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lundi 29 juin 2026

Moulin de Bar-sur-Seine (10)

 


Le moulin de Bar-sur-Seine : chronique d’un patrimoine en péril

 

 Genèse d’un moulin sur la Seine Au XIIIᵉ siècle, quand la Seine n’était encore qu’un fleuve de travail, de pêche et de vie, on y construisait des moulins comme on plante un arbre : pour nourrir, pour servir, pour assurer la continuité des jours. Le moulin de Bar‑sur‑Seine naît ainsi, posé sur un bras du fleuve, simple machine de bois et de pierre, destiné à moudre le grain des habitants. Il est l’un de ces lieux où l’eau devient force, où la rivière se fait alliée du pain quotidien.

Les siècles passent, et au XIXᵉ siècle, le moulin change d’échelle. Vers 1860, sous l’impulsion d’un certain Charrier, il devient une grande minoterie industrielle, témoin de la modernisation des campagnes. Les anciens systèmes à force animale disparaissent ; la Seine, elle, continue de tourner la roue, mais au service d’une production plus vaste, plus ambitieuse. Entre 1923 et 1929, on agrandit encore : le bâtiment s’étire, se renforce, s’impose comme un acteur majeur de la farine dans l’Aube.

Puis vient 1925. L’activité meunière cesse. Le monde change, les techniques aussi. Le moulin, fidèle à l’eau depuis sept siècles, se reconvertit : il devient centrale hydroélectrique. L’énergie remplace la farine, mais la logique reste la même — tirer de la rivière une force utile. La minoterie, elle, s’endort. Elle ne sera plus jamais réveillée.

C’est là que s’arrête la belle histoire, celle qui va du XIIIᵉ siècle à 1925 : un moulin né pour nourrir, devenu moteur industriel, puis transformé en centrale, toujours fidèle à la Seine.



La présence de moulin à cet emplacement, à Bar-sur-Seine, est attestée dès le XIe siècle. On trouve trace de propriétaires du moulin dès 1836 ; tandis que la micro-centrale hydroélectrique est plus récente datant de 1926, avec une production qui aurait commencé dès 1929.

 Le moulin est l’un des derniers témoins des grands moulins à pans de bois qui avaient été construits le long de la Seine. On y faisait de la farine bien sûr. Dès 1854, une huilerie et une filature y furent également installées.

La micro-centrale est sans doute aujourd’hui la plus grande du département capable de fournir l’électricité à quasiment la population de la ville.

C’est un scientifique Mauricien, Assan Dina, qui a fait construire ce bâtiment à la structure béton armé avec terrasse en toiture. Ce dernier abritait quatre turbines qui alimentaient deux alternateurs de 220 et 125 KW/heure à l’époque. La centrale était couplée avec celle de Fouchères et alimentait en électricité quatorze communes de la vallée de la Seine.

Naissance et essor industriel (XIIIᵉ siècle – 1925)

Le site du moulin de Bar-sur-Seine, situé sur un bras de la Seine, est mentionné dès le XIIIᵉ siècle comme lieu de meunerie. C’est au XIXᵉ siècle que l’édifice prend sa forme actuelle : une grande minoterie industrielle, construite vers les années 1860 par un certain Charrier. Elle incarne alors la modernisation des moulins à farine, remplaçant les anciens systèmes à force animale ou artisanale.

Entre 1923 et 1929, des extensions sont ajoutées, consolidant son rôle dans la production de farine à grande échelle. Mais dès 1925, l’activité meunière cesse. Le bâtiment est alors reconverti en centrale hydroélectrique, fonction qu’il conserve aujourd’hui, bien que la minoterie elle-même soit désaffectée.

Déclin et inertie patrimoniale (1925 – 2019)

Durant près d’un siècle, le moulin reste figé dans son état post-industriel. Malgré son architecture remarquable — pans de bois, structure imposante — il tombe dans l’oubli. La famille Prunier, propriétaire du site, ne le valorise ni ne le vend, malgré plusieurs propositions, dont un projet d’hôtel de luxe évoqué localement mais jamais concrétisé.

En 2019, le moulin est sélectionné par la Mission Bern comme patrimoine en péril. Une collecte est lancée par la Fondation du patrimoine, visant 300 000 € pour sa restauration. 59 085 € sont réunis grâce à 81 donateurs.

Blocage et rupture de transmission (2020 – 2023)

Malgré les fonds mobilisés, le projet de restauration est stoppé net. En 2023, France 3 révèle que les propriétaires ont “mené en bateau” les porteurs du projet, refusant toute avancée concrète. Le moulin devient alors un symbole de patrimoine bloqué par inertie privée, malgré l’engagement public.

Scandale écologique et procédure judiciaire (2025)

En octobre 2025, le moulin refait surface dans l’actualité pour une toute autre raison : une pollution grave de la Seine. Des rejets d’huile industrielle depuis le site provoquent une mortalité massive de moules d’eau douce et de poissons. Le tribunal ouvre une procédure contre les propriétaires pour atteinte à l’environnement. Cette pollution constitue une infraction au Code de l’environnement, notamment l’article L.432-2 qui réprime les atteintes aux eaux douces. La SCI Renaissance du Moulin est domiciliée sur le site même.

 Il s’ingénie à sauver le moulin de Bar-sur-Seine (mars 2019)

Depuis dix ans, Stéphane Prunier, ingénieur de formation, restaure dans l’Aube un immense moulin à pans de bois tout en y produisant de l’électricité. Son projet a été sélectionné par la Mission Stéphane Bern. Sérieux coup de pouce.

 Situé à Bar-sur-Seine, commune de la Côte des Bar, le vignoble le plus méridional de Champagne, ce moulin typique de la révolution industrielle va bénéficier du loto du patrimoine. Parmi les urgences, le remplissage des pans de bois.  Photo ER /C. D.

Situé à Bar-sur-Seine, commune de la Côte des Bar, le vignoble le plus méridional de Champagne, ce moulin typique de la révolution industrielle va bénéficier du loto du patrimoine. Parmi les urgences, le remplissage des pans de bois.  Photo ER /C. D.

Un sacré effet d’entraînement. Il y a dix ans, Stéphane Prunier acquiert le moulin de Bar-sur-Seine dont les pans de bois sont typiques de l’Aube. Une « verrue » pour certains, ouverte à tous les vents. Elle vient d’être retenue par la Mission Stéphane Bern, au titre de la région Grand Est, afin de bénéficier des gains du loto du patrimoine. L’an dernier, la Fondation du patrimoine avait sélectionné le théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc.

Des travaux d’urgence

En 2009 donc, Stéphane Prunier, a 35 ans. Ingénieur chez Alsthom puis General Electrique, spécialiste de l’hydraulique, il revient dans le Barséquanais dont il est originaire, s’installe à son compte et, en parallèle, créé la SCI « La Renaissance du moulin ». D’un côté, il y installe quatre nouvelles turbines et relance la production d’électricité – elle est vendue à EdF. De l’autre, il entreprend des travaux d’urgence dans ce moulin de 1000 m2  , sur quatre niveaux, qui enjambe la Seine. « Lorsqu’on a acheté, on était très inquiet. Mais, rassure Stéphane Prunier, après l’expertise technique, on s’est aperçu que le bâtiment était très costaud. Beaucoup de pans de bois étaient détériorés, mais cela n’altère pas le bâtiment. » Mieux, poursuit-il, les courants d’air, en séchant, ont aidé à la conservation.

La bâtisse a été édifiée en plein milieu de cette commune de 3.000 habitants, cernée par le vignoble champenois, dans les années 1860. C’est le dernier vestige de ces grands moulins utilisant la force hydraulique et installés sur la Seine après la première révolution industrielle. Ils contribuaient à améliorer la qualité de la farine.

