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samedi 6 avril 2024

Hermès Trismégiste, entre légendes et vérités...

 

Rosicruciens - Francs-Maçons - entre alchimie et hermétisme

Hermès Trismégiste

            Spiritualiser la matière et matérialiser l’esprit


Hermes mercurius trismegistus-cathédrale de Sienne (au sol)


La Table d’Émeraude*…Texte écrit en arabe puis traduit en latin, et dont la plus ancienne version daterait du tout début du Moyen Âge. Sa rédaction est attribuée à Hermès Trismégiste, la légende voulant que le texte fût trouvé dans le tombeau de ce dernier, gravé sur une tablette d’émeraude. Ce court traité ésotérique fait partie de ce que l’on appelle les Hermetica, soit un ensemble de textes fondateurs du courant que constitue l’hermétisme.

Le personnage mythique d’Hermès Trismégiste (Trismegistos en grec, c’est-à-dire « Trois fois grand ») est une synthèse du dieu grec Hermès (Mercure chez les Latins, messager des dieux, dieu des carre-fours, des voyageurs, des voleurs, des commerçants, des arts et du savoir, et conducteur des âmes aux Enfers) et du dieu égyptien Thot (inventeur de l’écriture, dieu des astres et du temps, du savoir et des magiciens).

Il incarne donc, comme ses deux divinités inspiratrices, la connaissance des arts et des sciences, mais surtout les médiations, tout ce qui a trait aux transferts et aux passages, à la transmission, à l’initiation et aux transmutations qui peuvent en découler.

C’est d’ailleurs à ce titre, en tant que figure de transmission et de médiation présidant à des transmutations, c’est-à-dire à des changements d’états profonds, qu’Hermès Trismégiste fut considéré comme le père de l’alchimie et que sa fameuse Tabula smaragdina fut constamment évoquée par les adeptes du Grand Œuvre ; on pense notamment au célèbre commentaire de La Table d’Émeraude qui a été fait par l’alchimiste Hortulain au XIVe siècle…

La présence des traditions hermétique et alchimique en franc-maçonnerie…

Nous avons fait le choix de nous intéresser principalement à l’interprétation alchimique que l’on peut donner dudit texte, tout en ayant conscience du fait qu’il a suscité d’autres filiations et fait l’objet de diverses gloses. Ce choix, qui pourrait paraître arbitraire, s’est imposé naturellement dans la mesure où, d’une part, le format restreint d’un article de revue frappe de nullité toute prétention à l’exhaustivité, et où, d’autre part, il nous a paru important de souligner pourquoi et comment la franc-maçonnerie a pu trouver dans l’alchimie et son corpus, dont La Table d’Émeraude est un élément central, une véritable source d’inspiration (surtout dans la seconde moitié du XVIIIe siècle), aux côtés d’autres sources d’inspiration, comme la philosophie grecque, la religion judéo-chrétienne, la Kabbale, la chevalerie médiévale et la maçonnerie opérative des bâtisseurs de cathédrales…

L’ouvrage du baron de Tschoudy paru en 1766 sous le titre L’Étoile flamboyante est particulièrement représentatif de cette inspiration puisque le catéchisme hermétique rédigé par ce franc-maçon conjugue tradition alchimique et rituel maçonnique. Certains tableaux de loge de la même époque témoignent également de cette dimension alchimique, ainsi que l’a mis en évidence Dominique Jardin.

 

*Table d’Emeraude  en fin de ce texte

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