mercredi 7 mai 2025

Commanderie Templière d'Avalleur (10)

 

Commanderie Templière d'Avalleur - Aube (10)

Le procès des Templiers eut dans nos contrées, un retentissement plus grand que dans beaucoup d’autres provinces de France. Troyes était le siège d’une commanderie. L’ordre en comptait 11 dans les environs, dont Avalleur. L’ordre des Templiers réunissant les 2 forces vives de la société, la noblesse et l’église, l’épée et la croix, avait dans nos contrées un développement considérable. Dans les maisons de l’Ordre furent reçus un grand nombre de chevaliers et de servants, notamment à Avalleur, où eut lieu la réception de Raoul de Gisy, qui fut commandeur de plusieurs maisons de l’Ordre et devint receveur du roi, en Champagne, à Troyes, à Payns, à Sancey, à Bonlieu, au Mesnil-Saint-Loup…

D’après les manuscrits, la commanderie d’Avalleur est une des plus riches commanderies de l’Ordre. Elle est fondée au profit de l'Ordre du Temple vers 1167, par les dons effectués par le comte Manassès. Manassès était un comte de Bar-sur-Seine, devenu évêque de Langres et qui participa à la troisième croisade. Il est inhumé dans l’église de l’abbaye de Clairvaux.

La commanderie d’Avalleur s’étend alors sur un domaine forestier de 200 arpents, qui domine la plaine de la seigneurie de Bar-sur-Seine. Il est fait référence à la commanderie d'Avalleur à la date de 1172, d'après les cartulaires. La charte de sa fondation a disparu au XVIIe siècle, mais dès sa création, des manuscrits citent des donations qui deviennent de plus en plus nombreuses, sources d’enrichissement du domaine templier, au cours des XIIe  et XIIIe  siècles : en 1173 dons de Milon d'Avalleur, en 1174 don de l'usage du moulin de Besaces par Étienne de Besaces, en 1204 dons des seigneurs locaux concernant des terres à Essoyes. D'autres dons sont faits en 1205, 1207, 1203 par Haymon aux frères de la commanderie, et 1219 par le seigneur de Rochefort et par Milon d'Autricourt.




C’est surtout après 1187 que la milice du Temple prend en Champagne un développement considérable et qu’elle y devient le plus riche et le plus étendu de tous les ordres religieux. Les templiers doivent être considérés comme les plus grands propriétaires terriens de cette époque, dont Avalleur. Au XIIIe siècle, son expansion concerne une dizaine de villages et ses possessions s’étendent jusqu’aux portes de Troyes.

La commanderie « est un nid d’aigle », puisque depuis la tourelle, le regard des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem portait jusqu’à Troyes.

La commanderie d’Avalleur est composée de bâtiments conventuels, qui ont conservé leurs assises templières. Ses bois de charpente datent de 1476-1478, la porte charretière et sa rampe qui ouvrent sur les caves templières, un mur pignon d’origine, décoré de faux joints et de fleurs à cinq pétales. Ce corps de logis porte les armes de Jean de Choiseul, commandeur d'Avalleur de 1510 à 1526. Dans le corps de logis, deux tours et la bergerie sont détruites. Les bâtiments de la ferme sont remaniés au cours du XIXe siècle.

La chapelle templière d'Avalleur est dédiée à Saint Jean-Baptiste, et date du début du XIIIe siècle, conserve en partie son aspect primitif. La chapelle miraculeusement intacte, avec ses décors peints et sa belle charpente, est un exemple type des nefs templières de l’Est de la France.. Elle a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1921. Elle est de forme rectangulaire mesurant 25 mètres sur 6 mètres. A l'intérieur, trois travées de croisées d'ogive avec une inspiration cistercienne. Le chevet plat est percé de trois longues ouvertures très lumineuses. Toutes les croisées d'ogives sont travaillées et ornées de décors floraux. On peut encore apercevoir des traces de fresques de l’époque templière sur certains murs. L'intérieur est de style gothique, l'extérieur est roman avec un portail à colonnes et chapiteaux. La chapelle possède une tourelle fortifiée carrée, indiquant qu'elle était intégrée au système de défense de la commanderie. Un escalier en colimaçon conduit à la remarquable charpente d’origine à chevrons. Sur la façade nord de la chapelle, il y a le blason de Jacques de Souvré, Commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1616.

 


Peintures et Fresques d’origines templière dans la chapelle d’Avalleur :

 



« Des clés de voûtes en stuc sont rapportées à la croisée d'ogives par les arcs doubleaux. Décorées de motifs floraux, elles figurent une croix de la religion stylisée. Sous les enduits, le long des arcs doubleaux, des arcs d'ogives et des arcs formerets, apparaît encore le tracé d'un décor brun rouge en dent de loup. Des motifs de tresses sont également visibles ailleurs. Autour des lancettes du triplet, subsistent des traces de faux joints peints en brun rouge et des traces de la même peinture sur certains culs-de-lampe. Sous le triplet, un corbeau mouluré est peint de trois dents de loup. Il supportait probablement une statue ».



Quant au corps de logis, l’examen de ses murs a révélé qu’ils datent, pour l’essentiel, de son origine, ce qui fait de la commanderie d’Avalleur l’un des rares témoignages de l’époque templière conservés en France

Il y a une citerne, qui était indispensable à la vie quotidienne.


Le dernier templier de cette commanderie fut Chrestien de Bissey.

Aux premiers jours de la persécution, en 1307, Guillaume de Paris, confesseur du roi Philippe IV le Bel, son confident le plus intime et inquisiteur de la foi, arrive à Troyes le 9 octobre, pour l’instruction du procès, et y interroge, en présence de 2 personnes nobles et 3 membres de la milice. Deux Templiers reconnaissent que, lors de leur réception, « ils avaient 3 fois renoncé Jésus-Christ, qu’autant de fois ils avaient craché sur son image et qu’ils avaient donné à celui qui les recevait 3 baisers, l’un à la bouche, le second au nombril et le troisième au bas de l’épine dorsale. Celui qui les reçut leur enjoignit de céder aux désirs que pourraient leur témoigner leurs frères ». Le troisième chevalier interrogé est Raoul de Gisy, receveur du Roi en Champagne. Ce dignitaire de l’Ordre reconnaît pour vrais les faits avoués par les deux premiers interrogés. Il ajoute qu’il ignorait « si les cordes que portent les frères avaient touché les idoles ».

Parmi les 140 membres arrêtés à Paris, il y avait Jean d’Anisy, Humbert d’Avalleur et Ymbert de Venisy, précepteurs d’Avalleur.

Quand, le 22 mars 1312, le Pape Clément V prononce la dissolution de l'Ordre du Temple, il ordonne que ses biens reviennent à l’ordre des Hospitaliers. Ces derniers prennent alors possession des terres d’Avalleur, mais le domaine reste géré de la même façon. Le 8 février 1520, pendant la gestion des Hospitaliers, Avalleur s’agrandit, par association avec les commanderies d’Arrentières, Lévigny et Thors, au nord-est.

Après la Révolution, la Commanderie est devenue bien national et a été vendue au Comte de Brosses qui y a placé des fermiers.

L’abbé Prud, curée de Bar-sur-Seine, achète la chapelle en 1865, qui passera après sa mort à la paroisse de Bar-sur-Seine en 1873 puis à la commune en 1921.

Elle sera classée monument historique en 1921.

Dans le corps de logis, deux tours et la bergerie sont détruites. Les bâtiments de la ferme sont remaniés au cours du XIXe siècle.

Sur le site de la commanderie d'Avalleur, deux opérations d’archéologie préventive menées en 1998 et en 2000 par l’Afan, aujourd’hui l’Inrap, ont permis d'étudier des vestiges datant principalement de la période hospitalière, à partir du XIVe siècle, avec notamment la découverte de sépultures au nord de la chapelle et une première étude de bâti du corps de logis.

En 2008, le Conseil Général rachète la Commanderie templière d'Avalleur, partie logis, à des propriétaires privés.

Dans le cadre de sa politique patrimoniale, le Conseil Général, en 2015, fait la réhabilitation du corps de logis de ce site exceptionnel.

La Commanderie d'Avalleur est l'un des rares ensembles Français conservés de l'époque templière.

A partir de juin 2019, les visiteurs peuvent découvrir en plus de la chapelle, le logis du commandeur, des expositions et de nouveaux ouvrages.








Le logis avant travaux

Tour du logis en 2024


Intérieur du logis

Cheminée du XIIIe siècle de la commanderie d'Avalleur

Le dortoir au 1er étage du logis





linteau de la porte d'entrée du logis de la commanderie


fenêtre du logis après restauration



ruines de la bergerie conservées pour mémoire


Chevalier hospitalier de la commanderie templière d'Avalleur






Chevalier Templier et Chevalier Hospitalier
Vitrail du Temple Grafton, quartier de Stratford, Warwickshire, Angleterre.


Hiérarchie des Templiers

 

 Les rangs des Templiers étaient :

Des chevaliers, qui ont toujours été des nobles. Les Templiers étaient équipé comme cavalerie lourde, avec trois ou quatre chevaux et un ou deux écuyers. Les écuyers n’étaient généralement pas membres de l’Ordre, mais étaient plutôt des étrangers qui étaient embauchés pour une période déterminée.

Sergents. Issus de familles non nobles, les Templiers Sergents. Ils ont apporté des compétences et des métiers essentiels tels que la forge et construisant et administrant de nombreuses propriétés européennes de l’Ordre. Dans les États croisés, ils ont combattu aux côtés des chevaliers en tant que cavalerie avec un seul cheval. Les sergents portaient du noir ou du marron.

Les aumôniers, qui étaient ordonnés prêtres chargés de les besoins spirituels des Templiers.

Les Templiers n’effectuaient pas de cérémonies d’adoubement, donc tout chevalier souhaitant pour devenir un Chevalier du Temple, il fallait déjà être un chevalier. Les chevaliers étaient la branche la plus visible de l’ordre, et portait le célèbre des manteaux pour symboliser leur pureté et leur chasteté.

