du diocèse.

En pénétrant dans l’église par le portail occidental, on découvre immédiatement, sur la gauche, la première chapelle.

Chapelle Sainte‑Barbe 


On y remarque de suite près de l’entrée une Vierge à l’Enfant, statue en pierre polychrome du XVIᵉ siècle. Elle a un air chagrin, mais l’Enfant lui paraît plein de vie. Il est à remarquer une disproportion du corps. Puis viennent deux statues en pierre polychrome du XVIᵉ siècle, de l’école de sculpture troyenne, représentant Sainte Barbe et Sainte Marguerite d’Antioche. Sainte Barbe est représentée debout, tenant dans la main gauche la palme des martyrs, dont le bras repose sur le seuil de la porte d’une tour finement ouvragée. Elle tient sous son bras droit deux livres dont l’un possède un fermoir. Elle est vêtue d’une robe rose, à plis verticaux qui se cassent à la base. Elle porte dessus une cape avec un plastron de couleur verte tombant sur le ventre, qu’elle relève avec grâce de sa main droite, laissant voir la doublure de couleur bleue. Elle est représentée avec une longue chevelure blonde, recouverte d’une bande de tissu blanc enroulée sur le haut de la tête, retombant sur les côtés et nouée sur la poitrine. Sainte Marguerite, présentant quelques similitudes avec la statue précédente, porte une longue robe rouge avec un galon doré au‑dessus de la poitrine et une ceinture de tissu dorée, nouée sur le ventre. Elle est enveloppée d’un manteau‑cape de tissu bleu à la doublure rouge, qu’elle retient de sa main gauche à hauteur du ventre, tenant également un crucifix, le bras droit plié, la main refermée, apaisant le dragon de couleur verte, couché à ses pieds. Elle est coiffée d’une longue chevelure châtain retombant sur sa cape. 


La chapelle abrite encore un triptyque de la Trinité, en bois peint, daté du XVIᵉ siècle, représentant la Trinité, le Père et le Fils étant représentés assis et le Saint‑Esprit au centre sous la forme d’une colombe. Sur les panneaux latéraux ouvrants figurent saint Pierre, saint Jacques le Majeur, saint Nicolas en habit épiscopal avec à ses pieds trois enfants nus dans un cuvier, et saint Edme en évêque avec un enfant couché à ses pieds. 



Un tableau du XVIIᵉ siècle représentant saint François de Sales, dont on ignore l’auteur, et une grande huile sur toile du XVIIᵉ siècle, Apparition de la Vierge à saint Robert, placée au‑dessus de la porte d’entrée de la chapelle et attribuée à Jacques de Létin (1597‑1661), complètent l’ensemble. Ce dernier tableau, propriété de la commune des Loges‑Margueron, est déposé à l’église de Chaource.


Apparition de la Vierge à Saint Robert – XVIIe
h = 170 ; la = 130
Jacques de Létin (attribué à). Restauration par Malessel en 1975

[Jacques de Létin, souvent improprement nommé Jacques Ninet de Lestin, né à Troyes en 1597, et mort dans cette même ville en 1661, est un peintre français. Il nait dans un milieu assez aisé, en tout cas sensibilisé à l'activité artistique qui se déployait encore à Troyes au début du XVIIe siècle. Son père, Jehan de Létin, tient un hôtel qui a pour nom L'Image de Saint-Christophe.

Il effectue sa formation auprès d'Edme Doué, un peintre qui épouse sa sœur Simonette en 1613. Jacques de Létin partage l'idéal romain des jeunes peintres de son temps, sous le charme du Caravage. Il reste trois ans à Rome, de 1622 à 1625 et partage son toit avec deux autres artistes, le peintre Charles Mellin, et le sculpteur Jacques Sarrazin. C'est pendant son séjour en Italie qu'il rencontre Simon Vouet, avec lequel il se lie d'amitié.

De retour à Troyes en 1626, il se marie, et dans les années qui suivent son retour à Troyes, se succèdent les commandes importantes et les longs séjours à Paris. Parallèlement, il réalise nombre d'œuvres profanes, en particulier des trumeaux de cheminées, mais également des tableaux dont La Mort de Virginie, conservé au musée Pouchkine à Moscou.

L'art de Jacques de Létin séduit aussi à Paris. Il y travaille régulièrement dans les années 1633 à 1639, il est installé paroisse Saint-Jacques, mais sans avoir coupé les liens avec Troyes. Il est choisi comme peintre du « May » en 1636 et le 1er mai 1636, sa toile Saint Paul prêchant à l'Aréopage est posée au portail de Notre-Dame de Paris.

Il revient s'installer définitivement à Troyes en 1645. Ses conditions de vie sont privilégiées. Il achète des terres, se fait construire une grande maison éclairée par une grande verrière.

Il est inhumé le 2 novembre 1661 paroisse de l'église Saint-Nizier de Troyes.

Jacques de Létin fut rapidement oublié. Déjà à la fin du XVIIe siècle, les historiens de l'art le citent sans plus de commentaires dans la liste des artistes qu’ils rattachent au style de Simon Vouet. Dans l'une de ces listes, le patronyme de Jacques de Létin a été transformé en « Nicolas Ninet de Lestin » par l'oubli d'une virgule entre Ninet et de Lestin. Plus de deux siècles après, C'est l'historien troyen Albert Babeau qui, en 1882, a retrouvé l'identité et la biographie de Jacques de Létin. Nombre de ses œuvres ont disparu sous la Révolution et depuis 1940.

On peut voir ce qu'il reste de ses œuvres ...

- notamment dans les églises troyennes : Saint-Pantaléon, Saint-Remi, Sainte-Madeleine ;

- ainsi qu'à l'église Notre-Dame d'Aix-en-Othe ;

- Son Apparition de la Vierge à saint Robert à l'église Saint-Jean-Baptiste de Chaource ;

- dans deux églises parisiennes (Saint-Louis mourant de la peste à Tunis dans l'église Saint-Paul-Saint-Louis et une Adoration des bergers dans l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle).] 


Chapelle Sainte‑Catherine ou de l’Annonciation 


Chapelle datée de 1534. Sur un pilier, à l’entrée de la chapelle, se trouve une statue en pierre avec des traces de polychromie de saint Robert, portant dans ses bras l’abbaye de Molesme et de Cîteaux. Sa robe de bure a des plis incurvés à l’horizontale, son visage joufflu au regard volontaire. Cette œuvre est datée du XVIᵉ siècle. 


Le retable dit de l’Annonciation, daté de la première moitié du XVe siècle, est d’origine rhénane ou lorraine selon certains spécialistes. On retrouve des sculptures similaires dans les églises de Morhange et de Vignory. Surmonté d’arcatures de style gothique flamboyant, ce bas‑relief présente en sa partie centrale un immense phylactère aux nombreuses circonvolutions portant les salutations mariales. Au sommet, un vase de lys, tenu par un ange aux ailes déployées. Le Père céleste envoie de son souffle le Saint‑Esprit en direction de la Vierge qui lève sa main droite en sa direction.



