lundi 24 mars 2025

Charles VIII à Troyes

 

Portrait de Charles VIII, huile sur panneau de bois,
 école française du XVIe siècle,
Chantilly, musée Condé.



Louis XI décède le 30 août 1483.

Cet événement est annoncé aux Troyens par deux lettres écrites d’Amboise ; l’une du 31 août, par son fils, qui fut roi sous le nom de Charles VIII, et l’autre le 1er septembre par Pierre de Bourbon gendre de Louis XI.

Ces lettres apportées par un chevaucheur de l’écurie du roi, n’arrivèrent à Troyes, que le 14 septembre. Charles VIII demande des prières pour son père. Charles VIII, en annonçant la mort de son père, invite les Troyens à rester unis et soumis à son obéissance, et de manière que chacun vive en sûreté, repos et tranquillité. Vivant ainsi, il les aura « en spéciale et singulière recommandation, comme ses bons, vrais et loyaux sujets ».

Le jeune roi, par une lettre aux élus, décharge les habitants de Troyes du paiement des tailles pour le quatrième quartier de l’année.

Le 24 septembre 1483, les Troyens répondent au roi. Ils le remercient de la remise qu’il leur a accordée sur les tailles. Ils l’informent de la célébration d’un service funèbre pour le repos de l’âme de son père. Ils ont pourvu à la garde de la ville, avant la signification du décès du feu roi et aussitôt qu’ils en ont eu la nouvelle certaine. Des députés seraient déjà en route, si ce n’était « un peu de peste qui a cours en ville, mais qui s’apaise ». La ville fait, peu après, par ses députés, son serment d’obéissance au jeune roi. Elle obtient une exemption d’impôts sur les menus vivres et sur la boucherie. Elle fait confirmer ses privilèges d’arrêt ainsi que deux des foires, de l’exemption de toute garnison et de la  suppression, à leur grande satisfaction, de la charge de capitaine de la ville.

A l’occasion de la lutte du duc d’Orléans, Charles VIII, le 18 janvier 1484, informe les habitants de Troyes de la division survenue  entre lui et le duc d’Orléans.  Le roi invite les Troyens à demeurer unis et fidèles à la Couronne, et à lui envoyer deux députés, afin de l’instruire de ce qui se passe à Troyes. Il est décidé que la ville « demeurerait ferme dans son obéissance au roi, et que les Troyens seront exhortés à prier Dieu pour la prospérité et la santé du roi et pour la paix et union du royaume ».

En décembre 1485,  le roi annonce qu’il envoie à Troyes une garnison de lansquenets. Persistant dans l’exécution de ses lettres de privilège, le conseil s’excuse, près du roi, de ne la point recevoir, et demande une exemption des gens de guerre, tant à cause des privilèges, qu’en raison des charges qui pèsent sur les habitants. De suite, le conseil fait fermer les portes de la Madeleine, de Comporté et de la Tannerie, afin de compter plus facilement les gens de guerre entrant en ville.

En 1486, Charles VIII met le comble à la bonne fortune des Troyens en venant les visiter lui-même, pour un séjour de plus d’un mois. Le roi, accompagné d’une nombreuse suite de seigneurs, des gens de son conseil et d’une compagnie de ses gardes, quitte Paris dans les premiers jours de mai. Le 11, le roi arrive à Saint-Lyé, et passe la nuit au château résidence de campagne des Évêques de Troyes et où Louis X le Hutin avait épousé la fille du roi Martel de Hongrie en 1315.

Le lendemain au matin, il se met en route pour Troyes. L’évêque, accompagné du clergé, le lieutenant général du bailliage et tous les officiers de justice, les conseillers, les praticiens, notaires et avocats, ainsi que le prévôt « revêtu d’écarlate », les sergents royaux, en belle livrée, les échevins, tous à cheval et portant des robes rouges, suivis des nobles, bourgeois et marchands, tous à cheval, vont au-devant du roi jusqu’à Pouilly, où se fait la rencontre.

