Affichage des articles dont le libellé est Sainte Maure. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sainte Maure. Afficher tous les articles

lundi 14 octobre 2024

Châteaux de Sainte Maure, Saint Mesmin

 

Vue du château de Sainte Maure au XIXe siècle

Le même château en 2024

Un bâtiment du parc montre qu'une construction existait déjà au XVIe mais la première mention remonte à 1656.

 Il fut rebâti en 1696 sur des plans de Louis Mallet et les ailes de Constant datent de 1768 et les jardins de M. Moisy. Le dit jardin ayant requis la destruction de quelques maisons de Charley ; ces maisons étaient le château de Charley, cité jusqu'en 1762.

Une rotonde octogonale en avant du château abrite une statue d'Atlas soutenant le monde.

Propriété de la famille Chavaudon fut achetée en 1944 par l'évêché qui y installait une école privée d'agriculture.

Le village doit son nom à Sainte Maure voir : Sainte Maure


- Château de Saint-Mesmin : 





Dans la France d’Ancien régime, il y avait dans chaque paroisse un ou plusieurs châteaux. Il ne faut pas se méprendre sur ce terme de château, lié à la qualité seigneuriale, en général noble, de son propriétaire, aux droits féodaux qui y étaient attachés, beaucoup plus qu’au caractère architectural de la construction.

Seuls quelques-uns de ces châteaux étaient de ces nobles bâtisses de pierre, de grandes et majestueuses dimensions, auxquelles l’homme du XXe siècle réserve le terme de château.

Anciennement Broli ou Brolium (nom courant qui signifie bois = Breuil), le village de Saint-Mesmin doit son nom au diacre Sanctus Memorius qui y est mort martyr en 451.

Le premier seigneur connu de Saint-Mesmin est Dudon de Saint-Mesmin, en 1145. Seigneur de Fontaine (aujourd’hui Fontaine-les-Grès), il l’était aussi de Chennegy, qui lui venait de sa mère, de la puissante maison des Fournier.

Ces seigneuries passèrent à ses descendants. Parmi tous les chevaliers de Saint-Mesmin, il y a Henri de Saint-Mesmin, dit encore de Chennegy, qui, en juin et juillet 1218, s’apprêtait à partir pour la croisade. C’était le fils puiné de Dudon et d’Alix de Marcilly : il est resté dans l’Histoire, pour ses aumônes successives à la commanderie du Temple de Payns.

Les fondations du château ne disparurent qu’au XIXe siècle. De grands fossés l’entouraient, et on y accédait par un pont-levis. Il était construit sur pilotis (pieux), en pierre de taille, mais la façade principale (sculptée) était de bois, comme les étages. Au premier, une galerie extérieure. Le rez-de-chaussée était distribué en une grande salle et une cuisine « pavée de pierres avec fourneau ». On remarquait des cheminées aux armes d’Eustache Luillier et de Marie Cœur, qui durent reconstruire le château dès qu’ils en furent seuls propriétaires, au début du XVIe siècle. Il y avait, fermés de murailles : un potager, une cave et cellier, un fournil, un poulailler, un « toit à porcs », des granges, des écuries, une remise pour le carrosse, des fossés d’eau vive, alimentés par la Seine, un colombier en forme de tour ronde, couvert de tuiles avec lanterne au milieu, et aussi d’autres bâtiments, un jardin avec des carrés de légumes, des arbres fruitiers nains de différentes espèces… La principale dépendance était le moulin sur la Seine.  De dimensions modestes, le château de Saint-Mesmin ne devait manquer ni de caractère, ni d’élégance.

Le château de Saint-Mesmin n’apparaît vraiment dans l’Histoire qu’en 1361. C’est par un acte exceptionnel, une précieuse lettre des foires de Champagne. Du château de Saint-Mesmin, il est dit que c’est une maison forte entourée de fossés, pourvue d’un colombier et d’une cave.

Le propriétaire suivant fut Gui Le Flamand, un de ces changeurs d’origine étrangère à la Champagne, Juifs, Cahorsins ou Lombards, qui venaient faire fortune aux foires en pratiquant le change des monnaies, change hautement rémunérateur en tous temps et en tous lieux, mais de façon plus particulière aux Foires de Champagne, où, les marchands venus de toutes les contrées de l’Europe  étaient obligés de faire appel aux services des changeurs pour régler en espèces sonnantes et trébuchantes, les marchés fort importants qu’ils concluaient sur la place.