Au‑dessus du retable se trouvent trois statues : Saint Mammès, tenant ses entrailles, un lion couché à ses pieds, représenté en tenue de bourgeois du XVIᵉ siècle ; Sainte Catherine, statue en pierre avec traces de polychromie datée du XVIIᵉ siècle, placée au milieu, tenant ouvert dans sa main droite le Livre et la palme du martyre dans une main gauche aujourd’hui absente ; Saint Étienne, statue en pierre avec polychromie, vêtu d’une robe longue et d’un manteau vert, tenant dans sa main droite un livre ouvert et dans l’autre la palme du martyre, au visage joufflu et aux yeux globuleux, coiffé comme un moine. Cette œuvre anonyme date du XVIIᵉ siècle. Sur le mur gauche, en entrant dans la chapelle, se trouve une peinture de l’Adoration des bergers, huile sur toile du XVIIᵉ siècle, où l’on remarque notamment deux poules dans un panier, entre des moutons et un chien à l’air assez féroce.

St Mammès, Ste Catherine, St Etienne


Portail nord 


Au‑dessus du portail nord, une verrière en rosace avec huit compartiments figure les sept douleurs de la Vierge. Cette verrière fut offerte par Jean Carteron, curé de Lagesse. Plus haut, peu visible, un saint Augustin, docteur de l’Église, huile sur toile signée Jean‑Barthélemy Parrocel (1631‑1667), classée Monument historique en 1906 sous l’appellation Docteur de l’Église. Le long d’un pilier, une statue de saint Julien en pierre avec polychromie le montre en armure, portant une cape rouge, un écu orné d’une balance à fléau, la main gauche sur le pommeau de son épée et la main droite tenant un gros morceau de bois allant du sol à hauteur de sa poitrine. Deux statuettes en pierre polychrome du XVIᵉ siècle représentent Sainte Agnès et Saint Gondon en vêtement épiscopal. À cette hauteur, on se trouve dans la partie ancienne de l’édifice, datée du XIIIᵉ siècle. Les ouvertures que l’on voit dans les piliers portent le nom de hagioscopes et servent à voir la célébration de l’office au maître‑autel dans le chœur.

Transept nord – Chapelle du Paradis 


Cette chapelle de plan carré est retrayante de l’édifice, formant ainsi l’extrémité nord du transept. On accède à cette chapelle accolée au bas‑côté nord par une clôture en pierre blanche sculptée datant de 1538, dans un style Renaissance. Elle fut fondée par le seigneur des Bruyères, Sébastien David, et son épouse Bertrande Le Tartrier. 

La clôture, chef‑d’œuvre de sculpture, est composée de quatre colonnes corinthiennes demi‑cylindriques, dont deux engagées sur les pilastres latéraux festonnés à l’intérieur et deux cannelées, encadrant l’entrée centrale à la porte de chêne. Le linteau au‑dessus de la porte forme un rectangle avec bordure de doubles cotices potencées et contre potencées, comportant des rinceaux. Au‑dessus, trois colonnettes dont deux extérieures supportent un atlante portant un second entablement qui comporte deux cartouches renfermant avant la Révolution les armoiries des donateurs, entourés d’une couronne de fleurs. Au‑dessus de ce second entablement, deux niches abritent les statuettes de saint Sébastien et David vers l’intérieur, et en extérieur saint Bertrand et saint Vincent, saints patrons des donateurs. Sur chacun des côtés de la porte, entre les colonnes et les pilastres, on trouve cinq colonnes torsadées, cannelées et festonnées surmontées d’un entablement. Un second entablement à hauteur rejoint le premier au‑dessus de la porte et court tout le long de la clôture. Entre les deux entablements, des scènes de la vie de saint Jean sont sculptées dans des panneaux carrés, eux‑mêmes encadrés de deux arcatures en plein cintre de chaque côté. Des angelots sont distribués le long de ces entablements latéraux, surmontés d’un fronton triangulaire lui‑même surmonté d’une colonne carrée.

Dans la partie centrale de la chapelle, posée sur un meuble surmonté de vitres, se trouve une crèche de grande beauté comprenant 22 statuettes de bois peint et doré. Tous les personnages sont indépendants du support et peuvent être disposés au gré du responsable. L’auteur qui l’a réalisée au XVIᵉ siècle reste inconnu. L’ensemble se compose en fait de deux crèches dont la Vierge et l’Enfant Jésus sont en double exemplaire. Le meuble comporte des volets formant polyptyque, peints en camaïeu sur la partie extérieure et en polychromie à l’intérieur, avec semis de fleurs de lys sur fond bleu. Sur la partie gauche, on trouve la Présentation au Temple, puis à droite le Massacre des Innocents. Sur les panneaux extérieurs, des scènes de la vie de la Vierge, peintes en camaïeu, les donateurs — le sieur Cany représenté à genoux, en prière, avec à ses côtés sa devise « de peu assez » — et son épouse avec leur écu : « écartelé aux 1 et 4 : d’azur à la croix alésée, aux 2 et 3 : d’or à un nuage d’azur, le tout sous un chef de sable, chargé d’un lévrier courant d’or ». Cet ensemble fut conçu au départ pour être logé dans la chapelle Porte‑Croix, dont la longueur correspond exactement à celle du mur, avec au coin gauche une concavité correspondant au pilier se trouvant à cet endroit. Ce meuble est daté de 1540.



Crèche du XVIème siècle 

Elle est composée de personnages mobiles et indépendants, la crèche est vraisemblablement la plus ancienne de France. Ses vingt-deux statuettes mobiles en bois sculpté, peint et doré à l’or fin, constituent deux tableaux : L’adoration des bergers d’une part / l’adoration des mages d’autre part.Le meuble abritant les personnages, également du XVIème siècle, évoque des scènes de la vie de la Vierge et du Christ.


Sur le mur, face à la crèche, se trouve le retable de la Passion, portant la date de 1532. 


Elie et Moïse

Trois panneaux figurent l’arrestation, la crucifixion et la résurrection. Les personnages en pierre sont en ronde‑bosse ou demi‑bosse. Le retable est couronné d’une Transfiguration : statue du Christ entre celles d’Élie et de Moïse, statues en pierre. 
De chaque côté, deux statues monumentales : la Vierge portant l’Enfant, le genou gauche avancé, et saint Jean tenant un livre et portant une robe avec l’inscription : « Ommia per ipsum facta sunt » (« Et par lui, tout a été fait »). 
D’autres statues ornent les murs ouest et nord : Sainte Anne ou l’Éducation de la Vierge, grande statue en pierre polychrome du XVIᵉ siècle ; Saint Syre, statuette d’art populaire du XVIᵉ siècle ; Sainte Reine, statuette du XVIIᵉ siècle ; Saint Jacques le Majeur, statue du XVIᵉ siècle de style rustique ; une Pietà, statue en pierre du XVIᵉ siècle de l’école troyenne. Sous la chapelle se trouve un caveau dans lequel reposent les corps de quelques notables inhumés là avant la Révolution. Aucune dalle funéraire : le sol est recouvert de petits carreaux en terre cuite.


