jeudi 22 mai 2025

Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

 




Les origines historiques de l’Ordre sont quelque peu obscures, bien que, selon une tradition non documentée, elles remontent à la Première Croisade. En fait, la première preuve documentaire d’une investiture de chevaliers dits « du Saint-Sépulcre » date de 1336. Depuis ce premier témoignage de l’existence de l’Ordre, c’est-à-dire à partir du XIVe siècle, les papes ont progressivement et régulièrement exprimé leur désir d’annexer juridiquement l’organisation au Saint-Siège.

L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a toujours bénéficié de la protection des Papes qui, au fil des siècles, l’ont réorganisé, augmentant et enrichissant ses privilèges. Clément VI confia la garde du Saint-Sépulcre aux frères franciscains en 1342, mais c’était encore à une époque où seuls les chevaliers avaient le droit de créer d’autres membres de l’Ordre. Alexandre VI se déclara modérateur suprême de l’Ordre en 1496 et délégua aux franciscains le pouvoir de faire chevalier les nobles et les gentilshommes pèlerins en Terre Sainte (pouvoir d’investiture). La confirmation de ce privilège franciscain, soit verbalement, soit par la bulle papale, fut renouvelée par le pape Léon X en 1516, par Benoît XIV en 1746, jusqu’à la restauration du Patriarcat latin de Jérusalem par Pie IX en 1847.

C’est ainsi que la délégation pontificale fut transférée au Patriarche lorsque, en 1868, Pie IX publia des lettres apostoliques annonçant la restauration de l’Ordre. L’Ordre des Chevaliers s’ouvre avec la nomination des Dames du Saint-Sépulcre grâce à Léon XIII, en 1888. De plus, en 1907, Pie X décida que le titre de Grand Maître de l’Ordre serait réservé au Pape lui-même.

En 1932, Pie XI approuva la nouvelle Constitution et permit aux Chevaliers et aux Dames de recevoir leur investiture dans leurs lieux d’origine et pas seulement à Jérusalem. En 1940, Pie XII nomma un cardinal protecteur de l’Ordre et centralisa l’organisation à Rome, dans le cadre du Grand Magistère, transférant le titre de Grand Maître au cardinal Canali. Jean XXIII approuva la nouvelle Constitution présentée par le cardinal Tisserant en 1962.

Avec le renouvellement du Concile Vatican II, une nouvelle Constitution a été approuvée par Paul VI en 1977. Par la suite, Jean-Paul II a fait de l’Ordre une personnalité légale, canonique et publique, constituée par le Saint-Siège. Aujourd’hui, l’Ordre cherche à recueillir l’engagement de ses membres dans les églises locales pleines d’espoir pour leur sanctification. C’est la raison essentielle et profonde qui a motivé la révision de la Constitution lors de la « Consulta » qui a eu lieu en 2013.




L’Ordre aujourd’hui

a) Finalités

Les objectifs de l’Ordre sont les suivants :

· Renforcer chez ses membres la pratique de la vie chrétienne, dans une fidélité absolue au Souverain Pontife et selon les enseignements de l’Église, en observant comme fondement les principes de charité qui font de l’Ordre un moyen fondamental d’assistance à la Terre Sainte ;

· Soutenir et aider les œuvres et les institutions caritatives, culturelles et sociales de l’Église catholique en Terre Sainte, en particulier celles du Patriarcat latin de Jérusalem et du Patriarcat latin, avec lequel l’Ordre entretient des liens traditionnels ;

· Soutenir la préservation et la propagation de la foi dans ces terres, et promouvoir l’intérêt pour cette œuvre non seulement parmi les catholiques dispersés dans le monde entier, qui sont unis dans la charité par le symbole de l’Ordre, mais aussi parmi tous les autres chrétiens ;

· Défendre les droits de l’Église catholique en Terre Sainte.

L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est la seule institution laïque de l’État du Vatican chargée de pourvoir aux besoins du Patriarcat latin de Jérusalem et de toutes les activités et initiatives visant à soutenir la présence chrétienne en Terre Sainte. Les contributions de ses membres constituent donc la principale source de financement des institutions patriarcales.

 b) Structure de l’Ordre

L’Ordre a une hiérarchie définie. Au sommet se trouve le Cardinal Grand Maître qui est nommé directement par le Saint-Père, pour diriger et gouverner l’Ordre. Le Grand Maître est assisté d’un organe consultatif, le Grand Magistère, qui a pour tâche d’identifier et de convenir avec le Patriarcat latin de Jérusalem des programmes et des actions à entreprendre chaque année pour pourvoir aux institutions et aux communautés chrétiennes en Terre Sainte, y compris les modalités de fonctionnement et les calendriers.

La Présidence du Grand Magistère est composée du Gouverneur général, des Vice-gouverneurs généraux et du Chancelier de l’Ordre : il s’agit du « conseil » exécutif de l’Ordre.

La hiérarchie se divise alors en deux parties distinctes : ecclésiastique et laïque. Le premier, dirigé par le maître de cérémonie, est responsable du développement spirituel de l’Ordre ; la seconde, dirigée par le gouverneur général et le chancelier, est responsable de la gestion de l’Ordre.