Au début du XXe  siècle, le bâtiment avait été complété par une centrale hydroélectrique, alimentant 14 communes du secteur, et construite par un ingénieur mauricien, petit-fils de maharaja et créateur de l’observatoire d’astrophysique de Haute-Provence !

Vocation touristique

« J’ai toujours eu un goût pour le patrimoine lié à l’eau, pour les métiers liés à la transformation de l’eau en énergie ». En 2013, Stéphane Prunier a aussi lancé l’association de sauvegarde du patrimoine aubois des moulins et de leurs activités (ASPAMA). Le financement des travaux de réhabilitation du moulin de Bar-sur-Seine par les gains du loto du patrimoine (à 80 % du projet, les 20 % restant étant à la charge du propriétaire) va donner un sérieux coup de pouce au remplissage des pans de bois, à la restauration de la charpente. Entre autres. Au-delà, l’objectif est d’en faire un lieu à vocation culturelle et œnologique.

dans la presse locale on peut lire : 

« 17 juin 2018

Au terme de ces deux Journées nationales du patrimoine de pays et des moulins, le moulin de Bar-sur-Seine et son propriétaire, Stéphane Prunier, ont pu vérifier l’intérêt intact des Barséquanais envers le site. S’il n’était pas possible, le jour même, de donner un chiffre précis, la matinée de dimanche a vu l’affluence doubler par rapport à la veille. « C’est difficile à comptabiliser car les gens venaient des deux côtés (RD 671 et pont de la Seine, NDLR). Mais globalement, les gens sont sortis pour le moulin et ses installations », se réjouit l’organisateur.

Vers la création d’un petit espace consacré à la culture

Le profil des visiteurs, de plus, était très divers. Des personnes intéressées par la production hydroélectrique à celles qui ont connu le moulin d’antan, les échanges étaient riches. «  Sur la question énergétique, si j’ai rencontré des gens très au fait, les interrogations portaient sur l’orientation de la production, c’est-à-dire, combien de foyers sont alimentés et si cela suffit pour une ville comme Bar-sur-Seine. Quant au côté patrimonial, on se rend compte que les gens s’en soucient », pointe Stéphane Prunier.

Cette réouverture au public, aussi brève soit-elle, a rempli son objectif : estimer l’intérêt du public. « Les deux zones, avec leurs deux univers, sont vraiment complémentaires. » Elle a confirmé l’envie du propriétaire de créer, à terme, dans la partie la plus ancienne, un petit espace pour le public afin d’accueillir des expositions, des conférences… Une ouverture à la culture qui donnerait une continuité appréciable à ce week-end.»




L’emblématique moulin de Bar-sur-Seine est à l’abandon depuis des décennies. Le voir se détériorer au fil du temps est à la fois un crève cœur et aussi un scandale innommable !

Voilà une réhabilitation qui fait beaucoup parler d’elle et ce n’est rien de le dire. Quiconque passe sur l’axe qui mène vers le Sud de l’Aube ne peut pas « rater » cette « verrue », cette « horreur » de la bonne ville de Bar-Sur-Seine. Les barséquanais n’osent même plus y croire … car, en cette fin juin 2024, le moulin de Bar-sur-Seine posé sur la Seine n’a toujours pas entamé sa cure de jouvence.

Voilà ce qu’on pouvait lire à propos du moulin de Bar-Sur-Seine dans la presse.

Et si on faisait le point ici ?

Lu dans le quotidien régional l’Est-Eclair, extraits :

« Le moulin, cet élément du patrimoine local et industriel du XIXe siècle va devenir un lieu de manifestations culturelles et de valorisation des énergies renouvelables puisqu’il a gardé son activité hydroélectrique. Avec le loto du patrimoine, l’année 2019 a été le point de départ du renouveau de ce moulin qui, appelons le, est un éminent témoin du fondement de l’industrie dans l’Aube au XIXe siècle et de son développement au XXe siècle. Un renouveau qui est soutenu par le Département et intéresse tout particulièrement la communauté de communes du Barséquanais en Champagne qui inscrit le projet dans le cadre de la redynamisation sur le plan touristique du bourg-centre. C’est dire si tout ceci est chargé d’espoir pour la ville et la comté. »

Cependant la crise sanitaire freine le projet de réhabilitation, mais la feuille de route se remplit petit à petit et évolue régulièrement. Les premiers travaux sur le moulin de Bar-sur-Seine étaient attendus depuis printemps. La pandémie en aura décidé autrement.

Toujours d’après L’Est Eclair :

« Alors que les 500 000 € attribués par la Mission Bern à sa restauration sont en passe d’être définitivement perdus, les propriétaires du moulin de Bar-sur-Seine ont ouvert la porte à une vente du site, centrale hydroélectrique comprise.

Le 10 mars 2019, il est sélectionné par le loto du Patrimoine pour la région du Grand Est. La mission Bern annonçait avoir retenu le dossier de réhabilitation au titre de la région Grand Est pour bénéficier des fonds du Loto du patrimoine : un chèque de 500 000€ pour des futurs travaux afin de commencer la réhabilitation et la sauvegarde de cet édifice, témoin du patrimoine barséquanais datant de 1854 et dernier vestige des grands moulins à pan de bois. La réhabilitation, qui aurait dû commencer par le clos et le couvert avec la réfection de la charpente, de la toiture, les murs et menuiseries.

Avec « L’architecte qui a été retenu (Mathieu Baty), un point d’étape avec la Fondation du patrimoine aurait dû suivre mais tout a été retardé à cause entre autre de la COVID qui a donné un arrêt brutal aux activités. »



Notons que des partenariats ont été créé. C’est le cas notamment d’un partenariat qui pourrait se nouer avec l’EPF, une école troyenne d’ingénieurs ouverte à l’international dans le domaine notamment de l’architecture, ou encore avec l’Institut universitaire des métiers et du patrimoine pour un éventuel chantier école.

Tout comme est à l’étude un partenariat public-privé afin d’y parvenir. Le résultat d’une étude a d’ailleurs été présenté par la communauté de communes aux élus, le 5 mars dernier 2024.

Le plein d’idées, c’est pas ce qui manque !

En revanche, les moyens de les réaliser et surtout ceux qui pourraient participer à cette grande aventure sont rares ou peu fiables !

 La partie immeuble qui a abrité autrefois une huilerie puis une filature, pourrait, en effet, devenir lieu de manifestations culturelles et d’expositions permanentes et temporaires. Des salles de réunions seraient destinées, entre autre, à la formation des vignerons lors de séminaires, un amphithéâtre pour des conférences sur la promotion du vignoble champenois et aussi très utile pour la valorisation de la production d’énergies renouvelables ; un lieu d’expérimentations et d’accueil de services publics… Pourquoi pas un restaurent, un mini-golf et d’autres structures pour accueillir et garder sur place les intervenants ainsi que les participants ? De belles idées qui seraient capables de créer des emplois, de rassembler, d’informer et d’ouvrir les horizons. De nombreuses pistes sont donc à l’étude sur l’occupation des lieux et, pourquoi non ? La population peut laisser ses suggestions à la mairie.



Tout est à bâtir et les barséquanais ont hâte de voir apparaître un échafaudage qui semble n’est pas pour demain…

Des amoureux du patrimoine à son chevet

Une association de sauvegarde est née en avril 2019 pour valoriser le moulin et en assurer la sauvegarde. Une poignée de bénévoles intéressés par cet élément du patrimoine et sa renaissance ont rejoint Stéphane Prunier. L’association, appelée Association de sauvegarde du moulin de Bar-sur-Seine tout bonnement, participe à sa manière au projet de réhabilitation.