L’évêque harangue le roi, l’assure de l’obéissance et de la fidélité des habitants et lui présente les clefs de la ville, puis le cortège se met en marche et arrive au prieuré de Saint-Antoine, où il est de nouveau harangué par le plus ancien d’entre les religieux. Le roi et les principaux personnages de sa suite dînent à Saint-Antoine. Après le dîner, l’évêque et tous les gens d’église, en surplis et en chapes, portant les croix et les reliques, avec les habitants et les officiers royaux, vont recevoir le roi à la porte du Beffroy

Les rues qui doivent être parcourues par le cortège royal, sont parées de tapisseries et de draps de soie, couvertes « de mays » et jonchées de verdure. Sur ces riches tentures sont « affichées plusieurs histoires en l’honneur et à la louange du roi ». Différents « mystères et personnages » sont représentés pendant la marche du cortège. Celui qui est joué à la Porte de Paris, représente le petit David terrassant d’un coup de fronde le géant Goliath, auquel il tranche la tête. Cette scène démontre que le roi, quoique jeune, terrassera ses ennemis. Dans « des mays » nombreux, sont placées des cages remplies d’oiseaux chantants. Tout près de là sont de belles jeunes filles, faisant des bouquets, qu’elles offrent au roi et aux seigneurs de sa suite, et qui, accompagnées par "une" orgue « chantent belles chansons en l’honneur du roi ». Une de ces jeunes filles tient un tableau où se lisent 8 vers exprimant la joie des filles de Sion à la vue de David. Ce groupe de jeunes et jolies filles démontre que Troyes est ornée de plusieurs corps de Saintes Vierges, comme sainte Hélène que l’on peut voir encore, de sainte Mâthie, de sainte Hoïlde, sainte Maure, sainte Savinesainte Syre et plusieurs autres qui sont réputées comme les Patronnes et Protectrices de la ville. Il est à noter qu’en cette journée de l’entrée du Roy, le temps fut toujours très beau et serein, sans aucun  nuage.

 A la même porte, est aussi représenté le mystère de la Trinité, sur un échafaud, d’où descendit, vers le roi, un ange, qui lui présenta une croix d’argent. Ceci rappelait qu’un ange apparut à Constantin, auquel il remit une croix, en lui annonçant qu’à ce signe il serait vainqueur. L’enfant montra au Roy un écu sur lequel était écrit le nom de Jésus en lettres d’or avec une couronne d’épines au-dessus, lui disant que cet écu représentant l’ancienne oriflamme pour l’empêcher d’être jamais vaincu. Cette représentation de la Très Sainte Trinité signifie encore que Troyes est une cité unie, dont l’origine remonte à l’existence de trois châteaux et que, par comparaison, elle est appelée : « Totius Trinitatis nobile Triclinium». Au-dessus du mystère de la Trinité est arboré un étendard chargé d’un écu aux armes de France. 



En présentant au roi l’écusson, l’enfant lui dit :

[ Très-hault puissant Roy triomphant,

A toy présente cest escu

Qui représente l’oriflant

Pour toy garder d’estre vainu

Ceux qui devant toy ont vescu

Sesont longés en telles armes

Qui plus leur ont valu qu’escu

Ne qu’autre grant puissance d’armes.]

 

De la porte de Paris (Beffrroy), le cortège se met en marche. Les gens d’église tenant la tête, après eux les bourgeois et les marchands en leurs habits, puis le prévôt et les sergents, Monsieur de Troyes (l’évêque) monté sur une mule bien sellée (dressée), le lieutenant général, les officiers de justice, les conseillers, notaires et praticiens, les gardes du roi vêtus de brigantines, de beaux hoquetons à mailles argentées, armés d’arcs et de flèches d’un côté et d’épées ou braquemards (épées à 2 tranchants) de l’autre, et coiffés de salades ou capelines, marchent ensuite.