La tâche de la hiérarchie ecclésiastique est de définir les programmes et les événements à mettre en place pour développer la spiritualité des membres. La tâche de la hiérarchie laïque est de mener à bien les activités sociales et caritatives de l’Ordre en faveur de la Terre Sainte.

L’Ordre est subdivisé en Lieutenances, qui à leur tour sont divisées en Sections. Le cas échéant, les sections peuvent être divisées en délégations.

Le Lieutenant, les Chefs de Section (Presidi en Italie et en Sicile) et les Délégués (responsables des Délégations) sont accompagnés par une organisation ecclésiastique parallèle composée de Prieurs de Section et de Délégation.

Tous ces rôles sont fonctionnels et impliquent des responsabilités administratives ; Ce ne sont pas des titres honorifiques. Le mandat est de quatre ans, renouvelable et à condition que le titulaire s’acquitte correctement et efficacement de ses tâches.

Les candidats appropriés pour chaque poste sont suggérés par le supérieur immédiat et soumis à ceux qui occupent des postes supérieurs et au Grand Magistère pour approbation finale.

L’Ordre compte actuellement 52 Lieutenances : 24 en Europe, 15 en Amérique du Nord et au Canada, 5 en Amérique latine et 6 en Australie et en Extrême-Orient.

À l’heure actuelle, le nombre de membres actifs est d’environ 23 000. Ce sont les membres qui pratiquent effectivement la vie consacrée au service et à la charité qu’ils ont promis de défendre lors de leur admission dans l’Ordre.

 c) Activités

Comme nous l’avons déjà indiqué, l’Ordre est représenté dans presque tous les pays du monde où il y a une grande communauté catholique et des conditions appropriées pour des activités qui lui permettront d’atteindre ses objectifs.

Ensemble et individuellement, chaque Lieutenance, Section et Délégation élaborent un programme annuel de rencontres et d’événements visant à renforcer la croissance spirituelle des Membres, ainsi que des événements visant à sensibiliser au rôle et aux activités de l’Ordre dans leurs communautés locales respectives.

 Les dons recueillis pour la Terre Sainte sont administrés par les Lieutenances conformément à la législation administrative et fiscale de leur pays d’opération et chaque Lieutenance tient des comptes pertinents qui sont rapportés au Grand Magistère. Ces comptes comprennent le montant des dons, les bénéficiaires et l’objectif auquel ils sont affectés.

Le travail que le Patriarcat latin et les autres institutions catholiques accomplissent en faveur des chrétiens de Terre Sainte grâce au soutien de l’Ordre peut être résumé comme suit :

Les temps particulièrement difficiles qui ont suivi la deuxième Intifada (qui a mis un terme au travail et à l’activité économique dans une très grande partie de la Terre Sainte) ont fait perdre leur emploi à de nombreux chrétiens et ont incité le Patriarcat latin, la Nonciature apostolique et les autres institutions catholiques à s’engager dans la distribution d’aide sociale et humanitaire dans le cadre d’une opération visant à apporter un soutien financier direct aux familles les plus nécessiteuses. Cependant, la charité sous forme de subventions directes – que certains peuvent considérer comme des « aumônes » – ne fait pas partie des méthodes normales de fonctionnement de l’Ordre. Les aumônes humilient les personnes obligées de les accepter et ont un effet néfaste en encourageant les bénéficiaires à vivre de charité.

La politique de l’Ordre a été, et est toujours, d’aider les chrétiens de Terre Sainte à atteindre des normes éducatives et professionnelles qui leur permettront de jouer un rôle actif dans la société de leur propre pays, à un niveau qui leur donnera l’égalité avec les personnes d’autres religions.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les familles chrétiennes de la classe moyenne quittant la Terre Sainte à la recherche d’un avenir sûr à l’étranger sont devenues un véritable exode. Aujourd’hui, le nombre de chrétiens dans les différentes régions de la Terre Sainte varie de 2 % à 4 % de la population locale et il s’agit très largement d’artisans, de petits commerçants et de ceux qui travaillent dans l’industrie touristique qui s’est développée parallèlement aux pèlerinages. De telles très petites minorités ne peuvent survivre que si leurs compétences sont suffisamment élevées pour leur mériter l’appréciation et l’estime de la société dans laquelle elles vivent ; Et cela ne peut être réalisé que grâce à de meilleures normes d’éducation et de formation.

Depuis la fin du 19ème siècle, l’Ordre a financé la construction de 40 écoles patriarcales en Israël, en Palestine et en Jordanie et s’est maintenant engagé à financer leurs frais de fonctionnement. Aujourd’hui, environ 19 000 élèves et étudiants fréquentent ces écoles, de la maternelle à l’école primaire, au collège et au lycée, ainsi que dans un certain nombre d’écoles techniques. En moyenne, la répartition des étudiants est de 60 % de chrétiens (catholiques, orthodoxes, etc.) et de 40 % de musulmans.

L’engagement de l’Ordre dans le domaine de l’éducation aide à faire face à un problème très important dans la région : comment habituer les personnes de races et de religions différentes à vivre dans la paix et le respect mutuel. Si ces valeurs sont encouragées dès le plus jeune âge, elles peuvent être implantées dans l’esprit des enfants, sinon il n’y a aucun espoir de le faire à un stade ultérieur, car à l’adolescence, les jeunes sont des proies faciles pour les idéologies extrémistes.

