Ce sont des noms déjà vus, dans mon article : vocabulaire religieux mais vous
pourrez les situer dans l’espace
1.Ambon :
pupitre surélevé, placé à l’entrée du chœur, où sont lues les Écritures pendant
la liturgie. Son usage remonte au VIIe siècle et il a évolué au fil du temps,
notamment avec les réformes liturgiques de Vatican II au XXe siècle. Aujourd’hui, les ambons sont fabriqués dans divers matériaux comme le
bois, la pierre ou le métal, et peuvent être ornés de décorations adaptées à
l’architecture de l’église.
2.Autel :
est une table consacrée sur laquelle, dans la liturgie catholique, le prêtre
célèbre le saint sacrifice de la messe, ou Eucharistie, comme mémorial de la
dernière Cène du Christ et renouvellement non-sanglant du sacrifice de la
Croix. Le maître-autel est l'autel principal d'une église, celui qui se trouve
au centre du sanctuaire.
3.Bénitier :
petite vasque située près des portes de l’église. Elle contient l’eau bénite
avec laquelle les chrétiens tracent sur eux le signe de la croix en entrant
dans ce lieu, en rappel de leur baptême.
4 .Chaire : lieu où le
prêtre prononçait le sermon. De nos jours, c’est généralement de l’ambon qu’il
commente l’Évangile. Voir
l’article :Chaire et Ambon
5.Cierge Pascal :
grand cierge béni et allumé pour la première fois la nuit de Pâques lors de la
vigile pascale, qui évoque le Christ ressuscité. Autour d’une croix sont
disposés les chiffres de l’année en cours ainsi que l’Alpha et l’Oméga, manifestant
que le Christ est « commencement et fin de toutes choses ». La croix tracée est
encadrée de quatre grains d'encens avec un cinquième en son milieu ; plus ou
moins gros, ils représentent les cinq plaies du christ au calvaire. Cet usage apparaît sans doute au IVe siècle,
d'après l'hymne du poète chrétien Prudence Pour l'allumage du cierge pascal.
C'est au pape Zosime, au Ve siècle, qu'est attribuée la généralisation de la
coutume
6.Confessionnaux :
meubles en forme d’isoloir où le prêtre reçoit la confession des fidèles.C'est
sous l’impulsion du cardinal italien Charles Borromée que le confessionnal est
apparu au XVIe siècle, à la suite du concile de Trente.
7.Croix :
symbole rappelant la crucifixion du Christ. Le chemin de croix qui est souvent
au mur, constitué de 14 tableaux surmontés d’une croix, évoque le chemin parcouru
par jésus portant sa Croix.
8.Fonts baptismaux :
désigne à la fois la cuve qui contient l’eau bénite servant à baptiser ;
« fonts » étant issu du latin fons
qui signifie « fontaine, source » et le lieu où elle se trouve.
Ils sont souvent placés à l’entrée de l’église et situés au Nord, pour
symboliser le passage des ténèbres à la lumière et de la mort à la vie.
9.Tabernacle :
le tabernacle est un élément central des églises catholiques, servant à
conserver le Saint-Sacrement, c'est-à-dire les hosties consacrées. Il est
généralement placé sur l'autel ou dans une chapelle dédiée, et une veilleuse
allumée à proximité indique la présence du Christ dans l'Eucharistie.
Le mot tabernacle vient du latin tabernaculum, qui signifie
"tente". Il fait référence à la Tente de la Rencontre dans l'Ancien
Testament, où Dieu se manifestait à Moïse. Dans la tradition chrétienne, il
symbolise la présence réelle du Christ parmi les fidèles et invite à l'adoration
et au recueillement.
Évolution historique
- Premiers
siècles : Les chrétiens conservaient l'Eucharistie chez eux en période de
persécution.
-
Moyen Âge : Le tabernacle devient un élément fixe et visible dans les églises,
souvent richement décoré.
-
Concile de Trente (XVIe siècle) : L'Église réaffirme la présence réelle du
Christ dans l'Eucharistie, renforçant l'importance du tabernacle.
Profanation et protection
Le tabernacle est toujours
verrouillé pour éviter les profanations
10.Siège de présidence : Dans les églises paroissiales, le prêtre
bénéficie aussi d’une assise spécifique, dit siège de présidence. On voit aussi
un « banc du célébrant ou de l’officiant ». Ses trois places accueillent le
célébrant et deux assistants (diacre et sous-diacre).
A.A.Chevet : fond
du chœur, il peut-être droit (chevet plat), semi-circulaire (abside), à pans
coupés ou à déambulatoire.
B.B.Chœur :
lieu principal de la célébration. C’est là que se dresse l’autel que la Parol
de Dieu est proclamée, que le prêtre et les ministres exercent leurs fonctions.
A.C.Clocher :
construction s’élevant verticalement au-dessus de l’église pour abriter les
cloches. Il signale de loin la présence de l’édifice religieux et symbolise le
lien entre la Terre et le Ciel. Peut se trouver aux pieds de l’édifice :
Clocher-Tour.
B.D.Narthex :
espace situé à l’entrée de l’église. Il accueillait autrefois les catéchumènes,
c’est-à-dire ceux qui se préparaient au baptême.
C.E.Nef :
partie de l’église où se rassemblent les fidèles, qui s’étend du narthex à la
croisée du transept.
Elle est parfois augmentée de bas-côtés. Ce terme est issu du latin navis, signifiant
« vaisseau ».
D.F.Porche ou portes :
entrée de l’église transition entre l’extérieur et l’intérieur du sanctuaire.
E.G.Sacristie :
pièce annexe où sont entreposés les objets et les vêtements liturgiques. On y
trouve également le Trésor de l’édifice.
F.H.Transept :
nef transversale qui coupe la nef principale à l’entrée du chœur (croisée du
transept).
Ces deux nefs donnent à l’église une forme de crois latine.
Hiérarchie
ecclésiastique de l'Église catholique
Abbé : Titre donné à un prêtre dirigeant une abbaye ou un monastère. Il peut
aussi être utilisé honorifiquement pour certains prêtres.
Prêtre : Ordonné pour célébrer les sacrements et guider une paroisse.
Vicaire : Prêtre adjoint qui assiste le curé dans une
paroisse.
Curé : Prêtre responsable d'une paroisse.
Diacre : Ministre ordonné qui assiste les prêtres et évêques, avec un rôle
liturgique et caritatif.
Évêque : Responsable d'un diocèse, il est considéré comme le successeur des
apôtres.
Archevêque : Évêque à la tête d'un archidiocèse, souvent un
diocèse plus important.
Cardinal : Conseiller du pape et membre du Collège des
cardinaux, qui élit le pape.
Pape : Chef de l'Église catholique, évêque de Rome et successeur de saint
Pierre.
Quelques mots dans l’église
Amen
Voilà un mot que tout le
monde comprend, et pourtant…
Ce mot hébreu a la même
étymologie que le mot qui désigne le mas de la tente. Lorsque les hébreux
étaient au désert, ils vivaient sous la tente. Le mas de la tente, c’est bien
ce qui tient l’abri et si le mas vient à casser, c’est la catastrophe. Le mas
doit donc être solide et on compte sur sa solidité. Et bien AMEN veut signifier
la solidité et la certitude.
Quand Jésus dit Amen, amen
on traduit par « en vérité, en vérité » Jésus nous annonce des paroles qui sont
très importantes et sur lesquelles on va pouvoir s’appuyer.
Quand nous répondons AMEN
à la fin d’une prière, cela veut dire : Oui, nous sommes sûrs de cela et nous
le voulons vraiment ».
Hosannah
Littéralement, ce mot
hébreu veut dire « de grâce, sauve-nous ». Il n’est pas employé dans le Premier
Testament.
Au temps de Jésus, le sens
s’était transformé pour être un mot de bienvenue adressé à quelqu’un
d’important. C’est ce mot qui a été utilisé par ceux qui ont accueilli Jésus à
son entrée triomphale à Jérusalem. Il exprime leur joie d’accueillir celui qui
entre dans leur ville.
Quand nous disons «
Hosannah au plus haut des cieux », nous exprimons notre joie, d’accueillir
notre Dieu très saint.
Le ciel, les cieux.
Il faut comprendre que les
juifs voyaient l’univers autrement que nous. L’univers était une sphère ou
plutôt un ensemble de sphères emboitées les unes dans les autres. Il y avait 7 couches
(7 est le nombre de la perfection) et Dieu résidait au-dessus. Dans la sphère
du centre, il y avait la terre qui était plate et en dessous encore les enfers
(on y revient tout de suite).
Dans les sphères
supérieures il y avait les anges, les archanges, les séraphins, les dominations
Au baptême de Jésus,
l’évangéliste nous dit : « les cieux s’ouvrirent ». Dans sa perception des choses,
il pensait que les 7 sphères s’étaient déchirées un temps pour laisser passer
Dieu.
Donc Dieu était lointain
et c’est grâce à Jésus que nous le voyons maintenant proche de nous.
Les enfers
Dans le Credo, on dit de
Jésus après sa mort qu’il est « descendu aux enfers ».
Ceci fait référence à un
espace particulier que les juifs appelaient Shéol qui était là
où résidaient les âmes des morts. Les grecs l’appelaient « les enfers ».