L’étendard du capitaine de la garde écossaise, long d’une toise et aux 3 couleurs : rouge, blanc et vert, et qui porte, dans le champ, un saint Michel, et au-dessus un soleil d’or, puis les trompettes et les clairons. En avant du roi marchent 24 sauvages, dont les habits sont faits et couverts de toile et de chanvre mâle, et jetant des fleurs devant le roi. Puis le roi, monté sur un magnifique cheval noir, 4 échevins, vêtus de leur robe « d’écarlate (étoffe de laine fine et de couleur rouge) et de satin », portent un dais au-dessus du roi. Ce dais est de fin drap d’or luisant et les lambrequins sont entremêlés d’or et d’azur. Le cortège royal passe par la rue des Trois-Têtes, et, en face de l’hôtellerie des Trois Visages, sont réunis 200 enfants âgés d’environ 6 ans, vêtus de rouge, coiffés d’un chapeau blanc, et assis sur un échafaud. Ils crient : « Noël ! Noël ! ».


Sur la place du Marché-au-Blé, est « la fontaine des Trois-Pucelles » jetant par les seins, du vin de trois couleurs, où chacun peut boire. Au-dessus de la fontaine est une estrade où se tiennent « ménestriers et trompettes ».

[ Cet arbre icy nous signifie

Trestous les Roys qui ont esté

Procréez de la lignée

De sainct Louys ; en vérité

C’estoit un Roy de charité,

Comme il appert par sa légende,

Il tint justice et équité

Ainsi que Dieu le dit et mande. ]

 

Sur l’étape au vin, un échafaud est chargé d’enfants, vêtus en violet, criant : « Vive le Roi ! ». Place de l’Hôtel de Ville, s’élève un échafaud sur lequel est représentée une Fleur de Lys au naturel « de laquelle sort un fort beau roi, vêtu de drap d’or et paraissant âgé d’environ dix ans ». Une jeune fille, vêtue de damas blanc, du même âge que le roi, présente son cœur à celui-ci, tandis qu’une autre joue des orgues et qu’une troisième jeune fille « administre les vents à sa compagne ».

Plus loin, est placé l’arbre des rois, parmi lesquels est représenté saint Louis,  en chape de drap d’or. En face de l’hôtel du Cygne est un groupe d’enfants criant : « Vive le Roi ! ». Près de la place Saint-Pierre se trouvent l’évêque et le clergé. Au-dessus de la porte de la cathédrale, est un pavillon fort riche, semé de fleurs de lys « en forme de tente de guerre ». Sous ce pavillon, est placé un roi, accompagné de sept géants « ce qui signifie le pavillon de la paix ».

Charles VIII, arrivé près de l’église, met pied à terre. Il est reçu par l’évêque, entre dans l’église, y fait sa prière, au pied du grand autel. Après le Te Deum, chanté au son des cloches et avec l’accompagnement des orgues, le roi remonte à cheval, puis il est conduit au Palais Royal,  édifice spacieux, fort ample et de grande noblesse, touchant à quatre églises : la Collégiale St Étienne, Notre-Dame, les Jacobins et l’Hôtel-Dieu. Charles VIII s’installe au Palais-Royal, et sa suite est logée chez les habitants. La ville fut éclairée pendant les 8 premières nuits du séjour du roi, et, dans la soirée où il revint de Torvilliers, où il avait chassé. Il assiste chaque jour aux offices à la collégiale de Saint-Etienne, chapelle royale. Un oratoire est élevé dans le chœur pour le roi et l’église est décorée, tous les jours, de mays et de joncs. Le 25 mai, il assiste aux cérémonies de la Fête-Dieu, et il est encore à Troyes le 15 juin.

[Telle a esté cette entrée, extraite d’un manuscrit du temps composé en vieilles rithmes par un qui se dit avoir assisté et esté présent à cette cérémonie, asseurant qu’il y vit tout ce qu’il y a remarqué. Elle m’a esté bénignement communiquée par M. Camusat, chanoine de Troyes* duquel à ce rencontre il y a lieu de rendre ce témoignage, qu’il s’est tousjours rendu très-officieux et pompt à communiquer libéralement tout ce qui a esté entre ses mains, qu’il a jugé capable de pouvoir servir au public, prévenant mesme souvent les demandes et recherches sur ce sujet. Or cette pièce représente naïvement ce qui avoit coustume d’estre fait à la première entrée des Roys en la ville de Troyes.]