Et elle est active !! Voyons quelques exemples : L’opération portes ouvertes lors des Journées européennes a été par exemple conduite par ces bénévoles. Du yoga s’est déroulé l’été dernier sur le toit terrasse. D’autres animations sont en gestation. Elle doit, à cet égard, organiser des manifestations sur site, ou non d’ailleurs. La vente d’objets promotionnels est également mentionnée dans les statuts de cette association. Un remue-méninges pour recueillir la parole de ceux qui ont connu le moulin par le passé ou en ont entendu parler par leurs aïeux, et ainsi pour rassembler des anecdotes ou faits à propos de ce moulin, était prévu. Il est repoussé dans le but de retracer « la vie de ce moulin » et la partager le moment venu avec le plus grand nombre.

La restauration d’un moulin historique lauréat de la Mission Bern en 2019 à l’arrêt : 

« les propriétaires nous ont menés en bateau »

Lu sur le site de FRANCE 3

« Un emblématique moulin du XIXᵉ siècle situé à Bar-sur-Seine (Aube) est à l’abandon depuis des décennies. En 2019, ce projet avait été choisi par la Mission patrimoine portée par Stéphane Bern pour la Région Grand Est. Aujourd’hui, les propriétaires souhaitent vendre. La communauté de communes du Barséquanais en Champagne s’est déjà manifestée.

D’abord retardés par la crise Covid en 2020, des travaux sont officiellement lancés en septembre 2022. « Mais il ne s’est rien passé. On y a quand même cru à un moment, car on a vu s’installer une baraque de chantier, mais rien n’a été fait. »

« Les propriétaires ont mené tout le monde en bateau dans cette affaire », souffle Claude Penot, président de la communauté de communes du Barséquanais en Champagne.

Une enveloppe de 500 000 euros avait été octroyée par la mission Bern en 2019 pour la remise en état du moulin.

Une enveloppe de 500 000 euros avait été octroyée par la mission Bern en 2019 pour la remise en état du moulin.

Pourtant, les devis étaient signés, les entreprises retenues et le permis de construire déposé en juin 2021. Ne manquait plus que le feu vert des propriétaires, les frères Prunier. « Ce dossier nous a mis en difficulté », avoue Mathieu Baty, architecte en charge du projet. « On a toujours des factures en attente, et c’est pareil pour les entreprises engagées. De notre côté, nous attendons le règlement des études, pour un montant total de 15 000 euros. Cela représente 5 % de notre chiffre d’affaires », ajoute-t-il.


D’autant plus qu’en 2019, une enveloppe de 500 000 euros du Loto du patrimoine pouvait être débloquée, sur présentation des factures des travaux. En plus d’une collecte de 57 000 euros via la Fondation du Patrimoine. Mais rien n’a bougé. Certains soufflent que les frères seraient en désaccord sur les objectifs du projet. Mais Valéry Prunier, l’un des propriétaires du moulin, joint par France 3 Champagne-Ardenne, balaie cette interprétation et indique qu’il était impossible d’avancer la somme : « le constat, c’est que nous avons acheté en 2009 avec pour objectif de récupérer les bénéfices de la centrale hydroélectrique pour retaper le moulin. Le souci, c’est que la centrale ne génère pas suffisamment d’apport ».

Plutôt que de laisser les choses continuer en l’état, on se dit que l’heure est venue d’être responsable.

Valéry Prunier, propriétaire du moulin

« On n’a pas l’envergure suffisante à deux pour résoudre cette équation économique. Alors, plutôt que de laisser les choses continuer en l’état, on se dit que l’heure est venue d’être responsable. » Avec une échéance portée par les services de l’État et les collectivités pour enfin avancer : celle du 30 juin 2024. La décision de vendre s’est ensuite révélée évidente, bien que navrante pour les deux frères.



À l’époque, le clos et le couvert devaient être la première étape d’un vaste chantier qui aurait coûté, rien que pour la partie bâtiment (hors centrale hydroélectrique) « 2,6 millions d’euros » selon Dominique Baroni, maire de Bar-sur-Seine, dont 1 million d’euros pour la première phase de sécurisation.

Le moulin en vente dans son intégralité : Les Bâtiments de France estiment la valeur du moulin à zéro euro.

Claude Penot président de la communauté de communes du Barséquanais en Champagne

Entre 2022 et 2024, seule la consolidation du bâtiment a été réalisée. Après que la préfecture de l’Aube a menacé de prendre un arrêté de mise en péril en début d’année 2024, une intervention d’urgence a été menée « pour étayer et conserver le bien. Aujourd’hui, il n’y a plus de risques d’éboulement », nous informe Mathieu Baty. Mais cette menace aura très certainement précipité les choses, puisque les propriétaires prennent par la suite la décision de mettre en vente le moulin dans son intégralité.

« Les Bâtiments de France estiment la valeur du moulin à zéro euro. Mais ce n’est même pas la peine de leur proposer de le récupérer gratuitement » s’en amuse presque Claude Penot. « Les Bâtiments de France ne sont pas en mesure de chiffrer la valeur d’un bien. Sur cette opération, l’idée n’est pas de gagner de l’argent, mais de retrouver le coût d’achat que mon frère et moi avons mis au départ », répond Valéry Prunier. On parle alors de 300 000 euros.



La communauté de communes entre en jeu, les 500 000 euros conservés

« À l’heure actuelle, la communauté de communes n’a pas pris la décision d’acheter ou d’entamer quoi que ce soit », lance son président. Cela a le mérite d’être clair. Mais l’élu se dit prêt à avancer sur le dossier, et souhaite récupérer les fonds de la mission Bern. 500 000 euros qui permettraient de financer les « 93 portes et fenêtres du moulin », d’après l’architecte Mathieu Baty.



Pas d’inquiétude à avoir, selon la Fondation du Patrimoine : « Nous re-signerons une convention avec le nouveau propriétaire sans problème, les fonds sont attribués au moulin et non aux propriétaires actuels. Ce qui est important, c’est que le moulin soit sauvé », rassure Pierre Possémé, délégué régional Champagne-Ardenne. De même que les 57 000 euros récoltés sur le site internet de la Fondation. Une bonne nouvelle pour celui ou celle qui voudra bien racheter le moulin. Peut-être la communauté de communes du Barséquanais en Champagne ?

Un groupe de travail constitué

Pour aller de l’avant et tenter de donner (enfin) un avenir plus radieux à ce moulin du milieu du XIXᵉ siècle et abandonné depuis des décennies, un groupe de travail a été mis en place lors du conseil communautaire du 12 juin 2024. Une quinzaine de conseillers communautaires a été désignée pour avancer sur le dossier, dont Didier Thiébaut, maire de Landreville et vice-président de la CCBC en charge du développement économique. « Les choses sérieuses commenceront à la rentrée, c’est un dossier qui sera traité en priorité » dit-il.



Pour développer une stratégie, il faudra alors être bien accompagné. Car le moulin de Bar-sur-Seine est un site complexe, entre foncier et production d’électricité. « Nous avons pu contacter différents opérateurs, comme les services de l’État, le syndicat départemental d’énergie (SDEA), le syndicat départemental des eaux (SDDEA) sur la partie exploitation hydroélectrique, ou encore l’Établissement public du foncier de Grand Est qui peut nous aider à investir. Mais il faut qu’il y ait une décision politique », confie Claude Penot. Il le reconnaît, « la communauté de communes n’a pas la possibilité d’investir ou d’attaquer quelconques travaux. Sauf aides, subventions et partenariats. » Didier Thiébaut l’assure déjà, la Région Grand Est est intéressée par le projet. Ne reste plus qu’à tout reprendre, pour qu’enfin, le moulin retrouve de sa superbe.

Après des travaux de réhabilitation, le moulin de Bar-sur-Seine devait retrouver de sa superbe.