Certains des postes les plus élevés de l’Ordre étaient réservés aux sergents, y compris le poste de Commandant de l’Arche d’Acre, qui était le de facto Amiral de la flotte des Templiers.

Les trois classes étaient des « frères » et portaient le Croix-Rouge.

Les Templiers étaient organisés comme un ordre monastique basé sur le Order, qui a été considéré comme la première organisation internationale efficace en Europe. La structure organisationnelle avait une forte chaîne d’autorité. Chaque aire linguistique (« langue ») avec une présence majeure des Templiers avait un Maître Provincial de l’Ordre des Templiers à cette langue.

Chaque Templier appartenait à un monastère-château connu sous le nom de commanderie ou Commanderie avec son propre maître, responsable devant son Provincial Maître ou Grand Prieur, et finalement au Grand Maître. La hiérarchie était légèrement différent en Terre Sainte (puisqu’il était principalement impliqués dans les combats, tandis qu’en Europe, l’activité principale était gestion et recrutement. Comme tout autre grand noble, le Grand Le Maître avait un certain nombre d’officiers tels qu’un sénéchal et un maréchal, et contrairement à d’autres grands nobles, il avait également un officier supérieur appelé un « Draper » parce que l’uniformisation des tenues templières - en fait les uniformes - étaient d’une telle importance.

 Grand Maître

Le Grand Maître était l’autorité suprême de l’Ordre des Templiers et n’a répondu qu’au pape. Une fois élu, le Grand Maître a servi à vie. Plusieurs Grands Maîtres ont été tués dans la bataille, montrant que le poste était bien plus qu’un poste administratif Un.

 Le sénéchal

Était le bras droit du Grand Maître. Il a également agi en tant que consigliare ou conseiller auprès du Grand Maître et s’est occupé de nombreuses tâches administratives.

 Maréchal

Le Maréchal de l’Ordre était le Templier en charge de la guerre et de tout ce qui s’y rapportait. En ce sens, le maréchal pouvait être considéré comme le deuxième membre le plus important de l’Ordre après le Grand Maître. Sa suite se composait de deux écuyers, d’un turcoman, un Turcopole et un sergent. Il avait quatre chevaux à ses ordres. Un sous-maréchal était chargé des fantassins et de l’équipement.

 Le porte-étendard

Était en charge des écuyers. Malgré le de sa charge, il ne semble jamais avoir porté le titre de standard lui-même.

 Le drapier

Était en charge des vêtements et du linge des Templiers. La Règle des Templiers stipule qu’après le Maître et le Maréchal, le Draper était supérieur à tous les frères. La Règle des Templiers a dit de les responsabilités du Drapier concernant la robe du « et le Drapier ou celui qui est à sa place doit réfléchissez soigneusement et prenez soin d’avoir la récompense de Dieu toutes les choses ci-dessus mentionnées, afin que les yeux des envieux et la mauvaise langue ne peut pas remarquer que les robes sont trop longues ou trop court ; mais il doit les distribuer de manière à ce qu’ils s’adaptent ceux qui doivent les porter, selon la taille de chacun ». Le Draper avait dans sa suite personnelle deux écuyers, un certain nombre tailleurs et un frère en charge des bêtes de somme qui transporterait des fournitures. Le Draper, comme le Marshal, en avait quatre chevaux à sa disposition.


TERRE SAINTE


 Commandants des Terres : Jérusalem, Antioche et Tripoli

Ces officiers templiers opéraient un peu comme un Bailli et opéraient sous les Grands Maîtres. Les commandants étaient responsables de tout Maisons templières, châteaux et fermes dans leur juridiction. Le la suite personnelle des commandants se composait de deux écuyers, deux fantassins, un sergent, un diacre et un Sarrasin scribe. Comme d’autres, le commandant avait quatre chevaux à ses ordres ainsi qu’un palefroi.

Commandeurs de chevaliers, de maisons et de fermes (Casals)

Ces Templiers relevaient des Commandeurs de Terres et étaient responsables pour l’exploitation courante des domaines dont ils ont la charge. Ils étaient normalement des chevaliers, mais si aucun chevalier ne résidait dans la région, Le poste pourrait être attribué à un sergent. Si le commandant était un chevalier, il avait droit à quatre chevaux, mais s’il n’était sergent que Deux.

EUROPE

 

Les maîtres Provinciaux ou Grands Prieurs

Maîtres provinciaux gouvernaient les districts européens. Ils étaient similaires aux Commandeurs des Terres, mais étaient en grande partie responsables pour la gestion des revenus et le recrutement de nouveaux hommes dans l’Ordre.

Commandants  (de Commandareis / Commanderies)

Ces templiers relevaient des Maîtres Provinciaux et étaient responsables pour l’exploitation courante des domaines dont ils ont la charge. Le commandant était invariablement un chevalier et autorisait quatre chevaux.

Chevaliers

Les chevaliers devaient être des hommes de naissance noble et portaient le manteau blanc c’est le vêtement le plus familier de l’Ordre. Chaque chevalier il avait droit à un écuyer et à trois chevaux.

 Aumôniers

Prêtres Templiers

 Sergents

Les sergents n’avaient pas besoin d’être de noble naissance et de montrer leur De grade inférieur, les sergents portaient un manteau noir ou brun. Ils étaient on leur avait donné un cheval et n’avait pas d’écuyer sous leur commandement

 Maîtres provinciaux, Grands Prieurs

 L’Ordre des Templiers était divisé en régions ou « langues » en fonction de la langue de la région. Ils se sont développés au fil du temps, mais la liste suivante donne une bonne idée des langues :

La Provence (c’est-à-dire l’Occitanie, la région du Languedoc Occitan), Auvergne (parlant un dialecte de l’occitan), Poitou (y compris l’Aquitaine, parlant un dialecte de l’occitan), France, Bourgogne, Portugal, Castille, Aragon, Valence, Sicile et Pouilles, Rome, Toscane, Lombardie, Angleterre, Allemagne, Hongrie, Pologne, Terres tchèques, Jérusalem, Tripoli, Antioche, Chypre, Petite Arménie


Le premier grand maître fut Hugues de Payns.

voir le chapitre Hugues de Pays

 Tous les Maîtres Templiers étaient soumis au Grand Maître, nommé à vie, qui a supervisé les efforts militaires de l’Ordre à l’Est et leurs avoirs financiers à l’Ouest. Le Grand Maître a exercé son autorité par l’intermédiaire des visiteurs généraux de l’Ordre, qui étaient des chevaliers spécialement nommé par le Grand Maître et le couvent de Jérusalem visiter les différentes provinces, corriger les fautes professionnelles, introduire nouvelles réglementations et résoudre les litiges importants. Les visiteurs généraux avait le pouvoir de destituer les chevaliers de leurs fonctions et de suspendre le Maître de la province concernée.

Le Grand Maître de l’Ordre s’est vu attribuer « 4 chevaux, et un frère aumônier et un commis avec trois chevaux, et un sergent frère avec deux chevaux, et un gentilhomme valet pour porter son bouclier et lance, avec un seul cheval.

Le Grand Maître supervisait toutes les opérations de l’Ordre, y compris les opérations militaires en Terre Sainte et en Europe de l’Est et les transactions financières et commerciales des Templiers en Europe occidentale. Certains Grands Maîtres ont également servi en tant que commandants sur le champ de bataille, cependant ce n’était pas toujours sage : plusieurs gaffes dans le combat de de Ridefort a contribué à la défaite dévastatrice de la bataille de Hattin.

À partir du fondateur Hugues de Payns en 1118-1119, l’Ordre la plus haute fonction était celle de Grand Maître, poste qu’il occupait à vie, bien que considérant la nature martiale de l’Ordre, cette pourrait signifier un mandat très court. Tous les Grands Maîtres sauf deux sont morts en fonction, et plusieurs sont morts pendant les campagnes militaires. Pour par exemple, lors du siège d’Ascalon en 1153, le Grand Maître Bernard de Tremelay mena un groupe de 40 Templiers à travers une brèche dans la ville Murs. Comme le reste de l’armée croisée ne suivait pas, les Templiers, y compris leur Grand Maître, ont été encerclés et décapités. Grand Maître Gérard de Ridefort fut décapité par Saladin en 1189 au siège d’Acre.

Le dernier Grand Maître fut Jacques de Molay, brûlé sur le bûcher à Paris en 1314 sur ordre du roi Philippe IV.

Comme d’autres grands nobles, les Maîtres employaient également de grands officiers de l’État, notamment les maréchaux, les constables, les trésoriers et les amiraux.

Robe Templière

 Les chevaliers portaient un surcot blanc avec une croix rouge par-dessus lequel ils portait un manteau blanc également avec une croix rouge. Le manteau blanc était attribué aux Templiers au concile de Troyes en 1129, et le a très probablement été ajoutée à leurs robes lors du lancement de la Seconde croisade en 1147, lorsque le pape Eugène III, roi Louis VII de La France, et beaucoup d’autres notables ont assisté à une réunion des Les Templiers à leur siège près de Paris. Selon leur Règle, Les chevaliers devaient porter le manteau blanc en tout temps, même interdit de manger ou de boire à moins de le porter.

Les sergents portaient une tunique noire avec une croix rouge sur le devant et un manteau noir ou brun.



En tant que moines, les Templiers étaient tonsurés. Bien que non prescrit par la Templier, c’est devenu la coutume pour les Templiers de porter des barbes longues et proéminentes, comme c’était la coutume pour les pèlerins. Vers 1240, Albéric de Trois-Fontaines décrit les Templiers en tant qu'« ordre de frères barbus ».

Lors des interrogatoires des commissaires pontificaux à Paris en 1310-1311, Sur les quelque 230 chevaliers et frères interrogés, 76 sont décrits comme porter une barbe. Dans certains cas, il a été décrit comme étant « en le style des Templiers". 133 auraient rasé leur barbe, soit en renoncement à l’ordre, soit parce qu’ils espérait échapper à la détection.

