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mercredi 21 mai 2025

Reliques de sainte Marie Madeleine

 

Sanctuaire de Marie Madeleine -  la Sainte Baume


Honoré de Mauroy, seigneur de Verrières, conseiller du roi en ses conseils d’état et privé, secrétaire de sa maison, couronne de France et de ses finances, se trouvait en Provence en 1595, où il exerçait les fonctions de trésorier général.

Fils de Jacques de Mauroy et de Nicole le Tartrier, il appartenait à une famille ancienne de Troyes. Fidèle aux traditions patriotiques de ses ancêtres, qui avaient doté Troyes de l’hospice de la Trinité, il n’oubliait ni notre ville, ni sa paroisse, et il envoya en 1617, à la paroisse Sainte-Madeleine où il avait été baptisé, une précieuse relique.

Honoré de Mauroy avait rendu service aux moines de Saint-Maximin, gardiens du corps de sainte Madeleine, et il avait obtenu quelques-uns de ses cheveux avec certificat authentique.

Frère François Agarrat, Prieur du Couvent royal et Église de Sainte Marie-Madeleine, fondée à Saint Maximin en Provence (Var) et le Consul de cette ville, Barthazard Mayolli, ayant tous deux les clefs pour la garde et conservation des saintes reliques, certifièrent que pour satisfaire au désir et dévotion de Monsieur de Mauroy, Conseiller et Secrétaire du Roi et Trésorier général de France en Provence, ils lui donnèrent, le 25 avril 1595, quelque petite quantité des cheveux de la glorieuse Sainte Marie-Madeleine, qui sont ceux mêmes desquels elle a touché les pieds de Jésus Christ. Ils les mirent « de leurs propres mains dans une enveloppe en papier, avec leurs signatures et le cachet de leurs armoiries, afin que personne n’en doute, et qu’il puisse lui être porté une grande dévotion ».

 Le sieur de Mauroy se proposait de porter lui-même à Troyes les reliques qu’il avait obtenues, mais étant empêché, il chargea sa sœur, par lettre du 22 juin 1617, de les offrir au curé de la Madeleine : « Durant mes années passées en Provence, j’ai souvent visité le rocher et le couvent où la Sainte Madeleine a fait sa pénitence, qu’on appelle au pays la Sainte Baume, Roc de la Miséricorde, haut lieu de pèlerinage, où il se voit quantité de ses cheveux, miraculeusement conservés.

 Les supérieurs Dominicains ont chacun des clefs différentes, pour ne pas y aller les uns sans les autres, afin que ces reliques soient plus sûrement gardées.

Tous ces gens sont mes amis, et me sont obligés. Ils ont bien voulu me donner quelques-uns des cheveux de cette Sainte pour les remettre à ma paroisse de Troyes dédiée à la mémoire de cette Sainte, à laquelle j’ai toujours eu pure dévotion.

Afin que la chose soit plus dignement reçue, vous ferez faire une boîte en argent doré, avec cristal, soutenue et relevée d’un petit pied, dans laquelle l’on pourra mettre lesdits cheveux, et je vous envoie 50 livres à cet usage. Je ne désire pas que mon nom soit mis en avant dans cette paroisse. Si j’ai tant tardé à me décharger de ces reliques, c’est parce que je voulais le faire moi-même. Je supplie Dieu de vous conserver au désir de votre humble frère et serviteur ».

Quelques jours plus tard, le sieur de Mauroy reprit la plume et ajouta sur la quatrième page de sa lettre : « Mademoiselle ma sœur, il y a plusieurs jours que je vous ai écrit cette lettre, laquelle j’ai tardé à vous l’envoyer, car je me suis résolu de faire ici le reliquaire pour y conserver ces cheveux. Je l’ai donc fait achever, en ayant donné un dessin personnel. Il est d’argent doré, les côtés non soudés, pour qu’ils puissent s’ouvrir, pour y mettre lesdits cheveux. J’ai dit à l’orfèvre qu’il mette nos armoiries au pied dudit reliquaire. Je confie le tout au Père Corrardin, qui s’en va reprendre sa place de gardien aux Cordeliers de Troyes, et je le prie d’avoir toujours soin de vous ».


Honoré de Mauroy


Comment furent remplies les pieuses intentions du donateur ?