On a gardé leur mot.
Quand Jésus descend aux
enfers, il va sortir les âmes des morts de cet espace où ces âmes étaient
séparées de Dieu.
Prophète
Contrairement à ce que ce
mot veut dire dans le langage courant, un prophète n’est pas celui qui prédit
l’avenir, mais celui qui parle au nom de Dieu. La plupart du temps, les
prophètes étaient envoyés pour dire au peuple de mieux se conduire, de ne plus
trahir leur serment. Et ils disaient ce qui risquait d’arriver si on ne se
convertissait pas. C’est de là qu’on a pensé qu’ils prédisaient l’avenir. Mais
quand les parents disent à leur enfant « si tu n’es pas sage, voilà ce qui va
t’arriver » ils ne prédisent pas l’avenir.
Apocalypse
Littéralement, ce mot qui
vient du grec veut dire dévoilement, enlèvement du voile qui cache ce qui est
dessous. Cela ne veut donc pas dire catastrophe.
L’apôtre Jean, dans son
apocalypse veut nous révéler des visions qu’il a eues qui lui ont montré
comment le peuple de Dieu sera bientôt délivré. Il est fait état de phénomènes
qui semblent surnaturels ce qui est normal puisque ces visions se réfèrent à
l’univers divin qui nous dépasse tellement qu’il est difficile de décrire avec
nos mots humains.
Symbole
On parle du Symbole des
apôtres pour désigner le « je crois en Dieu ».
Autrefois, quand quelqu’un
partait pour un long voyage, il avait besoin d’un signe qui lui prouverait
qu’un envoyé qui venait à sa rencontre venait bien de sa maison. Pour cela, on cassait
une poterie et le voyageur en emportait une partie, l’autre restant à sa
famille. Quand on lui envoyait un émissaire, on lui donnait le morceau de
poterie resté à la maison le symbole) et ainsi, en rejoignant les 2 marceaux,
le voyageur savait que l’émissaire était vraiment l’envoyé de la famille. Le
mot symbole vient du grec et veut dire mettre ensemble : la réunion des 2
partie de la poterie. De même que la
réunion de 2 objets veut dire la
sécurité le symbole veut signifier une réalité. Le symbole des apôtres ou celui
de Nicée, veulent exprimer la réalité de la foi des chrétiens.
Évangile
Ce mot n’a pas été inventé
par les chrétiens, mais désignait un édit proclamé au nom de l’empereur romain
pour signifier une bonne nouvelle : une victoire, la naissance d’un héritier ou
autre. L’évangéliste Marc a donc employé un mot qui était connu pour signifier
la bonne nouvelle qu’apportait Jésus.
Amour, aimer.
Nous n’avons, en français,
qu’un mot, les grecs en avaient trois.
Ils distinguaient : -
eros, l’amour dans sa dimension sexuelle - philia, l’amitié, l’affectivité - agapè, l’amour désintéressé, sans contrepartie et sans limite
(verbe erein) (verbe philein) (verbe
agapein).
Dans l’évangile de Jean,
un épisode relate un échange entre Jésus et Pierre. Jésus demande à Pierre (qui
l’a renié quelques jours plus tôt) s’il l’aime. Il lui demande par 3 fois. Les
2 premières fois, Jésus emploie le verbe agapein et Pierre répond par le verbe philein.
Jésus demande à Pierre s’il l’aime vraiment, sans contre partie et Pierre
répond en termes d’amitié. La 3ème fois Jésus utilise le verbe philein car il
voit bien que Pierre est incapable de se hisser au niveau de l’agapè. Et
pourtant, plus tard, il a bien prouvé par sa mort qu’il aimait Jésus jusqu’à
donner sa vie pour lui.
Dans Luc 10.27 le Christ
demande d’aimer ses ennemis. Il emplie le verbe agapein amour sans limite.
Pharisiens
Ils constituaient un
groupe religieux au sein du judaïsme. On
en connait d’autres : les esséniens, les saducéens. Les pharisiens
s’efforçaient de suivre à la lettre les 628 règles qi avaient été édictées
depuis Moïse. C’était les gens bien de l’époque. Malheureusement, Ils pensaient
qu’en appliquant toutes les règles, ils avaient fait tous leurs devoirs vis à
vis de Dieu. Ils avaient oublié la dimension d’amour et c’est bien ce que Jésus
leur reproche.
Il y a au moins deux pharisiens que Jésus appréciait c’était Nicodème (qui était venu le voir à la nuit
tombée) et Joseph d’Arimathie.
Les scribes
Littéralement, ce sont
ceux qui savent écrire. Puisqu’ils savent écrire, ils savent lire et maitrisent
bien les textes religieux. Ils connaissent bien aussi les prescriptions
édictées par les autorités religieuses et ne manquent pas de critiquer Jésus
quand il prend des libertés avec la loi ou la tradition.
Immaculée conception.
Cela ne désigne pas la
manière dont Jésus a été conçu, mais le fait que Marie, sa mère a été conçue
sans péché. C’est un dogme de l’église catholique promulgué en 1854.
L’idée de l’immaculée
conception ne vient pas des évangiles ni des autres textes du Second testament,
mais s’est imposée au fil des siècles. Il semblait évident que Jésus ne pouvait
pas naitre d’une femme touchée par le péché, que ce soit le péché originel ou
autre. Certain pensaient qu’à la conception de Jésus Marie avait été absoute de
tous ses péchés et de la faite originelle aussi. D’autres pensaient qu’elle
avait été conçue sans péché et c’est cette version qui a été promulguée en
dogme par le pape Pie IX.
L’idée de l’immaculée
conception était pratiquement universellement admise dans l’église catholique,
mais la promulgation du dogme a donné lieu à beaucoup de discussions.
Dogme
C’est un article de foi
qui est donné par l’autorité religieuse.
Pour un chrétien, la
question n'est pas de savoir si ce qu'énonce un dogme doit être reçu sans tergiverser
ni chercher à comprendre, mais comme une sollicitation à chercher à comprendre et
à approfondir. Chacun progresse à son rythme dans la compréhension de la foi.
Il est normal et respectable de ne pas comprendre tel ou tel enseignement, et
de se poser des questions sur sa signification.
Sion, fille de Sion
Dans la bible, ce mot de
Sion revient souvent. A l’origine, c’est une colline au sud de Jérusalem. Par
extension, Sion ou fille de Sion désigne Jérusalem.
Adorer, adoration
Ce mot vient du latin « ad
orem » littéralement « vers la bouche »
Quand on est témoin d’un
événement exceptionnel, qui nous dépasse, qui nous laisse pantois comme une
catastrophe ou un phénomène qui nous semble supérieur ou étranger à notre monde,
on a tendance à porter sa main devant sa bouche. C’est la sidération. C’est l’origine du mot
adorer.
La gloire de Dieu nous
dépasse tellement qu’elle provoque en nous l’idée de notre petitesse devant lui
et le désir de lui faire part de notre respect, de notre amour, de notre
volonté d’être son sujet.
Saint
Le mot « Saint » qui
signifie Tout-Autre (sous-entendu Tout-Autre que l'homme), celui que nous ne
pouvons jamais atteindre par nous-mêmes, celui qui nous dépasse infiniment, à
tel point que nous n’avons aucune prise sur lui. Ce que le prophète Osée
traduisait : « Moi, je suis Dieu et non pas homme : au milieu de vous je suis
le Dieu saint. » (Os 11,9). Pour cette raison, dans la Bible, aucun humain
n’est jamais considéré comme saint, tout au plus peut-on être « sanctifié » par
Dieu et, de ce fait, refléter son image, ce qui est de tout temps notre vocation
ultime.
Pardon
Etymologiquement, le mot «
par-don » (il faut séparer les deux syllabes), c’est le don parfait, le don
par-delà l’offense, par-delà l’ingratitude ; c’est l’alliance toujours offerte
malgré l’infidélité. Pardonner à celui qui nous a fait du mal, c’est continuer
malgré cela à lui proposer une alliance, une relation d’amour ou d’amitié.
C’est accepter de revoir telle ou telle personne, de lui tendre la main, de
l’accueillir quand même à sa table ou dans sa maison ; c’est risquer un sourire
; quand c’est plus grave, ce sera refuser de haïr, refuser de se venger.
Pour autant, cela ne veut
pas dire oublier. On entend souvent dire « je ne peux pas pardonner, je
n’oublierai jamais » ; en réalité, il s’agit de deux choses complètement
différentes. Le pardon n’est pas un coup d’éponge, il n’est ni oubli, ni
effacement : ce qui est fait est fait, rien ne l’effacera, en bien comme en
mal, d’ailleurs. Et il y a bien des offenses qu’on ne pourra jamais oublier,
parce que l’irréparable a été commis. C’est d’ailleurs ce qui fait la grandeur
et la gravité de nos vies d’hommes : si un coup d’éponge pouvait tout effacer,
à quoi bon agir bien, on peut faire n’importe quoi. Le pardon n’efface donc pas
le passé, mais il ouvre l’avenir. Il détache les chaînes de la culpabilité, il
apporte la libération intérieure, on peut repartir.