Les frais de fonctionnement du Patriarcat et de ses 68 paroisses, les salaires des quelque 900 enseignants et autres membres du personnel des établissements d’enseignement, les coûts du séminaire patriarcal et des orphelinats et cliniques, ainsi que ceux des nouvelles entreprises du Patriarcat et d’autres projets en cours (y compris la construction de logements pour les jeunes familles chrétiennes) sont énormes et augmentent continuellement. mettant un lourd fardeau sur notre Ordre. De tels coûts ne peuvent être supportés que grâce à la générosité des membres actifs de l’Ordre.

 d) Ce que signifie être membre de l’Ordre

Adhérer à l’Ordre, c’est s’engager pour la vie. L’engagement d’être un témoin de la foi, de mener une vie chrétienne exemplaire de charité continue en soutien aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, de pratiquer le véritable engagement caritatif d’un chrétien.

Le but de l’adhésion à l’Ordre est de servir l’Église catholique et d’accomplir des actes de charité pour rendre possibles les opérations de maintien de la présence chrétienne en Terre Sainte. Le but de l’adhésion à l’Ordre n’est pas de devenir membre d’une organisation prestigieuse afin de se vanter de son statut ou d’acquérir des avantages et des avantages personnels.

Habituellement, mais pas toujours, un candidat est proposé par un membre existant de l’Ordre. Le délégué et le chef de section ayant juridiction sur la zone en question évalueront le candidat lors d’un premier entretien. Si ses qualités sont généralement considérées comme conformes aux exigences, le candidat peut commencer une période de formation d’au moins 12 mois. Si le candidat termine cette période avec succès, il peut demander son admission à l’Ordre par l’intermédiaire de la Lieutenance locale.

 

 Le Grand Magistère de l’Ordre



La concession de l’église et du couvent de S. Onofrio al Gianicolo à l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est liée à certains des changements institutionnels les plus importants qui y ont eu lieu. En effet, par un motu proprio du 15 août 1948, Pie XII établit que le siège de l’Ordre serait transféré de Jérusalem à Rome dans ladite Église, et que le Grand Maître serait désormais un cardinal nommé par le Pape.

Ce que l’on sait moins, cependant, c’est que la bienveillance particulière du Pape avait une signification particulière pour l’Ordre. En effet, le témoignage de Torquato Tasso, auteur de Gerusalemme Liberata, l’œuvre dans laquelle sont racontés les actes des croisés qui se sont battus pour reconquérir le Saint-Sépulcre, est encore vivant dans l’Église. Le poète, après avoir erré à travers l’Italie, demanda et obtint l’hospitalité au couvent de S. Onofrio où il vécut les dernières années de sa vie. L’harmonie entre le patrimoine littéraire du lieu, où se trouve un petit musée qui conserve une partie des manuscrits du Tasse, et le caractère chevaleresque de l’institution est donc parfaite.

Le complexe architectural de S. Onofrio est donc un lieu où l’histoire, la culture et la foi se sont transmises à travers les siècles jusqu’à nos jours. Sa construction remonte au XVe siècle mais, à l’origine, c’était un ermitage. La construction de l’église a commencé en 1439 et s’est terminée au XVIe siècle. L’édifice sacré fut confié aux Gérolamitans jusqu’en 1933, année où le pape Pie XI dissolvit la congrégation.

La propriété est située dans une position panoramique, sur la promenade du Janicule où le dôme de Saint-Pierre de Michel-Ange, qui domine le paysage environnant, et le grondement du canon à midi complètent l’atmosphère évocatrice du lieu. Un escalier mène à la porte, qui porte les armoiries de l’Ordre, à partir de laquelle vous pouvez accéder, à travers un beau jardin fleuri, au cimetière en face de l’église. Déjà à l’extérieur, nous trouvons des peintures de belle facture attribuées au Dominiquin et à Sebastiano Strada.

L’intérieur, de style Renaissance encore influencé par le gothique, est une salle rectangulaire avec des voûtes croisées, une abside polygonale et cinq chapelles latérales. Ceux-ci sont dédiés à saint Onofrio, à Notre-Dame de Lorette, au Crucifix, à saint Pie X et à saint Jérôme. Dans le premier, il y a le monument funéraire de Torquato Tasso. Les peintures de l’abside attribuées à Peruzzi et Pinturicchio sont d’une grande beauté, ainsi que celles de la sacristie. Le portique mène au cloître, du XVe siècle, dans lequel règnent la tranquillité et la paix absolues. De l’atrium, en revanche, vous entrez dans le musée Tassiano.

Cette splendeur artistique devient une source d’enrichissement et de croissance spirituelle pour ceux qui s’en approchent et donc pour les membres de l’Ordre.