Au XIVe siècle, les Foires de Champagne étaient certes bien déchues, mais il restait encore à Troyes de nombreux changeurs, et Gui Le Flamand réussit à faire fortune. Il devint même un des principaux notables de Troyes. Il était conseiller de ville en 1358 et encore en 1367. Le Flamand (en fait Gui du Poule, dit Le Flamand) n’était à l’origine qu’un surnom. Il demeurait à Troyes, au cœur même du Bourg Neuf, dans la rue de ce nom (aujourd’hui, du Palais de Justice), et était toujours qualifié de « changeur et bourgeois de Troyes », en 1373. Il ne peut être considéré « noble », n’étant pas un « gentilhomme », ne vivant pas du métier des armes. Gui Le Flamand n’ayant pas d’enfants, Saint-Mesmin passa en d’autres mains.

Au début du XVe siècle, Saint-Mesmin appartenait à Pierre de la Garmoise. Son fils François, mourut sans enfants en 1450, et Saint-Mesmin passa à sa sœur Catherine, mariée à Jacquinot Phelippe, bourgeois de Troyes, puis à leur fils Jacques Phelippe. Ce dernier étant mort sans enfant, Saint-Mesmin passa aux Luillier (les enfants de Catherine qui s’était mariée avec Arnaud Luillier trésorier de Carcassonne), jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Ce fut l’âge d’or du château. Présidents des Comptes, les Luillier étaient une de ces grandes dynastie de « hauts fonctionnaires », qui ont, dans une large mesure, gouverné le royaume au nom du roi, et « fait la France de l’Ancien régime ». En 1608, une fille, Charlotte, entra religieuse au couvent de Foissy. Les Luillier étaient très attachés à Saint-Mesmin. Plusieurs de leurs cadets, devenus Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, s’appelaient Luillier Saint-Mesmin, ou plutôt, Saint-Mesmin tout court. L’un d’eux, compagnon du grand maître Valette Parisot, fut un des chevaliers qui, lors du fameux Grand siège de 1565, réussirent, par leur courage, à sauver Malte. Par eux, le nom de la seigneurie champenoise de Saint-Mesmin s’est illustré sous la bannière rouge à la croix blanche de la Religion de Malte et dans la Méditerranée.

Les Luillier avaient d’autres possessions en Champagne. Au XVIe siècle, ils possédaient Villebertin (château de Maisons Blanches). Ayant perdu leurs grandes charges, les Luillier du XVIIe siècle résidaient à Saint-Mesmin.

En 1646, le domaine passe au frère cadet de Charles II, Pierre Luillier, seigneur de Courlange, qui décède en 1649. Son fils Charles III lui succède, mais décède en 1652, sans enfants, et sa sœur Edmée Claude reste seule propriétaire de la seigneurie de Saint-Mesmin. 

Jusqu’à la Révolution, les propriétaires de Saint-Mesmin représentent assez bien l’évolution de la société : petite noblesse de chevaliers jusqu’au milieu du XIVe siècle, hauts fonctionnaires royaux de XVe au XVIIe, noblesse de cour au XVIIIe. C’est aussi vrai pour le XIXe siècle, quand Saint-Mesmin appartint à une bourgeoisie nouvelle, issue de la Révolution, d’aubergistes enrichis par le négoce et surtout l’achat de biens nationaux.    

 

Voir  : Saint Mesmin









samedi 12 octobre 2024

Sainte Maure

Sainte Maure



Saint Prudence, évêque de Troyes, après le décès de sainte Maure, prononce un très long sermon, qui est le souvenir qu’il a de cette jeune fille qu’il a côtoyée jusqu’à sa mort. Nous avons la chance d’avoir conservé ce précieux document qui nous permet de retracer la vie exemplaire de cette sainte : un saint parle d’une sainte contemporaine !

Elle naît à Troyes en 827. Les parents de cette Vierge, sont riches et  « de la première condition du pays ».

« A peine commença-t-elle à jouir de sa raison, que tous les jours elle assista aux offices et au saint sacrifice de la messe dans la cathédrale... Tous les mercredis et vendredis elle jeûnait au pain et à l’eau et s’y rendait pieds nus, sans manteau... elle eut aussi une dévotion particulière envers sainte Mâthie, dont elle allait souvent embrasser le tombeau… la bienheureuse Maure depuis son jeune âge, chaque jour depuis les Laudes jusqu’à Sexte, demeurait dans l’église des Apôtres où est représentée une triple image du Seigneur le Sauveur. Il est en effet représenté comme un enfant assis sur le sein de sa mère… elle se prosternait de tout son long d’abord devant l’enfant, puis devant le jeune homme, enfin devant le roi, et aucune nécessité ne put la distraire de contempler chaque jour le Seigneur sous sa triple image… »

Sa mère Sidulie et son frère Eutrope disent qu’elle fait vœu de virginité à 22 ans… On dit qu’elle est discrète, pieuse, active, se dévoue pour l’Église, " exemple et miroir d’honnêteté, de dévotion et de pudeur... change le cœur de pierre de son évêque en un cœur plein de dévotion ". Elle convertit son père Marien, qui lèguera à l’église cathédrale tous ses biens.