 

Intronisation en tant que Chevalier du Templier

L’intronisation, connue sous le nom de Réception (receptio) dans l’Ordre, était une un engagement profond et a impliqué une cérémonie religieuse solennelle. Étrangers ont été découragés d’y assister, ce qui a éveillé les soupçons de inquisiteurs médiévaux lors des derniers procès. Les nouveaux membres devaient cèdent volontairement toutes leurs richesses et tous leurs biens à l’Ordre et prononcer des vœux monastiques (comme les moines cisterciens) de pauvreté, de chasteté, la piété et l’obéissance. La plupart des frères se sont enrôlés pour la vie, bien que certains ont été autorisés à s’y joindre pour une période déterminée. Parfois, un homme marié était s’il avait la permission de sa femme, mais il n’était pas autorisé à porter le manteau blanc.

 

Héraldique templière



La Croix templière




Le croix rouge que les Templiers portaient sur leurs robes était un symbole de martyre, et mourir au combat était considéré comme un grand honneur assuré une place au ciel. Il y avait une règle cardinale selon laquelle les guerriers de l’Ordre ne devrait jamais se rendre à moins que le drapeau des Templiers n’ait tombés, et même alors, ils étaient les premiers à essayer de se regrouper avec un autre des ordres chrétiens, comme celui des Hospitaliers. Seulement Une fois que tous les drapeaux furent tombés, ils furent autorisés à quitter le champ de bataille. Ce principe intransigeant, ainsi que leur réputation de courage, excellent entraînement et armement lourd, ont fait des Templiers l’un des les forces de combat les plus redoutées de l’époque médiévale.

Le Baculus


Le Baculus est un bâton d’autorité porté par des figures d’autorité dans le Église, comme les évêques et les abbés (parfois appelés bâtons, escrocs ou crosses). Le personnel pastoral est diversement désigné, par les écrivains, comme Virga, Ferula, Cambutta, Crocia et Pedum. Sir Walter Scott a mal interprété baculus comme un boulier - une erreur qui s’est toujours propagée par certains écrivains. Il est aussi parfois corrompu en abascus.

La règle latine des Templiers dit : « Le Maître doit tenir le bâton et le bâton (baculum et cirgam) dans sa main, c’est-à-dire le bâton (baculum), qu’il peut soutenir les infirmités des faibles, et la verge (cirgam), qui il peut, avec le zèle de la rectitude, abattre les vices des délinquants.

La bulle papale, Omne datum optimum, investit le Grand Maître des Templiers avec une juridiction presque épiscopale sur les prêtres de son Ordre. Il portait le baculus, ou bâton pastoral, comme une marque de cette juridiction, et il est devenu une partie de la Insigne de fonction.

Le baculus des Templiers est décrit dans Munter, Burnes, Addison, et toutes les autres autorités, en tant que personnel, au sommet de qui est une figure octogonale, surmontée d’une croix pavée.




Sceau des Templiers (les pauvres chevaliers du Christ) monté à deux contre un



Les Templiers en guerre

Les Templiers étaient souvent les troupes de choc avancées dans les batailles clés de les croisades, comme les chevaliers lourdement armés sur leurs chevaux de guerre se mettrait à charger l’ennemi, en avant des principaux corps de l’armée, dans le but de briser les lignes d’opposition.

L’une de leurs victoires les plus célèbres a eu lieu en 1177 lors de la bataille de Montgisard, où quelque 500 chevaliers templiers en ont aidé plusieurs milliers pour vaincre l’armée de Saladin de plus de 26 000 soldats.

L’existence des Templiers était étroitement liée aux croisades ; quand la Terre Sainte a été perdue, le soutien à l’Ordre des Templiers s’est estompé.


Deux Templiers chevauchant le même cheval - 
statue à l’extérieur de l’église du Temple à Londres.


Au milieu du XIIe siècle, le vent a commencé à tourner dans les croisades. Le monde musulman était devenu plus uni sous la direction de dirigeants efficaces comme Saladin, et des dissensions surgissaient parmi les factions chrétiennes en Terre Sainte et en ce qui la concerne. Les Templiers étaient occasionnellement en désaccord avec les deux autres ordres militaires chrétiens, les Chevaliers L’Hospitalier et les Chevaliers Teutoniques, et des décennies d’internerie les querelles affaiblissaient les positions chrétiennes, tant sur le plan politique que militaire. Après que les Templiers aient été impliqués dans plusieurs campagnes infructueuses, y compris la bataille cruciale des Cornes de Hattin, Jérusalem a été repris par les forces musulmanes sous Saladin en 1187. Les croisés reconquit la ville en 1229, sans l’aide des Templiers, mais la tint seulement brièvement. En 1244, les Turcs Khwarezmi reprirent Jérusalem et la ville n’est revenue sous contrôle occidental qu’en 1917, lorsque les Britanniques l’a capturé aux Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale.

Les Templiers furent contraints de déplacer leur quartier général dans d’autres pays. villes du nord, comme le port maritime d’Acre, qu’ils tenaient pour le siècle prochain. Il fut perdu en 1291, suivi de leur dernier forteresses continentales, Tortosa (Tartous dans ce qui est aujourd’hui la Syrie) et Atlit dans l’Israël d’aujourd’hui. Leur quartier général a ensuite été transféré à Limassol sur l’île de Chypre, et ils ont également tenté de maintenir une garnison sur la minuscule île d’Arwad, juste au large de la côte de Tortosa. En 1300, Il y a eu une tentative de s’engager dans des efforts militaires coordonnés avec les Mongols via une nouvelle force d’invasion à Arwad. En 1302 ou 1303, cependant, les Templiers perdirent l’île au profit des Mamelouks égyptiens en le siège d’Arwad. Avec la disparition de l’île, les Croisés ont perdu leur dernier point d’ancrage en Terre Sainte.

 

La mission militaire de l’Ordre étant désormais moins importante, le soutien à la L’organisation a commencé à diminuer. La situation était toutefois complexe puisque pendant les deux cents ans de leur existence, les Templiers étaient devenues une partie de la vie quotidienne dans toute la chrétienté. Le Maisons templières, dont des centaines étaient disséminées dans toute l’Europe et le Proche-Orient, leur a donné une large présence au niveau. Les Templiers géraient encore de nombreuses entreprises, et de nombreux Européens eu des contacts quotidiens avec le réseau des Templiers, par exemple en travaillant à une ferme ou un vignoble templier, ou en utilisant l’Ordre comme banque pour stocker des objets de valeur personnels. L’Ordre n’était toujours pas assujetti à la gouvernement local, ce qui en fait partout un « État dans l’État » l’armée permanente, bien qu’elle n’ait plus de mission bien définie, pouvait Passez librement toutes les frontières. Cette situation a exacerbé les tensions avec une certaine noblesse européenne, d’autant plus que les Templiers l’indiquaient un intérêt à fonder leur propre état monastique, tout comme les Chevaliers avaient fait en Prusse et les Chevaliers Hospitaliers faisaient à Rhodes.

Batailles notables

Siège d’Ascalon (1153)

Bataille de Montgisard (1177)

Bataille de Marj Ayyun (1179)

Bataille de Hattin (1187)

Siège d’Acre (1190-1191)

Bataille d’Arsuf (1191)

Siège d’Al-D ?m ?s (1210)

Bataille de Legnica (1241)

Siège d’Acre (1291)

 


 Les Templiers en tant que premiers banquiers

 L’Ordre des Templiers, bien que ses membres aient prêté serment à des La pauvreté a reçu le contrôle de la richesse au-delà des dons directs. Un noble intéressé à participer aux croisades pourrait placer tous ses biens étaient sous la gestion des Templiers pendant son absence. Accumulant de cette manière dans toute la chrétienté et l’Outremer, En 1150, l’ordre a commencé à générer des lettres de crédit pour les pèlerins en voyage en Terre Sainte : les pèlerins déposaient leurs objets de valeur auprès d’un La commanderie templière avant d’embarquer, a reçu un document indiquant la valeur de leur dépôt, puis utilisé ce document à leur arrivée en Terre Sainte pour récupérer leurs fonds dans un montant de trésor de valeur égale.

 Pour les transactions financières et autres transactions confidentielles, les Templiers utilisé un simple chiffrement de substitution - facile à casser aujourd’hui mais impossible pour faire une pause dans la période médiévale.


Cet arrangement novateur était une forme précoce de banque et ont été le premier système officiel à soutenir l’utilisation des chèques ; Il a amélioré la sécurité des pèlerins en les rendant moins attrayants cibles pour les voleurs, et a également contribué aux coffres des Templiers.

Sur la base de ce mélange de dons et de relations commerciales, les Templiers établi des réseaux financiers dans toute la chrétienté.

Ils acquérirent de vastes étendues de terres, tant en Europe qu’au Moyen-Orient Est; ils achetaient et géraient des fermes et des vignobles ; Ils ont construit des églises et des châteaux ; ils étaient impliqués dans la fabrication, l’importation et l’exportation ; ils avaient leur propre flotte de navires ; et à un moment donné, ils ont même possédé l’île de Chypre. L’Ordre des Templiers a été décrite comme la première société multinationale au monde.



Lieux des Templiers

 Grâce à leur mission militaire et à leurs vastes ressources financières, les Chevaliers Templar a financé un grand nombre de projets de construction en Terre Sainte, et dans toute l’Europe et. Seulement un petit pourcentage de ces structures sont toujours debout. De nombreux sites conservent également le nom de « Temple » en raison de l’association séculaire avec les Templiers.


Reconstitution du Temple de Salomon où les Templiers habitaient à Jérusalem

Les écuries de Salomon, sous le Temple ; Jérusalem

Procès des Templiers

 En 1305, le nouveau pape, Clément V, basé à Avignon, envoie des lettres à la fois au Grand Maître Templier Jacques de Molay et à l’Hospitalier Le Grand Maître Foulques de Villaret discutera de la possibilité de fusionner les deux Ordres.

Ni l’un ni l’autre n’était réceptif à l’idée, mais le pape Clément persista, et en 1306, il invita les deux Grands Maîtres en France pour discuter de la question. De Molay arriva le premier au début de 1307, mais de Villaret fut retardé pendant plusieurs mois.