 

QUARTIER GÉNÉRAL OPÉRATIONNEL TEMPORAIRE DU GRAND MAGISTÈRE



Le palais qui s’appelle aujourd’hui à tort le Palais des Pénitenciers - du nom des derniers propriétaires, les Pères Pénitenciers de Saint-Pierre, était au XVe siècle le palais de Domenico della Rovere : un cardinal piémontais du cercle du pape Sixte IV della Rovere, qui a fait une brillante carrière à Rome, se distinguant par d’importantes fonctions ecclésiastiques et des revenus économiques élevés. Sa construction remonte à la seconde moitié du XVe siècle, entre 1475 et 1490 - l’architecte est le Florentin Baccio Pontelli - et le modèle auquel il se réfère directement dans la typologie du bâtiment est le Palazzo Venezia, le plus important du XVe siècle romain. Le Palazzo della Rovere a été tellement loué et admiré par les contemporains au XVe siècle qu’il a été choisi pour accueillir l’empereur Charles VIII lors de sa visite à Rome en 1495.

Dans les cinq salles du rez-de-chaussée, qui abritent les bureaux de représentation de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre, le complexe abrite un ciel pictural très important de Pinturicchio et de son école : la salle du Grand Maître décorée d’une somptueuse architecture peinte qui simule une loggia ouverte, la salle des Mois qui conserve des fragments d’une représentation très rare des mois liée aux mythes dont sont issus les signes du zodiaque - les scènes restantes concernent le le mois de juin avec le paysan tondant l’herbe et le mythe d’Hercule et de l’hydre d’où provient le signe du zodiaque du Cancer, le mois d’octobre avec la figure de l’oiseleur de la tradition byzantine et le mythe d’Orion d’où provient le signe du zodiaque du scorpion, et le mois de mars avec les soldats prêts à partir à la guerre.

La salle suivante conserve de belles lunettes avec des figures de prophètes récitant leurs prophéties et d’apôtres avec des versets du Credo, tandis que le plafond brillant d’or et de bleu montre des portraits d’empereurs romains.

La salle la plus belle et la mieux conservée est la salle des Demi-dieux, avec un plafond extraordinaire composé de soixante-trois panneaux peints sur papier et collés dans des caissons en bois, où les bestiaires médiévaux sont flanqués d’allégories et de symboles et d’images tirées des sarcophages classiques, témoignage très important d’une culture à la croisée des chemins entre le Moyen Âge et la Renaissance. Des animaux fantastiques et monstrueux, des dieux mythologiques et des êtres hybrides, mi-humains et mi-animaux tels que des sirènes, des tritons, des centaures, des satyres et des sphinx, campent isolés sur le fond doré des tuiles, ou jouent des instruments de musique, ou se battent avec des armes rudimentaires dans une grande variété d’attitudes.

L’ancien réfectoire donnant sur le jardin suspendu, dans l’aile gauche de l’édifice, conserve une décoration du XVIe siècle avec des motifs naturalistes et des figures allégoriques de l’influence de Michel-Ange. Dans la même aile du bâtiment, au deuxième étage, le peintre florentin Francesco Salviati a peint des fresques dans d’autres pièces en 1552 pour le compte du cardinal Giovanni Salviati qui a longtemps été parmi les propriétaires du palais, où il avait une résidence permanente. Parmi ceux-ci se trouve la salle d’Apollon avec une représentation extraordinaire d’Apollon conduisant les chevaux du soleil, peinte avec un effet de trompe-l’œil au centre du plafond parmi les emblèmes de la famille Médicis.

 

            RANGS DE LA CHEVALERIE

 

    Classe de chevaliers

Abr.

Collier Chevalier

 

Chevalier du collier

 

Chevalier de Collier

 

Kollar-Ritter

 

Caballero de Collar

 

 

 

Chevalier

Cav.

Chevalier

KHS

Chevalier

Chev.

Ordensritter

 

Caballero

Taxi.

 

 

Commandant

Comm.

Chevalier Commandeur

KCHS

Commandeur

Comm.

Komtur

 

Commandant

 

 

 

 

Grand Officier

Gr. Uff.

 

Chevalier Commandeur avec étoile

KG * HS

 

Grand Officier

Gr. Off.

 

Großoffizier

 

 

Comendador Grand Oficiale

 

 

 

 

 

Chevalier Grand-Croix

Cav. Gr. Cr.

 

Chevalier Grand-Croix

KGCHS

 

Chevalier de Grande Croix

Chev. Gr. Cr.

 

Großkreuz-Ritter

GKR

 

Caballero de Gran Cruz

 

 

 

 

 

Classe de dames
Classe de dames

 

 

 

 

 

Collier Dame

 

 

Dame du Collier

 

 

Dame de Collier

 

 

Kollar-Dame

 

 

Dame du Collier

 

 

 

 

 

Dame

 

 

Dame / Lady (États-Unis)

 

 

Dame

 

 

Dame

 

 

Dame

 

 

 

 

 

Dame de la Commanderie

 

 

Dame / Dame Commandeur

 

 

Dame de Commande

 

 

Komtur-Dame

 

 

Dama de Encomenienda

 

 

 

 

 

Dame de la Commanderie avec plaque

 

 

Dame / Dame Commandeur avec étoile

 

 

Dame de Commande avec plaque

 

 

Komtur-Dame mit Stern

 

 

Dama de Encomenienda con Plaça

 

 

 

Dame Grand-Croix

D. Gr. Cr.

Dame Grand-Croix

LGCHS

Dame de Grand Croix

 

Dama de Gran Cruz

GKD

Großkreuz-Dame

 

 

 

 


 

 


 

Source : Bibliothèque Vaticane

 

 


 

 

 


mercredi 21 mai 2025

La Seine, les canaux, les lavoirs à Troyes

 

La Seine et ses bords tiennent du livre d’histoire, de géographie et de voyages. L’histoire de la Seine est beaucoup plus qu’on ne l’imagine au premier abord, l’histoire de la France elle-même.