Les
nouvelles tenues liturgiques de Notre-Dame de Paris
Le
Diocèse de Paris a l’honneur d’annoncer la création d’une série de vêtements et
d’ornements liturgiques conçus par Jean-Charles de Castelbajac pour la
réouverture de la Cathédrale ! 700 vêtements liturgiques ont été imaginés :
chapes, mitres, étoles, chasubles et dalmatiques seront produits par des
maisons d’art françaises.
«
Je suis heureux de le voir aujourd’hui rejoindre l’Atelier de Notre-Dame, qui
rassemble les artisans et artistes dont le talent va servir la joie de la
réouverture de la cathédrale. » a déclaré Monseigneur Ulrich, archevêque de
Paris.
«
Après les JMJ de 1997, c’est un honneur et une grande émotion de pouvoir à
nouveau mettre mon expérience et mon art au service de l’Église, et de
participer au rayonnement de Notre-Dame de Paris pour les cérémonies de
réouverture. La lumière et son rayonnement ont guidé mon geste créatif, j’ai
pensé à la croix glorieuse de Couturier, à l’éclat de la couleur sur la pierre
blonde renaissante de Notre-Dame. » a expliqué Jean-Charles de Castelbajac.
L'archevêque
est, lui, vêtu d'une chape (une grande cape) aux couleurs chargées de sens:
vert (couleur de l'espérance utilisée la plupart des dimanches), rouge (symbole
du sang du Christ et du feu de l'Esprit Saint), bleu (symbolique de la Vierge
Marie) et jaune (couleur festive utilisée pour Noël, Pâques...)
Au
début de la cérémonie, devant le portail central de la cathédrale appelé
"portail du Jugement", l'archevêque interpelle Notre-Dame à trois
reprises.
Il
frappe la porte à l'aide de sa crosse, qui a été conçue à partir d'une poutre
de la charpente ayant survécu à l'incendie.
Cette
fois, le diocèse de Paris lui a demandé de concevoir les vêtements
paramentiques pour la cérémonie de réouverture de Notre-Dame de Paris : 2 000
pièces destinées à 700 célébrants. « Tout est parti de la croix rayonnante,
comme un phare destiné à la nouvelle génération », confie le créateur, qui
commente pour Le Point les principes qui l'ont guidé.
La croix
«
C'est une croix d'or avec des fragments de couleurs qui incarnent les différences
et propagent l'espérance et le vivre-ensemble. Depuis quelques années, j'ai
délaissé les crayons au profit du découpage et du collage. Pour ces vêtements,
j'ai travaillé avec des milliers de morceaux de papier que j'ai ensuite
positionnés sur le tissu. »
Les couleurs
«
Le rouge fait écho au sang du Christ, le bleu, à l'eau et à la Vierge Marie, le
vert, à l'espérance et le jaune évoque l'or et la lumière. Ce “colorama” a été
choisi par rapport aux vitraux de Notre-Dame, mais c'est évidemment une gamme
chromatique tout à fait castelbajacienne ! »
Rappel
: vert (couleur de l'espérance utilisée la plupart des dimanches), rouge
(symbole du sang du Christ et du feu de l'Esprit Saint), bleu (symbolique de la
Vierge Marie) et jaune (couleur festive utilisée pour Noël, Pâques...)
La mitre
«
Ce couvre-chef architectural se pose sur la tête et doit pouvoir se plier pour
le transport. Nous avons fait plusieurs essais avec Maison Michel, avec qui
j'avais déjà réalisé des mitres en 1997. Je voulais quelque chose de simple, en
accord avec les vêtements liturgiques. Lesage a sublimé le tout, avec un
flocage doré et velours, et un travail de ganse sur le côté. »
Le chrisme
«
Ce signe extraordinairement beau, comme un pictogramme chargé d'une puissance
spirituelle qui remonte au IIIe siècle, était utilisé par les premiers
chrétiens. C'est l'un des monogrammes du Christ formé par les deux lettres
grecques superposées “P” (rhô) et “X” (khi). Je l'ai dessiné d'un trait
spontané au feutre et les orfèvres de Goossens ont réussi à retranscrire ce
geste sur un fermoir en métal doré. »
Mitre par la maison Michel dont la
pointe symbolise la montée vers le ciel
Présentation
par Mgr Laurent Ulrich de ses choix pour l’aménagement liturgique de la
cathédrale Notre-Dame de Paris
«
Ce que je poursuis, dans le choix de ces artistes, c’est de donner à notre
cathédrale un mobilier liturgique d’une “noble simplicité”, qui soit le support
le plus respectueux et le plus digne pour notre prière, dans le respect de la
liturgie de l’Église catholique, capable de toucher le cœur de chaque visiteur
y compris en dehors des célébrations, et qui peut se recevoir comme durable
dans le temps. »
Depuis
le 15 avril 2019, notre cathédrale Notre-Dame de Paris renaît. Dans 18 mois
environ, si aucun obstacle ne vient retarder cette échéance, lorsque nous
aurons la joie d’y entrer à nouveau pour y célébrer le mystère de notre foi et
accueillir largement les visiteurs du monde entier, elle nous apparaîtra dans
toute sa splendeur.
Aujourd’hui,
il revient à l’archevêque de Paris de choisir le projet de l’artiste qui
réalisera le mobilier liturgique de Notre-Dame de Paris pour sa réouverture à
la fin de l’année 2024. Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Je ne la
prends pas, en ce jour, sans avoir nourri ma réflexion auprès d’experts
reconnus dans les domaines de la liturgie, de la conservation des monuments
historiques, de la création artistique, et naturellement auprès des plus grands
experts de notre cathédrale et ceux qui œuvrent depuis plus de quatre ans à la
relever.
C’est
le sens de ma décision de m’entourer, à l’automne dernier, d’un Comité
artistique pour conduire avec moi la consultation à laquelle ont répondu 69
artistes. Parmi eux, en janvier dernier, j’en ai retenu cinq qui ont travaillé
jusqu’à la fin du mois de mai pour préciser leur projet, par écrit, par dessins
et par maquettes. Chacun de ces artistes a été accompagné au cours de ces mois
; pour finir, chacun successivement a été auditionné par le Comité artistique
qui a pu faire devant moi toutes les observations que suscitaient ces œuvres.
Au
début du travail de ces cinq artistes, je leur avais demandé, en raison de la
responsabilité propre de l’archevêque, « le grand prêtre de la liturgie de son
diocèse » selon l’expression consacré au Concile Vatican II, de travailler leur
projet en veillant à ce que je rappelle maintenant.
Le
mobilier que nous commandons à l’artiste choisi est constitué de cinq pièces
majeures : l’autel, le baptistère, l’ambon, la cathèdre de l’évêque et le
tabernacle. La destination et l’usage, ainsi que la localisation de chacune de
ces pièces sont précisées dans les pages qui suivent ; si chaque pièce doit
montrer de façon claire et lisible sa raison d’être, l’ensemble doit constituer
une harmonie qui montre que c’est le mystère même de la foi chrétienne qui est
exprimé, ainsi que l’unique vie sacramentelle des fidèles.
J’ajoutais
trois indications, majeures de mon point de vue, pour entrer dans la bonne
compréhension du travail à faire :
Les
œuvres présentées devront être respectueuses du lieu, de son histoire, de son
fort symbolisme constitué par la mission qu’il a remplie au long des siècles.
Les
œuvres présentées devront respecter l’esprit de la liturgie catholique, selon
les significations et les normes établies à la suite du Concile Vatican II, et
présenter un caractère aisément praticable par les ministres et les assemblées qui
se réuniront dans la cathédrale.
Enfin,
nous ne devons pas penser seulement au présent, mais aux générations futures.
Il s’agit en effet d’envisager un mobilier qui soit une œuvre d’aujourd’hui,
mais puisse se recevoir comme durable :les autels romans, ou ceux de période
classique, ont servi souvent pendant des siècles.
Bref,
ce qui devait nous être présenté devrait s’inspirer de la « noble simplicité »
que revêtent les rites de notre liturgie, selon la Constitution conciliaire sur
la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium, et qui s’applique aussi à l’art
sacré.
À
la réception des travaux qui ont été préparés par les cinq artistes Nicolas
Alquin et Marc Alechisnki ensemble, Guillaume Bardet, Pascal Convert, Laurent
Grasso et Constance Guisset, j’ai apprécié et mesuré l’immense travail
accompli, le désir de répondre aux attentes formulées, la qualité de la
recherche entreprise, tant aux points de vue des matériaux choisis que de
l’importance accordée aux choix symboliques exprimés dans les textes de présentation
et à la réalisation des dessins et maquettes. Lors de cette audition, tous les
membres du Comité artistique, avec moi-même, ont été touchés de l’engagement
personnel de chacun d’entre eux dans ce travail : la recherche spirituelle, le
désir de servir la prière des croyants et d’accompagner la quête intérieure de
tous. Manifestement, cette opportunité de concourir à la redécouverte de Notre
Dame de Paris a été un moment décisif de leur vie. En ce moment solennel, c’est
un grand et sincère remerciement que je désire leur adresser personnellement,
mais aussi au nom du Comité artistique et de l’Église diocésaine tout entière.