 En voici le procès-verbal :

« Le 20 juillet 1617, à 9 h du matin, nous Claude Vestier, prêtre, doyen et chanoine de l’église de Troyes et grand vicaire, Messire René de Breslay, conseiller et aumônier du Roi, évêque de Troyes, nous sommes adressés à noble homme Maître Nicolas Regnier, conseiller en la Prévôté de Troyes et Joseph Collinet, marchand, demeurant à Troyes, Marguilliers de l’église Sainte Marie Madeleine de Troyes, et noble homme Denis Rochereau, sieur de Hauteville, lesquels nous ont fait entendre que noble Seigneur Honoré de Mauroy, ayant par sa faveur obtenu du frère François Augerrat, Prieur du couvent de Ste Marie Madeleine, en la ville de Saint Maximin en Provence, et de Messire Barthazard Mayolli, Consul de ladite ville, quelque petite quantité des cheveux de Marie Madeleine, étant dans un reliquaire, avec intention de les donner à l’église Sainte Madeleine de Troyes. Le paquet a été confié entre les mains de frère Edme Corrardin, Docteur en théologie et Gardien du couvent des Cordeliers de Troyes, et déposé en la sacristie. Ayant reconnu les signatures et sceaux et cachets du paquet en entier, avons convoqué et assemblé les religieux du couvent et fait allumer cierges et flambeaux, avec les chanoines des autres églises de Troyes et plusieurs nobles du bailliage de Troyes, ainsi que plusieurs habitants, nous avons trouvé les cheveux, les avons mis dans le reliquaire et remis entre les mains du curé Latrecey pour être par lui et les marguilliers mis au trésor de l’église Sainte Madeleine… ».

 Sur l’inventaire des reliques de la Madeleine, du 6 octobre 1702 est décrit le reliquaire donné par Honoré de Mauroy : « 7°, un cristal rond enchâssé en argent doré, au haut duquel il y a une image de Sainte Marie d’argent doré, avec un pied d’argent doré, dans lequel cristal sont des cheveux de Sainte Marie Madeleine ».

 L’inventaire du 23 septembre 1720 le décrit à peu près dans les mêmes termes.

On ne sait pas, faute de détails suffisants, si ce reliquaire, pesant 109 marcs 7 onces 4 gros, figure parmi les pièces d’argenterie provenant de Saint-Rémi et de Sainte-Madeleine, envoyées à Paris le 21 novembre 1792.  

 

Reliquaire de Sainte Marie Madeleine, grotte de la Sainte Baume 


Reliquaire de la tête de Sainte Marie Madeleine, basilique de la Sainte Baume


Crâne de Sainte Marie Madeleine


Sanctuaire Sainte Marie Madeleine - La Sainte Baume (Var) 
Maire Madeleine éplorée devant la Vierge Marie tenant sur ses genoux son fils Jésus-Christ 
au moment de la descente de croix.


Prière à Sainte Marie-Madeleine


Sainte Marie-Madeleine,

toi qui as été pardonnée par Jésus,

toi qui as beaucoup aimé ;

Montre-nous le chemin de la conversion véritable

et de la pureté du cœur.

Par amour, tu as suivi Jésus pour le servir ;

Apprends-nous à livrer gratuitement notre vie

pour nos frères.

Tu te trouvais près de la croix de Jésus

auprès de Marie et Jean ;

Obtiens la grâce de la foi et de l’espérance

dans nos épreuves.

Au matin de Pâques, tu as reçu de Jésus la mission d’annoncer

la résurrection à ses disciples ;

Aide-nous à croire que la vie est plus forte

que la mort, que l’amour triomphe de tout.

Par ton intercession, nous confions au Seigneur…

Amen

 🙏

 

 

 

dimanche 13 octobre 2024

Château de Jaucourt / Reliquaire de la Vraie Croix

 



La baronnie de Jaucourt, relevait des comtes de Champagne, sur la frontière entre la Champagne et la Bourgogne.

Le château fort médiéval, qui fut rasé au XVIIe siècle par le roi Louis XIII.

Les origines du nom Jaucourt remontent au début du XIIIe siècle, quand Lambert Ier de Jaucourt, chambrier du comte de Champagne Thibaut Ier de Navarre, et panetier et chambellan de la comtesse de Champagne, acheta la terre de Jaucourt, dans l'Aube.