 La Seine a été navigable dans les temps les plus reculés. Pendant plusieurs siècles, elle est couverte de bateaux qui lui apportent tout ce dont elle manque.

 L’empereur Julien dit en 356, que la Seine « a une eau très pure et très agréable à boire, ce qui est d’un grand secours pour les habitants, et a une hauteur à peu près égale en hiver et en été ».

 Au IVe siècle avant Jésus-Christ, c’est l’artère vitale de la voie de l’étain.

Alors que la famine sévit à Paris en 486, sainte Geneviève vient chercher à Troyes 11 bateaux de grains qui sont transportés à Paris par la Seine.

 En 859, le roi Charles-le-Chauve abandonne à l’abbaye de Saint-Denis, le cours de la Seine et ses dérivations.

 C’est sous le gouvernement intelligent des comtes de Champagne, Hugues, Thibaud II le Grand et Henri le Libéral, du XIe au XIIIe siècle, que les eaux de la Seine sont distribuées dans notre ville de Troyes. L’ensemble de ces travaux, n’est rien moins qu’un chef-d’œuvre considérable, digne d’être comparé à celui qui peut s’exécuter de nos jours et qui avait pour but :

1-) la sûreté de la ville, pour se défendre des barbares, une ceinture d’eau étant indispensable,

2-) son alimentation : la Seine fournissant l’eau suffisamment, en toutes saisons. En effet la ville trouve dans ses puits de faible profondeur, une eau trop souvent douteuse, à boire.

3-) les comtes se préoccupent de l’irrigation à l’intérieur de Troyes*, en faisant creuser, à partir de la Seine, le canal des Trévois, le Grand-Ru, le Petit-Ru.

Grâce aux canaux, les terrains marécageux se trouvent assainis.

Des digues sont élevées sur les rives, et les eaux, exhaussées au-dessus de leur niveau naturel, fournissent 6 chutes d’eau successives, un ensemble de 11 vannes représentant une force motrice de plus de 1.000 chevaux, qui font marcher les moulins, papeteries, blanchisseries... tanneurs et bouchers  s’installent le long, l’eau courante étant indispensable à leurs travaux.

4-) la dérivation de la Seine, fut une haute conception d’économie politique.

5-) dès le XIIe siècle, l’eau étant pure, on place des huches dans lesquelles on entretient le poisson destiné à l’alimentation des habitants.

6-) il existe de nombreux lavoirs au fil de l’eau, et en 1866, est créé cours Jacquin, sur la Seine, un bateau-lavoir de 190 places.

 Au XIIe siècle, les pierres de la construction de la cathédrale St Pierre et St Paul, sont amenées à Troyes par la Seine : «  par le moyen de la navigation, on peut voiturer des pierres dures et tendres, y ayant dans le pays haut des carrières inépuisables, de la chaux, de la brique, du pavé, pour la ville de Troyes, dont les maisons sont en bois et où la pierre est plus mauvaise qu’en aucune ville du royaume ».

 Des bateaux de marchandises descendent de Troyes au Havre.

 En 1511, Louis XII délivre des lettres-patentes relatives à la navigation de la Seine entre Troyes et Bar-sur-Seine : « tout molins, nasses, brages et autres choses, estant sur la rivière, empêchant le navigaige, seront rompus après indemnité préalable ".

 En 1551, le curage de la rivière est ordonné par le Conseil de Ville, sur la plainte des mariniers. Les meuniers sont assignés pour se voir condamnés à tenir en bon état les grandes vannes de leurs moulins par où passent les bateaux.

Pendant plusieurs siècles, elle est couverte de bateaux qui lui apportent tout ce dont elle manque.

 Louis XIII, en 1616, délivre des lettres-patentes pour contraindre les habitants des  « villages circonvoisins à 4 lieues à la ronde », à venir travailler au curage de la rivière, pour les besoins de la navigation.

 Un arrêt du Conseil d’Etat de 1635, ordonne que la Seine, de Polisy à Paris soit libre pour le flottage des bois.

 En 1705, un coche d’eau part de Troyes tous les jeudis, et de Paris tous les mardis.

 Napoléon 1er prend en 1805 un décret afin que la Seine soit navigable jusqu’à Châtillon-sur-Seine.

En 1839, la mairie de Troyes établit une Ecole de natation sur le bras de la Seine entre le pont Saint-Jacques et celui des Fileurs.

En 1864, création des Bains froids sur le bras de la Seine qui borde le mail de Chaillouet.

 En 1874, s'ouvre une Ecole de Natation à l'entrée du Mail des Charmilles,

En 1876, une Ecole de Natation à l'usage des hommes, sur la Seine, le long du Mail de Chaillouet. 

 Deux réacteurs nucléaires, développant une puissance de 1 300 MW, sont installés sur la Seine, à Nogent-sur-Seine, en 1988. Ils produisent en moyenne 18 milliards de kWh par an, soit un tiers de la consommation annuelle d'électricité de la Région Ile-de-France. La centrale nucléaire de Nogent emploie 700 personnes. Les prises d'eau en Seine pour le refroidissement, sont de la plus haute importance pour la sûreté de l'installation. 