vitrail de l'Apocalypse

Sébastien David, sieur des Bruyères, appartient à ces notables ruraux qui marquent profondément l’histoire de Chaource au début du XVIᵉ siècle. Propriétaire du petit fief des Bruyères, situé à un kilomètre au nord du bourg sur la route de Troyes, il occupe une position sociale solide, fondée sur la 
possession foncière et sur un réseau d’alliances locales.
Son épouse, Bertrande Le Tartier (1475–1550), issue d’une famille bourgeoise bien implantée entre Troyes et Chaource, partage avec lui un rôle actif dans la vie religieuse et communautaire. Leur nom reste attaché à l’une des réalisations majeures du chantier flamboyant de l’église Saint‑Jean‑Baptiste : la fondation de la chapelle du Paradis. Entre 1531 et 1537, trois chapelles sont élevées le long du flanc nord de l’édifice, dans un style flamboyant tardif d’une grande homogénéité. La troisième, alignée sur la première travée du chœur, est précisément celle que fondent Sébastien David et Bertrande Le Tartier. Cette chapelle du Paradis, probablement destinée à servir de lieu de sépulture et de mémoire familiale, témoigne de leur piété autant que de leur aisance. Son décor, caractérisé par des arcs en tiers‑point ouverts, des réseaux à soufflets et mouchettes, des pinacles élancés et des moulurations fines, s’inscrit pleinement dans l’esthétique flamboyante de la première moitié du XVIᵉ siècle.
La fondation de cette chapelle s’insère dans un contexte plus large de mécénat local, où plusieurs familles de Chaource rivalisent de générosité pour affirmer leur statut. Parmi elles, les de Monstier occupent une place de premier plan. Le portail latéral, contemporain des chapelles, présente un bas‑relief représentant un donateur présenté par saint Nicolas à saint Pierre ; tout indique qu’il s’agit de Nicolas de Monstier, dont le prénom correspond au saint protecteur figuré. Les liens entre les familles David et Monstier ne sont pas seulement artistiques ou religieux : ils sont également juridiques et économiques. Un parchemin daté de 1522, conservé à la Bibliothèque municipale de Troyes, atteste une transaction entre Sébastien David et Charles de Monstier. Ce document, original sur parchemin, montre que les deux lignages entretiennent des relations d’affaires, probablement autour de terres, de cens ou de droits seigneuriaux. Ce type d’acte précède souvent des fondations pieuses ou des réaménagements liturgiques, ce qui renforce l’idée que la chapelle du Paradis s’inscrit dans une dynamique familiale et locale cohérente. Bertrande Le Tartier, qui survit probablement à son mari, assure la continuité de cette fondation jusqu’à sa mort vers 1550. Le couple, par son action, laisse une empreinte durable dans l’église de Chaource, où leur chapelle demeure l’un des témoignages les plus éloquents de la spiritualité et du prestige social des élites rurales de la Renaissance aubois. Leur mémoire se lit encore aujourd’hui dans la pierre, dans la cohérence du décor flamboyant, et dans les archives qui conservent la trace de leurs engagements.


Chœur – Chapelle du Christ de Pitié 

St Denis – St Nicolas au donateur – Christ aux liens avec 2 donateurs – St Edme – St Eloi
ensemble en pierre polychrome du XVIe sauf le Christ aux liens du XVe

Formant l’extrémité du collatéral nord, à l’intérieur de la partie formant le chœur, cette chapelle prend place dans la zone du déambulatoire. Elle renferme de nombreuses statues qui furent placées là uniquement pour donner une répartition équilibrée de l’ensemble des œuvres à l’intérieur de l’édifice et les mettre en valeur : Saint Sébastien, statue en bois polychrome du XVIᵉ siècle ; Saint Denis, statue en pierre du XVIᵉ siècle, l’évêque portant son chef ; Saint Nicolas au donateur, statue en pierre polychrome du XVIᵉ siècle, pieds nus, accompagné de trois petits-enfants ; un Christ de Pitié avec les deux donateurs en prière, statue de pierre du XVe siècle, avec traces de polychromie, Christ aux liens dont le buste et les jambes sont allongés de façon excessive intentionnellement en vue de corriger la perspective une fois cette statue placée en hauteur. On y voit aussi Saint Edme, statue en pierre du XVIᵉ siècle — l’église comporte plusieurs statues de ce saint, dont le culte était très répandu en Champagne et Bourgogne à cette époque —, Saint Éloi, statue en pierre polychrome, tenant dans la main droite levée un marteau, l’autre reposant sur un calice, rappelant son premier métier d’orfèvre, et Saint Vorles, statue en pierre polychrome du XVIᵉ siècle relatant sa vision d’un incendie : la main gauche appuyée sur une maison en flammes et tenant un livre ouvert, l’autre main servant à sortir du brasier un jeune enfant. Une statue de saint Jérôme, à genoux au désert, la main gauche sur une tête de mort, le bras droit replié sur le ventre tenant une pierre, le montre tournant la tête sur sa droite, la bouche entrouverte, portant une longue barbe effilée. Sa longue tunique est ouverte sur les côtés le long des jambes à hauteur des cuisses et largement ouverte en demi‑lune sur la poitrine, laissant voir le ventre. Un lion à ses pieds est une représentation imaginaire. Cette œuvre passe pour être une sculpture tardive du Maître de Chaource.

Les vitraux 


Vie de Saint Jean-Baptiste - 1536


La verrière de l’ouest date de 1536 et présente la vie de saint Sébastien. La partie basse présente les images des donateurs et leurs enfants. La verrière nord attire de suite le regard par sa beauté : grisaille avec jaune d’argent enchâssé entre les meneaux qui forment une fleur de lys. Dans la partie supérieure, Dieu le Père, entouré d’anges annonçant le Jugement dernier au son de la trompette. Dans la partie en dessous, le Paradis, avec les élus sortant de terre et louant Dieu, et dans la partie inférieure l’Enfer avec les damnés souffrant les tourments liés à ces lieux. La verrière est, au‑dessus du retable de la chapelle du Paradis, représente l’Apocalypse selon saint Jean. Les quatre cavaliers offrent beaucoup de similitudes avec des dessins gravés de Dürer. La partie inférieure de ce vitrail, très endommagée, n’a pu être reconstituée. Elle présente un dessin d’une grande finesse, avec une pluie d’étoiles. Les armoiries du donateur Sébastien David figurent en haut de ce vitrail : « de sinople à croix d’argent » et celles de son épouse Bertrande Le Tartrier : « de gueules au chef d’or, accompagné d’un besant d’or ».

Les bombardements de 1940 endommagèrent plusieurs baies, entraînant des restaurations importantes au cours du XXᵉ siècle. Ces interventions ont parfois révélé des fragments de peintures murales anciennes, notamment dans les chapelles latérales et autour du Sépulcre. L’ensemble des vitraux témoigne de la vitalité artistique de la Champagne au XVIᵉ siècle, période durant laquelle Troyes et ses environs furent l’un des centres les plus actifs du vitrail français.

Le Jugement dernier XVIe

Vitraux des 19e, 20e et 21e siècles :

Les verrières du triplet du chœur sont ornées de vitraux exécutés en 1961 par l’atelier Sabouret d’après des cartons peints par Simone Flandrin-Latron.

Verrière : saint Pierre ; Agneau mystique ; saint Paul

Triplet réalisé en 1961 par l'atelier Labouret, d'après les cartons de Mme Flandrin-Latron.

Trois baies en arc brisé comportant des verrières composées de 6 panneaux (baie centrale) et 3 panneaux (baies latérales).

Iconographies

Agneau mystique

Blé, fruit, bateau, poisson, raisin, houlette, épée, livre, ornement à forme géométrique

Figures symboliques sur un fond géométrique.

Baie 1 : poissons, bateau. Éléments iconographiques et texte symbolisant saint Pierre.

Baie 0 : Agneau mystique, épis de blé, pampres de raisins, corbeille de fruits.

Baie 2 : bateau, houlette (?), épée, livre. Éléments iconographiques et texte symbolisant saint Paul.

Précision inscriptions

Baie 1 : DESORMAIS / TU SERAS / PECHEUR / D'HOMMES.

Baie 0 : ECCE AGNUS DEI / ECCE QUI TOLLIS / PECCATA MUNDI. ECCE NUS (sic) DEAG (sic) / ECCE QUI TOLLIS / PECCATA MUNDI / AGNUS DEI / QUI TOLLIS / PECCATA MUNDI / TE ROGAMUS AUDI NOS.