Pendant l’attente, De Molay et Clement discutèrent d’accusations criminelles qui avaient été faites deux ans plus tôt par un Templier évincé et étaient discuté par le roi Philippe IV de France (Philippe le Bel) et ses ministres. Il a été généralement admis que les accusations étaient fausses, mais Clément envoya au roi une demande écrite d’aide dans la enquête.

Philippe, qui était déjà profondément endetté envers les Templiers de son guerre avec les Anglais, s’empara des rumeurs à ses propres fins. Il commença à faire pression sur l’Église pour qu’elle prenne des mesures contre l’Ordre, comme un moyen de se libérer de ses dettes - une méthode qu’il avait utilisée pour se libérer des dettes contractées envers les Juifs quelques années plus tôt.

Des rumeurs sur la cérémonie secrète d’initiation des Templiers ont été créées La méfiance et le roi Philippe IV de France profitèrent de la situation. En 1307, de nombreux membres de l’Ordre en France ont été arrêtés, torturés en faisant de faux aveux, puis brûlé sur le bûcher.

Sous la pression du roi Philippe, le pape Clément V dissout l’Ordre en 1312. La disparition brutale d’une grande partie de la ont donné lieu à des spéculations et à des légendes, qui ont a maintenu le nom « Templier » vivant jusqu’à l’époque moderne.

À l’aube du vendredi 13 octobre 1307 ( parfois lié à la origine de la superstition du vendredi 13), le roi Philippe IV ordonna de Molay et des dizaines d’autres Templiers français à être simultanément Arrêté.

Le mandat d’arrêt commençait par la phrase : « Dieu n’est pas content, nous avons des ennemis de la foi dans le Royaume" ["Dieu n’est pas content. Nous avons des ennemis de la foi dans le royaume »]. Des allégations ont été faites selon lesquelles lors des cérémonies d’admission des Templiers, les recrues ont été forcés de cracher sur la croix, de renier le Christ et de se livrer à des Embrasser; les frères étaient également accusés d’adorer des idoles, et les L’ordre aurait encouragé les pratiques homosexuelles.

 

Le Pape, en tant que renard, symbole médiéval de la tromperie, bénit les Grands Maîtres des Templiers et des Chevaliers Hospitaliers

Les prisonniers templiers ont été contraints d’avouer qu’ils avaient craché dessus la Croix. Ils ont été accusés d’idolâtrie et ont été soupçonnés de vénérant soit une figure connue sous le nom de Baphomet, soit une momifiée coupée tête qu’ils ont récupérée à leur quartier général d’origine sur le Temple Mont - parfois supposé être celui de Jean le Baptiste.

À la demande de Philippe, le pape Clément publia la bulle papale Pastoralis praeeminentiae le 22 novembre 1307, qui instruisit tous les monarques en Europe pour arrêter tous les Templiers et saisir leurs biens. Clément a appelé à des audiences papales pour déterminer la culpabilité des Templiers ou l’innocence, l’obtention de nouveaux aveux sous la torture. Une fois libérés de la torture des Inquisiteurs, de nombreux Templiers se rétractèrent Confessions. Certains avaient une expérience juridique suffisante pour se défendre lors des procès, mais en 1310, Philippe bloqua cette tentative, en utilisant le auparavant des aveux forcés d’avoir des dizaines de Templiers français brûlé sur le bûcher à Paris.

Philippe menaça d’une action militaire à moins que le pape ne s’y conforme avec ses souhaits. Clément a finalement accepté de dissoudre l’Ordre, citant le scandale public qui avait été généré par les aveux. Suite au concile de Vienne en 1312, il publia une série de bulles papales, y compris Vox in excelso, qui a officiellement dissous le Order, et Ad providam, qui ont remis les actifs du Temple aux Hospitaliers.

 

Philippe le Bel





Jacques de Molay dernier Grand Maître de l'Ordre du Temple 



Jacques de Molay (vers 1243 – 18 mars 1314) fut le 23e et dernier Grand Maître des Templiers, à la tête de l’Ordre 20 avril 1292 jusqu’à sa dissolution sur ordre du pape Clément V. On sait peu de choses de sa jeunesse, si ce n’est qu’il a rejoint l’ordre à Beaune dans un bâtiment qui existe encore.

Jacques de Molay est le Templier le plus connu, en grande partie à cause de son destin. Jacques de Molay, déjà âgé, avait avoué sous la torture, mais il s’est ensuite rétracté. Geoffroi de Charney, Précepteur de Normandie, rétracta également ses aveux et insista sur son innocence. Les deux hommes ont été déclarés coupables d’être des hérétiques récidivants, et ils ont sont condamnés à être brûlés vifs sur le bûcher à Paris le 18 mars 1314.

Selon la légende, il aurait crié des flammes que le pape Clément et le roi Philippe allaient bientôt le rencontrer devant Dieu. Son les paroles suivantes ont été enregistrées sur le parchemin : « Dieu sait qui a tort et a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamnés à mort" (traduction libre : "Dieu sait qui a tort et qui a péché. Bientôt une calamité s’abattra sur ceux qui nous ont condamnés à mort »). Quoi qu’il en soit, le pape Clément mourut un mois plus tard, et le roi Philippe mourut dans un accident de chasse avant la fin de l’année.

Brûlant Jacques de Molay sur le bûcher, avec Geoffroi de Charney, Précepteur de Normandie, était un sujet populaire pour la représentation artistique, souvent en présence du roi Philippe, qui regardait les procédures.


Chapelle de la commanderie templière de Beaune (21)




Jacques de Molay au bûcher

Le roi Philippe le Bel et les Templiers au bûcher


Jacques de Molay lance sa malédiction : 

« Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! Roi Philippe ! 
Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! 
Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »


Telle fut la malédiction que Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple, lance depuis son bûcher à ses juges et bourreaux, le pape Clément V et le roi de France Philippe IV, le 19 mars 1314, avant de se faire dévorer par les flammes. 

Fait historique : le pape comme le roi décédèrent tour à tour dans d’étranges circonstances quelques mois après cette imprécation. 

Maurice Druon raconte cette malédiction dans sa célèbre saga des Rois Maudits.

Jacques de Molay, le dernier grand maître de l'ordre des Templiers, a été brûlé vif sur l'Île aux Juifs, à Paris, le 18 mars 1314 Ce lieu se trouvait à la pointe de l'Île de la Cité, près de l'actuel square du Vert-Galant

On peut voir la plaque du lieu où est mort Jacques de Molay 
quand on passe en bâteau mouche




Le destin des Templiers

 Avec le départ de Jacques de Molay, les Templiers de toute l’Europe étaient soit arrêté et jugé dans le cadre de l’enquête pontificale, ou absorbé d’autres ordres militaires (généralement les Chevaliers Hospitaliers), ou des et autorisés à vivre leurs journées paisiblement. Par décret pontifical, les biens des Templiers furent transférés à l’Ordre des Hospitaliers. En effet, la dissolution des Templiers est devenue une fusion de la deux Ordres.

Certains Templiers ont peut-être fui vers d’autres territoires en dehors de l’époque pontificale contrôle, comme l’Écosse était sous un interdit papal ou à la Suisse. Les organisations templières au Portugal ont simplement changé de nom, passant de Des Templiers aux Chevaliers du Christ.

Brûler les Templiers sur le bûcher était un sujet populaire pour les représentations, souvent en présence du roi Philippe, observant les procédures.



Ad Providam, une bulle du pape Clément V du 2 mai 1312, remettant le Templier aux Hospitaliers. Archives nationales de France


Bulle du Pape Clément V concernant le transfert des biens des Templiers aux Hospitaliers dans les royaumes espagnols, émise d’Avignon en 1313


Le Parchemin de Chinon

 En septembre 2001, un document connu sous le nom de « Parchemin de Chinon » daté du 17 au 20 août 1308 a été découvert dans les archives secrètes du Vatican par Barbara Frale. Il s’agit d’un compte rendu du procès des Templiers et montre que le pape Clément a absous les Templiers de toutes les hérésies en 1308 avant de dissoudre officiellement l’Ordre en 1312, il exonère les Templiers des accusations forgées de toutes pièces contre eux. Même l’Église catholique reconnaît maintenant que Clément a subi des pressions dans le procès et la dissolution par son parent plus puissant, le roi Philippe IV.


Les Ordres Religieux


 Templiers
L'ordre militaire et religieux du Temple fut fondé en 1118, à Jérusalem, par un chevalier champenois, Hugues de Payns, et huit autres croisés français. Son but était de protéger les pèlerins qui allaient visiter les lieux saints. Baudouin II attrirbua aux nouveaux chevaliers une maison voisiné de l'emplacement du Temple de Salomon, d'où les noms de Temple et de Templiers donnés à l'ordre et à ses membres. Par suite des donations considérables dont ils bénéficièrent, les Templiers se répandirent dans toute l'Europe chrétienne, et non contents de leur réputation méritée de bravoure, ils se livrèrent à des opérations financières qui accrurent leur richesse et leur puissance.
Leurs maisons étaient nombreuses, surtout en France, où, même après la suppression de l'ordre en 1312, et l'attribution de ses biens aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ces maisons conservèrent le nom de Temple.

Hospitaliers

L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem a été créé dès 1099, au lendemain de la prise de Jérusalem par les croisés. Il avait pour mission de pratiquer l'hospitalité envers les pèlerins, et son premier chef-lieu fut, dans la ville sainte, l'église Saint-Jean : de là les appellations d' « ordre de l'Hôpital » et de « chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem » Ce chef-lieu fut transféré successivement à Acre, après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, à Rhodes après la perte d'Acre en 1291. Chassés de Rhodes par le sultan Soliman, après un siège mémorable, les chevaliers s'établirent, en 1530, dans l'île de Malte, dont Charles-Quint leur avait fait don de Malte leur fut enlevée en 1798, par Bonaparte, et, de nos jours, l'ordre ne subsiste guère que de nom.

Les maisons du Temple et de l'Hôpital étaient appelées « commanderies », chacune ayant à sa tête un commandeur. L'ordre de Saint-Lazare, dont il sera question plus loin, avait aussi ses commandeurs, comme ses chevaliers. Le nom d'écart la Commanderie se rencontre dans les régions les plus diverses ; on le voit accompagné du nom originel de la localité dans la Commanderie-de-Beaugy (Calvados).