  

Le Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Seine et de l’agglomération troyenne, présidée par Valéry Denis poursuit la rénovation de tous les ouvrages hydrauliques de notre rivière (10 millions d’euros), comme le gouffre des Charmilles.

 En 2008, François Baroin, maire de Troyes a le projet de la mise en valeur et de l’aménagement de ces berges de la Seine.

Il s’agit de faire redécouvrir la Seine aux Troyens et de les aider à se réapproprier cet élément majeur de leur environnement et faire de ces berges un espace de détente et de promenade qui ferait le tour du bouchon de Champagne.

En 2012, c’est en partie réalisé.

 voir : Piscine du Voudy

voir : Comtes de Champagne


la piscine de Troyes dans la Seine


Canal d'un bras de Seine avec barrage rue de la Tour  - Troyes


Centrale nucléraire de Nogent sur Seine (Aube 10)



*L’irrigation à l’intérieur de Troyes

Le canal de la Haute-Seine




Au temps de Louis XIV, et avec son autorisation, le duc de la Feuillade et une compagnie financière entreprennent d’assurer ou d’améliorer la navigation de la Seine. Sous la conduite de l’ingénieur Boutheroue, une première section est mise en chantier à partir de Nogent et en 1703, les premiers bateaux arrivent à Troyes. Il y aura même un service de coches de voyage. En 1709, un hiver d’une rigueur exceptionnelle s’abat sur le pays. Les équipements réalisés par la Feuillade ne sont pas épargnés, et la navigation est suspendue. Faute d’argent, d’entretien et de réparation, elle n’est pas rétablie.

Depuis Louis XIV et ses lettres patentes en faveur du duc de La Feuillade, jusqu’à Napoléon 1er et son Décret du 21 germinal An XIII, les travaux d’aménagement de la Seine, en rivière libre ou canalisée, n’ont d’autre but que d’assurer la liaison fluviale avec Paris, la voie d’eau offrant les meilleures conditions de transport à destination de cette capitale qu’il faut ravitailler. 

« Je veux qu’avant 10 ans, les bateaux partant de Paris remontent la Seine jusqu’à Bar-sur-Seine », dit Napoléon en avril 1805.

Ce canal, qui traverse Troyes de part en part, devait être poursuivi jusqu’à Châtillon. Malheureusement, il s’arrêta définitivement à Bar-sur-Seine et son utilisation ne dépassa pas notre ville de Troyes.

Quand Napoléon passe à Troyes en 1805 le 12 Germinal (12 avril)), les Troyens s’empressent de lui demander au plus vite, une voie navigable.

Le 13, à 6 h du matin l’Empereur monte à cheval, accompagné du Préfet, escorté par 15 chasseurs de la Garde d’honneur, et par un détachement de la Garde Impériale, il s’avance le long de la rivière, une lieue et demie au-dessus de Troyes, et après avoir considéré la Seine, dans l’endroit où elle commence à se diviser, il revient par un autre chemin, puis faisant une partie du tour de la Ville, il y rentre par la porte opposée à celle qu’il a prise pour sortir.

A 9 h du matin, Sa Majesté donne audience aux Autorités et aux Fonctionnaires publics. Il prend l’occasion d’une des demandes du Corps Municipal, du dessein qu’il a de rendre la Seine navigable jusqu’à Châtillon : « Le canal de navigation, dit-il, traversera votre ville et suivra le cours du canal qui passe près de l’Hôtel de la Préfecture et de l’Hospice civil. Je veux que, pour l’utilité particulière de votre ville, il y ait un port qui soit établi sur la place du Préau. Mais il importe que cette place soit embellie, et que les édifices qui l’environnent soient bâtis régulièrement. A cet effet, il faut que le Conseil Municipal me demande l’autorisation d’acheter les terrains qu’il convient d’y réunir, et de faire démolir les restes de l’ancien palais des Comtes de Champagne, comme aussi d’aliéner au profit de la ville le pourtour de la place du Préau, à la charge d’y bâtir en pierre ou en brique. Je ferai jouir les acquéreurs d’une exemption de contribution pendant quinze années. Il importe aussi qu’il y ait, près du port, une Halle pour servir d’entrepôt aux marchandises et objets quelconques destinés pour votre ville, et amenés par le canal de navigation. Cette Halle, et les édifices à construire, tant au pourtour de la place du Préau que sur les 2 rives du canal dont il s’agit, seront exécutés d’après les plans que des ingénieurs ou architectes en dresseront. Une fois que la navigation sera établie, vous pourrez alors vous procurer facilement les moyens de bâtir vos édifices en pierre ou en brique, et d’embellir votre ville. Je veux qu’avant 6 ans les coches et bateaux puissent remonter et descendre la Seine depuis Paris jusqu’à Bar-sur-Seine, et au-delà. Je vais prendre des mesures pour que cette entreprise soit commencée dès la présente année, et continuée avec la plus grande activité. Enfin, je désire que la ville de Troyes se souvienne de moi, et du séjour que je fais dans ses murs ».