Quel était le projet ? Les travaux devaient se dérouler en deux phases : la première se consacrait à la restauration de la façade, de la toiture et du plancher. Et la deuxième à l’aménagement intérieur. La communauté de communes du Barséquanais en Champagne (CCBC) souhaitait y installer son siège social. « Nous sommes actuellement dans l’ancien hôpital de Bar-sur-Seine, mais nous y sommes à l’étroit, et c’est un vieux bâtiment », indique Claude Penot. « Je n’ai même pas de bureau, je dois utiliser ceux de mes agents ! Ici, chacun ramène son chauffage électrique l’hiver et son ventilateur l’été », s’exaspère le président de la CCBC.

 Quelques exemples de réhabilitation

 


Sur les cinq étages du moulin, un premier aurait été consacré aux énergies vertes liées à la centrale hydroélectrique. Un autre au pôle animation, jeunesse et social, deux auraient accueilli la dizaine d’agents de la communauté de communes, et le dernier aurait servi de salle de réunion.


Fondation du  Patrimoine

Le projet : sauvegarder un moulin du XIXe siècle

Votre soutien est indispensable pour sauvegarder le moulin de Bar-sur-Seine, un édifice industriel du XIXe siècle dont l’état de péril lui a permis de devenir le projet emblématique de la Mission patrimoine portée par Stéphane Bern pour la Région Grand Est en 2019. Situé à Bar-sur-Seine, à 20 km de Chaource, à 25 km du Parc de la Forêt d’Orient et à 30 km de Troyes, le moulin est un vestige des grands moulins à pans de bois de l’Aube.

La restauration concernera l’ensemble extérieur de l’édifice : couverture, charpente, menuiseries extérieures et remplissage des pans de bois. L’état de l’édifice est préoccupant. Les boiseries côté nord sont très abimées en raison de leur exposition aux intempéries. Les travaux sont estimés à plus d’un million d’euros pour la réhabilitation de l’enveloppe extérieure.

Juillet 2019

Projet Emblématique de la Mission Bern

Juin 2020

Lancement de la souscription

Le lieu et son histoire : une filiation avec les grands moulins à pans de bois

Le Moulin actuel date de 1854. Au XIXe siècle les activités sont très diversifiées. En 1914, ce sont des milliers de quintaux de farine qui sont produits, à destination de Troyes et d’une bonne partie du département, et d’autres également, avec un effort particulier depuis la mobilisation de la Grande Guerre (les moulins sont généralement construits sur plusieurs étages et cette disposition n’est pas différente à Bar-sur-Seine, et se justifie par une activité gravitaire).

L’essor des moulins tels que celui de Nogent fait péricliter les petits moulins. Le moulin de Bar-sur-Seine est l’un des très rares grands moulins en pans de bois de l’Aube à être encore sur pied.

La mobilisation : un territoire soudé autour du projet

La restauration du moulin du XIXe siècle, s’accompagne d’un vaste projet de valorisation qui sera confié à la SCI propriétaire et à l’association de sauvegarde du moulin de Bar-sur-Seine.

La Côte des Bar est en pleine effervescence, elle se métamorphose depuis plusieurs années, les acteurs touristiques vont de l’avant, la communauté de communes et la Municipalité de Bar-sur-Seine accompagnent ces changements. La Région souhaite également s’impliquer, le Barséquanais pourrait devenir alors un exemple de redynamisation.

Grâce à vos dons, vous participez à cet effort.

Le moulin sera également visible par tous, et notamment par les visiteurs venus parcourir la route du champagne.




Je rassure le lecteur, l’argent n’a jamais été donné au propriétaire véreux !

 

Et puis vient notre époque.

Une époque où l’on parle de patrimoine, de tourisme, de redynamisation, de projets culturels, de partenariats universitaires, de Mission Bern, de 500 000 € mobilisés, de 57 000 € de dons, d’études, de devis, de permis de construire, de chantiers annoncés, de réunions publiques, de groupes de travail, d’espoirs, de discours, de promesses.

Une époque où l’on installe une baraque de chantier… mais où rien ne commence.

Une époque où les propriétaires signent, promettent, communiquent… puis bloquent.

Une époque où les collectivités veulent avancer… mais n’ont pas les moyens.

Une époque où la préfecture menace de péril… et où l’on étaye en urgence.

Une époque où l’on finit par mettre en vente un bâtiment que les Bâtiments de France estiment à zéro euro.

Une époque où la population regarde, attend, se lasse, se résigne.

Une époque où un moulin qui a nourri des générations devient un symbole de paralysie, d’inertie, de désaccords privés, de lenteurs administratives, de projets avortés, de cupidité parfois, de renoncement souvent.

 

Conclusion

Et c’est là que l’histoire prend tout son sens : ce moulin, né pour servir, pour nourrir, pour rassembler, traverse huit siècles… et se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un monde où l’on parle beaucoup, où l’on promet souvent, mais où l’on agit peu.

Au XIIIᵉ siècle, on construisait des moulins pour nourrir les habitants.

Au XXIᵉ siècle, on laisse mourir le patrimoine par cupidité.

 

 


dimanche 22 septembre 2024

Pigeonniers un patrimoine en péril

 

Colombier de Saint-Ouen-l'Aumône dans le Val-d'oise

Trop souvent, des transformations successives, des réparations irréversibles ont tenté de cacher des pigeonniers. On ne reconnaît plus en lui et l’ancien bâtiment de ferme qui a été autant convoité durant des siècles. Rares sont les pigeonniers qui ont su garder leurs fonctions agricoles. Les propriétaires qui élèvent encore des pigeons le font bien souvent par dépit ou par passion. Une des personnes possédant un pigeonnier nous a dit être dépassé par les événements et ne pas arriver à limiter leur nombre. La seule solution qu’elle envisage de casser les œufs ou encore de tuer les petits avant qu’ils ne prennent leur envol. Lui ne cherche nullement à en faire un élevage, mais les pigeons se trouve tellement bien chez lui qu’il n’arrive pas à les déloger. Un de ses voisins en revanche, est passionné par ces volatiles, dans lesquels il voit une part de son enfance. Celui-ci a réussi à restreindre son élevage à une dizaine de couples.

Le pigeonnier devient un édifice à la mode, très recherché pour son architecture particulière, il est transformé en logement une fois le rez-de-chaussée et le ou les deux étages aménagés. Nous en avons visité plusieurs, il est parfois accolé à un bâtiment annexe afin d’augmenter la surface habitable. Il en va ensuite de la fantaisie de l’acquéreur de dénaturer ou non l’élément d’origine. Dans le pire des cas, il sert de garage et alors une ouverture béante est réalisée. Mais certains ont su faire de ces bâtiments rustiques une chose rare et précieuse.

Les pigeonniers en péril en Bresse 

Les propriétaires de l’un d’entre eux, à Saint-Martin-le-Châtel, en ont fait une large pièce tenant lieu de salon tout de briques vêtu, rappelant le matériau principal utilisé à l’extérieur. D’autres, à Farens, y ont aménagé une cuisine et des chambres. Les utilisations insolites ne sont pas exemptes : Chèvres, vaches et chevaux ont pu remplacer les pigeons. A Monthieux, il est devenu une sellerie et à la Chapelle-du-Châtelard un bar de chasse.

Si certaines restaurations se sont faites suivant les goûts douteux du propriétaire donc de piètre qualité, d’autres méritent que l’on s’y attarde. Elles sont le fruit d’une volonté de sauvegarde dans le respect de l’aspect originel de l’édifice. Même dans le cas d’une transformation en habitation, l’âme du pigeonnier peut être conservée sans entraîner de percements intempestifs. Dans le cas du pigeonnier de Grelonges à Fareins, l’architecte des bâtiments de France est intervenu pour imposer aux propriétaires les matériaux et les couleurs. Toujours à Fareins, au Goulas, afin de gagner en luminosité, deux  nouveaux trous d’envol ont été percés de part et d’autre du trou d’origine. Le résultat est saisissant ; un soupçon d’ingéniosité a permis de respecter le pigeonnier.