Chevaliers de Saint-Lazare

L'ordre des fut établi, croit-on, en 1119, à Jérusalem, par le roi Baudouin II, et confirmé par le pape Alexandre IV, en 1255.
L'importance qu'il tirait de sa mission spéciale, celle de soigner les malades atteints de la lèpre, diminua en raison de ce que le fléau perdit de son intensité. En France, où il avait fixé son chef-lieu dans le domaine de Boigny, concédé par le roi Louis VII, cet ordre fut réuni en 1693 à celui de Saint-Michel ; tandis que l'union, en Savoie, de l'ordre de Saint-Lazare à celui de Saint-Maurice est l'origine de l'ordre honorifique « des saints Maurice et Lazare » au royaume actuel d'Italie.
On peut rattacher au souvenir de l'ordre de Saint-Lazare la plupart des noms de lieu désignant d'anciennes léproseries ; la plupart seulement, car quelques-uns de ces établissements étaient antérieurs à la création de l'ordre : telle, par exemple, la maison de Saint-Lazare, à Paris.

Les lépreux avaient été placés sous la protection de saint Lazare, par l'effet d'une confusion entre Lazare, le mendiant couvert d'ulcères — le moyen-âge en avait fait un lépreux — dont parle, dans l'Évangile selon saint Luc, la parabole du Mauvais Riche, et saint Lazare, le frère de Marthe et de Marie qui, ressuscité, partagea le repas de Jésus, six jours avant la Pâques, chez Simon le lépreux, à Béthanie. La forme vulgaire de Lazarus accentué sur l'antépénultième, étant Ladre, la lèpre était dite mal Ladre, d'où le mot maladreries désignant les maisons où les lépreux étaient confinés.

Ordre du Saint-Esprit

La ville de Pont-Saint-Esprit (Gard), qui s'est formée autour d'un prieuré clunisien, ecclesia sancti Saturnini, dont on constate l'existence dès 945, doit son nom actuel à un pont, jeté sur le Rhône, dont les travaux durèrent de 1269 à 1309, et à un hôpital de l'ordre du Saint-Esprit de Montpellier qui fut fonde vers la même époque.
C'est vraisemblablement à ce même ordre hospitalier, créé au XIIe siècle et confirmé en 1198 par le pape Innocent III, que doivent leur nom les localités appelées Saint-Esprit.

Ordre de la Sainte-Trinité

L'ordre de la Sainte-Trinité fut fondé en 1199 par saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, pour racheter les captifs des mains des infidèles. En France, les Trinitaires étaient appelés Mathurins à cause de leur maison de Paris, voisine de l'église Saint-Mathurin, qui leur avait été donnée en 1228 ; on les désignait aussi sous le nom d'« âniers » ou de « frères aux ânes » parce qu'à l'origine l'âne était la seule monture qui leur fût permise, témoin ce passage du Magnum chronicon Belgicum, cité par Du Cange : Anno Domini 1198, pontificalus Innocentii pape III anno I, coepit et institutus est ordo Sanctae Trinitatis, quem solebant appellare ordinem asinorum, eo quod asinos equitabant, non equos ; c'est seulement en 1267 que le pape Clément IV leur permit de monter des chevaux, à l'occasion.
Mais leur nom vulgaire subsista, on le voit dans un compte de l'hôtel du roi pour 1330, que Du Cange rapporte également :Les frères des asnes de Fontainebliaut, ou Madame fut espousée.

En raison de cette circonstance, chaque maison de l'ordre, chaque « ministrerie » — le supérieur portant le titre de « ministre » — entretenait un certain nombre d'ânes.

 



mardi 6 mai 2025

Le Pape Urbain IV (10)

 






Jacques Pantaléon naît à Troyes, en 1185.

Son père est chaussetier. Il fait ses études aux écoles gratuites de la Cathédrale. L’Église de Troyes l’envoie à l’Université de Paris : " On choisissait des enfants de nature pie, douce, bénigne, accorte et généreuse, ayant aussi un bon esprit, pour les mettre à l’Eglise..."

Il devient Maître ès Arts, Docteur en Droit Canonique et Docteur en Théologie, il a " un talent décidé pour la chaire, une belle voix, le goût et l’art du Chant, des mœurs, l’amour de l’ordre et du travail, un esprit net, vif et souple; enfin dans un petit corps, un cœur mâle, une âme forte, un génie élevé: une figure agréable, une heureuse physionomie relevaient encore toutes ces qualités... "

A Paris, on le connaît sous le nom de Jacques de Troyes.

Après son sacerdoce, l’évêque lui demande de prêcher dans la cathédrale, et il y attire aussitôt les foules. Il devient ensuite vicaire de l’Évêque de Laon, chanoine de la cathédrale et archidiacre. L’évêque de Liège, en fait son archidiacre.

En 1245, Innocent IV conçoit de l’estime et de l’affection pour lui, et l’attache à la Cour par une Prélature. Il le nomme chapelain du Vatican, puis trésorier de la basilique Saint-Pierre.

En 1248, il l’envoie en Allemagne, auprès des Cercles de Poméranie, de Livonie, et de Prusse, pour obtenir des secours financiers. On le trouve en Pologne, dévastée par les Tartares, où il rend courage au duc Boleslas V. En Slovénie, il apporte des subsides aux chevaliers Porte-Glaive qui défendent héroïquement les nouveaux chrétiens contre les hordes barbares. En Poméranie, il combat les superstitions païennes et ranime la foi des néophytes. En Prusse, il inspecte les Chevaliers teutoniques et les seconde dans leur apostolat. En 1249, il réconcilie avec eux leur ennemi.

Innocent IV le nomme évêque de Verdun en 1252.


Détail de la liste des évêques de Verdun,  palais épiscopal 

Alexandre IV, en 1255, le consacre Archevêque de Jérusalem avec le titre de Légat de toute la Terre-Sainte « conquise et à conquérir. L’éminence de vos mérites vous a rendu cher à notre cœur. Aussi, après en avoir conféré avec nos frères, avons-nous décidé de vous remettre la légation de Terre Sainte ».

A la mort du pape en 1261, il est élu par le Sacré Collège à l’unanimité, alors qu’il n’est point cardinal.

La première lettre officielle d’Urbain IV est pour Louis IX, considéré comme le plus important des souverains catholiques : « Nos prédécesseurs les Pontifes romains ont toujours honoré particulièrement les rois de France, vos illustres ancêtres, car ils avaient en propre, pour ainsi dire, le privilège spécial de défendre la loi et les libertés de l’Église romaine. Nous, qui avons gardé le souvenir de la terre natale, nous nous sentons, plus encore que nos prédécesseurs, engagés naturellement à vous favoriser. Nous voulons rehausser encore les splendeurs de votre trône ; nous conjurons le Seigneur d’en augmenter l’éclat et la solidité ; nous nous proposons d’accomplir avec plus de diligence et d’efficacité, quand même vous ne nous en feriez pas la demande, les œuvres générales et singulières que nous saurions être agréables à votre magnificence ».

Thibaut V, comte de Champagne et roi de Navarre, gendre de Louis IX, se réjouit de l’élection du nouveau pontife, dit sa joie et sa fierté à son compatriote, et sollicite de lui une lettre à ses sujets pour les inciter à prier pour leurs souverains après leur mort.

La première tâche que s’impose Urbain IV est de reconstituer et de réorganiser les États pontificaux, envahis, spoliés, dévastés. Il somme les usurpateurs, sous peine d‘excommunication, de les rendre au Saint-Siège.

On doit à Jacques Pantaléon, la reprise des relations diplomatiques avec Constantinople.

C’est aussi ce Troyen qui institue la Fête-Dieu en 1264 : " Urbain IV séjournait à Orvieto. Et voici qu’à dix kilomètres de là se produisait un miracle étrange. Alors qu’il célébrait l’Eucharistie à Bolsène, un prêtre doutant de la présence du Christ vit des gouttes de sang jaillir de l’hostie et tacher les linges sacrés. Urbain IV se souvint alors de sa légation à Liège et de ces deux moniales cisterciennes qui avaient tant insisté pour l’institution d’une fête en l’honneur du Saint-Sacrement. Il fit venir le prêtre avec son corporel, en fut si bouleversé qu’il demanda à saint Thomas d’Aquin de composer un office pour la Fête-Dieu... Une cathédrale fut construite pour abriter le linge miraculé, où l’on voit encore les fresques de Fra Angelico et de Signorelli...".

Urbain IV confirme le miracle eucharistique de Bolsène. 
Fresque d’Ugolino di Prete Ilario (1357 à 1384)
Chapelle du saint Caporal de Bolsena,
Cathédrale d’Orvieto (Italie)


Il n’oublie pas la ville où il est né. Il remet 400 marcs à des négociants de Troyes, pour être distribués, en parts égales, à la cathédrale « nourrice de nos jeunes années et source première de notre élévation aux lettres », à la paroisse Saint-Jacques, où il a été baptisé, et où reposent les cendres de son père ; au monastère de Notre-Dame des Prés où sa mère est inhumée, et à la collégiale de «  bienheureux Urbain pape et martyr, dont on célébrait la fête le jour de notre installation dans la chaire du Sacerdoce suprême. Nous désirons que le souvenir de ce nom survive à la dissolution de notre corps dans la ville de Troyes... Pour rendre célèbre à jamais le lieu de notre naissance, nous avons résolu, sous l’inspiration de celui qui a glorifié ici-bas notre habitation, d’ériger, sur l’emplacement de la maison qui nous a reçu à notre entrée dans la vie, un temple au Dieu créateur en l’honneur de saint Urbain, afin que, dans ce temple, on offrit de perpétuelles actions de grâces en reconnaissance d’un si grand bienfait ».

Construite dès 1262, la collégiale est élevée en 1264 par le pape Paul VI à la dignité de Basilique.

C’est encore ce Troyen qui ajoute à l’Ave Maria : «  Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. »

Durant son pontificat, Urbain IV, s’emploie à favoriser les sciences, les lettres et les arts. Il est soucieux de l’enseignement des universités. Il restaure le palais du Latran et la basilique Saint-Pierre au Vatican.