On commence par creuser le bassin du canal, livré aux pioches et aux pelles de 1500 prisonniers espagnols que l’on désaltérait à l’eau vinaigrée.

En 1823, suspension des travaux. On souffle jusqu’en 1840. A partir de cette date, on construit les ponts, les écluses et les murs de soutien, dans la traversée de Troyes.

Enfin, en 1846, l’eau de la Seine s’engouffre dans le lit creusé.

Les bateaux apparaissent. En 1848, on plante les platanes qui doivent orner les rives, depuis le boulevard Danton au Pont-Vert (ils disparaissent pendant l’occupation 1940-1944, pour chauffer les habitants démunis).

Après une lutte de plus de 40 ans, la bataille est gagnée. On s’attend à une grandiose cérémonie d’inauguration, mais elle n’a pas lieu en raison des inondations qui ravagent le pays.

Cependant, le canal n’est pas achevé. Après un temps de réflexion, en 1862, on s’occupe de la section Troyes-Bar-sur-Seine, qui est terminée en 1882, soit 35 kilomètres. Mais, grande désillusion : ce canal, qui a demandé 20 ans de travail, n’a jamais reçu aucun bateau. Dès que l’eau y est amenée, elle disparaît comme d’un panier percé.

Pendant la guerre 1914-1918, le Canal de la Haute Seine retrouve une certaine activité. Ensuite le tonnage transport se met à diminuer, et c’est une lente agonie. Il devient alors plus encombrant qu’utile. Les élus troyens prennent une décision, lui enlevant toute possibilité d’avenir : au lieu de couler à ciel ouvert, de l’ancien port au bois au Vouldy, l’eau passe dans des buses pour faire place à une large avenue.

A l’entrée de la cité, boulevard Danton, le canal avait sur ses piles comme enseigne, les armes de Champagne et de Troyes, sculptées en relief dans la pierre. Cette belle pièce était au Musée de Vauluisant. Lorsque, grâce au maire François Baroin le canal a été réouvert, elle a été replacée à son endroit primitif sur une pile du canal près du théâtre de Champagne.

Sur cette belle pièce héraldique, les comtes y affirment d’abord leur devise orgueilleuse qui ne manque pas de grandeur « PASSAVANT LE MEILLOR ». Puis on remarque des potences qui ont été « contre potencées » pour former le T, initiale de la ville de Troyes. En outre, par leur nombre de 13, elles évoquent les 13 comtés de Champagne relevant de la puissance des comtes.



En 1971,  le Conseil municipal vote pour la couverture du canal entre la rue Hennequin et le boulevard Danton et la mise sous grosses canalisations du canal depuis le boulevard Danton, afin d'utiliser l'emplacement du canal pour les besoins de l'automobile.

 

Quai Dampierre



Les Lavoirs


Lavoir cours Jacquin - inondations de 1910


Les lavoirs apparaissent en grand nombre dans l’espace public. Avant leur apparition, on lave partout : dans les baquets, les mares, au bord d’un cours d’eau, à la fontaine, et cela malgré les interdictions officielles.   

Le 20 mai 1791, le lavoir de la place du Marché aux Trapans, bien national, est vendu.

Par arrêté de 1850, le maire demande le "remplacement des lavoirs en usage par d’autres lavoirs établis sur le terrain de chaque maison et suivant un mode de construction qui sera indiqué par l’administration ".        

Le XXe siècle voit la multiplication de lavoirs de terre ferme, et non plus des lavoirs au fil de l’eau, simples aménagements de la berge, et en 1886, le bateau-lavoir est créé cours Jacquin. Vaisseau de la taille d’un escorteur, il a 70 m de long sur 15 de large. Il comporte 190 places, avec un immense séchoir à claire-voie, dans la partie supérieure.

En 1905, le maire dépose un projet de construction de lavoirs dans différents quartiers, qui seront alimentés par des eaux de source, et pourront rendre ainsi de grands services à la classe ouvrière. Rapport du 16 juin 1906 : " La question d’hygiène est une de celles qui doit le plus nous préoccuper… nous avons étudié le projet de création des Bains et Lavoirs publics… s’il convenait de créer ce qui n’existe pas, il convenait par contre, d’améliorer ce qui existe et, en ce qui concerne les lavoirs en particulier, il y en a un très grand nombre à Troyes, mais ce qui leur manque, en général, c’est de l’eau propre, tout simplement… pour quelques-uns, l’eau est si sale, si boueuse, qu’on ne s’explique pas que l’on puisse y laver du linge… nous affirmons qu’il serait absolument impardonnable de ne pas supprimer au plus tôt un état de chose qui, sans exagération, est une atteinte directe à l’hygiène et un danger public… tous nos efforts doivent tendre à assurer de l’eau propre aux lavoirs qui en manquent et, dans ce but, nous avons réuni tous les buandiers… qui nous ont dit : Donnez-nous de l’eau gratuitement et nous ferons tout ce qu’il faudra pour vous donner satisfaction... Il existe à Troyes, 24 lavoirs, y compris le bateau, fournissant 1.142 places, dont 1.112 abritées… ils sont assez bien répartis… seule la zone ouest, du quartier Saint-Martin, n’est pas desservie… nous devons aller vite, pour le plus grand bien de la classe ouvrière… et des buandiers eux-mêmes qui verraient d’un très mauvais œil la Ville créer de nouveaux lavoirs, leur faisant concurrence, alors qu’il y en a suffisamment qui sont leur propriété et leur gagne-pain… comme il n’y en a pas dans le quartier Saint-Martin, on devrait en établir un à proximité de la Haute-Charme, à cause de le facilité d’évacuation, mais il faut faire appel à l’industrie privée, une entreprise de ce genre ne convient pas à une ville comme Troyes… "