Baie 2 : VERS / LES / NATIONS / AU / LOIN / JE / T'ENVERRAI. A moi le plus petit de tous les Saints / (...) donnée cette grâce d'Annoncer / aux Nations / l'insondable / richesse du Christ.


Sanctuaire 

St Julien devant l’entrée du chœur - grille de clôture 18e

Maître-autel Tombeau en marbre veiné rouge XVIIIe

La nef est séparée du sanctuaire par une table de communion en fer forgé datant du début du XVIIIᵉ siècle. Les arcatures du XIIᵉ siècle, autrefois cachées par des boiseries du XVIIIᵉ siècle qui descendaient du bas des verrières au sol, ainsi que sur les côtés de l’entrée, sont aujourd’hui visibles. Elles donnent appui à deux crédences. Le maître‑autel en marbre rouge, du XVIIIᵉ siècle, porte sur le devant une pierre représentant le Saint‑Esprit, ainsi que d’autres pierres dans les angles formant cabochons. De chaque côté, deux candélabres en bois de style Restauration. Au‑dessus du bandeau du pourtour, six statues représentent : Saint Joseph et l’Enfant Jésus, Saint Laurent, Saint Jean‑Baptiste, Saint Jacques le Majeur — dont la besace porte les armoiries de la maison d’Angenoust, donatrice —, Saint Edme et une Éducation de la Vierge.

Chapelles du collatéral sud 


Plusieurs chapelles du collatéral sud sont mentionnées mais encore peu documentées : chapelle Saint‑Georges dans le transept sud, chapelle Saint‑Hubert, chapelle du Porte‑Croix, chapelle des fonts baptismaux, ainsi qu’une chapelle Saint‑Jean‑Décollé où l’on remarque une piscine peinte en faux marbre. 

Situé dans le collatéral sud, à proximité du chevet, cet autel latéral est dédié à Notre‑Dame de Lorette, une dévotion peu représentée dans l’Aube. L’ensemble se compose d’un autel en maçonnerie et d’un groupe sculpté polychrome figurant la Vierge à l’Enfant entourée d’anges. Sous les pieds de la Vierge, deux anges présentent une petite construction trapue : il s’agit de la Sainte Maison de Lorette, élément iconographique caractéristique de ce culte.

Autel de Notre-Dame de Lorette - travée sud - mur Est

La dévotion à Notre‑Dame de Lorette, issue du sanctuaire italien de Loreto, s’est diffusée en France à partir du XVIIᵉ siècle, puis a connu un regain au XIXᵉ siècle avec l’essor des pèlerinages mariaux. À Chaource, l’autel semble s’inscrire dans ce mouvement : la polychromie, la facture des anges et la mise en scène du groupe renvoient aux campagnes décoratives du XIXᵉ siècle qui ont marqué l’église.

L’iconographie associe ici la Vierge protectrice au symbole du foyer chrétien : la Sainte Maison, censée être la demeure de Nazareth transportée miraculeusement par les anges, évoque la vie domestique de Marie et la sanctification du quotidien. La présence de ce thème, rare dans la région, témoigne de l’ouverture de la paroisse chaourçoise à des dévotions venues d’Italie et relayées par les missions et les confréries mariales.

Retable de  Notre-Dame de Lorette 

Chapelle Saint-Georges

La chapelle Saint‑Georges fut fondée par la famille Monstier, qui fit également exécuter la célèbre Mise au tombeau.


Généalogie de la famille De Monstier


Peinture murale : enduit (support) ; peinture à la chaux ; rectangulaire vertical
Année de création : 1548
Indexation iconographique : figure : en donateur ; saint ; sainte ; heaume ; ange ; armoiries ; famille
Description : Personnes d'une même famille représentées en prière, certains agenouillés. Saintes et saints protecteurs, heaumes posés à terre, armoiries tenues par têtes d'anges ailées.
Dimensions normalisées (en cm) : h = 470 ; la = 372
État de conservation : manque ; Angle supérieur senestre partiellement effacé.

1er registre : Cy gisent messire Henry de Mussy et dame Isabeau de Pargues sa femme lesquels (...) A savoir treize tilz (?) et dix tilles. Et trespassèrent an lan mil trois cent LXII (?) et (...).

2e registre : (à gauche) Cy gist messire Jehan de Monstier, chanlier (chancelier ?), sire de Ballenod et de Chesley / (...) du Roy mr (maître) sire (...) décédé le 2e novembre 1419.

3e (au centre) Cy gist noble homme Jehan de Monstier, fils de Jehan de Monstier, sr (seigneur) de Chesley, Fontaines, Cussangy et Chavigny (...) décédé le 23 mars 1483.

(à droite) Cy gisent mr Claude de Monstier, chr, sire de (...) Cussangy, Chavigny (...) Lantages / capitaine de Chaource, qui décéda le 7e (?) 1510 et (Marie ?) Jehanne de Vignes sa femme qui décéda le 2e fév. 1500, fondateur de cette chapelle.


Cartouche inférieur : Cy gist noble sr Charles de Monstier sr de Chesley, Etourvy et Villiers-le-Bois. Qui décéda le 6 fevrier 1532. Et noble damoyselle Marie de Vetdreysa femme, laquelle a faict ceste chapelle.
Œuvre restaurée en 1888 (dégagement de l'enduit de plâtre qui recouvrait la peinture). Restauré par Malesset en 1965.
Date repérée : 1544. Il n'est fait nulle part mention de Nicolas de Monstier.
Date et typologie de la protection : 1840 : classé au titre immeuble
Peinture murale à compartiments : la famille de Nicolas de Monstier, 1548, liste de 1840.
Observations : M.H. Liste de 1840.

 La famille de Monstier occupe à Chaource, au début du XVIᵉ siècle, une place essentielle parmi les notables qui façonnent l’église et son décor. Présents dans les actes dès la fin du XVe siècle, ils apparaissent comme l’un des lignages les plus influents du bourg, engagés à la fois dans la vie économique, religieuse et artistique de la paroisse. Leur mécénat s’exprime de manière éclatante sur le flanc sud de l’église, où ils fondent la chapelle Saint‑Georges, un espace qui leur sert à la fois de lieu de dévotion, de mémoire familiale et de marqueur social. Cette chapelle, adossée au bas‑côté sud, témoigne d’une architecture soignée et d’un programme iconographique cohérent avec la spiritualité chevaleresque et protectrice associée à saint Georges, figure très prisée des élites locales. 