Le château, construit dans la plaine, n'est pas connu pour avoir été pris de vive force ou avoir subi un siège. Il était cependant assez sûr pour servir de prison à Guiot de Bourgnay qui s'était déjà échappé par deux fois de sa prison de Châlons.


Le 22 décembre 1367, Jeanne de Jaucourt, héritière de sa famille, et son fils Alexandre, vendirent la terre à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.

La famille de Bourgogne y passe du temps, en particulier comme étape nocturne pour ses voyages vers Paris. Après trente années de réfection des parties hautes du château, d'aménagement du parc, la demeure est assez vaste pour accueillir la caravane que forment les déplacements du Duc. D'ailleurs Marguerite III de Flandre, épouse de Philippe le Hardi, déploie son énergie à en faire un séjour agréable pour la famille ducale, et les fossés du château servirent de parc à un couple de cervidés pendant plusieurs dizaines d'années.

La Terre passe ensuite à une branche cadette des ducs Valois de Bourgogne, celle des comtes de Nevers, de Rethel et d'Eu : Philippe de Bourgogne (1389-1415), fils cadet de Philippe le Hardi et Marguerite, puis à ses propres fils, Charles de Bourgogne (1414-1464) et Jean de Bourgogne (1415-1491). Jean la laissa, avec la seigneurie d'Isle-Aumont, à sa benjamine Charlotte, comtesse de Rethel (1472-1500), femme de Jean d'Albret, seigneur d'Orval et de Lesparre-Médoc. La terre échut à leur fille Marie d'Albret d'Orval (1491-1549), femme de son petit-cousin Charles II de Clèves, comte de Nevers et d'Eu.

La sœur cadette de Marie, Charlotte d'Albret d'Orval, épouse du maréchal Odet de Foix-Lautrec comte de Montmorency-Beaufort, avait reçu la seigneurie d'Isle, Lesparre et Orval. Leur fille Claude, † 1553, légua tous ses biens champenois, plus Orval et Lesparre, à son cousin germain François, qui suit.

Le fils de Marie d'Albret et Charles II de Nevers, François Ier de Nevers († 1562) premier duc de Nevers, réunit toutes les possessions des Nevers : notamment, en plus de Nevers, Rethel et Eu, il eut Beaufort, Isle, Jaucourt, Jully et la Grève, qui passèrent ensuite à trois de ses enfants : Jacques de Clèves, duc de Nevers († 1564) ; Marie de Clèves (1553-1574), princesse de Condé, mariée à Henri Ier de Bourbon-Condé, puis leur fille Catherine de Condé († 1595) ; enfin Catherine de Clèves, duchesse de Guise et comtesse d'Eu.

La baronnie de Jaucourt comprenait Arsonval (Aube), Argançon et Dolancourt. Elle était aussi associée aux seigneuries de Jully-sur-Sarce et La Grève (à Ceffonds ?).

Elle devint chef-lieu du bailliage bourguignon qui prit le nom de la Montagne, dont les assises se tenaient à Jaucourt plusieurs fois par an.

C'est en 1597 que Catherine de Clèves, qui avait reçu Jaucourt et Beaufort de sa nièce Catherine de Bourbon-Condé, les vendit à Gabrielle d'Estrées, et la Terre fit partie du duché de Beaufort érigé la même année. Elle passa ensuite à son fils César de Vendôme (fils naturel d'Henri IV) puis à Françoise de Lorraine, la veuve de César. Leurs fils François duc de Beaufort, le roi des Halles, et son frère aîné Louis-Joseph de Vendôme la possédèrent, et ce dernier la vendit en 1688 aux Montmorency-Luxembourg.

En 1632, le roi Louis XIII, fils d'Henri IV, fait raser les fortifications de la Terre de Jaucourt.

À partir de Charles Ier Frédéric de Montmorency-Luxembourg, fils du maréchal de Luxembourg, le château et la Terre de Jaucourt restèrent dans la famille de Montmorency-Luxembourg fondue en 1767 dans les Montmorency-Fosseux-Beaufort jusqu'à la Révolution, le duché de Beaufort prenant le nom de duché de Montmorency en 1689.