La
richesse des échanges au sein du Comité, que je veux remercier ici d’avoir
accepté d’entreprendre cette démarche à mes côtés, m’a conduit à demander à
Guillaume Bardet de réaliser les cinq éléments principaux du mobilier
liturgique. Sans développer une lecture très approfondie, je voudrais
simplement dire quelques raisons fortes de mon choix.
L’ensemble
qu’il a construit me paraît présenter des qualités qui se conjuguent bien les
unes aux autres et en font un projet cohérent, même si des modifications
interviendront pour lui donner encore plus d’unité. Le matériau choisi, le
bronze, entre dans un dialogue franc avec l’édifice de pierre, c’est le premier
saisissement. Puis s’impose la lisibilité immédiate de chacune des pièces : le
surgissement du baptistère dès l’entrée dans la cathédrale ouvre la porte du
mystère du Christ ; et le bloc de l’autel, comme une pierre issue de la terre
pour le sacrifice, s’apprête en une table fraternelle pour le repas du
Seigneur. Mais aussi la pureté des lignes, leur simplicité, est extrêmement
accessible voire accueillante ; une puissance de vie, une force apaisée émanent
de cette simplicité même. Peu à peu, ces œuvres nous marqueront et toucheront
aussi les visiteurs de notre cathédrale, j’en suis sûr.
J’ai
également demandé à Ionna Vautrin de réaliser les futures chaises de
Notre-Dame. J’avais souhaité que les chaises de Notre-Dame soient « silencieuses
», c’est-à-dire qu’elles puissent s’intégrer sans s’imposer dans la cathédrale,
tout en garantissant le confort des fidèles. La proposition d’une chaise
ajourée, aérienne, m’a paru se conjuguer avantageusement à la fois avec cet
impératif, et avec la proposition de Guillaume Bardet pour le mobilier
liturgique. Tous deux rejoignent Sylvain Dubuisson, que j’avais déjà retenu
pour réaliser le nouveau reliquaire de la Couronne d’épines du Christ, et tous
les artistes chargés de travailler sur le chemin de pèlerinage, mais également
le son, la lumière, et l’équipement audiovisuel de notre cathédrale.
Leurs
œuvres rejoindront, d’ici à l’automne 2024, leur emplacement définitif à
l’intérieur de Notre-Dame, que les compagnons, les artisans et les ouvriers
restaurent avec passion et courage depuis le lendemain de l’incendie.
À
tous, j’adresse mes plus sincères remerciements et mes plus vifs encouragements
dans leur mission. Que le Seigneur bénisse le travail de chacun. »
+ Laurent Ulrich, archevêque de Paris
L’Autel Majeur
Mgr
Lustiger, Cardinal-Archevêque de Paris en 1990
il
officie sur l’autel qu’il a désiré et qui représente les apôtres
cliché d'archives
Commandé par Mgr Lustiger, créé en 1989 par le
sculpteur Jean Touret, l’autel de Notre-Dame a été touché par la chute d’une
pierre qui a enfoncé le coffre et abîmé la tête du prophète Jérémie. Des dégâts
possibles à réparer, mais, une jeune garde de « néos » […] rêve à voix haute
d’un retour en arrière.
Autel Majeur ND de Paris - 1997
Déjà l’archevêché a voulu mettre des vitraux
contemporains ainsi que des bancs modernes en lieu et place des chaises en
paille. Projet recalé par le ministère de la culture.
Projet qui sera mis en place par la volonté de Mgr
Ulrich, l’archevêque de Paris.
Concernant
l’autel, trois raisons pour le remplacer :
- esthétique : la cathédrale va s’éclaircir avec la
restauration et le nettoyage des pierres.
- pratique : l’autel est ridiculement étroit.
- cohérence : l’ambon a entièrement détruit. Refaire
un ambon, une cathèdre (Mgr Lustiger n’en voulait pas) et un autel serait
cohérent.
A ces 3 raisons s’en ajoute une quatrième : la
volonté de tourner la page de l’héritage Lustiger. Mgr Aupetit y trouverait une
façon de poser son magistère. Mais il est confronté à ceux qui veulent défendre
la mémoire du cardinal ainsi qu’à ceux, plus jeunes, qui souhaite un retour à
la grande tradition de l’Eglise, avec du néoromain voire du néogothique. Mais,
ironie du sort, Mgr Aupetit démissionne le 2 décembre 2021. Il sera remplacé
par le dijonnais Mgr Ulrich en avril 2022.
« Ils se rêvent au XIXe siècle », constate un
curé lustigérien, inquiet de l’irruption de ce « néoconservatisme». Au risque
de l’immobilisme ?
Ce curé est-il
le père Gilles Drouin, nouvellement nommé chanoine de Notre-Dame et
directeur de l’institut supérieur de liturgie à l’Institut catholique de Paris,
qui travaille sur l’aménagement intérieur de la cathédrale ? Il est auteur d’un
ouvrage sur l’espace liturgique. En 2019, il déclarait déjà :
« On ne s’interdit rien, dans le respect de la
tradition et avec humilité ». « Mais nous ne sommes plus au temps de
Viollet-le-Duc ni du cardinal Lustiger. Avec respect, nous pouvons repenser les
aménagements de la cathédrale pour lui redonner un nouveau souffle ».
2024 - De
g. à d. Cathèdre, Autel Majeur, et l’Ambon voulus par Mgr Ulrich – Notre dame
du pilier
À
l’invitation de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, près de 170 évêques de
France et du monde entier, ainsi qu’un prêtre de chacune des 106 paroisses du
diocèse de Paris, et un prêtre de chacune des sept églises catholiques de rite
oriental ont concélébré cette messe. Ils étaient accompagnés de fidèles de
chacune de leurs communautés.
Voici
quelques éléments du déroulement de cette messe :
-
L’aspersion d’eau bénite : après avoir salué l’assemblée, l’archevêque bénit de
l’eau et en asperge toute l’assemblée. L’archevêque asperge ensuite l’autel et
l’ambon, en un signe de purification qui manifeste que ces éléments mobiliers
ne sont pas comme les autres : ils sont destinés à un usage sacré.
-
La liturgie de la Parole : les lectures bibliques proclamées depuis le nouvel
ambon sont les mêmes dans toutes l’Église, elles n’ont pas été choisies pour
cette circonstance. Dans tous les pays du monde, les catholiques entendent les
mêmes textes, propres à ce jour du 2e dimanche de l’Avent.
Au
terme de ces proclamations, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, s’est
adressé aux personnes présentes en prononçant son homélie, c’est-à-dire un
commentaire de la Parole de Dieu qui vient d’être proclamée, et du sens de la
célébration du jour.
Prière
de dédicace prononcée par Mgr Ulrich lors de la consécration de l'autel :
«
Nous t’exaltons, Seigneur, et nous te bénissons, toi qui as voulu, dans un
admirable dessein de ton amour, que le mystère de cet autel, préfiguré jadis de
diverses manières, trouve son accomplissement dans le Christ. En effet, après
le déluge, Noé, cet autre père du genre
humain,
t’érigea un autel pour t’offrir un sacrifice ; tu l’acceptas, Père très saint,
comme un parfum d’agréable odeur et tu renouas avec les hommes ton alliance
d’amour.
Abraham,
notre père dans la foi, obéissant de tout son cœur à ta parole, te dressa lui
aussi un autel, car il ne te refusait pas Isaac, son fils bien-aimé. Moïse, à son
tour, le médiateur de l’ancienne Alliance, te construisit un autel qu’il
aspergea du sang d’un agneau, en préfiguration de l’autel de la croix.
Par
le mystère de sa Pâque, le Christ a donné à toutes ces figures leur achèvement:
à la fois prêtre et victime, en montant sur le bois de la croix, il s’est livré
lui-même à toi, Père, comme une offrande pure, pour enlever les péchés du monde
entier et sceller avec toi l’Alliance nouvelle et éternelle.
C’est
pourquoi nous te supplions, Seigneur: du haut du ciel, répands ta bénédiction
sur l’autel qui a été bâti en cette église ; qu’il soit la table du Seigneur où
ton peuple viendra refaire ses forces.
Que
cet autel soit pour nous le symbole du Christ, car c’est de son côté transpercé
qu’il laissa couler l’eau et le sang, source des sacrements de l’Église.
Que
cet autel soit la table de fête où les convives du Christ afflueront dans la
joie : en se déchargeant sur toi, Père, de leurs soucis et de leurs fardeaux,
qu’ils reprennent ici
courage
pour une étape nouvelle.
Que
cet autel soit un lieu de paix et de profonde communion avec toi, pour que tes
enfants, nourris du Corps et du Sang de ton Fils, et abreuvés de son Esprit,
grandissent dans ton amour.
Qu’il
soit source d’unité pour l’Église : que tes fidèles rassemblés autour de lui y
puisent un esprit de vraie charité.
Qu’il
soit le centre de notre louange et de notre action de grâce jusqu’au jour où
nous parviendrons, exultant de joie, dans les demeures du ciel, là où nous
t’offrirons sans fin le sacrifice de louange avec le Christ, souverain Prêtre
et vivant Autel, lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,
maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen.