Les écrivains contemporains d’Urbain, parlent de la beauté et  "des agréments de sa voix, de son goût pour la musique et pour le chant, ce qui donne lieu de présumer qu’il influa, pour beaucoup, dans la composition du chant de l’office de la Fête-Dieu ".

Il émet à plusieurs reprises le vœu d’être enterré dans la basilique dédiée à son Saint Patron à Troyes.

Il décède le 2 octobre 1264 à Pérouse. C’est là qu’il fut enterré dans la cathédrale de San Lorenzo (1ère tombe). En 1901, à l’instigation de l’évêque Gustave-Adolphe de Pélacot de Troyes, ses ossements sont transférés dans sa ville natale. Ils y restèrent dans la chapelle épiscopale (2e tombe) jusqu’à ce que les travaux de restauration de l’église soient terminés. En 1905, Urbain trouve sa sépulture actuelle dans le chœur nord de Saint-Urbain (3e tombe). Sa dalle funéraire (1,13 x 2,25 x 0,10 m) est située sur le côté gauche du chœur.

Les plus grands historiens, les présidents de Sociétés Académiques sont unanimes :

  « Jacques de Troyes est l’une des plus pures gloires troyennes ».


Un arrêté municipal du 12 août 1851, donne à une rue de Troyes le nom d’Urbain IV


Pierre tombale du Pape Urbain IV en la Basilique Saint Urbain de Troyes - Aube (10)
Saint Urbain IV devant Jésus


voir l'aricle : Basilique Urbain IV




Que nous disent les archives du Vatican :

Début du pontificat    29.VIII, 4.IX.1261

Fin du pontificat        2.X.1264

Nom de naissance      Jacques Pantaléon

Naissance        Troyes (France)



URBAIN IV

BULLE

JE TRAVERSERAI CE MONDE

INSTITUATION DE LA FÊTE-DIEU

 

 

Aux vénérés frères patriarches, archevêques, évêques et autres prélats, salutations et bénédictions apostoliques.

Le Christ, notre Sauveur, étant sur le point de quitter ce monde pour monter vers le Père, peu de temps avant sa Passion, lors de la dernière Cène, a institué, en mémoire de sa mort, le sacrement suprême et magnifique de son Corps et de son Sang, nous donnant le Corps comme nourriture et le Sang comme boisson.

Chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons à cette coupe, nous proclamons la mort du Seigneur, parce qu’il a dit aux apôtres lors de l’institution de ce sacrement : « Faites ceci en mémoire de moi », afin que ce sacrement exalté et vénérable soit pour nous le souvenir principal et le plus distingué du grand amour dont il nous a aimés. Une mémoire admirable et prodigieuse, douce et douce, chère et précieuse, dans laquelle se renouvellent prodiges et prodiges ; en lui nous trouvons tous les délices et les saveurs les plus délicates, nous goûtons en lui la douceur même du Seigneur et, surtout, nous obtenons la force pour la vie et pour notre salut.

C’est un mémorial des plus doux, sacro-saint et salutaire, dans lequel nous renouvelons notre gratitude pour notre rédemption, nous nous détournons du mal, nous nous fortifions dans le bien et nous progressons dans l’acquisition des vertus et de la grâce, nous sommes réconfortés par la présence corporelle de notre Sauveur lui-même, parce que dans cette commémoration sacramentelle du Christ, il est présent au milieu de nous, sous une forme différente, mais dans sa vraie substance.

 En effet, avant de monter au ciel, il dit aux apôtres et à leurs successeurs : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du monde », et il les consola en leur promettant avec grâce qu’il resterait aussi avec eux par sa présence corporelle.

Un monument vraiment digne d’être oublié, avec lequel nous nous souvenons que la mort a été vaincue, que notre ruine a été détruite par la mort de Celui qui est la vie même, qu’un arbre plein de vie a été greffé sur un arbre de mort pour produire des fruits de salut !

C’est un mémorial glorieux qui remplit de joie l’âme des fidèles, inspire la joie et apporte des larmes de dévotion. Nous sommes remplis de joie lorsque nous pensons à la Passion du Seigneur, par laquelle nous avons été sauvés, mais nous ne pouvons retenir nos larmes. À ce sacro-saint souvenir, nous sentons jaillir en nous des gémissements de joie et d’émotion, joyeux dans des larmes pleines d’amour, émus par une joie pieuse ; notre douleur est tempérée par la joie ; Notre joie se mêle aux larmes et notre cœur déborde de joie, se dissolvant dans les larmes.

Grandeur infinie de l’amour divin, piété immense et divine, abondante effusion céleste ! Dieu nous a tout donné au moment où il a soumis à nos pieds et nous a confié la domination suprême de toutes les créatures de la terre. Elle ennoblit et exalte la dignité des hommes par le ministère des esprits les plus choisis. Car ils ont tous été établis pour servir ceux qui ont reçu l’héritage du salut,

Et comme la magnificence du Seigneur pour nous était si vaste, et qu’il voulait nous montrer encore plus son amour infini, il s’est offert lui-même dans une effusion et, triomphant de la plus grande générosité et de toute mesure de charité, il s’est livré lui-même comme nourriture surnaturelle.

Une libéralité singulière et admirable, dans laquelle le donateur vient chez nous, et le don et le donateur sont la même chose ! En vérité, la générosité de celui qui se donne lui-même est infinie, et son tempérament affectueux augmente de telle sorte que celui-ci, distribué en une grande quantité de dons, finit par rejaillir et rend le donateur d’autant plus grand qu’il s’est répandu plus largement.

C’est pourquoi le Sauveur a été donné en nourriture ; Il a voulu que, tout comme l’homme a été enseveli dans la ruine par la nourriture interdite, il revive pour la nourriture bénite ; L’homme est tombé pour le fruit d’un arbre de la mort, il est ressuscité pour un pain de vie. De cet arbre était suspendu un aliment mortel, dans celui-ci il trouve un aliment de vie ; ce fruit a apporté le mal, celui-ci la guérison ; Un mauvais appétit a fait le mal, et une autre faim a engendré le profit ; la médecine arriva là où la maladie avait envahi ; D’où la mort est sortie la vie.

De ce premier aliment, il a été dit : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras » ; de la seconde, il était écrit : « Celui qui mange de ce pain vivra éternellement. »

 C’est un aliment qui restaure et nourrit vraiment, satisfait au plus haut degré non pas le corps, mais le cœur ; non pas la chair, mais l’esprit ; Pas les viscères, mais l’âme. L’homme avait besoin de nourriture spirituelle, et le Sauveur miséricordieux a fourni, avec une pieuse attention, à la nourriture de l’âme avec la nourriture la meilleure et la plus noble.

La libéralité généreuse a été élevée au rang de nécessité et la charité a été assimilée à l’opportunité, de sorte que le Verbe de Dieu, qui est la délicatesse et la nourriture des créatures raisonnables, fait chair, s’est donné lui-même en nourriture aux créatures elles-mêmes, c’est-à-dire à la chair et au corps de l’homme. L’homme mange donc le pain des anges, dont le Sauveur a dit : « Ma chair est une vraie nourriture, et mon sang est une vraie boisson. » Cette délicatesse est prise, mais non consommée, elle est mangée, mais elle n’est pas modifiée, car elle n’est pas transformée en celui qui la mange, mais si elle est reçue dignement, elle rend semblable à Lui celui qui la consomme. Sacrement exalté et vénérable, bon et adoré, vous êtes digne d’être célébré, exalté par les louanges les plus émouvantes, par des chants inspirés, par les fibres les plus intimes de l’âme, par les dons les plus dévots, vous êtes digne d’être reçu par les âmes les plus pures !

Mémorial glorieux, il doit être conservé parmi les battements les plus profonds du cœur, indélébilement imprimé dans l’âme, enfermé dans l’intimité de l’esprit, honoré de la piété la plus assidue et la plus pieuse !

Tournons-nous toujours vers un si grand sacrement pour nous souvenir à chaque instant de Celui dont la mémoire parfaite aurait dû être, et il était (nous le savons). Car nous nous souvenons davantage de la personne dont nous contemplons constamment la maison et les cadeaux.

Quoique ce sacrement soit célébré tous les jours dans le rite solennel de la messe, cependant nous croyons utile et digne qu’une fête plus solennelle soit célébrée au moins une fois par an, surtout pour confondre et réfuter l’hostilité des hérétiques.

En effet, le Jeudi Saint, jour où le Christ l’a institué, l’Église universelle, occupée de la confession des fidèles, de la bénédiction du chrême, de l’accomplissement du commandement du lavement des pieds, et de beaucoup d’autres cérémonies sacrées, ne peut pas assister pleinement à la célébration de ce grand sacrement.

De même que l’Église s’occupe des saints, qui sont vénérés au cours de l’année, et bien que dans les litanies, dans les messes et dans les autres fonctions, leur mémoire soit renouvelée avec une grande fréquence, elle se souvient néanmoins de leur naissance certains jours, avec plus de solennité et avec des fonctions spéciales. Et parce qu’au cours de ces fêtes, les fidèles peuvent omettre certains de leurs devoirs par négligence ou occupations mondaines, ou aussi à cause de la fragilité humaine, la Sainte Mère Église établit un certain jour pour la commémoration de tous les saints, suppléant à ce qui a été négligé dans les fêtes particulières de cette fête commune.

 C’est pourquoi il est surtout nécessaire de remplir ce devoir avec l’admirable sacrement du Corps et du Sang du Christ, qui est la gloire et la couronne de tous les saints, afin qu’il puisse resplendire dans une fête et une solennité particulières, et que ce qui a peut-être été négligé dans les autres célébrations de la messe, en ce qui concerne la solennité, il est pourvu avec une diligence pieuse ; et pour que les fidèles, à l’approche de cette fête, entrant en eux-mêmes, pensant le passé avec attention, humilité d’esprit et pureté de conscience, supplèrent ce qu’ils n’auraient pas fait en assistant à la messe, peut-être occupés de leurs pensées dans les affaires du monde ou plus ordinairement à cause de la négligence et de la faiblesse humaines. Une fois, nous avons aussi entendu dire, alors que nous étions dans un bureau plus modeste, que Dieu avait révélé à certains catholiques que cette fête devait être célébrée dans toute l’Église ; C’est pourquoi nous avons jugé opportun de l’établir afin que, d’une manière digne et raisonnable, la foi catholique soit vivifiée et exaltée.