Les Monstier ne se contentent pas de financer un autel : ils participent à un vaste chantier qui transforme profondément l’église de Chaource dans les années 1500–1540. Leur empreinte la plus spectaculaire se trouve dans la création de la salle basse, vaste espace voûté situé sous la chapelle haute, conçu comme un lieu funéraire et dévotionnel d’une ambition exceptionnelle pour un bourg rural. C’est dans cette salle basse que sera installée, vers 1515–1520, la célèbre Mise au Tombeau attribuée au maître de Chaource, chef‑d’œuvre absolu de la sculpture religieuse de la Renaissance en Champagne. La présence de cette œuvre monumentale dans un espace fondé ou aménagé par les Monstier témoigne de leur rôle central dans le mécénat local. La salle basse, par son architecture et sa fonction, s’apparente à une crypte seigneuriale, destinée à accueillir les sépultures et les fondations pieuses de la famille. Le décor sculpté, la qualité des voûtes et la monumentalité du groupe funéraire montrent que les Monstier ont voulu affirmer leur statut tout en inscrivant leur mémoire dans un cadre liturgique prestigieux. Leur influence s’étend également au portail latéral nord, où un bas‑relief représente un donateur présenté par saint Nicolas à saint Pierre ; tout indique qu’il s’agit de Nicolas de Monstier, dont le prénom correspond au saint protecteur figuré. Ce portail, contemporain des chapelles du flanc nord, montre que les Monstier interviennent sur plusieurs fronts, au nord comme au sud, participant à l’unification stylistique de l’église dans un flamboyant tardif raffiné. Les liens entre les Monstier et les autres familles mécènes, notamment les David et les Le Tartier, sont attestés par des actes comme la transaction de 1522 entre Charles de Monstier et Sébastien David, preuve que ces lignages collaborent autant dans les affaires que dans les fondations religieuses. Par leur chapelle Saint‑Georges, par la création de la salle basse et par leur participation aux grands chantiers de l’église, les Monstier s’imposent comme l’un des piliers du renouveau architectural et spirituel de Chaource au XVIᵉ siècle. Leur empreinte, visible dans la pierre comme dans les archives, fait d’eux les artisans majeurs de l’identité monumentale du lieu, aux côtés des autres familles fondatrices qui ont façonné l’église telle qu’on la voit aujourd’hui.

Retable de Saint Sébastien XVe

Installé dans la chapelle Saint‑Georges, sur le mur sud, ce retable peint constitue l’un des rares témoins conservés de la décoration médiévale de l’église. Réalisé vers la fin du XVe siècle, il se présente sous la forme d’un panneau rectangulaire rythmé par des arcatures gothiques. Les scènes, peintes à la détrempe sur enduit, illustrent le martyre de Saint Sébastien, tandis que la Crucifixion occupe le registre central, établissant un lien direct entre le sacrifice du saint et celui du Christ.

La palette — rouges, ocres, verts — et le traitement des visages renvoient aux ateliers troyens actifs à la charnière des XVe‑XVIᵉ siècles, dont on retrouve la manière dans plusieurs églises de la Champagne méridionale. Le style, encore marqué par le gothique tardif, annonce cependant une sensibilité plus narrative, caractéristique des débuts de la Renaissance.

Longtemps masqué sous des badigeons, le retable a été redécouvert lors des restaurations du XXᵉ siècle. Malgré les lacunes, il conserve une forte valeur documentaire : il témoigne de la transition entre la peinture murale médiévale et le retable autonome, et s’inscrit dans le contexte de la chapelle Saint‑Georges, fondée par la famille De Moustiers.

Autel de Saint‑François de Sales -  XIXᵉ siècle

Orienté à l’est, cet autel néo‑gothique est dédié à Saint François de Sales. Il se compose d’un autel en pierre blanche surmonté d’un retable architecturé à pinacles et arcatures trilobées. La partie supérieure présente la statue du saint, encadrée de deux anges en prière, tandis que les panneaux latéraux illustrent des scènes de la vie de Saint François de Sales, évêque de Genève et docteur de l’Église.

Sur le devant d’autel figure un médaillon circulaire rayonnant portant le monogramme SFS (Sanctus Franciscus Salesius). Une inscription gravée mentionne le donateur :

Don (…) Victe Frédéric Chardon de Briailles en mémoire de Louise Amélie Michaut, dame Chardon de Briailles, sa mère.

Ce Frédéric Chardon de Briailles, notable local, fut maire de Chaource au XIXᵉ siècle et propriétaire du château de la Cordelière, situé à proximité du bourg. L’autel témoigne du goût religieux et artistique de cette famille, qui participa activement à la vie paroissiale et aux embellissements de l’église.

L’ensemble, d’une facture soignée, illustre le renouveau néo‑gothique du XIXᵉ siècle : recherche de verticalité, décor ajouré, figures expressives et symbolisme lumineux. Il s’inscrit harmonieusement dans la chapelle Saint‑Georges, où se trouvent également le retable de Saint Sébastien et la généalogie des De Moustiers.

Chapelle Saint Hubert

 

Haut du retable
Saint Benoit porte les abbayes de Subiaco et du Mont-Cassin
Sainte Scholastique, Sainte Brigitte 

Fronton : La Cène - Jésus entouré des 12 apôtres

Saint-Hubert à genoux devant le cerf crucifère

Au registre supérieur on remarque le blason des bouchers (couteau et hachoir) ainsi qu’un bœuf et un mouton ce qui nous indique que cette chapelle a été financée par la corporation des éleveurs de bétail et les bouchers. Au premier plan, Saint Hubert et l’apparition du cerf crucifère. Ange, colombe de la paix, sonneur sur son destrier, chiens.


                                          Légende et conversion de saint Hubert


Saint Hubert chassait un Vendredi Saint lorsqu’il vit un magnifique cerf blanc. Il prit l’animal en chasse. La traque dura très longtemps car le cerf était infatigable. Soudain, l’animal s’arrêta et Hubert vit briller entre ses bois la croix du Christ. Il entendit alors une voix, venue du Ciel, lui dire :

« Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? »

Hubert se jette à genoux et demande :

« Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? »

La voix lui répond :

« Va donc auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu’il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n’être point damné dans l’éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée. »

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :

« Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous ! »

Saint Hubert suivit le commandement du Seigneur et se convertit.

Après sa conversion, en 688, saint Hubert abandonna le duché d’Aquitaine à son frère pour se consacrer totalement à Dieu. Il rentre alors dans les ordres, après avoir été pèlerin. En 705, lorsque saint Lambert meurt en martyr, Saint Hubert est désigné à sa suite, évêque de Liège-Maëstricht et de Tongres. Il fit construire, à l’endroit de l’assassinat de son prédécesseur, une église dédiée à Notre-Dame (qui deviendra la cathédrale de Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège) dans laquelle il fait déposer les reliques de saint Lambert. Il fût un grand évêque, très proche de ses fidèles, qu’il allait rejoindre partout dans son évêché. Sa douce et persuasive éloquence captivait les foules, qui venaient l’écouter pendant des heures. Attentionné, et doux il aidait les malheureux, les pauvres et les prisonniers. Saint Hubert mourut le 30 mai 727 à cause de la gangrène. Il fût enseveli dans l’abbatiale Saint-Pierre de Liège qu’il avait fondée. 

Prière à saint Hubert pour devenir des témoins du Christ

“Grand saint Hubert,

Toi qui as répondu à l’appel de Dieu, te demandant de quitter une vie de plaisirs, apprends-nous, comme tu l’as été, à être à l’écoute du projet que Dieu a pour nous.

Donne-nous le courage de renoncer à tout ce qui nous détourne de Lui.

Toi qui, te retirant du monde dans la forêt ardennaise, as fait pénitence durant de nombreuses années, apprends-nous à persévérer et à être fidèles à nos promesses.

Toi qui as été consacré évêque, succédant à Saint Lambert, et qui évangélisa l’immense diocèse de Liège, te dépensant sans compter à une époque où le paganisme était encore très vivace.

Toi, l’Apôtre de l’Ardenne, jette un regard de bonté sur tes enfants, éloigne de notre vie, de notre cœur, toutes formes de rage.

Garde-nous un esprit sain dans un corps sain afin que nous puissions devenir, à ton exemple et par ton soutien, des semeurs d’Évangile et des témoins infatigables de l’Espérance révélée en Jésus, le Christ.