 Quant à celui de Moulin-Grand, à Perrex, classé MH, il a été restauré, toujours sur les conseils de l’architecte des bâtiments de France, dans le seul but de pouvoir être admiré. Il faut cependant avouer qu’il en vaut grandement la peine !

Pigeonnier du Moulin-Grand à Perrex (01) classé MH
propriétée privée

Malheureusement, la majeure partie de ces pigeonniers est à l’abandon du fait de leur inutilité. Quel que soit l’état, ils servent de remise accueillant du matériel pouvant être entreposé ici depuis des dizaines d’années. Les propriétaires n’ont pas toujours les moyens financiers suffisants pour rénover un bâtiment secondaires. Ils sont conscients que le manque d’entretien nuit gravement à leur pérennité. La toiture est fragilisée par les intempéries et les années ; tôt ou tard, des accidents irréversibles s’opèrent. La région de la Bresse est marquée par le pisé, matériau certes solide mais dont le principal ennemi est l’eau. Un propriétaire nous a dit envisager la démolition dans un but préventif, n’ayant pas les fonds nécessaires pour sa restauration. Il  redoute L’effondrement imprévisible de son pigeonnier pouvant entraîner des dégâts matériels voire corporels. Un autre, à Saint-Jean-sur-Veyle, attends désespérément l’arrivée d’un mécène. Il permet à toute personne de s’approcher et de contempler l’édifice en bien mauvais état. 

Eux, comme d’autres, tiennent à leur patrimoine mais sont impuissants à la vision de leur bâtisse sans vie. Mais combien sont-ils tous ces pigeonniers à s’effondrer ou à avoir été mis à mort sans aucun remords ni aucune pitié ? Les pertes ont déjà été colossales mais difficiles à chiffrer. Le pigeonnier de Genod à Crottet, était certainement l’un des plus beaux ; hélas il s’est effondré dans les années 1930, à une époque où le patrimoine n’intéressait encore personne. Une gravure en faisait déjà mention en 1548 ! Au sein de nombreuses communes, toute trace de tels édifices a souvent disparu. Mogneneins possédait 6 pigeonniers au début du siècle ; aujourd’hui, il n’en demeure plus que 2. A Fareins, sur la vingtaine qui a dû exister à une certaine époque il n’en reste que 14.

 La valeur patrimoniale de ces pigeonniers est irréfutable. Au même titre que les châteaux et les demeures nobiliaires, ils méritent d’être reconnus, protégés, entretenus. Certains propriétaires sont même allés jusqu’à construire de toutes pièces des pigeonniers en ne reprenant certes pas les matériaux d’origine, mais en respectant la forme. La ressemblance est à s’y méprendre. De tels exemples se rencontrent à Cormoranche-sur-Saône, Illiad ou encore Marlieux.

 Mais au regard d’autres régions françaises, que de choses il reste à entreprendre ! Le cas de la Seine maritime est éloquent : Les écrits au sujet des pigeonniers ne se comptent plus, une route touristique des colombiers (nom donné au pigeonnier dans le nord de la France) a été créée, le Conseil général c’est même investi pour subventionner généreusement les édifices qui dénotent un intérêt architectural certain. Dans la région de la Bresse, même si les pigeonniers revêtent un tout autre cachet, plus rustique, rien de tout cela n’existe encore. Cependant, une poignée de passionnés tente d’agir. Un circuit touristique en Val de Saône a enfin vu le jour, il allie à la fois la découverte de ce patrimoine méconnu et d’autres monuments et villages. 

Pigeonnier dit Tour de Cossieux à Jujurieux (01) classé MH

Voir Architecture d'un pigeonnier

Matériaux utilisés

 La nature du sous-sol de la Bresse et de la Dombes à largement influencé l’architecture vernaculaire à base de terre.  Ingénieux, les hommes ont appris à maîtriser cette terre afin d’en tirer tous les avantages. Ils s’en sont notamment servis pour leurs habitations. Une telle diversité des matériaux de construction se retrouve dans l’élaboration des pigeonniers. Excepté la pierre, tout élément de fabrication est issu de la terre locale : pisé, torchis, brique et galet. C’est ce qui fait en grande partie l’intérêt de ces édifices, tous ces matériaux donnent naissance à des architectures différentes. Cependant, la terre crue prédomine : trois pigeonniers sur quatre ont été bâtis en pisé. Pierre, galet et brique lui sont souvent associés dans la construction, que ce soit pour le soubassement, les chainages d’angles ou les différents encadrements ; les effets décoratifs peuvent être alors intéressants.

 Les aménagements intérieurs et extérieurs

 À l’instar du cheval qui a toujours été l’animal roi et à qui l’homme a construit de superbes écuries, le pigeon s’est vu offrir lui aussi, une somptueuse demeure. Au vu des aménagements intérieurs et extérieurs, le pigeonnier s’ingénie à être tout à la fois un hôtel quatre étoiles et une forteresse imprenable. Tout a été soigneusement imaginé pour que les pigeons puissent vivre sans crainte des rats, rapaces et autres prédateurs. Randières en pierre ou en tôle ceinturant le bâtiment, trous d’envol percés de la taille des pigeons, enduit lisse, trappe coulissante fermant l’accès à la liberté, constitue autant de protection contre les prédateurs. A l’intérieur, le plancher permet un nettoyage facile et régulier. Les murs blanchis à la chaux accentuent la luminosité ; les rayons du soleil pénètrent par les trous d’envol placés au Sud et à l’Est, le pigeon aime la lumière matinale. Les nids peuvent être en osier, de taille et forme différente. Ils sont cloués au mur ou insérés dans les cloisonnements en bois ; placer dans la maçonnerie sous forme de poterie où creuser dans les murs, ces nids sont dénommés alors Boulin. Finition suprême, perchoir et échelle tournante peuvent agrémenter l’intérieur du pigeonnier (description par Olivier de Serres, dans son célèbre théâtre d’agriculture des champs paru en 1600).

 Pigeonnier, un bâtiment qui a traversé l’histoire

 Quelle est cette histoire que celle du pigeon et du pigeonnier ! Rechercher pour sa viande, sa fiente et surtout son prestige, cet animal connaît tous les honneurs ; pour lui, l’homme a bâti de somptueuses demeures.

L’élément humain n’est pas innocent dans la pérennité de ce bâtiment. La naissance de l’apanage seigneurial du droit de Colombier est consécutive à la volonté des hommes de rentabiliser leurs terres. Très vite, une poignée d’hommes saisis l’intérêt de posséder des pigeonniers, l’économie terrienne devient à nouveau dynamique. Ainsi est né ce droit réservé aux Seigneur Haut-Justiciers. Cet élitisme ne peut qu’entraîner des convoitises. Bien que cela ne soit jamais clairement mentionné, le pigeonnier devient à partir de là un signe extérieur de richesse.

Mais l’intérêt porté à ce volatile ne s’arrête pas au prestige. Les pigeons fournissent une agréable nourriture d’appoint et sont même vendus contre profit. Au sortir de la Révolution, certains paysans paient leur fermage uniquement avec le fruit de cette vente. Pour ce qui est de la fiente, connu sous le nom de colombine, la centaine de nid de chaque pigeonnier de la région de la Dombes, soit 150 à 250 individus n’engendrent pas des quantités faramineuses d’engrais. Néanmoins, la colombine vaut son pesant d’or à tel point que dans certaines contrées françaises, elle se trouve fréquemment mentionnée dans les contrats de mariage. En 1837, elle représente la coquette somme de 25Frs l’hectolitre !

 À la fin du XIXe siècle, l’arrivée des engrais chimiques marque la fin de l’utilisation de la colombine et contribue à l’abandon progressif des pigeonniers.

