La plus ancienne trace d’un art du verre exercé à Troyes et dans le département de l’Aube est révélée par les vestiges d’un atelier de verrerie du Haut-Empire (II°, III° siècle après J-C.), fouillé en 1993, à l’emplacement du futur parking aérien de la place Langevin. Cette découverte est unique en Champagne-Ardenne et rare sur le territoire français, pour la période gallo-romaine. La maîtrise de l’art du verre acquise par les artisans du site Langevin allie une parfaite connaissance des techniques de construction de tous les types de fours (poterie et métallurgie) à la maîtrise du feu lui-même. Les m² fouillés en 1993 à Troyes, n’ont probablement révélé qu’une partie d’un vaste ensemble artisanal implanté depuis le 1er siècle à proximité du cours de la Vienne, entre la rue Emile Zola et le boulevard du 14 Juillet. Les arts du métal et de la céramique devaient y trouver vraisemblablement une place de choix, avant que les incursions barbares ne perturbent l’organisation et la prospérité de la cité tricasse à partir de la seconde moitié du III° siècle. Sur le site, un sesterce d’Hadrien (119-128) a été trouvé dans la masse de limon à proximité du four. L’atelier de verrier a dû fonctionner entre les années 150 et 250 après J.-C.
La fouille de la rue
Michelet à Troyes a permis de trouver des objets en verre, de toutes les
époques, mais surtout postérieures au XVI° siècle, où les verres peuvent être
émaillés et porter un décor plus élaboré, avec représentation de personnages et
inscriptions de maximes. A partir du XVII° siècle, les verres sont formés d’une
coupe portée par un pied orné d’un bouton plus ou moins décoré. La fin du
siècle voit apparaître les premières bouteilles faites pour résister à la
pression du vin pétillant de champagne et donc beaucoup plus épaisses que les
bouteilles des siècles précédents.