Célébrons donc chaque année une fête spéciale et solennelle d’un si grand sacrement, en plus de la commémoration quotidienne que l’Église en fait, et nous lui établissons un jour fixe, le premier jeudi après l’octave de la Pentecôte. Nous ordonnons aussi que le même jour des multitudes de fidèles s’assemblent dans ce but dans les églises, avec générosité d’affection, et que tout le clergé et le peuple chantent joyeusement des chants de louange, afin que les lèvres et les cœurs soient remplis d’une sainte joie ; que la foi chante, que l’espérance tremble, que la charité exulte ; que la dévotion palpite, que la pureté exulte ; que les cœurs soient sincères ; que tous s’unissent avec un esprit diligent et une volonté prompte, s’occupant de préparer et de célébrer cette fête. Et que le ciel accorde que la ferveur enflamme les âmes de tous les fidèles au service du Christ, afin que, par cette fête et d’autres œuvres de bien, augmentant de plus en plus leurs mérites devant Dieu, après cette vie, il se donne lui-même en récompense à tous, car il s’est offert à eux comme nourriture et comme prix de rançon.

C’est pourquoi nous vous recommandons et vous exhortons dans le Seigneur et, par le moyen de cette bulle apostolique, nous vous ordonnons, en vertu de la sainte obéissance, avec un précepte rigoureux, l’imposant comme une rémission de vos péchés, de célébrer avec dévotion et solennité cette fête très exaltée et glorieuse et de vous engager avec toute l’attention à la faire célébrer dans toutes les églises de vos villes et diocèses le jeudi susmentionné de chaque année, avec les nouvelles leçons, les répons, les versets, les antiennes, les psaumes, les hymnes et les prières qui lui sont propres, que nous incluons dans notre Bulle avec les parties propres à la messe ; Nous vous ordonnons aussi d’exhorter vos fidèles par des recommandations salutaires, directement ou par d’autres, le dimanche qui précède le jeudi susmentionné, afin que, par une confession vraie et pure, par des aumônes généreuses, par des prières attentives et assidues, et par d’autres œuvres de dévotion et de piété, ils se préparent de telle manière qu’ils puissent y participer. avec l’aide de Dieu, dans ce précieux sacrement et qu’ils le reçoivent avec révérence et obtiennent ainsi, avec son aide, un accroissement de grâce.

Et désireux d’encourager les fidèles par des dons spirituels à célébrer dignement une si grande fête, Nous accordons à tous ceux qui sont vraiment repentants et confessés de participer aux matines de cette fête, dans l’église où elle est célébrée, cent jours d’indulgence ; d’autres pour la messe, et, de même, à ceux qui participent aux premières vêpres de cette même fête et à la seconde ; et à tous ceux qui participent à l’office de Prima, Tierce, Sexta, Nona et Complies, quarante jours pour chaque heure. Enfin, à tous ceux qui assistent aux matines et aux vêpres, à la messe et à la récitation de l’office pendant l’octave, nous accordons cent jours d’indulgence pour chaque jour, confiants dans la miséricorde du Dieu tout-puissant et dans l’autorité de ses saints apôtres Pierre et Paul.

 

Donné à Orvieto, le 11 août 1264, troisième année de notre pontificat.


Certificat d'institution de la Fête-Dieu dans le diocèse de Liège (29 décembre 1252).



J'ai traduit la bulle pontificale ci-dessus d'après l'original ci-dessous : 


Bulle Transiturus de mundo (11 août 1264)

URBANUS IV

BULLA

TRANSITURUS DE MUNDO*

11 aug. 1264

 

 ... patriarchae Jerosolimitano, Apostolicae Sedis Legato, et universis archiepiscopis et episcopis per patriarchatum Jerosolimitanum constitutis.

 

Transiturus de mundo ad Patrem, Salvator noster Dominus Jehsus Christus, cum tempus suae passionis instaret, sumpta coena, in memoriam mortis suae instituit summum et magnificum sui Corporis et Sanguinis Sacramentum, corpus in cibum et sanguis in poculum tribuendo. Nam quotienscunque panem hunc manducamus et calicem bibimus, mortem Domini nuntiamus. In institutione quidem huius salutiferi Sacramenti dixit ipse Apostolis: «Hoc facite in meam commemorationem» (Luc. 22, 19) ut praecipuum et insigne memoriale sui amoris eximii, quo nos dilexit, esset nobis hoc praecelsum et venerabile Sacramentum. Memoriale, inquam, mirabile ac stupendum, delectabile ac suave, carissimum et super omnia praetiosum, in quo innovata sunt signa et mirabilia immutata, in quo habetur omne delectamentum et omnis saporis suavitas ipsaque dulcedo Domini degustatur, in quo utique vitae suffragium consequimur et salutis. Hoc est memoriale dulcissimum, memoriale sanctissimum, memoriale salvificum, in quo gratam redemptionis nostrae recensemus memoriam, in quo a malo retrahimur, confortamur in bono et ad virtutum et gratiarum proficimus incrementa, in quo profecto reficimus ipsius corporali praesentia Salvatoris, quia in hac sacramentali Christi commemoratione ipse Christus praesens, sub alia quidem forma, sed in propria vere substantia est nobiscum. Ascensurus enim in coelum, dixit Apostolis eorumque sequacibus: «Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem saeculi » (Mt 28,10); benigna ipsos promissione confortans, quod remaneret et esset cum eis etiam per praesentiam corporalem. O digna et nunquam intermittenda memoria, qua mortem nostram recolimus mortuam nostrumque interitum vitae obitu interisse ac lignum vivificum ligno mortis affixum, fructum nobis attulisse salutis! Haec est commemoratio gloriosa, quae fidelium animos replet gaudio salutari et cum infusione laetitiae devotionis lacrimas subministrat. Exultamus nimirum nostram rememorando liberationem et recolendo passionem dominicam per quam liberati sumus, vix lacrimas continemus. In hac itaque sacratissima commemoratione adsunt nobis suaviter gaudium simul et lacrimae, quia in ea et gaudemus pie lacrimantes et lacrimamus devote gaudentes, laetas habendo lacrimas et laetitiam lacrimantem. Nam et cor, ingenti perfusum gaudio, dulces per oculos stillat guttas. O divini amoris immensitas, divinae pietatis superabundantia, divinae affluentia largitatis! Dedit enim Dominus nobis sua, quia subiecit omnia sub pedibus nostris et super universas terrae creaturas contulit nobis dominii principatum. Ex ministeriis etiam spirituum supernorum nobilitat et sublimat hominis dignitatem; administratorii namque sunt omnes in ministerium propter eos qui hereditatem salutis capiunt destinati.

Et cum tam copiosa fuerit erga nos eius munificentia, volens adhuc ipse in nobis quam exuberantem caritatem praecipua liberalitate monstrare, semetipsum nobis exhibuit et transcendens omnem plenitudinem largitatis omnemque modum dilectionis excellens, tribuit se in cibum. Quam singularis et admiranda liberalitas, ubi donator venit in donum et datum est idem penitus cum datore! Quam laxa et prodiga largitas, cum tribuit quis se ipsum et sic largiendi superabundat affectio, quod amplis rerum sparsa donariis, in largitionem insuper effunditur largitatis, tanto plenius adimpleta quanto copiosius est effusa! Dedit igitur se nobis Salvator in pabulum ut, quia per cibum in mortem homo corruerat, et per cibum ipse relevaretur ad vitam; cecidit homo per cibum ligni mortiferi, relevatus est homo per cibum ligni vitalis, in illo pependit esca mortis, pependit in isto vitae alimentum; illius opus intulit laesionem, istius gustus attulit sanitatem; gustus sauciavit et gustus curavit indeque unde vulnus est ortum, prodiit et medela; et unde mors subiit, exinde vita venit. De illo siquidem gustu dicitur: «Quocumque die comederis, morte morieris» (Gen. 2,17); de isto autem legitur: «Si quis manducaverit ex hoc pane, vivet in aeternum» (Io 6,52). Hic est cibus qui plene reficit, vere nutrit summeque impinguat non corpus sed cor, non carnem sed animam, non ventrem sed mentem. Homini ergo, quia spirituali etiam alimonia indigebat, Salvator ipse misericors, de nobiliori et potiori huiusmodi alimento pro animae refectione pia dispensatione providit. Condecens quoque caritatis liberalitas extitit et convertens operatio pietatis, ut Verbum Dei aeternum, quod rationalis creaturae cibus est et refectio, factum caro, se rationalis creaturae, carni counitae, homini videlicet in edulium largiretur. Panem enim angelorum manducavit homo et ideo Salvator ipse ait: «Caro mea vere est cibus et sanguis meus vere est potus» (Io 6,56). Hic cibus sumitur, sed non consumitur, manducatur, sed non transmutatur, quia in edente minime transformatur, sed si digne recipitur, sibi recipiens conformatur. O excellentissimum Sacramentum, adorandum, venerandum, colendum, glorificandum, amandum et amplectendum, praecipuis magnificandum laudibus, summis praeconiis exaltandum, cunctis honorandum studiis, devotis prosequendum obsequiis et sinceris mentibus retinendum! O memoriale nobilissimum, intimis commendandum praecordiis, firmiter animo alligandum, diligenter in cordis reservandum utero et meditatione ac celebratione sedula recensendum! Huiusmodi memorialis continuam debemus celebrare memoriam, ut illius cuius ipsum fore memoriale vere cognoscimus, semper memores existamus, quia cuius donum vel munus frequentius aspicitur, hic in ventre memoriae strictius retinetur.