*Camusat est l’auteur du «  Promptuarium sacrarum antiquitatum Tricassiæ diœcesis »

(que je traduis par : "Recueil des anciennes reliques sacrées du diocèse de Troyes")

 La ville de Troyes obtient d’abord la suppression de l’une des charges qui pesait le plus lourdement sur ses habitants : l’exemption et l’affranchissement de toutes les tailles et de tous les impôts qui, à l’avenir pourraient être levés, soit pour l’entretien des gens de guerre, soit pour toute autre cause. Cette faveur est motivée par la conduite des Troyens en 1429 et en raison de ce que depuis la rivière de Loire, après les sièges d’Orléans et de Montargis, la ville de Troyes fut la première qui, sans contrainte ni difficulté, reçut Charles VII, l’aïeul du roi, et l’accueillit comme son « droiturier » et souverain seigneur : cette soumission, ayant amené la réduction des autres bonnes villes de Champagne et d’autres du royaume, et Charles VII, ayant pu se rendre à Reims et s’y faire sacrer.

L’enregistrement des lettres n’eut lieu à la Cour des Comptes que le 16 mars 1488 et, peu après, la ville et ses habitants ne furent pas moins frappés d’impôts que par le passé !! Charles VIII  établit à Troyes deux nouvelles foires, outre celles qui existaient anciennement. L’une est la foire chaude et l’autre la foire froide. Ces foires sont fort déchues de leur ancienne importance. Elles sont franches de tous droits et même pendant la quinzaine suivante. Nuls marchands, comme nulles marchandises ne peuvent être arrêtés ni saisis. Tout individu fréquentant les foires, et ses marchandises, sont placés sous la sauvegarde du roi.

Pendant le séjour du roi, le clergé se fait exempter du logement des gens de guerre, sauf les cas d’urgente nécessité. Les métiers profitent aussi de la présence du roi et de celle de son conseil, à Troyes, pour faire régler certaines de leurs affaires.

Charles VIII était bien jeune  pour se permettre de telles générosités. Les ministres ne se crurent pas tenus de respecter les caprices « d’un jeune fou de 16 ans », et cinq années ne s’étaient pas écoulées, que les Troyens devaient payer des impositions aussi considérables qu’au temps de Louis XI  ! ! !         


Le roi Charles VIII dans ses jeunes années - IA


COMPTES DE JEHAN HENNEQUIN



[ au sujet de l’écu ci-dessus : Nom de l'atelier/ville : Paris Métal : or Diamètre : 26,5mm Axe des coins : 6h. Poids : 3,47g. Titulature avers : (lis) KAROLVS° DEI° GRACIA° FRAnCORVm° REX (Mm), (ponctuation par deux annelets superposés).

Description avers : Écu de France couronné sous un soleil. Traduction avers : (Charles, par la grâce de Dieu, roi des Francs). Titulature revers : (lis) XPS° VInCIT° XPS° REGnAT° XPS° ImPERAT (Mm), (ponctuation par deux annelets superposés). Description revers : Croix fleurdelisée avec quadrilobe en cœur. Traduction revers : (Le Christ règne, le Christ vainc, le Christ commande).]


