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jeudi 23 mai 2024

Blason de Rumilly

 


 Elles représentent, d'une part le manoir des Tourelles avec, en chef, les armes de Jean Colet, le curé bâtisseur de l'église Saint-Martin :

D'or au chevron d'azur chargé en chef d'une étoile aussi d'or et accompagné de trois œillets de gueules tigés et feuillés de sinople.

 

Pierre Pion qui, vers 1530, a donné au manoir sa touche renaissance, portait :

D'azur à la croix patriarcale d'or accompagnée à dextre d'une étoile d'or.



 Hors les armoiries de ces deux personnages importants pour l'histoire monumentale de Rumilly, le manoir et l'église en renferment à profusion.

Pour les ecclésiastiques.

Au manoir, celles, d'Antoine II de Vienne, abbé de Molesme.

De gueules à l'aigle éployée d'or, membrée d'azur.

Antoine II

lundi 20 mai 2024

Blason de Nantes

 

Blason de NANTES

 

NAONED / NAUNTT

Chef-lieu de département (Loire Atlantique)

 XVIe s de gueules au vaisseau équipé d'or, habillé d'hermine, voguant sur une mer de sinople mouvant de la pointe et ondée d'argent; au chef d'hermine.


Armoiries de Nantes
Croix de la Libération. Croix de Guerre 1939-1945.

Devise: « favet neptunus eunti » (que Neptune favorise le voyageur)


L'histoire des armoiries de la ville de Nantes commence au XIVe siècle avec le sceau de l'ancienne prévôté, sceau qui représente le duc de Bretagne dans une frêle embarcation, brandissant une épée comme pour protéger la capitale de son duché.

Au XVe siècle, lors des funérailles d’Anne de Bretagne le 19 mars 1514, la barque évolue en une nef d'or ; le blason de la ville devenant "De gueules au navire d'or habillé d'hermines, voguant sur une mer de sinople, au chef d'hermines, l'écu timbré d'une couronne comtale et entouré d'une cordelière ", blason souvent accompagné de la devise Oculi omnium in te sperant Domine (les yeux de tous se tournent vers toi et espèrent Seigneur).

armoiries au XVIe s.

Deux particularités dans ces armoiries : la mer de sinople c'est à dire verte et non pas d'azur comme fréquemment en héraldique, couleur symbolisant la rivière qui se jette dans l'océan ; et la cordelière, insigne de l'ordre fondé par Anne de Bretagne en l'honneur de Saint-François d'Assise, patron de son père, et ornement de la reine dont elle introduisit la mode à la cour de France.

Au XVIIIe siècle, la ville se transforme, ses armoiries aussi. En 1754, une couronne murale et crénelée remplace la couronne comtale, représentant les fortifications en cours de démolition. Pendant la Révolution, le navire est remplacé par une statue de la liberté. L'Empire voit le presque rétablissement du blason d'Ancien Régime, avec cependant le rajout d'un attribut napoléonien : une couronne sommée d'un aigle.

vendredi 29 mars 2024

Armoiries de Troyes

 


Héraldique  : « d’azur à la bande d’argent côtoyée de 2 cotices potencées et contre potencées de 13 pièces d’or, au chef cousu d’argent chargé de 3 fleurs de lys d’or rangées en face ».

 Les armes de Troyes rappellent le rattachement de la Champagne à la France en 1284, par le mariage de Jeanne de Navarre, héritière du comté, avec le roi de France Philippe le Bel. Au blason de Champagne s’ajoute le chef de France aux 6 fleurs de lys.

Sous la Révolution toutes les armoiries furent dès 1790, déclarées abolies et souvent martelées en tant que symbole de l’Ancien régime et du despotisme.

Napoléon remplaça les fleurs de lys par 3 abeilles. En 1825, Troyes reprit son blason fleurdelisé. Mais la Monarchie de Juillet, issue de la Révolution de 1830, adopta à la place des fleurs de lys, 3 étoiles d’or. Cet usage n’a été qu’éphémère, comme le prouve une reprise déjà ancienne des fleurs de lys. En même temps que le drapeau blanc disparaissait, la France retrouvait le drapeau tricolore.

Napoléon III rétablit les abeilles de son oncle.

 L’ancien Lycée de garçons, boulevard Gambetta, construit en 1861, porte naturellement les 3 abeilles de Napoléon III. Le Théâtre 1875, la Caserne Beurnonville, blason au fronton de l’aile sud, côté cour 1877, le Monument des Enfants de l’Aube 1890, le Cirque municipal 1903, l’hôtel du Petit Troyen puis de Libération Champagne, rue Général de Gaulle 1904, sont ornés du blason avec 3 étoiles en chef. La Caisse  d’Epargne 1893, le pont Danton 1893 (démoli en 1953), le réservoir des Hauts-Clos, avenue Edouard Herriot 1896, les anciennes bornes fontaines 1908, l’ancien Lycée de filles, rue Pasteur 1914, retrouvèrent les 3 fleurs de lys. Celles-ci ont donc fait une courte apparition de 1893 à 1896, cédant la place aux étoiles au début du XX° siècle, avant de revenir définitivement.