Reliquaire de Jaucourt au musée du Louvre


Reliquaire de Jaucourt
Reliquaire de la Vraie Croix porté par deux anges
1100 / 1360 (XIIe-XIIIe siècle; XIVe siècle)


Lieu de création : Byzance ; Champagne (Jaucourt)

Deux anges gothiques agenouillés sur un socle de cuivre doré soutiennent en exaltant le reliquaire byzantin de la Vraie Croix. Ce montage a été réalisé, comme le précise l'inscription, pour Marguerite d'Arc, dame de Jaucourt (+1389), sans doute par un orfèvre champenois du douzième quart du XIVe siècle. Le reliquaire byzantin lui-même, complet, affecte la forme d'un boîtier peu profond, en forme de tableau à rebords saillants, muni d'un couvercle coulissant, revêtu de lames d'argent doré travaillées au repoussé et clouées sur l'âme de bois. L'iconographie reprend deux des formules les plus usuelles sur les staurothèques byzantines. A l'intérieur, au-dessous des archanges Michel et Gabriel en buste, Constantin et Hélène, sa mère, en costumes impériaux, figurés de part et d'autre du réceptacle à relique en forme de croix à double traverse, rappellent la conversion de Constantin et l'inversion de la Vraie Croix à Jérusalem par sainte Hélène ; sur le couvercle, la Vierge et saint Jean sont représentés debout au pied de la croix où devait être fixée une image du crucifié, aujourd'hui disparue. Le revers du boîtier est occupé par une grande croix gemmée qui surgit de deux acanthes et se détache sur un fond réticulé, tandis que les couvercles sur les tranches du boîtier courent des rinceaux de feuillages inscrits dans des cercles et sur celle du couvercle, une simple tige fleuronnée. A l'intérieur du tableau central, on remarque deux alvéoles carrées, vides, destinées à contenir des reliques que retenaient deux bandes de métal croisées. De tels compartiments, souvent munis de couvercle ou protégés par une plaque de métal ajourée, associent ainsi parfois sur les staurothèques d'autres reliques de la Passion ou des saints à celle de la croix.

Inscription :

: «+ CEST SAINTUAIRE OU IL A DE LA VRAIE CROIS FIST AINSI A ESTOFER NOBLE DAME MADAME MARGUERITE DARC DAME DE IAUCOURT PRIES NOSTRE SEIGNEUR POUR LI QUI LI DOINT BONE VIE ET BONE FIN AMEN +»

ARMOIRIES : Sur le fermail de l’ange gauche « DE SABLE A DEUX LIONS SUR L’AUTRE : JAUCOURT ; Sur le fermail de l’ange de droite « PARTI : A DEXTRE DE SABLE A DEUX LIONS L’UN SUR L’AUTRE, A SENESTRE BANDE D’OR ET DE GUEULES» : MARGUERITE D’ARC ; sur la base «PARTI : A DEXTRE DE SABLE A DEUX LIONS L’UN SUR L’AUTRE , A SENESTRE D’OR SEME DE CROISETTES AU LION D’OR » JEANNE D’ARZILLIERES

 

Hauteur : 26,4 cm ; Largeur : 17,2 cm ; Longueur : 37,8 cm ; Hauteur : 14,5 cm (ange de gauche) ; Hauteur : 15,1 cm (ange de droite)

 Matériau/Technique : émaux champlevés rouge opaque et brun-noir translucide (plaquettes armoriées), cabochons

Matériau : argent (statuettes en argent doré)

Technique : doré = dorure (techniques métal)

Technique : techniques peinture (visages et mains)

Matériau : cuivre (base)

Technique : émail champlevé (techniques métal->émaillé = émaillage = émail = émaux) (rouge opaque et brun-noir translucide pour les plaquettes armoriées)

Lieux et dates

Date de création / fabrication Epoque / période : époque byzantine (457-1453) (Byzance) ; gothique (Occident->moyen âge)

Date de création/fabrication : 1100 - 1300 et vers 1345 - 1360

Lieu de création / fabrication / exécution Byzance ; Champagne (Europe->France)

Mode d’acquisition  achat

Date d’acquisition  date : 1915

Propriétaire Etat

Affectataire Musée du Louvre, Département des Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes

Emplacement actuel

Richelieu, [OArt] Salle 503 - Jeanne d'Evreux, Vitrine 16







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