Amen” 


St Jean-Baptiste et un donateur                                   Saint Évêque


Chapelle Saint-Jean-Décolasse

Située dans le collatéral sud, la chapelle Saint‑Jean‑Décolasse abrite une pierre tombale attribuée à la famille d’Amadis Jamyn, poète de la Renaissance né à Chaource vers 1540 et mort en 1593. Ami de Pierre de Ronsard et membre du cercle de la Pléiade, Jamyn fut également secrétaire du roi Charles IX. Sa présence dans l’église relie le patrimoine religieux local à l’histoire littéraire française du XVIᵉ siècle.

La dalle funéraire, en pierre calcaire, est aujourd’hui partiellement effacée ; elle est traditionnellement considérée comme celle de la famille Jamyn et pourrait avoir abrité la sépulture du poète lui‑même.

L’autel actuel, adossé au mur sud, est une œuvre du XIXᵉ siècle. De style sobre et classique, il est réalisé en bois verni avec un retable rectangulaire encadré de pilastres et surmonté d’un fronton mouluré. Le panneau central accueille une peinture religieuse (probablement une scène de martyre ou de prédication de saint Jean‑Baptiste), flanquée de chandeliers dorés et d’un médaillon portant le monogramme SJ.

À droite, une niche murale sculptée témoigne d’un aménagement antérieur, peut‑être destiné à une statue ou à un reliquaire. L’ensemble, éclairé par la baie sud, illustre le soin apporté à la restauration des chapelles latérales au XIXᵉ siècle.

Amadis Jamyn (1540 – 1593) naquit à Chaource dans une famille bourgeoise. Élève et disciple de Ronsard, il participa activement au mouvement de la Pléiade, cherchant à enrichir la langue française par la poésie savante et humaniste. Ses œuvres — Élégies, Odes, Poésies chrétiennes — révèlent une sensibilité mêlant inspiration antique et ferveur spirituelle.

Secrétaire du roi Charles IX, il fut témoin des guerres de Religion, qu’il évoqua avec retenue et mélancolie. Sa mort, survenue en 1593, clôt une vie vouée à la poésie et à la foi. La pierre tombale conservée à Chaource demeure le seul vestige tangible de ce poète champenois, figure discrète mais essentielle de la Renaissance française.

 Chapelle du Porte‑Croix

Autel et statue du XVIᵉ siècle


Située dans le collatéral sud, la chapelle dite du Porte‑Croix abrite un ensemble sculpté remarquable daté du XVIᵉ siècle. L’autel, en pierre calcaire, est surmonté d’un retable orné d’un panneau peint où figure un décor symbolique de la Passion. Au‑dessus, une imposante statue polychrome représente le Christ portant la croix, agenouillé dans un mouvement de douleur et de résignation.

Cette œuvre, d’une grande intensité expressive, appartient à la même veine artistique que les sculptures de la Mise au Tombeau : modelé puissant, draperies profondes, visage empreint de compassion. Elle illustre la spiritualité du XVIᵉ siècle champenois, centrée sur la méditation du sacrifice du Christ.

L’autel, sobre et massif, conserve ses formes d’origine : table monolithe, colonnettes latérales et gradin rectangulaire. Le retable, encadré de moulures peintes, porte encore des traces de polychromie ancienne. L’ensemble est éclairé par la baie sud, qui accentue la dimension dramatique de la scène.

Cette chapelle, dédiée à la Dévotion du Christ souffrant, servait probablement de lieu de prière pour la confrérie locale de la Passion. Elle constitue aujourd’hui un précieux témoignage de la sculpture religieuse champenoise du XVIᵉ siècle, à la fois réaliste et profondément spirituelle.

Pietà XVIe s.


Chapelle des fonts baptismaux


Occupant l’extrémité occidentale du collatéral sud, la chapelle des Fonts baptismaux conserve un ensemble d’une grande cohérence liturgique et artistique. Les fonts baptismaux, en pierre calcaire, datent du XVIIIᵉ siècle : cuve circulaire à couvercle bombé, posée sur un socle à degrés, ils témoignent du style sobre et équilibré de cette période. Au‑dessus, suspendu à la voûte, un couvercle peint et doré protège la cuve et rappelle la symbolique de la régénération par l’eau.

 De part et d’autre de l’autel, deux statues du XVIᵉ siècle représentent à gauche St Antoine et à Droite St Paul hermite en pied, dans la tradition troyenne : draperies souples, visages expressifs, polychromie atténuée. Ces figures, contemporaines de la grande sculpture champenoise de la Renaissance, encadrent harmonieusement le retable.

Sur le mur oriental, un grand tableau représentant l’Adoration du Sacré‑Cœur domine la chapelle. L’œuvre, non datée, est attribuée à Hippolyte Holfeld, peintre du XIXᵉ siècle.

L’ensemble de la chapelle, associant éléments du XVIᵉ, XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, forme un parcours symbolique : de la naissance spirituelle par le baptême à la contemplation du Cœur du Christ, cœur vivant de la foi.

La cuve baptismale date du XVIIIᵉ siècle, caractéristique du style liturgique de cette période : sobre, équilibrée et centrée sur la fonction sacramentelle. La cuve est taillée dans une pierre calcaire locale, soigneusement polie. Elle se présente sous la forme d’une vasque circulaire, reposant sur un pied tronconique. La simplicité de ses lignes met en valeur la symbolique du baptême : pureté, eau, renaissance. Un couvercle en bois, bombé et orné d’un motif rayonnant, protège la cuve. Ce type de couvercle était courant au XVIIIᵉ siècle pour préserver l’eau bénite et éviter les impuretés.

Cette cuve servait au baptême par infusion, rite en vigueur dans l’Église latine depuis le Moyen Âge. Sa taille permettait d’accueillir l’eau bénite et de baptiser les nouveau‑nés en versant l’eau sur la tête, symbole de la nouvelle naissance dans le Christ.

Saint Antoine                                 Saint Paul hermite

Ces deux statues, placées de part et d’autre du tableau du Sacré‑Cœur dans la chapelle des Fonts baptismaux, représentent saint Antoine le Grand (à gauche) et saint Paul ermite (à droite). Leur association n’est pas fortuite : elle vient d’un épisode célèbre de la Légende dorée.


Saint Antoine le Grand

Né en Égypte au IIIᵉ siècle, il est considéré comme le père des moines. Il vécut en ermite dans le désert, affrontant les tentations du démon. Son attribut est le cochon, symbole de la charité et de la guérison des malades atteints du “mal des ardents”. Il tient souvent un bâton en forme de tau (T) et un livre, signes de prière et de sagesse.

Saint Paul ermite

Contemporain d’Antoine, il serait le premier ermite chrétien, retiré dans le désert de Thèbes. Selon la tradition, Antoine lui rendit visite peu avant sa mort ; un corbeau venait chaque jour lui apporter du pain. Il est représenté avec un livre et vêtu d’une peau de palmier, symbole de sa vie solitaire et ascétique.

Pourquoi ces deux saints ici ?

Leur présence dans la chapelle des Fonts baptismaux évoque la conversion intérieure et la retraite spirituelle : quitter le monde pour renaître à la vie chrétienne. Leur exemple d’humilité et de prière complète le message du baptême : purification, renoncement et nouvelle naissance dans la foi. Œuvres du XVIᵉ siècle, en pierre polychrome. Draperies amples, visages allongés et barbes détaillées typiques de la sculpture troyenne de la Renaissance. Traces de polychromie ancienne visibles sur les manteaux et les visages.