Licet igitur hoc memoriale Sacramentum in quotidianis Missarum sollemniis frequentetur, conveniens tamen arbitramur et dignum, ut de ipso semel saltem in anno, ad confundendum specialiter haereticorum perfidiam et insaniam, memoria celebrior et sollemnior habeatur. In die namque Coenae Domini, quo die ipse Christus hoc instituit Sacramentum, universalis Ecclesia pro poenitentium reconciliatione, sacri confectione Chrismatis, adimpletione mandati circa lotionem pedum et aliis plurimum occupata, plene vacare non potest celebritati huius maximi Sacramenti. Hoc enim circa Sanctos, quos per anni circulum veneramur, ipsa observat Ecclesia, ut quamvis et in letaniis et in Missis ac alias etiam ipsorum memoria saepius renovetur, nihilominus tamen eorum natalicia certis diebus per annum sollemnius recolat, festa propter hoc eisdem diebus specialia celebrando. Et quia forte in huiusmodi festis circa sollemnitatis debitum, aliquid a fidelibus per negligentiam vel rei saecularis occupationem aut alias ex humana fragilitate omittitur, statuit ipsa Ecclesia certam diem, in qua generalis omnium Sanctorum commemoratio fieret, ut in hac ipsorum celebritate communi, quod sic in propriis eorum festivitatibus ommissum existere, solveretur. Potissimum igitur id exsequendum est erga hoc mirificum Sacramentum Corporis et Sanguinis Jesu Christi, qui est Sanctorum omnium gloria et corona, ut festivitate ac celebritate praefulgeat speciali, quatenus in eo quod in aliis Missarum officiis circa sollemnitatem est forsan praetermissum, devota diligentia suppleatur et fideles, festivitate ipsa instante, infra se praeterita memorantes, id quod in ipsis Missarum sollemniis, saecularibus forsan agendis impliciti aut alias ex negligentia vel fragilitate humana minus plene gesserunt, tunc attente in humilitate spiritus et animi puritate restaurent.

Nos itaque, ad coroborationem et exaltationem catholicae fidei, digne ac rationabiliter duximus statuendum, ut de tanto Sacramento, praeter quotidianam commemorationem quam de ipso facit Ecclesia, specialior et sollemnior annuatim memoria celebretur, certum ad hoc designantes et describentes diem, videlicet feriam quintam proximam post dominicam festum Pentecosten primo sequentem, ut in ipsa quinta feria, devotae turbae fidelium propter hoc ad ecclesiam affectuose concurrant, ut tunc cleri et populi pariter congaudentes, in cantica laudis surgant, tunc omnium corda et vota, ora et labia hymnos personent laetitiae salutaris, tunc psallat fides, spes tripudiet, exultet caritas, devotio plaudat, iubilet puritas et sinceritas iucundetur, tunc singuli alacri animo promptaque voluntate conveniant, sua studia laudabiliter ad exequenda tanti festi sollemnia transfundentes et utinam ad Christi servitutem sic eius fideles ardor dilectionis inflamment, ut per haec et alia proficientibus ipsis meritorum cumulo apud eum, ipse qui se pro illis dedit in pretium tribuitque in pabulum, tandem post huiusmodi vitae decursum eis se in praemium largiatur.

Ideoque universitatem vestram monemus et hortamur in Domino, per apostolica vobis scripta mandantes, quatenus tam excelsum et tam gloriosum festum praedicta quinta feria singulis annis, cum novem lectionibus, cum responsoriis, versiculis, antiphonis, psalmis, hymnis et orationibus ipsi festo specialiter congruentibus, quae cum proprio Missae officia vobis sub bulla nostra mittimus interclusa, devote ac sollemniter celebretis et faciatis studiose per universas ecclesias vestrarum civitatum et dioecesium celebrari, subditos vestros in praefata dominica, dictam quintam feriam proxime praecedente, salutaribus monitis sollicite per vos et per alios exhortantes, ut per veram et puram confessionem, elemosynarum largitionem, attentas et sedulas orationes ac alia devotionis et pietatis opera, taliter se studeant praeparare quod huius praetiosissimi Sacramenti, largiente Domino, mereantur fieri participes possintque ipsum dicta quinta feria suscipere reverenter ac eius virtute augmentum consequi gratiarum. Nos enim christifideles, ad colendum et celebrandum venerabiliter tantum festum, donis volentes spiritualibus animare, omnibus vere poenitentibus et confessis, qui matutinali officio festi eiusdem in ecclesia in qua illud celebrabitur interfuerint, centum; qui vero Missae, tot idem; qui autem in primis ipsius festi vesperis intererint, similiter centum; qui vero in secundis, totidem; illis quoque, qui Primae, Tertiae, Sextae, Nonae ac Completorii officii interfuerint, pro qualibet horarum ipsarum quadraginta; eis autem, qui per octavas ipsius festi, matutinalibus, vespertinis, Missae ac praedictarum horarum officiis intererint, centum dies singulis octavarum ipsarum diebus, de omnipotentis Dei misericordia et beatorum Petri et Pauli, Apostolorum eius, auctoritate confisi, de iniunctis sibi poenitentiis misericorditer relaxamus.

 

Datum apud Urbem veterem, II idus augusti, anno tertio.

 

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* Volumen V, Tomus I: Acta Urbani IV, Clementis IV, Gregorii X (1261-1276), Typis Polyglottis Vaticanis, 1953, pp. 43-47.

 


lundi 5 mai 2025

Élection d’un doyen de Saint-Urbain (10)

 


La basilique Saint-Urbain, fondée par le troyen et  pape Urbain IV prenait le titre de « papale » et dépendait immédiatement de l’église de Rome. Le pasteur de Saint-Urbain était qualifié doyen et occupait une position élevée dans le clergé. C’étaient les chanoines du chapitre qui le nommaient.

Thomas Lemaître, doyen de Saint-Urbain, décède le 22 février 1646. 

L’élection de son remplaçant commence le 5 mars.

 Il y est procédé par Messieurs les chantres, trésorier, chanoines et chapitres de l’église, en présence du doyen et chanoine de l’église royale et collégiale Saint-Etienne de Troyes, protonotaire apostolique, et du cellérier et chanoine directeurs de l’élection, tous deux licenciés ès-lois, et de deux prêtres  chapelains, témoins. Une grand’messe du Saint-Esprit est d’abord célébrée par tous les chanoines résidant à Troyes, qui se rendent ensuite au chapitre pour voter.

 Ils sont dix. Il existe deux manières de faire l’élection : 

- par la voie du Saint-Esprit et par celle du scrutin ou du compromis.

 On décide d’abord de suivre la voie du Saint-Esprit. Le chantre avertit ceux qui seraient excommuniés ou suspendus des choses divines d’avoir à s’abstenir. Puis, chaque votant promet et jure à Dieu et à Saint-Urbain d’élire pour doyen celui qu’il croit le plus utile aux intérêts spirituels et temporels de l’Eglise.

 Le chantre vote le premier : « Moi, chantre et chanoine de cette église, mu par le Saint-Esprit, je choisis et élis pour doyen ou pasteur de cette église vénérable et discrète personne, maître Philippe Pépin, prêtre, bachelier en théologie sacrée, official, chanoine et archidiacre de l’insigne église de Soissons, que je regarde comme le plus utile pour soutenir la dignité de doyen et pour défendre les droits du chapitre ».

 Tous les autres chanoines confirment ce choix, excepté M. Nicolas Mérille, qui, restant assis, garde le silence et manifeste ainsi sa désapprobation.

 Dans l’élection par la voie du Saint-Esprit, il faut l’unanimité des suffrages.

 M. Guignard, qui préside l’assemblée déclare que cette élection n’ayant pas donné de résultat, on va procéder par la voie du scrutin. Il est décidé que l’on donnera les suffrages de vive voix.

 Le chantre, appelé à voter le premier dit : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, chantre de Saint-Urbain, je choisis et élis pour doyen et pasteur de cette église, vénérable et discrète personne M. Philippe Pépin, prêtre, bachelier en théologie sacrée, maire, archidiacre et d’église de Soissons, que je regarde comme le plus utile et le plus idoine pour soutenir la dignité de doyen et pour défendre les droits de l’église et ceux de tout le chapitre ».

 Tous les autres chanoines, excepté M. Mérille, font le même choix. Ce dernier exprime ainsi son vote :

« Moi, Nicolas Mérille, je choisis pour doyen ou pasteur de cette église vénérable et discrète personne M. Louis Lecourtois, naguère archidiacre et chanoine le Troyes, que je crois le plus utile et le plus idoine pour une telle dignité et pour défendre les droits du chapitre et de l’église ».

 Sur 11 votants, 10 ayant donné leur voix à M. Philippe Pépin, le chantre dit :

« Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, nous avons élu et choisi pour doyen ou pasteur de cette église M. Philippe Pépin ».

 Il sort du chapitre et près de la porte, il publie 3 fois à haute voix, en présence d’un grand nombre de personnes, l’élection qui vient d’être faite.

 Après cette publication, on se rend à l’église où l’on chante un Te Deum, avec accompagnement d’orgues, et au son du tambour.

 Le lendemain, 2 chanoines se rendent (à leurs frais) à Soissons pour informer M. Pépin de son élection.

 Quatre jours après, ils arrivent à Soissons, où M. Pépin accepte les fonctions, quoiqu’il se regardât « comme indigne de ce titre ».

 M. Pépin obtient les bulles papales et « exerce paisiblement ses fonctions de doyen ».   

 

 Pour rappel :

Urbain IV, né Jacques Pantaléon vers 1195 à Troyes, était le 182e pape de l'Église catholique, élu en 1261. Issu d'une famille modeste, il a commencé sa carrière ecclésiastique comme clerc à la cathédrale de Troyes avant de devenir évêque de Verdun et patriarche de Jérusalem.

Il est notamment connu pour avoir institué la Fête-Dieu en 1264, une célébration dédiée à l'Eucharistie. Son pontificat a été marqué par des négociations avec Louis IX et Charles d'Anjou pour la conquête du royaume de Sicile.

 

Scènes de la vie d’Urbain IV – Basilique Urbain IV – Troyes Aube (10) 


voir l'article : Basilique Urbain IV

voir l'article : Pape Urbain IV




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