Cette apparente incohérence s’explique par les tendances politiques des municipalités successives. Les 3 étoiles furent adoptées par les premiers républicains, adversaires des bonapartistes, puis les radicaux. Les maires étaient alors : en 1877 Arthur-Camille Pierret, en 1890 Eugène Boullier radical, en 1903 Charles Lemblin Armant, en 1904 Louis-Joseph Mony, radical-socialiste, franc-maçon.

jeudi 28 mars 2024

Procès, Condamnation, Exécution, Réhabilitation de Jeanne d'Arc

 

Procès en condamnation et exécution de Jeanne d’Arc

Au nom du Seigneur, ainsi soit-il.

Ici commence le procès en matière de foi contre défunte femme Jeanne, appelée vulgairement la Pucelle.



A tous ceux qui les présentes lettres verront, Pierre Cauchon, par la miséricorde divine évêque de Beauvais, et frère Jean Lemaître, de l’Ordre des frères prêcheurs, commis, dans le diocèse de Rouen, et chargé spécialement, eu qualité de vice-inquisiteur, de suppléer dans ce procès religieuse et prudente personne maître Jean Graverent, dudit Ordre, docteur distingué en théologie, inquisiteur de la foi et de la plaie hérétique, député, par délégation apostolique, au royaume de France; salut en Notre-Seigneur Jésus-Christ auteur et consommateur de la foi.

Il a plu à la céleste Providence qu’une femme nommée Jeanne et vulgairement la Pucelle ait été prise et appréhendée par les gens de guerre dans les bornes et limites de nos diocèse et juridiction.

Or, c’était un bruit public que cette femme, au mépris. de la pudeur et de toute vergogne et respect de son sexe, portait, avec une impudence inouïe et monstrueuse, des habits difformes convenant au sexe masculin.

On disait encore que sa témérité l'avait conduite à faire, dire et semer beaucoup de choses contraires à la foi catholique et aux articles de la croyance orthodoxe. Ce faisant, elle s'était rendue gravement coupable tant dans notre diocèse que dans plusieurs autres lieux du royaume.

L'Université de Paris ayant eu connaissance de ces faits, ainsi que frère Martin Belorme, vicaire général de mon dit seigneur l'inquisiteur ès perversité hérétique, s'adressèrent aussitôt à l'illustre prince monseigneur le duc de Bourgogne et au noble seigneur Jean de Luxembourg, chevalier, qui tenaient ladite Pucelle sous leur puissance et autorité. Ils requirent lesdits seigneurs, par sommation, au nom du vicaire, sous les peines juridiques, de nous rendre et envoyer ladite femme ainsi diffamée et suspecte d'hérésie, comme au juge ordinaire.

Nous, évêque susdit, remplissant notre office pastoral, travaillant de toutes nos forces à l'exaltation et promotion de la foi chrétienne, avons voulu nous livrer à une en- quête légitime sur les faits ainsi divulgués et procéder , avec mûre délibération, conformément au droit et à la raison, à la conduite ultérieure qui nous paraîtrait légitime.

C'est pourquoi nous avons à notre tour, et sous les peines de droit, requis lesdits prince et seigneur de remettre à notre juridiction spirituelle ladite femme pour être jugée.

A son tour, le sérénissime et très chrétien prince notre maître, le roi de France et d’Angleterre1, a requis lesdits seigneurs, pour parvenir au même résultat. Enfin le très illustre duc de Bourgogne et le seigneur susnommé Jean de Luxembourg, accordant favorable accueil auxdites monitions et désirant, dans leurs âmes catholiques, accorder leur aide à des actes ayant pour but l'accroissesement de la foi, ont livré et envoyé ladite Pucelle à notre dit seigneur et à ses commissaires.

Ledit seigneur, dans son zèle et sa royale sollicitude en faveur de la foi, nous a ensuite délivré ladite femme, pour que nous soumettions les faits et dits de la prévenue à une enquête préalable et approfondie, avant de procéder ultérieurement. En suite de ces actes, nous avons prié l'illustre et célèbre chapitre de Rouen, détenteur de toute la juridiction spirituelle et administration, le siège épiscopal vacant, de nous accorder territoire dans cette ville de Rouen, pour y déduire ce procès: ce qui nous a été gracieusement et libéralement concédé.

Avant de procéder contre ladite Pucelle à la procédure ultérieure, nous avons jugé raisonnable de nous concerter, par une grave et mûre délibération, avec des personnes lettrées et habiles en droit divin et humain, dont le nombre, grâce à Dieu, en cette ville de Rouen, est considérable.

 1. Henri VI d’Angleterre

 

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