 

Adoration du Sacré-Cœur

Huile sur toile : h = 250 ; la = 130,

Attribué à Hippolyte Holfeld (XIXᵉ siècle) 

Accroché au mur oriental de la chapelle des Fonts baptismaux, ce tableau représente l’Adoration du Sacré‑Cœur, thème majeur de la spiritualité française du XIXᵉ siècle. La scène montre le Christ présentant son Cœur enflammé, entouré de rayons lumineux, dans une attitude d’offrande et de miséricorde. À ses pieds, des fidèles — anges, religieux ou figures allégoriques — se prosternent ou lèvent les yeux vers lui.

La composition, centrée sur la figure du Christ, est caractéristique du style d’Holfeld : couleurs chaudes et dorées, modelé doux et légèrement vaporeux, lumière focalisée sur le Cœur, véritable centre théologique et visuel du tableau.

Le traitement du visage du Christ, la douceur des drapés et la construction pyramidale de la scène correspondent étroitement aux œuvres attribuées à Holfeld dans les collections publiques.

Le culte du Sacré‑Cœur connaît un essor considérable au XIXᵉ siècle, notamment après les apparitions de Paray‑le‑Monial et la consécration de la France au Sacré‑Cœur.

Ce tableau s’inscrit pleinement dans ce mouvement : il invite à la contemplation du Cœur du Christ, symbole de charité, de pardon et de consolation.

Placée au‑dessus des fonts baptismaux, l’œuvre dialogue avec : les statues du XVIᵉ siècle de saint Antoine et saint Paul ermite, la cuve baptismale du XVIIIᵉ, la lumière latérale du collatéral sud.

Ce positionnement n’est pas anodin : le baptême ouvre à la vie chrétienne, et l’adoration du Sacré‑Cœur en exprime la dimension la plus intime et la plus affective.

Le tableau est en bon état général, malgré : un léger craquelage de la couche picturale, quelques usures sur les zones sombres, un vernissage ancien légèrement jauni. Les couleurs restent lisibles et la composition parfaitement intelligible.

 Hippolyte Holfeld est un peintre français du XIXᵉ siècle, spécialisé dans la peinture religieuse et plus particulièrement dans les représentations du Sacré‑Cœur. Bien que sa biographie reste encore lacunaire, son œuvre est aujourd’hui mieux identifiée grâce à plusieurs tableaux conservés dans des collections publiques et paroissiales.

Holfeld travaille dans un contexte marqué par l’essor du culte du Sacré‑Cœur, très présent dans la France post‑révolutionnaire et renforcé après les apparitions de Paray‑le‑Monial.

Son style associe : une lumière dorée et enveloppante, des figures douces et idéalisées, une composition centrée sur le Cœur du Christ, véritable foyer théologique et visuel.

Ses œuvres témoignent d’une sensibilité mystique propre à la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Plusieurs tableaux d’Holfeld représentant l’Adoration du Sacré‑Cœur sont aujourd’hui répertoriés : Musée national Magnin (Dijon), Église Saint‑Merri (Paris), Église Notre‑Dame‑de‑Bonne‑Nouvelle (Paris).

Ces œuvres présentent des similitudes frappantes avec le tableau conservé à Chaource : même construction pyramidale, même douceur des visages, même traitement lumineux du Cœur.

Holfeld à Chaource L’Adoration du Sacré‑Cœur de la chapelle des Fonts baptismaux s’inscrit pleinement dans cette production. Bien que non signé, le tableau présente tous les traits caractéristiques du peintre, ce qui justifie une attribution solide à Hippolyte Holfeld.


Chaire XIXe







l'orgue

 L’église abrite également un orgue remarquable, construit en 1696–1698 par Louis Le Bé. La tribune à caissons est portée par six colonnes torses ornées de pampres, et l’instrument actuel compte vingt‑cinq jeux. Classé monument historique en 1959 pour la tribune et le buffet, puis en 1962 pour la partie instrumentale, il constitue l’un des plus beaux orgues baroques du département. J’ai consacré à cet instrument une étude détaillée ce qui permet ici d’en donner une présentation synthétique. L’orgue de Chaource, provenant de l’abbaye de Montiéramey, témoigne de la continuité historique entre l’abbaye fondatrice et l’église paroissiale.



Voir l’article Orgue de Chaource

L’église Saint‑Jean‑Baptiste de Chaource demeure un lieu majeur du patrimoine aubois. Les restaurations successives, notamment après 1940, ont permis de préserver un ensemble unique en France. La richesse de sa statuaire, la qualité de ses vitraux, l’importance de ses fondations seigneuriales et la profondeur de son histoire en font l’un des plus beaux témoignages de l’art religieux en Champagne. Par son ampleur, sa cohérence et la présence de chefs‑d’œuvre tels que la Mise au Tombeau, Chaource s’impose comme un monument incontournable, dont l’étude continue de révéler de nouveaux aspects grâce aux recherches historiques et aux travaux de conservation. L’église apparaît ainsi comme un véritable livre de pierre et de lumière, où se lisent huit siècles de foi, d’art et de mémoire locale.

L’église Saint‑Jean‑Baptiste de Chaource n’est pas seulement un chef‑d’œuvre du patrimoine champenois : c’est un édifice vivant, qui demande une attention constante. Depuis plusieurs décennies, la commune et ses partenaires engagent régulièrement des campagnes de restauration pour préserver ce trésor, protéger ses sculptures du XVIᵉ siècle et assurer la stabilité de l’ensemble.

La dernière grande intervention a concerné tout le côté sud extérieur, entre 2021 et 2023. Ce chantier d’envergure a permis de refaire entièrement la toiture du bas‑côté sud, de restaurer celles des chapelles latérales en plomb, et de rénover les évacuations d’eaux pluviales, essentielles pour éviter les infiltrations qui menaçaient les maçonneries et les œuvres intérieures. La façade sud a également été nettoyée, consolidée et reprise dans ses parties les plus fragilisées. L’échafaudage a été retiré au printemps 2023, révélant un mur sain, lumineux et parfaitement protégé.

Ces travaux s’inscrivent dans une démarche continue : préserver l’église aujourd’hui pour qu’elle puisse encore traverser les siècles. Après la restauration du sud, une nouvelle étape majeure se profile : la restauration de la Mise au Tombeau, prévue à partir de juin 2026.

Au cours des siècles, la mise au tombeau a subi plusieurs restaurations avec les procédés de chaque époque et aussi l’utilisation de matériaux inadéquats. L’ensemble des statues est en danger à cause d’un mortier inadapté à la pierre de Tonnerre. Aujourd’hui, les progrès scientifiques et les méthodes modernes vont permettre d’améliorer son état de conservation.

Une restauration en profondeur doit pérenniser l’œuvre pour plusieurs siècles, le dossier est en cours de finalisation et les travaux devraient commencer au printemps 2026. Deux tranches sont prévues :

La 1ère devrait durer 22 mois et porte uniquement sur les personnages et le tombeau lui-même

La 2ème tranche sera consacrée aux donateurs et aux gardes pour une durée de 8 mois.

Le montant de ces importants travaux s’élève à 729 000€ et sont pris en charge par différents organismes : DRAC pour 50%, DSIL 200 000€, Sauvegarde de l’Art Français 25 000€. Département à hauteur de 15%.

Les travaux concerneront principalement la restitution des pierres abimées par de la pierre de Tonnerre, la purge et le remplacement du mortier, l’installation d’un socle pour la Vierge et St Jean, un traitement de surface des statues (mise au tombeau, gardes et donateurs).