»
Pour
que la Messe puisse être célébrée, l’autel doit d’abord être préparé et
consacré par des rites particuliers. Les rites de consécration de l’autel se
déroulent en cinq étapes :
-
La déposition des reliques des saints dans l’autel. Aujourd’hui, ce sont les
reliques de cinq saints, trois femmes et deux hommes, dont l’histoire est liée
à l’Église de Paris, qui ont été scellées dans l’autel : sainte Marie Eugénie
Milleret, sainte Madeleine Sophie Barat, sainte Catherine Labouré, saint
Charles de Foucauld et le bienheureux Vladimir Ghika.
-
La prière de dédicace et l’onction d’huile, qui est le rite principal
-
L’offrande d’encens
-
La parure et l’illumination de l’autel.
-
Les chants
Mgr Ulrich dépose les saintes
Reliques dans l’autel majeur
Consécration de l’autel majeur avec
le Saint Chrême symbole de « la pénétration de l’Esprit-saint »
« Oui, Dieu, ton Dieu t'a consacré
d'une onction de joie, comme aucun de tes semblables ; la myrrhe et l'aloès
parfument ton vêtement. Des palais d'ivoire, la musique t'enchante »
Purification de l’autel majeur« Que ma prière, devant toi s’élève
comme un encens »
L'encens est placé aux 4 angles = les mains et les pieds du Christ et au centre = son coeur
l'autel symbolise le tombeau du Christ
le nouvel autel majeur est consacré le dimanche 8 décembre 2024
Parue de l'autel, pose de la nappe pour le Saint
Sacrement ; symbole de la Cène
Éclairage de l'autel majeur « Il créa le monde
en 6 jours »
[La
tradition d'utiliser six bougies près de l'autel principal, comme lors de la
consécration de l'autel majeur de Notre-Dame de Paris, remonte aux pratiques
liturgiques de l'Église catholique. Six bougies sont généralement utilisées
lors des messes pontificales, célébrées par un évêque ou le pape. Ces bougies
symbolisent la lumière du Christ et la dignité de la célébration. Le nombre six
peut aussi rappeler les six jours de la création dans la Genèse, où Dieu crée
la lumière.
Cette
pratique vise à souligner l'importance et la solennité de la cérémonie. Lors de
grandes célébrations, ces symboles liturgiques aident à créer une atmosphère de
recueillement et de respect.]
l'Élévation lors de l'Eucharistie - Mgr Ulrich archevêque de Paris et les évêques de France
l'Eucharistie @Diocèse de Paris
Pour voir ou revoir la consécration de l’autel
majeur :
Message
du pape François
À
Son Excellence Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris
Je
suis très heureux de m’unir à vous, Excellence, par la pensée et la prière,
ainsi qu’à tout le peuple fidèle réuni, et à toutes les personnes présentes, en
ce jour solennel où votre Cathédrale est rouverte au culte. Nous avons encore
tous en mémoire le terrible incendie qui avait, il y a cinq ans, fortement
compromis l’édifice. Nos coeurs s’étaient serrés devant le risque de voir
disparaître un chef d’oeuvre de foi et d’architecture chrétiennes, un témoin
séculaire de votre histoire nationale. Aujourd’hui, la tristesse et le deuil
font place à la joie, à la fête et à la louange.
Je
salue tous ceux, en particulier les sapeurs-pompiers, qui se sont employés
courageusement à sauver du naufrage ce monument historique. Je salue
l’engagement déterminé des pouvoirs publics ainsi que le grand élan de
générosité internationale qui ont contribué à la restauration. Cet élan est le
signe non seulement d’un attachement à l’art et à l’histoire, mais plus encore
– et combien cela est encourageant ! – le signe que la valeur symbolique et
sacrée d’un tel édifice est encore largement perçue, du plus petit au plus
grand.
Je
salue aussi le travail remarquable des nombreux corps de métiers qui se sont
investis, donnant généreusement le meilleur d’eux-mêmes pour rendre à Notre-Dame
sa splendeur. Il est beau et rassurant que les savoir-faire d’autrefois aient
été sagement gardés et améliorés. Mais il est plus beau encore que nombre
d’ouvriers et d’artisans aient témoigné avoir vécu cette aventure de la
restauration dans une authentique démarche spirituelle. Ils se sont mis sur les
traces de leurs pères dont seule la foi, vécue dans leur travail, a pu édifier
un tel chef d’œuvre où rien de profane, d’inintelligible ni de vulgaire n’a sa
place.
Puisse
donc la renaissance de cette admirable église constituer un signe prophétique
du renouveau de l’Église en France. J’invite tous les baptisés qui entreront
avec joie dans cette Cathédrale à ressentir une légitime fierté, et à se
réapproprier leur héritage de foi. Chers fidèles de Paris et de France, cette
demeure, que notre Père du Ciel habite, est vôtre ; vous en êtes les pierres
vivantes. Ceux qui vous ont précédés dans la foi l’ont édifiée pour vous : les
innombrables représentations et symboles qu’elle renferme vous sont destinés afin
de vous guider plus sûrement vers la rencontre du Dieu-fait-homme et
redécouvrir son immense amour.
Par
ailleurs, Notre Dame sera bientôt de nouveau visitée et admirée par une foule
immense de personnes de toutes conditions, provenances, religions, langues et
cultures, pour beaucoup en recherche d’absolu et de sens à leur vie. Je sais,
Excellence, que les portes leurs seront largement ouvertes, et que vous serez
attachée à les accueillir généreusement et gratuitement, comme des frères et
soeurs. Au témoignage de la Communauté chrétienne, puissent-elles percevoir la
paix qui habite sa louange, pressentir la joie de connaître et d’aimer le
Seigneur qui s’est fait proximité, compassion et tendresse. Puissent-elles,
levant les yeux vers ces voutes qui ont retrouvé la lumière, partager son
invincible espérance.
Implorant
sur l’Église de France, et sur tout le peuple français, la protection de
Notre-Dame de Paris, je vous donne de grand cœur, ainsi qu’à toutes les
personnes présentes, la Bénédiction.
Saint-Jean-de-Latran, le 21 novembre 2024
François
L’office
s’est ensuite déroulé en trois parties :
-
Le réveil du grand orgue : après avoir débuté l’office par le signe de croix,
l’archevêque procède à la bénédiction de l’instrument. Par huit fois, il s’adresse
au grand orgue qui lui répond.
-
Le chant de l’office : l’office est composé d’un cantique, d’un psaume, du
chant du Magnificat, d’intentions de prière pour le monde entier, de la prière
du Notre Père.
-
La bénédiction finale par l’archevêque et le chant du Te Deum.
Cathèdre
Sur le côté de l’autel, la cathèdre prend place. Ce trône liturgique est d’une
importance cruciale. « Sans lui, la cathédrale ne serait qu’une église. Pendant
les messes, l’archevêque ou l’évêque s’assoit dessus et cela symbolise la
présence du Christ. »
La
cathèdre est le symbole de l'autorité, de l'enseignement et de la juridiction
épiscopale, dans la liturgie catholique. Le terme apparaît dans la littérature
patristique sous la forme « Apostolorum cathedrae », indiquant que ce
siège est directement issu de la chaire des apôtres.
Si
l’assise est simple, le dossier lui « s’élance vers le ciel et mesure 1 m 85 de
haut ». Une croix est découpée dans le dossier, permettant à la lumière de
passer.
Au centre la cathèdre et de chaque
côté les sièges des assistants de l’archevêque ou de l’évêque
L’Ambon
« L’ambon en forme de T
symbolise le concept de liberté »
«
Chaque élément porte sa propre identité, son propre symbolisme et son propre
objectif, mais ensemble, ils forment un ensemble cohérent qui s’engage dans un
dialogue significatif. Ces pièces doivent exister à l’intérieur et au-delà du
domaine de la liturgie : ne pas exiger d’attention, mais aussi ne pas se
cacher. Ils doivent avoir une présence subtile mais indéniable », a déclaré
Bardet.
Le Tabernacle
Le nouveau Tabernacle est posé sur
le Maitre Autel
Le
nouveau tabernacle a été conçu par l'artiste contemporain Claire Morgan et a
été installé dans la cathédrale en 2023. Il est fait de verre et de métal et
représente la lumière divine et la fragilité de la foi. Le design du tabernacle
est inspiré par les vitraux de la cathédrale et vise à créer une connexion
visuelle et spirituelle avec les fidèles.
Il
a été financé grâce aux dons et a été réalisé en collaboration avec des
artisans locaux spécialisés dans le travail du verre et du métal.
L'installation a été un véritable défi technique, mais elle a été réalisée avec
succès et a été accueillie avec enthousiasme par la communauté religieuse et
les visiteurs de la cathédrale.
Pour
finir, Guillaume Bardet a également créé un nouveau tabernacle de 68 cm de haut
qui abritera les hosties consacrées représentant le corps du Christ. « C’est
une sorte de petit coffre-fort, résume l’artiste. Fermé, il sera sobre et
simple. Une bougie allumée 24 heures/24 sera placée devant pour rappeler la
présence du Christ. Puis, le tabernacle s’ouvrira comme un livre. » Le bronze
subira un polissage appelé poli miroir pour le sublimer.