Cependant, ils n’ont pas totalement disparu et continuent toujours de ponctuer notre paysage. Au sein d’un ensemble d’habitation, le pigeonnier ressemble à la tour d’un château. Cette impression est favorisée par la forme élancée qui lui permet de se distinguer du reste des maisons.

De plus, le clocheton agrémentant nombre de pigeonniers dépasse nettement les autres bâtiments d’habitation ou d’exploitation. Est-ce un moyen pour que le pigeon retrouve son logis ? Est-ce une façon de s’affirmer en faisant émerger le clocheton d’un amas de construction ? Lorsqu’il est isolé, la vue du pigeonnier peut être favorisée par son lieu d’implantation : une butte de terre, une colline.

 Les utilisations du pigeon

 Le pigeon a toujours constitué un mets de choix, C’est ainsi qu’en 1393, 400 de ces volatiles étaient consommées chaque jour à la Maison du Roi, sous différentes formes : pigeon en croûte, farci, rôti…

Une autre utilisation, moins courante, réside dans la médecine.

Tout était utilisé dans le pigeon ! La colombine trouvait ici une autre fonction quelque peu surprenante puisqu’elle était employée comme cataplasme censé guérir la diphtérie ou calmer la diarrhée.

« Mêlée à de la farine d’orge et à du vinaigre, ce remède de bonne femme permettait de ramollir tous les goitres et toutes les tumeurs de consistance dure ! »

Son sang était très recherché : il guérissait les tâches oculaires une fois mélangé avec du fiel d’anguilles

 Quelques chiffres

  150 : c’est environ le nombre de pigeonniers encore existant sur le secteur Dombes-Bresse, qu’il soit en bon ou très mauvais état

4 à 5 : il s’agit du nombre d’entre eux qui disparaissent chaque décennie

1 : seul le pigeonnier du Moulin Grand est classé MH et encore d’urgence en 1993 ! Ce super édifice sur colonnes était sur le point de s’écrouler

120 : Ce chiffre correspond à la part des pigeonniers bâtis partiellement ou entièrement en pisé. Malheureusement en cas de dégradation, les cicatrices dues aux réparations sont trop visibles. Ce matériau manque de reconnaissance de la part des maçons qui ne savent plus le travailler. Il est considéré comme un procédé de construction du passé et non comme une potentialité pour l’avenir.

50 : C’est la part des pigeonniers qui risquent à très court terme de disparaître. Les maux les concernant sont souvent les mêmes : toitures abimées ou éventrées, murs creusés par les intempéries ou fissurés.


Pigeonnier de Laguille à Rocamadour XVIe - MH 

 

pigeonnier-tour carré à Mogneneins (01) - MH

Intérieur de pigeonnier collé à une maison à Lachieu

Echelle tournante à St Didier sur Chalaronne 


Randières



Belbeuf - Normandie

Laynay - Eure

Pigeonnier-colombier du château de Villers-en-Argonne, Marne


Abbaye de fontenay - Côte d'Or


Pigeonnier à Pibrac, Haute-Garonne


Pigeonnier du Vieux Châtel à Saint-Coulomb - Ille-et-Vilaine

En ce lieu il y avait un ancien prieuré, aujourd'hui disparu, appartenant à l'abbaye du Tronchet. Il devait en tirer le nom d'une très antique forteresse détruite depuis bien des siècles. Aujourd’hui il reste un très beau pigeonnier rond avec une toiture composée d’ardoises épaisses posées sur des dalles de Saint-Cast à même le mur. Le tout est surmonté d’un lanterneau avec une petite coupole en ardoises.  350 boulins, chacun abritant un couple de pigeon.

les boulins du Vieux Châtel



Pigeonnier « folie » construit entre 1730-1770 – Mosstown House - Irlande,  Comté de Longford.

Ancien pigeonnier isolé de trois étages sur plan octogonal, construit vers 1750. Autrefois associé à Mosstown House (démoli) et maintenant désaffecté. Toit en ardoise artificielle en croupe à profil octogonal avec girouette en métal sur lanterne et quelques appareils d’eau de pluie en fonte. Murs enduits en crépi sur construction en pierre calcaire à assises grossières avec détails en blocs et pierres d’angle surélevés et avec cordon enduit au-dessus du rez-de-chaussée. Aveugle ocului au deuxième étage. Ouvertures aveugles en plein cintre au premier étage. Ouvertures aveugles à linteau carré avec voussoirs en calcaire visibles sous l’enduit du rez-de-chaussée. Ouverture de porte carrée avec seuil en calcaire et voussoirs en calcaire visibles sous l’enduit du rez-de-chaussée. Toit en brique en forme de dôme à l’intérieur du rez-de-chaussée. Situé dans les jardins du domaine de Mosstown. Situé à l’est du site de Mosstown House et à l’ouest de Keenagh.

Cet impressionnant ancien pigeonnier de trois étages domine le paysage à l’ouest de Keenagh. Il représente l’un des meilleurs exemples de ce type encore existant en Irlande. Il est bien construit et a manifestement été construit pour impressionner avec des proportions et des détails géorgiens élégants. Il est exceptionnellement élégant pour une structure fonctionnelle avec des ouvertures aveugles gracieusement proportionnées qui donnent l’apparence d’un piano nobile au-dessus du sous-sol. Il a probablement aussi agi comme un « accroche-regard », créant une vue intéressante depuis la maison principale. Les pigeonniers étaient utilisés pour fournir une provision immédiate d’œufs et de viande, et étaient une caractéristique relativement courante dans les domaines ruraux en Irlande au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, mais semblent être passés de mode au début du XIXe siècle. Ce sont maintenant des survivants très rares. Le rez-de-chaussée en brique en forme de dôme est assez similaire en apparence et en construction à de nombreuses glacières, ce qui laisse entendre qu’il pourrait également avoir été utilisé pour cette fonction. Ce pigeonnier est l’une des rares structures du domaine survivant de l’ancien domaine de Mosstown. Mosstown House était le siège du vicomte Newcomen à la fin du XVIIe siècle et fut par la suite la maison de la famille Kingston (maison d’Alexander Kingston en 1791). Plus tard, par héritage, il passa à la propriété de la famille Murray (vers 1914). La maison a ensuite été démolie vers 1962 et constitue une triste perte pour le patrimoine architectural du comté de Longford. Cette structure inhabituelle est un élément important du patrimoine architectural du comté de Longford et de l’histoire et de l’histoire sociale de Keenagh.

 

Ancien Pigeonnier du château à Assier XVIe – Classé MH

L'ancien colombier, daté de 1537, se présente comme une tour circulaire abritant 2500 pots à pigeons en terre cuite vernissée, ainsi que son dispositif d'échelle de visite tournante. La toiture à lanterne pourrait être d'origine.

Le pigeonnier d'Assier est l'un des rares dans le Lot à avoir conservé sa date de construction, 1537, gravé sur le linteau. Si le linteau était l'emplacement idéal sur le pigeonnier pour recevoir diverses inscriptions ou ornementations, peu d'édifices fournissent une indication relative à l'époque de construction. Les quelques armoiries des seigneurs qui pouvaient figurer au-dessus des portes du niveau bas, à l'étage ou sous la corniche ont été pour la plupart martellées lors de la Révolution française.


La Davière - Pigeonnier à Moyaux – Calvados – Gîte de France. 

 



Pigeonnier à 6 pans, pour un séjour de détente au calme de la Campagne Normande. Ayant loué ce gîte je peux dire que tout y est parfait, j'aurais aimé que les boulins soient toujours présents.