Rapport du Bureau d’hygiène de 1908, au sujet des lavoirs publics : "… ces établissements sont soumis à une autorisation régulière. Or cette autorisation fait complètement défaut… Quant aux conditions hygiéniques dans lesquelles ces établissement sont été installés et sous lesquelles ils fonctionnent à l’heure actuelle, sont plutôt déplorables… parois imperméables, sol avec eau de stagnation, eau d’alimentation malpropre… l’eau qui sert au blanchissage est si sale… Deux lavoirs possèdent un bassin étanche alimenté par l’eau de la ville. Dans ce cas l’eau n’est pas à incriminer et cependant l’eau est sale… l’eau ne s’écoule pas d’une façon suffisante et le bassin n’est pas vidé assez souvent… Tous les autres lavoirs sont alimentés par de l’eau des différentes rivières qui arrosent la ville… il en est qui n’ont que de la boue plus ou moins étendue comme ceux qui sont situés en aval et qui reçoivent toutes les eaux ayant servi au balayage du marché… pendant l’été, il arrive parfois que l’eau étant tout à fait insuffisante, le blanchissage se fait dans de l’eau vaseuse… ce fait est encore plus palpable pour les lavoirs privés établis sur rus… susceptibles de porter atteinte à l’hygiène publique… De nombreux cabinets sont en effet installés sur ces rus, de sorte que l’eau qui les alimente n’est qu’une dilution plus ou moins étendue d’eaux vannes et de matières fécales… on y trouve déversés tous les détritus de la vie… En un mot, certains rus constituent à l’heure actuelle les véritables égouts de divers quartiers, et c’est là qu’il existe encore des lavoirs privés et même publics. Un tel état de chose répugne suffisamment à la raison et à l’hygiène pour qu’il soit permis de ne pas insister. Aussi, il y aurait lieu de supprimer les lavoirs particuliers établis sur rus et parmi ces derniers nous citerons plus particulièrement ceux de la rue Delarothière, de la rue de Preize, de la Rive droite du Canal… ".          

En 1913 est construit un lavoir couvert de 8 places, à proximité du ruisseau La Fontaine de la Vacherie.

En 1914, est construit un lavoir en bordure du ruisseau de la Basse-Moline.

Le maire souhaite en 1923 s’occuper d’urgence de la construction de lavoirs publics, en raison la suppression prochaine des rus et traversins, qui entraînera la disparition de nombreux lavoirs privés, établis sur ces cours d’eau.

Dans le Règlement sanitaire municipal de 1929, il est écrit : " article 76 : Les lavoirs seront largement aérés. Les revêtements de leurs parois seront lisses et imperméables ; le sol aura des rigoles d’écoulement. Leurs bassins seront étanches, tenus avec la plus grande propreté, vidés, nettoyés et désinfectés au moins une fois par mois et alimentés par une eau propre et saine. "

Au conseil du 13 avril, la dernière avant les élections municipales, le maire présente un rapport qui est adopté : " Il était dans le programme du Conseil municipal actuel de doter la population de nombreux lavoirs avec eau de sources, pour remplacer les anciens lavoirs à eau sale établis sur les divers ruisseaux qui sillonnaient la Ville de Troyes, dont ils transportaient une partie des immondices des riverains. Le Conseil a réalisé une grande partie de ce programme et plusieurs lavoirs sont construits et sont tous mis en service : mais il en faudra d’autres pour que tous les quartiers en soient pourvus et cette œuvre devra être poursuivie… Je vous présente aujourd’hui un projet de bains-douches, qui se complètera par un nouveau lavoir… avec 49 places de laveuses. Il sera équipé mécaniquement et de façon à pouvoir traiter par journée de huit heures, 500 kilos de linge… ".

Le conseil municipal de novembre 1931 confie à la Société d’habitations à bon marché et de bains-douches, la construction d’un établissement de bains-douches-lavoir-piscine. Il est inauguré en 1935.

En mai 1932, le bateau-lavoir se met à prendre l’eau et bientôt il sombre, mettant au chômage les laveuses professionnelles. La municipalité décide alors de construire rapidement un nouveau lavoir en dur, sur les terrains voisins de la Cité des Amis, d’une capacité de 60 places, et en 1936, un dans le quartier des Tauxelles. Cette même année, l’éclairage est mis dans les lavoirs publics et est construit un lavoir boulevard Blanqui.

En 1951, est décidée la construction d’un lavoir, quartier des Trévois, et en 1955, quartier Saint-Martin, un en remplacement de celui démoli pour la construction d’H.L.M., avec 10 bacs individuels.

Le dernier lavoir public à être fermé a été celui de la piscine municipale du Vouldy, en 1990.

 



Bateau lavoir cours Jacquin




Lavoirs rue de la Planche Clément




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