Celui-ci
sera posé sur l’ancien Maitre Autel de Viollet-le-Duc, entouré de sculptures baroques
qui constituent un environnement très chargé. J’ai choisi la simplicité en
revenant à l’étymologie du mot tabernacle, « la tente ». Je l’ai conçu comme
une petite maison en bronze gravé d’une croix dorée avec, devant, une bougie
toujours allumée (en l’occurrence un Led). Elle s’ouvrira comme un livre,
dévoilant une lumière révélée par le bronze poli miroir. Symbole de la présence
lumineuse du Christ, avec le ciboire qui contient les hosties consacrées.
Le baptistère
Grande
nouveauté, le baptistère se situera à l’entrée de la cathédrale. « Il sera
situé à l’intérieur juste après le portail du jugement dernier », précise le
recteur de Notre-Dame, Mgr Ribadeau-Dumas. « L’eau est un signe d’entrée dans
la Vie par le baptême. »
« Le
cahier des charges imposait qu’il ait un couvercle, j’en ai donc imaginé un qui
conserve néanmoins cette idée d’eau », souligne Guillaume Bardet. "En
parallèle, je l’avais imaginé au début avec trois pieds mais afin de mieux
faire le lien avec le reste du mobilier j’ai imaginé une forme de coupe."
Le baptistère se trouve maintenant au centre
de l’édifice
Désormais, dès son arrivée, chacun
pourra admirer une croix d’or jaillissant des flots du même métal
et contenus
dans une simple vasque en bronze
L'Autel
Majeur, le baptistère, l'ambon, la cathèdre et les deux sièges pour un poids de 6 tonnes de bronze utilisées pour
recréer le mobilier de la cathédrale.
La nouvelle Crosse de Mgr Ulrich
Ce
bâton, utilisé par les évêques seuls dans la liturgie, s’inspire des houlettes
de berger, avec un bout recourbé pour rattraper les brebis perdues. Tenu dans
la main par les successeurs des Apôtres, elle manifeste leur charge pastorale à
la suite du Bon Pasteur, le Christ, vers lequel ils sont appelés à conduire le
peuple qui leur est confié.
La
crosse de Mgr Ulrich est le fruit du travail de Sylvain Dubuisson et a été
taillé dans une poutre de la charpente disparue dans les flammes de l’incendie
du 15 avril 2019. Par un choix singulier, la courbe de la houlette enferme un
crystal bleu (couleur de la Vierge) et où sont gravées 12 petites sphères
symbolisant les 12 apôtres.
Le reliquaire de la Sainte Couronne,
un écrin bleu Klein
Sylvain
Dubuisson insiste sur la mise en espace de la châsse : « Il est important que
la relique soit exposée juste au-dessus du regard, que les croyants puissent
s'immerger dedans, et que leur dévotion soit favorisée. » D'où l'importance
accordée à la couleur bleu mat de la sphère, au centre de l'auréole, qui
absorbera la lumière et lui servira d'écrin. Les fidèles pourront tourner
autour de l'ensemble, s'agenouiller ou s'asseoir et même toucher l'arrière de
la sphère. En dessous, un coffre-fort sécurisé abritera la couronne d'épines
lorsqu'elle n'est pas présentée à l'adoration.
«
Pour un résultat très simple, je souhaitais mêler des matériaux précieux : le
cèdre, le bois traditionnellement décrit comme celui de la Croix ; l'or, en
rappel des iconostases des églises orientales » précise Sylvain Dubuisson.
C'est l'empereur de Byzance en effet qui a vendu la relique à Saint Louis en
1238. Celui-ci a alors fait construire pour l'abriter la Sainte-Chapelle, à
Paris, presque en face de Notre-Dame, une église entièrement conçue comme une
châsse géante où la Couronne du Christ a été conservée jusqu'à la Révolution.
Après une telle prouesse architecturale, le défi était donc ambitieux à
relever. « Comment magnifier un objet aussi saisissant de modestie qu'une
couronne d'épines ? s'interroge le designer. C'est là un paradoxe de la foi
catholique. Pour le résoudre, je m'inscris dans la filiation de l'abbé Suger
(1080-1151), l'un des promoteurs de l'art gothique. Il pensait qu'il y a une
relation entre la beauté des matériaux et l'élévation spirituelle. C'est aussi
ma philosophie. »
Plus de cinq après l’incendie de Notre-Dame, la Sainte-Couronne d’Épines du Christ fait son retour dans la cathédrale le vendredi 13 décembre 2024 en présence de Mgr Louis de bourbon, duc d’Anjou et des chevaliers de l’Ordre du Saint Sépulcre.
Retour de la Sainte Couronne d'Épines en la cathédrale ND de Paris
13 décembre 2024 par les Chevaliers du Saint Sépulcre
Présentation de la Couronne lors de l'office religieux du 13/12/2024
Mgr Louis de Bourbon, duc d'Anjou et les Chevaliers du Saint Sépulcre viennent de placer la Sainte Couronne d'Épines dans son nouveau Reliquaire. 13/12/2024
Louis de Bourbon, duc d’Anjou :
Notre-Dame de Paris, la joie de la réconciliation
« Nous
retrouvons enfin avec émotion la mère des cathédrales, celle qui a connu toutes
nos gloires et toutes nos défaites, se réjouit Louis de Bourbon, duc d’Anjou,
prétendant légitimiste au trône de France.
Il
y a cinq ans, le monde avait retenu son souffle et pleuré avec nous alors que
l’incendie ravageait l’édifice. Aujourd’hui, il nous voit célébrer la
résurrection de ce monument qui avait été si meurtri par les flammes. Nous
retrouvons enfin avec émotion la mère des cathédrales, celle qui a connu toutes
nos gloires et toutes nos défaites, celle qui a vu le peuple français s’unir ou
se déchirer, celle enfin qui veille sur notre chère capitale depuis tant de
siècles. Notre-Dame est plus que la cathédrale de Paris, elle est la cathédrale
de la France.
Le chantier hors norme que nous avons suivi
avec attention depuis quatre ans ne peut qu’apporter l’espérance dont nous
avons tous besoin. La cathédrale a magnifiquement éveillé la générosité, la
compétence et la tendresse de tant de Français. Et le moment est venu de rendre
hommage à ces généreux donateurs, du plus modeste au plus fortuné, qui ont
permis à la cathédrale de panser aussi rapidement ses plaies. Mais il faut
également saluer tous ceux qui ont participé de manière concrète au chantier, tant
les historiens et les archéologues que tous les corps de métier qui ont dévoilé
un génie et un talent à la hauteur de ce prestigieux monument, dans la lignée
de tous les bâtisseurs et les restaurateurs qui les ont précédés. La France est
si fière de compter des gens comme eux parmi ses enfants. Et nous avons une
pensée émue pour le général Georgelin, qui a consacré les derniers mois de sa
vie à cette restauration, et dont il n’a pas pu voir la fin.
Tout
comme les bâtisseurs des cathédrales, l’œuvre qu’ils ont tous accomplie les
dépasse. Elle les dépasse car la cathédrale leur survivra très longtemps. Elle
les dépasse car la raison d’être de cet édifice touche à la transcendance et au
sacré. Tout y est orienté pour nous rappeler que l’homme n’est pas que de la
matière. Autre chose nous habite. Un beau message pour nous qui avons tant de
mal à sortir de ce consumérisme maladif.
Enfin,
je suis également fier d’être présent, en ce 13 décembre, au retour de la
Sainte Couronne du Christ dans la cathédrale. Presque huit siècles déjà nous
séparent du moment où mon ancêtre le roi Saint Louis la racheta pour la
rapporter en France afin que toute la chrétienté latine puisse la vénérer. Si
la Sainte-Chapelle fut initialement conçue pour l’abriter, ce fut la cathédrale
de Paris qui en hérita après la Révolution. De cette façon, en tant qu’aîné des
descendants de ce saint roi, il me tient à cœur d’assister à ce moment
historique qui voit Notre-Dame de Paris recouvrer sa relique la plus précieuse.
L’histoire de la cathédrale est ainsi extrêmement liée à l’histoire de tous ces
rois qui firent la France.
De
l’enterrement de la reine Isabelle de Hainaut, en 1190, femme du roi Philippe
Auguste, au baptême du comte de Chambord, en 1821, la cathédrale accompagna
tous les grands moments de ma famille. Comme elle l’est particulièrement depuis
cinq ans, cette cathédrale fut un lieu d’unité française comme lorsque mon
ancêtre Henri IV y fit chanter un Te Deum d’action de grâce au terme de son
entrée triomphale dans Paris, marquant les prémices de la réconciliation des
Français, déchirés par les guerres de Religion. N’oublions pas non plus le vœu
que fit Louis XIII à la Vierge, lui consacrant la France et lui confiant la
naissance d’un fils, le futur Louis XIV. La statue qui témoigne encore de ce
geste magnifique rappelle que ce lieu a fait plier les genoux des plus
puissants, se retrouvant à égalité avec les plus petits dans une même démarche
d’humilité. En effet, Notre-Dame de Paris est avant tout un lieu de culte dans
lequel la transcendance dépasse tous ceux qui y pénètrent.