Pigeonnier du château de Valleroy. Meurthe-et-Moselle


Le Pigeonnier du Château Lastours a été construit en 1650, 

Il est le plus vieux pigeonnier du Tarn. Unique dans sa conception, c’est le dernier à posséder neuf piliers dont un central. Il a été restauré en 2018 pour lui redonner toute sa splendeur et est inscrit aux MH


De fabrication artisanale en pierre de taille de Provence, ce pigeonnier de près de 6 mètres de haut et de plus de 3 mètres de diamètre est de toute beauté ! création de l'Atelier Alain Bidal

 

Château de la Motte Thilly - Aube


Pigeonnier de Vaujoyeux à Planguenoual en Côtes-d'Armor – Classé MH

Il s'agit d'un édifice quadrilobe : le colombier central est flanqué de quatre tours formant des absidioles. Chacune des tours est couverte en cul-de-four. La première mention du pigeonnier date du début du XVIe siècle, par un acte de vente de 1510. Dépendant alors du manoir de Vaujoyeux, dont il est l'unique élément ayant survécu à l'époque contemporaine, il partage encore son architecture avec plusieurs colombiers voisins au XIXe siècle. Au XXe siècle, il est toutefois l'unique édifice subsistant de ce genre.


Pigeonnier de Courtioux à La Saulsotte dans l'Aube MH


Colombier du Manoir d ' Ango à Varengeville - sur - Mer ( Normandie )



Pigeonnier-porche de Varetz en Corrèze – MH

Il s'agit d'un pigeonnier-porche rural, d'allure massive, et bâti en grès rouge de Collonges. Il est recouvert d'une toiture à demi-croupe en ardoise. Sa construction pourrait remonter à 1769. Ce pigeonnier-porche dépend, à ce jour, d'une ferme dont l'habitation a été édifiée à la suite d'un incendie intervenu en 1896. Sa largeur est de 5,60 mètres et sa hauteur s'élève à 5,80 mètres, sans la toiture. Une corniche en pierre sous la toiture entoure la construction et borne ainsi la partie pigeonnier aménagée dans le grenier. Côté cour, une lucarne en bâtière munie d'un volet en bois ainsi que des boulins sur la façade Est facilitaient l'accès des pigeons. Au premier étage, la pièce devait être utilisée comme remise-cellier et poulailler ainsi que le laissent présumer les trois trous de belle taille creusés dans chaque pilier permettant aux poules de se nicher. Ce pigeonnier-porche construit totalement en pierre est caractéristique de l'architecture du bassin de Brive.


Pigeonnier de Posanges en Côte-d'or  - XVIIe – MH
l'intérieur





Pigeonnier de la Colombière dans le Nord 

L'ancienne abbaye de Maroilles est aujourd'hui composée de la grange dimière, du logis des hôtes, du moulin, des vestiges de la porterie et des comptoirs, ainsi que d'éléments de portique remployés dans un arc de triomphe (cf. notice IA59000752). 
L'abbatiale, le quartier de l'abbé, le cloître, ainsi que les autres constituants de l'abbaye ont été détruits entre 1789 et 1794, l'abbaye servant de carrière de pierres. Une partie du mobilier se retrouve dans les églises paroissiales de Maroilles, d'Obies et de Gognies-Chaussée. 
L'état de la recherche ne permet pas de donner des éléments historiques précis sur les parties disparues de l'abbaye (chapelle, cloître, logis abbatial...). 
Le moulin comportant un étage, ainsi qu'un étage de comble, est surmonté d'une toiture à deux pans et dans sa partie nord d'un toit brisé. Son soubassement, les chaînes d'angle et des éléments de l'encadrement des fenêtres sont en pierre calcaire bleue, le restant de la maçonnerie en brique. Le logis des hôtes situé dans l'actuelle cour de l'abbaye est structuré par un soubassement, des bandeaux, une corniche et l'encadrement des ouvertures en pierre bleue. 
La grange dimière est un vaste volume en rez-de-chaussée agrémenté de fenêtres à arc de couvrement chantourné et de chambranles à bossage en pierre bleue. Elle est couverte d'un toit à deux pans et d'une demi-croupe caractéristique de l'architecture rurale de l'Avesnois.



Colombier à Créteil – Val de Marne

Présence en 1381 d'une grande maison seigneuriale. Construction probable du colombier à cette époque. 1551 : adjonction d'un puits dans la cour. Devient propriété de l'Hôtel-Dieu en 1672 et prend le nom de petite ferme. 

Le manoir apparaît au XVe siècle dans sa forme définitive : porche aménagé dans le corps de logis en bordure de rue, cour rectangulaire avec au nord logement du fermier et en retour d'équerre l'étable et la bergerie, au sud : logement seigneurial, laiterie, foulerie, à l'ouest : grange, au nord-ouest : le colombier. Bâtiments d'habitation reconstruits 1er quart XIXe siècle. 

En 1851, passe à l'Assistance publique, grange et charronnerie détruites au début du XIXe siècle. Locaux d'habitation et écuries détruits par un incendie peu avant 1914. Seul subsiste le colombier déplacé de 50 m en 1972 et qui a servi de modèle à Viollet-le-Duc pour son dictionnaire


Pigeonnier de Garlande à Gonesse (95)

Ferme attestée au XIIe siècle sous le toponyme Miville comme possession de Garlande ; 1er quart XIXe siècle : construction d'un bâtiment fermant la cour à l'est ; le pigeonnier attesté à la fin du XVIIIe siècle est le seul vestige

Périodes de construction : XIVe siècle, XVe siècle

Deux salles superposées ; rucher de 1658 boulins rectangulaires ; dimensions du pigeonnier : h = 980 ; lanterneau : h = 250, d = 840, d intérieur = 620.


Pigeonniers et colombiers classés MH en Occitanie : on dénombre 45 édifices classés MH

1 pigeonnier en Languedoc-Roussillon

44 pigeonniers et colombiers en Midi-Pyrénées !!!!!!!


Domaine de la Bernisse à Seissan (32)

Ce pigeonnier est implanté à l'entrée de la ferme située à l'arrière de la demeure où vécut le paléontologue gersois Edouard Lartet. Cet édifice, élevé dans les années 1870, prolongé par un hangar, est bâti sur un socle rectangulaire à deux niveaux surmonté d'une tour carrée. D'aspect élégant, il est construit à partir de matériaux traditionnels (pans de bois, brique crue) et industriels (briques creuses et tuiles mécaniques). L'ensemble est enduit de terre et armé de poutres de bois. Le décor est assuré par de simples planches de bois arrangées en X et appliquées sur le mur en brique. Une échelle de bois permettait l'accès à l'étage jusqu'au poulailler. Les dispositions d'origine à l'intérieur du bâtiment n'ont pas été préservées.


Pigeonnier de Cas à Espinas dans le Tarn-et-Garonne

Pigeonnier sans doute du XVIIe siècle, de plan carré, élevé sur arcades. Chacune des quatre piles d'angle, de section carrée, se termine par une imposte moulurée, à la retombée de l'arc. L'étage délimité par deux rebords de protection est percé d'une fenêtre rectangulaire à l'est. Deux mansardes servent d'accès aux pigeons, au midi et à l'est. Au-dessus, un lanternon carré, couvert d'un toit à quatre pans, constitue une seconde entrée pour les pigeons. Il est lui-même surmonté d'un faitage de pierre à bulbe. Murs en "opus quadratum".

Le castellum de Cas apparaît en 961 dans le testament de Raymond Ier, comte de Rouergue. Une tour et les vestiges de deux murs crénelés et percés d'archères cruciformes remontent au XIVe siècle. En 1599, Antoine de Cardaillac vend le château en ruines à François de la Valette, qui le revend en 1605, après y avoir fait faire quelques travaux ; le logis est reconstruit vers 1617 (date inscrite sur la porte). Le pigeonnier et les communs sont du XVIIIe siècle.


Tour-pigeonnier de Labio à Gourdon dans le Lot

La tour dite de Labio s'est aussi appelée La Ricardie, nom d'un de ses propriétaires. La forme des fenêtres permet de la dater de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle.