Dieu fait par son intermédiaire une multitude de miracles.

Le seul attouchement des linges « qu’elle avait donnés guérissait les malades ». Il lui suffit de toucher un malade pour  « le libérer de ses fièvres »  (les sieurs Léon, Mélain, Paulin...).

Le frère Maurice frotte ses yeux avec les larmes de Maure et recouvre entièrement la vue.

Elle décède le 21 septembre 850, jour de la fête de saint Matthieu, et est enterrée près de l’autel principal de l’église de Sainte Maure.

Lors de son décès, « la matrone Mauritienne, sœur de Sédulie, et ses deux filles Damone et Thécie, retirèrent le cilice de son saint corps, le divisèrent en quatre morceaux et, en gardant trois, remirent le quatrième à l’évêque qui le garda comme un trésor. Lavant le corps comme à l’habitude, l’eau est changée en lait témoignage de sa chasteté virginale. Le jeune Léonce, le fils de Damone, saisi de douceur, boit abondamment de ce lait, et est guéri de sa fièvre… Thécie touche la chemise de Maure et est libérée d’une tache au visage, contractée dès le sein maternel, et qui la rendait désagréable à son mari… A l’heure même de la mort de cette vierge, le moine Veranus, qui a depuis longtemps perdu l’odorat, sentit dans le monastère de Léon, la même suave odeur que sentaient ceux qui étaient proches du saint corps.... »

D’innombrables miracles se produisent par la suite.

 Elle est nommée patronne des lavandières, sans doute parce qu’elle fabriquait les ornements sacrés et les maintenait en état.

Le diocèse de Troyes a fixé sa fête liturgique au 22 septembre.

L’église du village de Sainte-Maure l’a pour titulaire et conservait une châsse de bois où était conservée une partie des reliques de la vierge. Les reliques avaient été partagées entre la paroisse et l’abbaye de Saint-Martin-ès-Aires en 1415. Le bras de la sainte conservé dans cette abbaye a disparu à la Révolution.

En 1865, est ouvert le tombeau de la sainte, devant l'évêque Mgr Ravinet et  le prince et la princesse de Faucigny-Lusinge, propriétaires du château de Sainte-Maure. La sainte était inhumée dans un sarcophage gallo-romain, réutilisé à l'époque carolingienne, et qui n'avait jamais été ouvert. Mais il y avait un trou béant dans le couvercle, et, depuis des siècles, les pèlerins se servaient de reliques en plongeant la main à l'intérieur.

L’impératrice Eugénie, fervente catholique, épouse de Napoléon III, est sollicitée pour remettre le tombeau en état. En 1867, l’ancien sarcophage est habillé d’une cage de bronze doré, et, dans la cuve tapissée de soie, est déposée une représentation, en cire, de la jeune sainte, au moment de sa mort.

 En  2002, le sarcophage est endommagé par la chute d'une voûte, et est restauré en 2006.

Il y a sa statue dans l’église de Saint-Julien et elle figure sur deux vitraux du triforium de la cathédrale.


Sarcophage de Ste Maure dans l’église de Sainte-Maure (Aube -10)

Seul le sarcophage est classé au titre objet des MH

Époque gallo-romaine, remployé au 9e siècle.

Garniture en cuivre exécutée par Poussielgue-Rusand de Paris, sur les dessins de Martin et offerte en 1865 par l'impératrice Eugénie.

Ce sarcophage était, avant 1637, au milieu du chœur, porté par quatre piliers. Il fut ensuite déplacé dans la première chapelle du collatéral gauche, ouvert puis replacé dans le chœur. D'après FICHOT Ch., Statistique monumentale du département de l'Aube, arrondissement de Troyes, T. 1, 1884, p. 59.


Buste reliquaire de Sainte Maure dans l’église de Sainte Maure (Aube-10)

Dimensions normalisées

H = 76 ; la = 47

Œuvre infestée

17e siècle

Seul le reliquaire de sainte Maure est inscrit au titre d’objet MH


Sculpture de Sainte Maure dans l’église de Sainte Maure (Aube-10)

Calcaire : polychrome, doré

H = 170 ; la = 57 ; pr = 48

Repeint ; manque

Présence d'une polychromie ancienne sous l'actuelle. Repeinte au 19e siècle. Il manque le nez.

Siècle de création

XVe siècle

Classée MH


Vitraux Triforium de la cathédrale st Pierre et st Paul de Troyes - XIIIe siècle 

(sud) baie 112

de gauche à droite

Ste Maure,Ste Mâtie, St Malachie, St Bernard 




ROSE+CROIX

  Temple de la Rose+Croix - 1618 Rose-Croix et Hermétisme L’origine de l’hermétisme Si l’on en croit la Tradition, l’hermétisme est un e...