Parmi les pièces relatives à l’entrée de Charles VIII à Troyes, je cite la suivante : 

« Compte de Jehan Hennequin, marchant demourant à Troyes, des receptes et despenses par luy faictes pour et à cause de la nouvelle et joyeuse entrée du Roy nostre sire en ceste ville en laquelle le dit sire fist sa nouvelle et première entrée le jeudi unziesme jour du mois de may, accompaigné de plusieurs de nos seigneurs de son sang et lignaige, de Monsieur le chancelier et de plusieurs autres gens de son grant conseil, chefz de guerre et aultres, et d’icelle ville partit le vendredi seiziesme jour de juing, à laquelle entrée furent faiz plusieurs jeux, mistères et esbatements, et avec ce furent à icellui sire et autres des dits seigneurs de son sang et conseil faiz plusieurs dons et présents, tant d’argent que de vin, linge et aultres… comme pour avoir et obtenir du dit sire lettres de exemption des tailles pour le corps et communauté de la dicte ville, laquelle exemption le dit sire octroya de sa grâce et libéralité aux dits habitants et avec ce leur octroya deux des foires qui souloient estre de la ville de Lyon. » (Arch. ville de Troyes)

La recette s’éleva, s’il faut en croire le receveur, à l’importante somme de 6,970 livres 13 sous 11 deniers (rappelons que Jeançon Garnache, architecte de la cathédrale, ne gagnait que 4 sous 2 deniers). Jean Galien, « collecteur commis de par les habitants à lever sur les laiz » ne trouva pas moins de 6,437 livres 18 sous 11 deniers. Messire Jean Benoist, « prestre demourant à Troyes et commis par les gens d’église » recueillit la somme de 432 livres 5 sous, tandis que l’honorable homme « Maistre Edmond Maret, licencié en loix » versait 100 livres 10 sous pour un nommé Jehan Dubois qui devait « aux habitants cette somme pour la vendue et délivrance de huit queues de vin pour boisson de l’ostel du Roy ».

Mais, si la recette semble avoir été considérable, les dépenses occasionnées par l’entrée et par le séjour du roi dans la vieille capitale de la Champagne, s’élevèrent à une assez belle somme, comme le prouve le compte de Jean Hennequin.

Charles VIII n’était alors âgé que de seize ans ; la tête pleine de roman des croisades et de folies héroïques, il devait bientôt dédaigner la gloire solide qui s’offrait à lui pour courir après de brillants fantômes et abandonner l’œuvre poursuivie par son père et par sa sœur, l’œuvre de l’achèvement territorial de la France.

Pour le recevoir dignement, la ville de Troyes s’était empressée dès les premiers jours de mai d’envoyer pour s’enquérir de son arrivée.

« A. Oudinot Gossement, notaire royal à Troyes, le quel fut envoyé au dit mois en la dicte ville de Paris pour savoir et s’enquérir de la venue et entrée du Roy en la ville de Troyes, afin que les habitants se préparent à le recevoir comme leur naturel et souverain seigneur, tant pour luy que pour son cheval et son salaire, XIII (13) livres X (10) sous dont seulement donnée par Jehan Hennequin LX (60) sous, Nicolas Mauroy, receveur des deniers communs ayant donné le reste. »

Parmi les principales dépenses relatives à l’entrée du roi :

« A Jacquinot Bonjour pour avoir vacquer à dis tumbereaux à plusieurs foiz pour nectoyer et mener aux champs les immundices des rues. VI (6) sous VIII (8) deniers

A Jehan de Sainct-Aubin, clerc du bailli de Troyes, pour une commisssion de contraindre plusieurs des habitans de la ville à prester l’argent pour fournir aux fraiz de la dicte entrée 5 s.

A Nicolas de Cerisiers, clerc pour ses peines et salaires d’avoir faict les cédules du disct emprunct 10 s.

A Jehan Noyer, tavernier, pour despense de bouche en son ostel par le maréchal des logeis et par les fourriers du Roy et aussy pour les fourriers de la ville XXXVI livres III s.

A Jehan Ploton pour poisson et beurre par luy achetez à certain jour de vendredi pour les dicts fourriers, CVIII s VII d.

A Guillaume de Pouan, hoste des Mores, pour despense de bouche par les dicts fourriers L (50) s.