 

Pigeonnier porche à Lavergne à Vergne dans le Lot

Petit édifice du XVe siècle, composé d'une arche en plein cintre, supportant une construction couverte d'un toit à deux pans. Cet ouvrage appartenait sans doute à une enceinte, un ensemble de muraille, dont l'arrachement se voit sur l'un des piliers


Pigeonnier de Carbes (Tarn) XVIIIe s., restauré en 2004


Pigeonnier dit colombier du Grilhon à Carbonne (31)

Pigeonnier en brique du type pigeonnier-tour de plan circulaire, couvert d'une coupole. Sa toiture lui a valu le qualificatif de "mauresque". Voûté, l'ouvrage a conservé l'essentiel de ses dispositions.



Pigeonnier de Chèze dans les Hautes-Pyrénées (65) – XVIIIe

Le pigeonnier est érigé au point le plus haut du village et porte, au-dessus de la porte d'entrée, la date de 1776. Il aurait, selon la légende, été bâti par un maçon, à cet emplacement précis, afin de prouver sa compétence, remise en cause alors qu'il avait en charge la construction de l'église voisine. La destination première de cet édifice reste donc incertaine. Mentionné sur le plan cadastral napoléonien de 1835, ce pigeonnier est répertorié sous cette dénomination depuis 1913. Il se présente sous la forme d'une tour carrée couverte d'une toiture d'ardoise à quatre pans et percée de quatre lucarnes. La porte sud-est est surmontée d'un linteau monolithe en schiste. La face sud-est, au-dessus de la porte d'entrée, porte quatre ouvertures superposées. Sur la face nord-ouest, elles sont au nombre de douze, sur six niveaux, encadrant quatre grandes fenêtres. De longues planchettes soutenues par des consoles de bois servent d'air d'envol.


Pigeonnier des Templiers à Lacapelle-Livron - Tarn-et-Garonne (82)

Pigeonnier du XVIIe siècle, situé à proximité de l'ancienne commanderie des Templiers. L'ouvrage est bâti sur quatre piliers, avec voûtes d'arête en pierre et moellons. L'étage est constitué d'un mur en pierre et moellons. Charpente en bois et couverture en tuiles crochet.

Commanderie attestée en 1236, dont subsistent la chapelle et les deux corps, de bâtiment du château ; ensemble fortifié de mâchicoulis sur consoles et chemin de ronde en 1487 ; galerie en pan de bois construite en 1619 par Antoine et Raymond Camboux, maîtres charpentiers ; pigeonnier édifié en 1678 par Antoine Delteil, maître maçon de Caylus ; tour sud-est et mur d'épaulement reconstruits par Gontar, maître maçon de Saint-Gervais en dauphinois en 1701 ; grand escalier extérieur construit par Gontar en 1703 ; repercement des façades et aménagement intérieur réalisés de 1704 à 1706 par Jean Pouret, maître maçon, Coste et Latouche, maîtres charpentiers ; chapelle devenue église paroissiale à la fin du XVe siècle avec le vocable Saint-Sauveur ; datation et attribution par source.


Pigeonnier de Bancourel à Saint-Cirq-Lapopie (46)


Le pigeonnier de Bancourel a été construit au XVIIIe siècle. Il est déjà cité comme ruiné en 1788 par la famille Cayla, alors propriétaire de l’édifice. Il a peut-être été acheté par un riche maréchal-ferrant de Saint-Cirq-Lapopie, Louis Cayla.

Il est restauré et sauvé en 2012


Maison aux pigeonniers à Gigouzac dans le Lot (46) -  XVIIe siècle, XVIIIe siècle

Ancienne maison bourgeoise flanquée de deux pigeonniers, l'un en pierre, l'autre en pans de bois. Celui en pans de bois a été construit sur des piliers en bois, à côté d'un auvent pittoresque avec balcon en bois qui permet son accès au premier étage. L’ensemble est inscrit MH



Ancien pigeonnier seigneurial à Ombrée d'Anjou – Maine et Loire (49)

Bâtiment historiquement lié au château de Puancé (deuxième forteresse d'Anjou sur la frontière Anjou-Bretagne).


Implanté sur un surplomb dominant l'étang de Saint-Aubin à l'ouest et la rivière de la Verzée, protégé par une enceinte comprenant onze tours et percée de trois accès, le château fort, construit en moellons de schiste, se compose d'une basse et d'une haute cour, séparées par une douve sèche (utilisée comme dépotoir au XIXe siècle). L'accès à la haute-cour était gardé par un châtelet d'entrée avec une passerelle (fin XIIe-début XIIIe siècle ?). Deux poternes percées dans le mur d'enceinte, une au nord (passage cavalier) et une au sud (passage charretier) débouchaient dans les douves sèches. On ignore le système de communication entre celles-ci et la haute-cour. Le logis seigneurial, dégagé lors des fouilles, est un vaste bâtiment rectangulaire d'environ 24 mètres sur 8 mètres, à un étage. Les traces d'ancrage des rampants du toit sont visibles sur la courtine. Sous le corps de logis, une salle souterraine entièrement aveugle, voûtée en berceau, est habituellement qualifiée de glacière : son sol est taillé dans le schiste et une rigole faisant le tour de la pièce permet de récupérer les eaux d'infiltration. Une tour-porche (XVe siècle) permet d'accéder à la basse-cour depuis la ville ; elle est percée de deux portes, une charretière et une piétonne (murée côté ville) , couvertes par des voûtes en berceau brisé. Agrandie sur son côté nord au XVIIe siècle, cette tour-porche a perdu son aspect défensif ; les deux étages et l'étage de comble ont été alors transformés en logement. Un reste de tour est conservé chez un particulier à l'angle sud-est de la cour. Le colombier, dont la toiture a disparu, se trouve dans une prairie au bord de l'étang Saint-Aubin.

 Dès la fin du haut Moyen Age, le site de Pouancé, situé aux confins des Marches de la Bretagne et de l'Anjou, fut certainement fortifié afin de contrecarrer la place-forte bretonne de Châteaubriant. La première mention du château remonte à la période 1049-1060 dans la pancarte de Carbay ; le comte d'Anjou y entretenait des hommes et un "vicarius". Des fragments de sarcophages datables du haut Moyen Age (découverts dans les murs de l'église de Saint-Aubin et de Grugé-l'Hôpital) prouvent l'existence de peuplements antérieurs à l'édification du château fort dans cette zone. Il est vraisemblable que "Gautier Haï, seigneur de Pouancé-Martigné autour de 1100 ait assis son pouvoir châtelain sur les lambeaux d'une circonscription antérieure qui se nommait "l'honneur de Lourzais" (dont le centre géographique était un peu plus à l'est sur l'actuelle commune de Grugé-l'Hôpital) (MEURET, J. C.). En 1094, Gautier Hai est seigneur de plein droit ; le château est alors le siège d'une grande seigneurie. Il ne semble pas que le château ait été précédé comme c'est souvent le cas par une motte. La tour Saint-aubin, la tour pointue et les restes de la tour du moulin sont datables de la fin du XIIe ou du début XIIIe siècle. Entre 1371 et 1379, Pierre II de Valois fait construire la Grosse Tour et fait poser des mâchicoulis au château. À la mort de Gautier, la seigneurie de Pouancé d'obédience angevine est rattachée à celle de La Guerche d'obédience bretonne. La tour-porche semble avoir été construite au XVe siècle et l'extension au XVIIe siècle. Au XVe siècle les éléments défensifs ont été adaptés à l'introduction de l'artillerie.

Périodes de construction :  XIVe siècle, XVe siècle




La Mise au tombeau 1ère partie

  Crypte de l'Église Saint Jean-Baptiste de Chaource - XVIe siècle La Mise au tombeau se situe à la fin de la Passion du Christ et est r...