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lundi 26 août 2024

Antoine-Edme de La Huproye

 

Château de Charmont


La famille de la Huproye, Hupperoye jusqu’au XVIe siècle, a appartenu à la vieille bourgeoisie troyenne. Un de la Huproye a été préposé à l’administration municipale de Troyes, dès le règne de Charles V (1364-1380).

Un Philippon de La Huproye fait partie des notables qui prennent part aux délibérations du conseil de ville en 1431-1433.

En 1463, il y a un Philippe de La Huproye, sergent des chanoines de la cathédrale, et

en 1475-1476, un Philippe de La Huproye est « mesureur des blés du chapitre ».

Le 30 juin 1506, 3 membres de la famille de La Huproye : Nicolas, Collinet et Guillaume sont présents à l’assemblée générale des habitants de Troyes, tenue au couvent des Frères Mineurs, en vue des Etats Généraux de Tours.

En 1598, un Estienne de La Huproye le jeune est imprimeur à Troyes, et en 1600, il parait encore comme marguiller de l’église Saint-Jacques.

D’autres membres  de la famille de La Huproye furent à Troyes marchands courtiers (dont Nicolas, Antoine), auneurs ou drapiers (dont Louis), chirurgiens (dont Pierre) ou apothicaires (dont Jacques). Quelques-uns entrèrent dans les ordres. Plusieurs jouèrent un rôle actif et militant lors des luttes religieuses du XVIe siècle.

Un descendant de cette même famille, après avoir servi sous Louis XIV dans la compagnie des Mousquetaires noirs,  remplit successivement à Troyes, la charge d’assesseur au bailliage et celle de garde marteau des Eaux-et-Forêts. Celui-ci s’appelait Jacques, et signait « de la Huproye de Chanteloup » depuis qu’il s’était installé vers 1715, dans sa propriété de Sainte-Savine (Chanteloup).

La famille de La Huproye a été deux fois alliée à la famille Hennequin, dont un membre, ancien ambassadeur de France à Venise et procureur général au Grand- Conseil, qui fut disgracié par Louis XV, en 1720, pour s’être opposé au funeste système Law. C’est lui qui, pendant son exil, fit reconstruire, vers 1725, le château de Charmont, que devait habiter un jour Antoine-Edme de La Huproye.

Ce dernier naît à Troyes le 17 juin 1765. Pierre de La Huproye, son père, était conseiller du roi en l’élection de Troyes. A six ans et demi, il savait lire et écrire, et, comme il le dira plus tard : « écrire  et lire devaient rester pour toute ma vie, l’un des besoins de mon cœur et l’une de mes plus douces jouissances ».

Il est alors confié à son grand oncle maternel, M. de Maizières, qui possédait le château de Charmont. Ce dernier, véritable père adoptif, eut une grande et heureuse influence sur lui.

M. de Maizières avait été l’artisan de sa fortune : une probité incorruptible, un religieux attachement à ses devoirs, une exactitude rare dans l’exercice de ses fonctions en avaient fait un homme remarquable. A l’une des époques les plus désastreuses du règne de Louis XV, il avait émis en circulations des billets à son nom, et grâce à la confiance qu’inspirait sa parfaite intégrité, ses billets trouvèrent partout bon accueil, soutinrent et raffermirent le crédit public.

 Il refusa le contrôle général des finances. Il alla au secours des Troyens menacés par la disette de 1774, contribuant de son propre argent et de ses récoltes à l’approvisionnement de la ville. En classe de seconde, Antoine-Edme obtient 3 accessits à l’Université de Paris.

Alors qu’une blessure assez grave à la jambe, lors d’une partie de campagne à Clérey le retient dans sa famille, M. de Mézières décède, lui laissant par testament la nue-propriété de ses terres de Charmont, Fontaines et Aubeterre, à charge de l’usufruit au profit de son épouse.

 Après ses études humanitaires, Antoine-Edme fait son droit. En 1786, il se rend à Versailles sous la conduite de M. le marquis de Vallans, écuyer de la reine, afin d’assister à la procession des Cordons bleus, à l’occasion de la décoration du duc d’Enghien.

En août 1787, un office de conseiller au Châtelet se trouvant vacant, le père d’Antoine-Edme profite de l’exil du Parlement à Troyes, pour demander au Président cette charge pour son fils. La Grande Chambre ayant vu à Paris ce jeune candidat, pilier de l’audience à Paris pendant ses 2 années de stage, sans en manquer une seule, de nombreuses relations s’étaient vite formées entre les principaux habitants de Troyes et tous les messieurs du Parlement, dont un logeait chez M. de La Huproye et n’avait qu’à se louer des égards et des soins dont on l’y entourait. La demande fut bien accueillie et le 27 décembre 1787, Antoine-Edme de la Huproye était reçu conseiller au Châtelet.

Église Saint-Symphorien de Charmont et son cimetière

 

ci-dessus, vue aérienne de l'église et du Château de Charmont

Dès le 9e siècle, l'abbaye de Saint Loup de Troyes possédait des biens à Colaverdey. De plus, l'église de Fontaine était succursale de Luyères.