C’est
pourquoi je pense spécialement à tous les catholiques de Paris et de France qui
voient avec bonheur cet emblématique lieu de culte retrouver sa vocation
première, celui d’être un temple voué à la prière des hommes, à la vénération
de Dieu aujourd’hui tant méconnu ou écarté mais qui a, par le passé, poussé des
générations de Français à édifier une telle merveille. Notre-Dame de Paris est
plus qu’un pan de notre histoire et de notre culture, elle est un lieu de vie
où chacun peut faire l’expérience du divin, devant Dieu Lui-même. La
restauration de Notre-Dame de Paris, c’est la promesse d’une résurrection
possible, c’est l’espoir de chacun de contempler un jour un monde profondément
restauré, c’est le pari qu’avec l’aide de Dieu, la volonté, l’ardeur et la ténacité au service
du bien commun triomphent de tout. »
Louis de
Bourbon, duc d’Anjou
13 décembre 2024
Les
futurs vitraux
Avant
de parler des nouveaux vitraux pour Notre-Dame de Paris, il me parait judicieux
de rappeler qu’une polémique a déjà existé en 1935 ! En effet, à cette
date, douze artistes verriers parisiens proposèrent de remplacer les verrières
en grisaille de Viollet-le-Duc installées dans les baies hautes de la nef de
Notre-Dame de Paris par leurs propres créations. Encouragé par les défenseurs
du renouveau de l'art sacré par la modernité, le projet se heurta pourtant à de
nombreuses réticences au nom de la préservation de la cathédrale.
Les
futurs vitraux contemporains de Notre-Dame figureront la Pentecôte
Les vitraux contemporains qui doivent orner six
chapelles latérales de la cathédrale Notre-Dame de Paris d'ici à 2026 devront
répondre à un cahier des charges détaillé dans un document annexé à l'appel
d'offres. Ce document décrit précisément le programme iconographique que devront
traiter les artistes. Il s'agit de l'épisode de la Pentecôte.
La
France, pays de cathédrales, possède la plus grande surface de vitraux au
monde, quelque 90.000 m2. Véritable Bible de verre, les vitraux
par les scènes représentées, les techniques utilisées ou encore les couleurs
employées existent pour porter la prière des fidèles autant que pour rendre
gloire à Dieu. Et la cathédrale Notre-Dame de Paris promet d'en être un bien
bel exemple. En décembre 2023, à la suite d'une lettre de l'archevêque de Paris,
Mgr Laurent Ulrich, le président de la République avait annoncé le
lancement d’un concours pour remplacer des vitraux installés par
Viollet-le-Duc dans Notre-Dame de Paris au XIXe siècle.
Depuis la
publication de l'appel d'offres, on en sait un peu plus sur le programme
iconographique de ces vitraux contemporains. Ils remplaceront des vitraux en
grisaille "garnies de verres blancs entourés d’une bande bleue ornée de
fleurs de lys, les baies hautes, [qui] déversaient dans la cathédrale une lumière
blanche, voire crue" selon une description du cahier des charges annexé à
cet appel. Ces vitraux encore in situ, seront ainsi déposés pour
laisser place à des créations contemporaines figuratives et historiées
représentant l'épisode de la Pentecôte raconté dans les Actes des
apôtres (Ac 2, 1-4) :
Quand
arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient
réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de
vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors
leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et
il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit saint :
ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don
de l’Esprit.
Dans
le collatéral sud, les nouveaux vitraux seront installés dans les six chapelles
qui encadrent la chapelle Saint-Thomas-d'Aquin, où figure déjàl'Arbre
de Jesséréalisé en 1864 par Édouard Didron sous la direction d’Eugène
Viollet-le-Duc.
Les vitraux contemporains de la
cathédrale seront finalement réalisés par l’artiste Claire Tabouret.
Après
des mois de suspens, l'artiste choisi à l'unanimité par un comité pour les
vitraux contemporains vient d'être dévoilé. Il s'agit de l'artiste peintre
Claire Tabouret, qui travaillera avec l'atelier du maître verrier Simon-Marq.
Dans
un communiqué diffusé ce 18 décembre, l’Élysée, l’établissement public Rebâtir
Notre-Dame de Paris et l’archevêché de Paris ont dévoilé le nom de l’artiste
choisi parmi les candidatures de Buren, Yan Pei-Ming ou encore Alberola, pour
réaliser un nouvel ensemble de vitraux pour la cathédrale. C’est donc Claire
Tabouret, 43 ans, l’une des 10 artistes français les mieux côtés, qui va créer
les cartons de 6 nouvelles verrières pour les chapelles du bas-côté sud de
Notre-Dame avec l’atelier Simon-Marq. Son projet, dont elle a fait une
présentation dans la base vie du chantier de la cathédrale ce mercredi, a
séduit le comité de sélection présidé par Bernard Blistène, en raison de « sa
très grande qualité artistique de la proposition et son insertion
architecturale » ainsi que son adéquation avec le programme figuratif choisi
par le diocèse de Paris.
Qui
est Claire Tabouret ?
Née
en 1981 à Pertuis, dans le Vaucluse, et installée depuis 2015 à Los Angeles,
Claire Tabouret est diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de
Paris. Elle est reconnue pour ses œuvres figuratives expressionnistes qui sont
régulièrement exposées en France et à l’international et ont été acquises par
des prestigieuses collections (Centre Pompidou, LACMA, Collection Pinault,
etc.). Inspirée dès l’enfance par les Nymphéas de Claude Monet, elle explore
des thèmes mélancoliques et troublants à l’aide d’une gestualité ample et des
camaïeux sourds. Ses portraits de jeunes femmes, ses sculptures en bronze et
céramique, et ses compositions évoquent une tension ambiguë.
Ses
œuvres, où l’on perçoit l’influence des maîtres comme Courbet et Rembrandt,
oscillent entre l’intime et l’universel. En 2024, elle a participé à
l’exposition collective du Pavillon du Vatican à la Biennale de Venise et a
présenté ses œuvres récentes, parmi lesquelles sa première collaboration avec
les ateliers de Sèvres, au château La Coste au Puy-Saint-Réparade. Elle a également
investi cet été le Palais idéal du Facteur Cheval avec une fontaine qui rend
hommage à Philomène, femme de l’artiste naïf, mécène de sa folle aventure, et
une tapisserie tissée à Aubusson.
Le
projet de Claire Tabouret pour Notre-Dame de Paris
Selon
le communiqué, le projet proposé par Claire Tabouret « est à la hauteur des
exigences de la cathédrale, tant par la très grande qualité artistique de la
proposition et son intégration architecturale – notamment son adéquation avec
le vitrail représentant l’arbre de Jessé (1864), présent dans l’une des
chapelles du même bas-côté de la nef, qui restera en place – que par le respect
du programme figuratif choisi par le diocèse de Paris relatif à la Pentecôte. »
«
Dans une époque comme la nôtre marquée par les guerres, les divisions et les
tensions extrêmes, cette opportunité de mettre mon art au service de l’unité à
travers le thème de la Pentecôte est une magnifique main tendue, explique
l’artiste. J’ai considéré le chemin du visiteur comme un voyage profondément
personnel et spirituel à travers Notre-Dame. Il me semble essentiel de créer
des vitraux qui auront une présence juste, accompagneront ce déplacement dans
l’espace et interviendront comme un soutien visuel au voyage intérieur, mais
sans s’imposer aux visiteurs. » Pour la réalisation des six verrières, soit une
surface vitrée de 121m² (ce qui représente 5% de la surface des plus de 120
verrières en place dans la cathédrale et datant du XIIe au XXe siècle), Claire
Tabouret collaborera avec les ateliers du maître verrier Simon-Marq. Fondés il
y a près de 400 ans, ces ateliers rémois ont réalisé de nombreuses créations de
vitraux religieux, parmi lesquels la grande baie d’Imi Knoebel dans la cathédrale de Reims, ou encore
les vitraux de Marc Chagall pour la cathédrale de Reims.
Ne
pas dénaturer la lumière de Viollet-le-Duc
Lors
de la conférence de presse, Claire Tabouret a présenté quelques esquisses à
échelle de 2 mètres de haut (chaque baie fait chacune 7 mètres de haut) pour
donner un aperçu du projet. « Il s’agira d’une œuvre d’art figurative afin
qu’elle puisse être comprise, sans explication ni cartel, par des personnes de
cultures différentes », ajoute l’artiste. Dans la chapelle Saint-Joseph par
exemple, Claire Tabouret représentera les figures disposées en cercle de prière
pour montrer la dimension physique et spirituelle de la notion d’intérieur. «
Chaque centimètre carré de ces vitraux sera habité et incarné avec plus de
détails sur les drapés et les couleurs », détaille la peintre. Aussi, elle reprendra
les motifs de grisailles des vitraux de Viollet-le-Duc pour s’inscrire dans
l’histoire de Notre-Dame.
L’un
des plus gros défis pour l’artiste sera de recréer la lumière neutre de
Viollet-le-Duc avec l’aide de l’atelier Simon-Marq. « Le challenge sera d’équilibrer
les couleurs pour ne pas dénaturer la lumière blanche », explique Claire
Tabouret. Le communiqué de presse précise que 6 mois d’études préalables à la
mise en production du projet vont être nécessaires quand la création des
verrières elle-même devrait prendre environ 18 mois. Selon ce planning, les
nouveaux vitraux devraient donc pouvoir être installés à la fin de l’année
2026, après avoir reçu un avis favorable de la commission nationale de
l’architecture et du patrimoine.