Malheureusement, vous comprendrez bien que l’œuvre ne sera pas visible durant les travaux. Un film présentant la chapelle sera diffusé dans l’église en dehors des cérémonies.

Le portail nord  XIVᵉ siècle — pierre calcaire sculptée

 


Le grand portail nord, aujourd’hui fermé, appartient à la phase gothique primitive de l’église, antérieure aux ajouts flamboyants du XVIᵉ siècle. Il constitue un rare témoignage de l’architecture religieuse champenoise du XIVᵉ siècle, époque où Chaource connaissait une forte activité paroissiale.

Le portail s’inscrit sous une double arcade en tiers‑point, typique du gothique rayonnant.

Au‑dessus, une rose à réseau rayonnant — d’un dessin presque végétal — éclaire la nef nord.

Le décor sculpté, encore visible malgré les altérations, mêle colonnettes fines, pinacles et dais ajourés, annonçant déjà le style flamboyant qui s’épanouira un siècle plus tard.

 Ce portail était autrefois l’entrée principale des processions et des offices solennels. Il ouvrait sur le collatéral nord, réservé aux confréries et aux cérémonies particulières.

À partir du XIXᵉ siècle, jugé trop exposé aux intempéries, il fut désaffecté et muré partiellement, tandis que l’accès principal fut déplacé vers l’ouest.

 La rose évoque à la fois la lumière divine et la couronne d’épines, symboles de la Passion du Christ.

Sous la rose, le tympan abrite un petit bas‑relief représentant probablement une Annonciation ou une scène de dévotion, rappelant la vocation spirituelle du portail : passage du monde profane à l’espace sacré.

 Le portail nord a été consolidé au XXᵉ siècle, puis nettoyé et stabilisé dans les années 2000.

Les travaux récents du côté sud (2021–2023) ont permis de préparer une future restauration du flanc nord, où les pierres anciennes présentent des signes d’usure dus à l’humidité et au gel.

 

 ________

Église à plan allongé ; chœur de type halle à 3 travées dont la première est à 3 vaisseaux accompagnés de chapelles latérales, la seconde à trois vaisseaux et la dernière à vaisseau unique accompagné de chapelles latérales ; chevet plat ; nef à trois vaisseaux à 3 travées dont les deux premières sont accompagnées de chapelles latérales et la dernière d'une chapelle latérale uniquement sur le flanc sud ; clocher sur la première travée du chœur.

Autres objets :

- Bénitier face porte sud-ouest (accès principal actuel), avec parties en remploi, colonnes cannelée et base Renaissance + cuve en marbre peut-être 18e. Colonne fendue, cerclée de fer.

- 1ère chapelle sud : tableau-cadre 19e siècle à décor de grecques, fond brun et construction (?) dorée.
- 2e chapelle sud : autel néo 18e en placage de marbre blanc.
- Chaire à prêcher 19e (entrée bras sud transept).
- Commode 2e moitié 19e siècle (bras nord transept).
- Autel chapelle st François de Sales, à placage de marbre blanc, inscription : "donné selon l'intention de Melle Pidansat, décédée le 2 avril 1878".
- Litre funéraire ceinturant le chœur (effacée).
- Carreaux de pavement vernissés 16e (un peu partout dans l'édifice).
- 4 cloches : deux moyennes 1843 ; une autre moyenne 1843 ; une petite 1803.

Sacristie :

- Ciboire sans ornement, argenté, argenture usée.
- Baiser de paix, cuivre et métal chromé.
- Plateau à quêter, argenté, sans façon ni ornementation.
- Vierge de l'Immaculée Conception en plâtre et carton doré, fin 19e.
- Ensemble de linge liturgique 19e-20e siècle.
- Tableau : "L'Ange du Seigneur veillant sur un héros de la guerre", 1918.
- Tableau, représentant un curé de l'église de Mignot, 1929.

Baiser de Paix


Saint Jérôme XVIe

Jésus parmi les Docteurs de l'Église - XVIIe
(tryptique des Fonts Baptismaux)

Adoration des bergers - XVIIe

Tryptique XVIe



Saint Antoine - Pierre polychrome XVIe

Saint Jacques le Mineur - pierre polychrome - fin XVe début XVIe

Saint Roch - pierre polychrome - XVIe

Saint Vorles et un donateur - pierre polychrome - XVIe


Sainte Apolline et Sainte Claire
pierre polychrome XVIe


Saint Sébastien XVIe


et d'autres encore que je vous invite à venir voir sur place ....

côté sud qui vient d'être restauré


Restaurations du côté sud

_________

Pour aller plus loin sur le Maître de Chaource qui serait Jacques Bachot, une autre mise au tombeau existe dans la région, à Villeneuve-l'Archevêque, à 57km de Chaource. 

Église Notre-Dame de Villeneuve-l’Archevêque dans l’Yonne (89), un chef-d’œuvre d’une époque de transition entre la période gothique et la Renaissance : « La Déposition du Christ ».

Ce groupe imposant de huit effigies sculptées est une commande des parents de l’abbé Antoine Pierre, prieur de Vauluisant. Plus tard, sous la Révolution, le groupe a échappé au marteau des révolutionnaires ainsi qu’à la dispersion des œuvres d’art, défendue notamment par l’abbé Grégoire.

C’est le baron Toussaint Campi, propriétaire de Vauluisant de 1819 à 1832, qui en fit don à l’église de Villeneuve-l’Archevêque.

Les spécialistes estiment que l’œuvre a été sculptée en 1528, à une époque de transition entre l’époque gothique et la Renaissance. L’émotion dégagée par le groupe sculpté reflète la même souffrance que celle exprimée par les personnages, du même groupe de l’église Saint Jean-Baptiste de Chaource. Elle s’en différencie cependant par une atmosphère de gravité et d’élégance esthétique qui séduisent le visiteur. L’œuvre est attribuée à Jacques Bachot, le « Maître de Chaource », ou à son atelier.

Elle se trouve dans la première chapelle du côté sud, au-dessus de l'autel néo-classique offert par le baron Campi en 1845 et consacré aux âmes du purgatoire. La table de marbre des morts au combat de la guerre de 1914-1918 est apposée au mur.

Au centre, le corps du Christ dans l’abandon de la mort. Au-dessus, la Vierge, soutenue par saint Jean et une sainte femme. De part et d’autre, soutenant le corps du Christ, Joseph d’Arimathie et Nicodème. Aux deux extrémités de la scène, une sainte femme à gauche, et Marie-Madeleine à droite, curieusement retranchées du groupe.

L'abbaye de Vauluisant, (en latin : vallis lucens) sise à proximité de Courgenay dans l'Yonne  est un ancien monastère de moines cisterciens, fondé en 1127 par des moines de Preuilly (Égligny).

Fondée en 1129 au plus tard par les moines de Preuilly, elle se développe rapidement. Les guerres de Religion puis les lourdes taxes royales la ruinent aux XVIe et XVIIe siècles ; la réforme de l'Étroite Observance se met en place à Vauluisant et le monastère est entièrement rénové.

La Révolution ferme l'abbaye définitivement. Les bâtiments sont partiellement détruits ; ceux qui sont conservés sont protégés à partir de 1930 au titre des monuments historiques.





Abbaye de Vauluisant en 1672





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Église Saint Jean-Baptiste de Chaource

  Église Saint Jean Baptiste de Chaource Son histoire plonge ses racines dans le haut Moyen Âge : dès 880, la cité de Chaource appartient ...