La famille chevaleresque de Colaverdey ne s'éteignit qu'au milieu du 15e siècle. De ce fait, Colaverdey et Fontaine furent achetés par Nicole Mauroy et furent cédés à ses descendants jusqu'au 16e siècle.

Cependant, en 1646, François Mauroy légua Charmont à son petit-fils Bénigne Hennequin, qui acheta Fontaine en parallèle. Jusqu'à la révolution, Charmont et Fontaine eurent les mêmes seigneurs, dont Joseph-Antoine Hennequin, procureur général au Grand Conseil, ambassadeur à Venise. Nous lui devons la construction du château au début du 18e siècle, qui demeure, encore aujourd'hui.


au-dessus du porche Ouest - Tribune en bois de chêne et son escalier du XVI
on y retrouve les blasons des différents seigneurs de Charmont

Haut relief la "Vision de st Hubert" XVIe (polychromie d'époque)


Fonts Baptismaux - pierre calcaire peinte en rouge - XVIe


Vierge à l'Enfant XIVe - peinte au XIXe


Pietà - pierre calcaire XVIe


Ste Barbe XVIe

St Nicolas XVIe - polychromie récente


carreau de pavement du XVIe - blason de Mauroy





3 dalles funéraires de la famille Hennequin
ici : Joseph-Antoine Hennequin, mort le 21 juin 1747. 
Louise-Elisabeth, son épouse, morte le 7 août 1731, à l'âge de 57 ans.

Clef de voûte du XVIe
ange, crosse, mitre évêque


retable - Martyre de Saint Symphorien - XVIIe


Comme dans bien des villages de France, le cimetière est autour de l'église, c'est ainsi que l'on trouve des traces des anciens seigneurs de Colaverdey et de Charmont (aujourd'hui Chamont-sous-Barbuise)


Chapelle des familles
Huproye – Truchy – Poussier – Loriot de Rouvray – Theurier de Pommyer -




Plus loin nous trouvons : 

Ici reposent

Dans l’attente de la résurrection éternelle

Antoine Edme De LA HUPROYES

Conseiller à la cour royale de Paris

Chevalier de la légion d’honneur

Et de l’ordre

Du mérite civil d’Autriche

Décédé à Charmont Le 2 juin 1830

Et

Apolline le MUET

Son épouse dédédée le 23 décembre 1839

Dans sa 34ème année

Leurs aspirations

Ont été pour le ciel

Leur mérmoire

Est en vénération


près du mur Sud de l'édifice :


EDMUNDUS DE MONTANGO DE ROUVROY AOUT 1820





dimanche 25 août 2024

Château de Charmont

 



Dès 877, nous retrouvons des traces de Charmont, appelée alors Colasverdey.

Mentionnée à partir de 1233, la maison forte de Colasverdey (aujourd’hui Charmont) puis (Charmont-sous-Barbuise de nos jours), est une motte et lieu seigneurial dudit Colasverdey, voulant être                  « chastel fermé de fossés ».

Elle est mise à sac en 1423 par les troupes anglaises du duc de Bedford, régent du royaume.

En 1468, Jean de Poitiers, seigneur d’Arcis et chambellan du duc de Bourgogne cède cette motte à   Jean Mauroy, bailli d’Arcis et futur lieutenant général au bailliage de Troyes, qui réunifie en 1475 la seigneurie, avec la fraction détenue par Jacques de Rochetaillée.

L’une des fondations de bienfaisance les plus utiles pour la classe pauvre de Troyes est celle de Jean de Mauroy et de sa femme Louise de Pleures. Par testaments, ils demandent que « 12 enfants pauvres orphelins de Colas-Verdey doivent être reçus, entretenus et instruits comme ceux de la ville, dans le collège de jeunes enfants, garçons et filles, orphelins et pauvres, qu’ils ont créé rue de la Trinité et connue sous le nom de maison de l’Aigle (actuellement, Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière) ».   ( voir chapitre Hôtel de Mauroy )

En 1534, Michel Mauroy, bourgeois, seigneur de Colasverdey, monnayeur de la monnaie de Troyes (maire de Troyes de 1548 à 1550 et de 1554 à 1556), fait rebâtir le logis seigneurial en ruines, et obtient en 1555, l’autorisation d’y établir un pont-levis. Son fils Jean lui succède, et à sa mort en 1570, la terre de Coverdey, revient à son frère Pierre.

Elle passe à François Mauroy en 1591 (échevin de Troyes en 1631), qui en 1592 voit sa maison forte de Colasverdey tomber aux mains du capitaine Thierry, et reçoit une garnison de 12 hommes.

Sa fille Antoinette de Mauroy épouse Louis Hennequin, secrétaire du cabinet d’Henri III, puis d’Henri IV, conseiller d’Etat et chef du Conseil du prince de Conti.

Le 23 mai 1651 l’armée allemande du général Rozen, troupe de plus de 1.000 hommes, couche à Colas-Verdey et y ravage tout, pillant l’église et les choses les plus sacrées.