Un projet qui fait polémique
Le
projet de nouveaux vitraux, entièrement financé par le ministère de la Culture
(4 millions d’euros) a suscité une polémique depuis son annonce. Pour l’Élysée
et l’Archevêché de Paris : « Ce choix et la poursuite du projet marquent le
soutien de l’État à la création artistique et la confiance accordée à une
artiste reconnue. ». « Ce débat montre l’intérêt du grand public pour notre
patrimoine et notre histoire », ajoute Claire Tabouret lors de la conférence de
presse.
Reste
à savoir ce que deviendront les vitraux de Viollet-le-Duc, restaurés et
présentés dans les six chapelles du bas-côté sud de la nef jusqu’à
l’aboutissement du projet de Claire Tabouret. D’après Philippe Jost, président
de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, deux options sont
possibles. Soit, ils auront leur place dans un musée consacré à la cathédrale.
Soit ils seront installés dans un autre édifice religieux. Quoi qu’il en soit,
l’association Sites et Monuments a déjà prévu de déposer un recours. Lancée en
décembre 2023 par « La Tribune de l’art », une pétition contre la dépose des
vitraux de Viollet-le-Duc a réuni plus de 243 000 signatures à ce jour.
Par Agathe Hakoun, Anne-Sophie Lesage-Münch le
18.12.2024
Après maintes polémiques, la
Ministre de la Culture et du Patrimoine indique :
« L’effort admirable et collectif qui a
permis la renaissance de Notre-Dame ne
devrait pas être entaché par des querelles d’un autre âge entre des « anciens »
et des « modernes ». Patrimoine et création doivent aller de pair, c’est ce qui
fait la force d’une culture et la vitalité de notre modèle culturel. Associer
aujourd’hui Viollet le Duc, qui fut un moderniste, et Claire Tabouret, comme on
a associé hier Garnier et Chagall à l’Opéra, c’est porter au plus haut la notion
de patrimoine.
C’est
dans cet esprit que le Président Emmanuel Macron a souhaité donner une suite favorable à la
demande de Mgr Ulrich , archevêque de Paris, d’installer des vitraux
contemporains à cet endroit de la cathédrale. Notre-Dame doit demeurer un
patrimoine inscrit dans la vie, en même qu’elle est l’emblème d’un patrimoine
culturel plurimillénaire. »
Rachida Dati Ministre de la Culture et du Patrimoine
Paris, 30 décembre 2024
Vitraux non historiés dessinés par Viollet-le-Duc qui seront déposés et mis dans le nouveau musée de Notre-Dame de Paris
Voûte de la nef de Notre Dame de Paris en 2017
La même voûte en 2024
Pour aller plus loin :
Quelques aberrations de restauration dans ND de Paris
Les lieux de cultes n’avaient ni chaises ni bancs,
le public restait debout. Ce n’est qu’au XIXe que l’on trouve des bancs, ensuite ce sont les ouailles qui apportent leur propre chaise.
intérieur de ND de Paris vers 1760
Dans les années 1750, mis à part les rosaces qui
sont conservées, les vitraux datant des XIIe et XIIIe siècles ont été déposés
par les frères Vieil en 1756 pour être remplacés par des vitres de verre blanc.
Cette opération est effectuée à la demande des chanoines, pour qui la
cathédrale n’était pas assez lumineuse, et, à la même époque les murs sont
badigeonnés au lait de chaux.
À la même époque, Jacques-Germain Soufflot,
architecte de l’église de Sainte-Geneviève et admirateur de l'architecture
gothique, se voit confier par le chapitre, la réalisation d’une nouvelle
sacristie, mais aussi, en 1771, la tâche de supprimer le trumeau et une partie
du tympan du Jugement dernier (portail central), afin que les dais des
processions puissent entrer dans la cathédrale.
Vers 1770
Le 29 juillet
1830, pendant les Trois Glorieuses, les émeutiers pillent l'archevêché, le
Trésor et la sacristie, brisent les vitres et du mobilier. L’état de
délabrement de la cathédrale est tel quela ville songe à la raser…
Néanmoins, émerge à cette époque un mouvement en faveur
des monuments médiévaux : une campagne est menée auprès des autorités publiques
et de l’opinion. Guizot crée en 1830 un poste d'Inspecteur général des
Monuments historiques, auquel Ludovic Vitet est nommé. Ce sentiment
se diffuse dans la population grâce à un roman qui connaît un grand succès
:Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (1831) ; il suscite un
regain d'intérêt pour ce vaisseau de pierre échoué sur l'île de la Cité et il
est renforcé par les actes de vandalisme des anti-légitimistes en 1832.
En 1841, Etienne-Hippolyte Godde est chargé de
la restauration de la cathédrale ; néanmoins un concours est lancé en 1842
sous la pression du Comité historique des Arts et Monuments. Ses membres,
parmi lesquels Prosper Mérimée, E.-E. Viollet-le-Duc, Victor Hugo, Victor
Cousin, A.-N. Didron, le comte de Montalembert, remettent en
cause ses décisions en matière de restauration. Le concours est remporté
par Jean-Baptiste Antoine Lassus et Eugène-Emmanuel
Viollet-le-Duc, face à d'autres projets dont ceux de Jean-Jacques
Arneuf-Fransquin, qui était pressenti, et de Jean-Charles Danjoy.
Le chantier de restauration de la cathédrale
s'est déroulé en deux phases sur une période de près de 20 années (1845-1865).
Selon le projet de restauration qu'ils ont déposé en janvier 1843,
les architectes, sous l'influence de Mérimée, prônent un simple travail de
consolidation auquel s'ajoutent la réfection du portail central et celle de la
galerie des Rois de Juda. Ils tiennent à ce que leur intervention soit la plus
discrète possible et à respecter les interventions de chaque génération
d'architectes, artistes et artisans.
Si le budget alloué était important, celui-ci se
révèle insuffisant en 1851 : l'opération doit s'interrompre pendant huit
années, au cours desquelles J.-B. A. Lassus décède en 1857. Viollet-le-Duc se
retrouve alors seul maître d'œuvre, quand le chantier reprend en 1859. Dès
lors, l'architecte opte pour des principes de restauration qui lui seront
reprochés par ses contemporains. Dans le Dictionnaire raisonné de
l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Viollet-le-Duc assume de rétablir [l'édifice à restaurer] dans un état complet qui
peut n'avoir jamais existé à un moment donné.
S'il conserve le maître-autel et l'ensemble dédié au
Vœu de Louis XIII, Viollet-le-Duc est à la recherche d'une unité de style et va jusqu'à
inventer des éléments qui n'avaient jamais existé. Ainsi, les tuyaux de plomb du XVIIIe siècle laissent place à
des gargouilles expressives. Sur la façade, un Christ hybride entre deux
sculptures vues à Amiens et Chartres est ajouté au-dessus du trumeau central et
la flèche qui surplombe l'ensemble est élevée bien plus haut que celle démontée
pendant la Révolution. Sa structure en bois est recouverte de plomb et à ses
pieds les douze apôtres sont réunis. Viollet-le-Duc
s'y fait représenter en saint Thomas.
Portail central occidental avant restaurations du XIXe
Figure du Christ, trumeau du portail du Jugement dernier, invention
de Viollet-le-Duc
Par ailleurs, Viollet-le-Duc donne ses traits, ainsi
que ceux de Lassus et de Queyon, Inspecteur général des travaux de
Notre-Dame de Paris, aux Rois Ela, Amasias et Achab sur la galerie de la
façade.
Outre la création de la flèche et de nouvelles
sculptures effectuées notamment par Adolphe Geoffroy-Dechaume, l'opération de
restauration de Lassus et Viollet-le-Duc a consisté aussi en la réalisation de nouveaux vitraux, la reconstitution
partielle du Trésor et du mobilier, de la réfection de peintures murales, ainsi
que celle du grand orgue.
Dans les années 1860, Notre-Dame a aussi connu un
grand changement lors des travaux du baron Haussmann. L'ancien
hospice des enfants trouvés et l'ancien Hôtel-Dieu sont détruits afin de
dégager le parvis et de créer une grande place : il est désormais possible
d'admirer la façade avec plus de recul encore ce qui modifie la perspective.
Consécration en 1864.
En 1871, la Cathédrale a failli être détruite par un incendie lors
de la Commune. Des émeutiers ont mis le feu à
quelques bancs et chaises arrosés de pétrole comme cela a été le cas aux
Tuileries et à l'Hôtel de Ville. L’incendie a été vite maîtrisé par des
internes de l'Hôtel-Dieu et les dégâts ont été minimes.
Dans les années 1960, les vitraux en grisaille de la
nef ont été déposés et remplacés par des verrières abstraites de Jacques Le
Chevallier et ses façades ont été nettoyées dans le cadre de la campagne de
ravalement voulue par André Malraux, alors ministre de la Culture, premier de
la fonction.
pour rappel , 1ère partie : Projet pour le Mobilier de ND de Paris : ici