En 1646, François de Mauroy (décédé en 1648) fait don de la terre de Colaverdey à son petit-fils Bénigne Hennequin, capitaine aux gardes françaises, qui fut tué en 1653, devant Sainte-Menehould. 



Son frère et héritier François Hennequin, conseiller au Grand Conseil, meurt prématurément. Sa veuve Anne Pingré réunifie la seigneurie de Colaverdey. Son fils aîné, Louis-François, en 1668, refait la toiture de son château de Colaverdey, et en 1675, ses fossés.

En 1669, il obtient des lettres patentes qui changent le nom de « Colaverdey en celui de Charmont ». Conseiller, puis procureur général en 1671, il est nommé en 1691, par Louis XIV, premier président au Parlement de Normandie.

Son fils Joseph-Antoine, dit M. de Charmont, page puis capitaine au régiment du Roi-infanterie, épouse en 1693, Louise-Elisabeth de Marcillac.

La famille de La Huproye * a été 2 fois alliée à la famille Hennequin, dont un membre, ancien ambassadeur de France à Venise et procureur général au Grand-Conseil, fut disgracié par Louis XV, en 1720, pour s’être opposé au funeste système Law. C’est lui qui, pendant son exil, fait reconstruire de 1720 à 1725, le château de Charmont, que devait habiter un jour Antoine-Edme de la Huproye.

Héritière du domaine en 1747, la veuve Marie-Louise Hennequin, rachète en 1762, les droits attachés à la terre de Charmont, mais en 1764, elle se défait du domaine au profit du troyen Nicolas de Maizière, receveur général, secrétaire du Roi.

En 1781, ce dernier lègue sa terre de Charmont à son neveu Pierre de La Huproye, conseiller en l’élection de Troyes.

Antoine-Edme de la Huproye naît à Troyes le 17 juin 1765. Il est confié à son grand oncle maternel, M. de Maizière, d’une probité incorruptible, qui posséde le château de Charmont. A l’une des époques les plus désastreuses du règne de Louis XV, il émit en circulation des billets en son nom, qui trouvèrent partout bon accueil, il alla au secours des troyens menacés par la disette de 1774, contribuant de son propre argent et de ses récoltes à l’approvisionnement de la ville.

M. de Maizière décède, laissant à Antoine-Edme de la Hurproye (député de l’Aube en 1815), par testament, la nue-propriété de ses terres de Charmont. Ce dernier meurt en 1839. Sa fille Antoinette, qui a épousé Claude-Hippolyte Truchy, fait en 1856, redessiner le parc, suivant la mode anglaise.

29 Octobre 1860 : Monseigneur Cœur, Évêque de Troyes, meurt subitement au château où il se trouvait en villégiature.

Elle laisse le domaine à sa nièce madame René Loriot de Rouvray, qui le vend en 1898 à Madame Jolivet de Riencourt de Longpré.

Dans les années 1950, le château appartenait à un original, féru d’astronomie. Il avait installé un rail Decauville qui faisait le tour de la propriété. Il s’installait avec sa lunette sur un wagon plat tracté, et il faisait ainsi, presque chaque nuit, un voyage dans les étoiles, s’arrêtant là où le découvert lui permettait de scruter le ciel.

Il est abandonné en 1950 est inscrit MH en 1988 ; racheté en 2000.

Le château lui-même, en 1737, abritait au rez-de-chaussée et à l’étage des pièces meublées dans le goût de l’époque Louis XIV : un grand salon éclairé de 4 fenêtres, tendu de satin, garni d’une grande table à plateau de marbre, d’un tric trac, d’un clavecin et d’un précieux mobilier en bois doré recouvert de damas cramoisi. 18 tableaux ornaient les murs. La chambre du maître de maison, tendue comme les 6 fauteuils de damas cramoisi, avait un trumeau et 2 tableaux, dont l’un était attribué à Rubens. Il y avait plusieurs chambres, dont celle dite de « l’évêque de Troyes », garnie de 4 tapisseries des Flandres et d’un lit impérial tendu de satin rehaussé d’or. A l’étage, se trouvait la chambre de Madame tendue de damas cramoisi, puis 6 autres chambres tendues de tapisseries.

Le château est délimité par de grands fossés taillés dans la craie, dont la largeur et la profondeur permettent de juger de l’importance de l’ouvrage fortifié d’origine. A l’intérieur, les volumes ont perdu leurs éléments de décor. Le vestibule d’honneur au centre a un majestueux escalier. La chambre d’honneur a conservé les boiseries Louis XV de son alcôve. Au-dessus d’une cave voûtée en craie existe une longue terrasse. A gauche de la cour d’honneur ont été restaurées 2 pittoresques constructions du XIXe siècle, un colombier monumental et un kiosque de jardin en charpente couvert de tuiles vernissées de l’Aube.

Madame la Comtesse de Charmont a livré quelques récits à mon aïeul le Marquis de Beauchamp il y a de cela... et oui déjà !

Aujourd'hui privé et non ouvert au public




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