A Jehan Noyer et Jehan Rose, sergents, pour leurs peines et salaires d’avoir levé partie du dict emprunct et contraint les imposez d’iceluy  IV livres

Si l’entrée des anciens rois est presque toujours accompagnée d’une gracieuse épithète, il faut avouer qu’elle excita plusieurs fois les murmures des habitants, car pour couvrir les frais de ces réceptions tant vantées par les historiens, ne fallait-il pas recourir à des emprunts forcés ?

A Simon Saunyer, pour achat de 100 livres de chamvre masle pour faire couvrir les abis des 24 hommes sauvaiges lesquels jettèrent tousiours herbe devant le Roy tout au long de la ville. XLIIII (44) s. IV d.

A Loys Guérin pour avoir fauché la ditte herbe et mis en fardeaux X s.

A luy pour avoir amené la ditte herbe depuis le pré jusqu’à la ville III s.IV d.

 A Nicolas de Plancy et Gilet Orry, pour leurs alaires d’avoir conduit les dits sauvaiges XX s.

 A Guillemin le Parmentier pour 500 de faloz LXVI (66) s. VIII d. et à Simon Camus pour XIII et demy IX l. pour alumer de nuict au long des rues durant les huit premiers jours que le Roy fut arrivé et le soir qui retorna de la chasse de Torvilliers (7 km de Troyes) et à Pierre Robin et Jehan Simon XVII (17) s. II d. pour leurs salaires d’avoir vacqué durant le dit temps pour entretenir et faire brusler les dits falots pour ce pour tout XIII l. IIII s. VII d.

A Pierre la trompette pour plusieurs cris faiz par le commandement de Monsieur le bailly de Troyes et Monsieur le Prévost de l’ostel du Roy, touchant la police de la ville XX s.

A Guillaume Farine et Nicolas de Plancy et autres, pour les deffrayer des fraiz qu’ils ont facts à faire le mistère de la décolation de M. St Jehan Baptiste XXVI l. VIII d.

A Jehan Champion, pour la fasson du ciel de drap d’or mis et porté sur le Roy en son entrée, la fasson de la robe Golias et avoir refaict par deux foiz une chappe pour le Roy sainct Louis servant au mistère* des rois de l’arbre LX s.

[Mistère signifie représentation, tableau, car les véritables mystères duraient de longues heures et quelquefois plusieurs journées, comme celui de la Passion qui fut joué en 1483, aux grands applaudissements des habitants.]

L’art théâtral débuta de bonne heure dans l’enceinte de  Troyes, car dès 1412, le jour de la Chandeleur, des notables faisaient jouer dans l’église Sainte-Madeleine, le jeu et les fraudes de saint Siméon, comme le constate le registre des recettes et des dépenses tenu par Jehan Duboys (Archi. Eglise de la Madeleine). En 1420, l’année même du traité qui livrait notre pays à l’Angleterre, Isabeau de Bavière, quelques jours après Pâques, faisait dresser des échafauds dans la cour de l’évêché « pour les jeux des personnaiges de la Résurrection de Nostre-Seigneur » à la représentation desquels assita M. de Bourgoigne.

Une charte de 1418, donné par le cardinal de Bar, qui occupait alors le siège de Langres, recommande au doyen et au chapitre de Saint-Maclou, de Bar-sur-Aube, de célébrer dignement la fête de leur patron et leur enjoint de se réunir à quelques bourgeois pour représenter sur les places de la ville la vie et les miracles du saint.

A Nicolas Bourgeois Guillaume, pour vois et fagotz par luy librez pour faire du feu devant l’ostel de la salle le jour que le Roy arriva au dit Troyes  XVI s. VIII d.

Au dit Nicolas le Peleterat, pour une livre de colle pour employer en la fontaine qui estoit devant l’ostel de Madame Jehanne de Sens,  XX d.

A luy, pour trois quartiers de taffetas de Florence renforcé, pour habiller l’ung des treize petits roys, parce qu’on ne sceut trouver personne qui l’habillast,  XXXV s.

A luy pour 11 aulnes et demye de taffetas vert pour faire la robbe de Golias  IV livre V s.

A luy, pour demy cent or fin pour l’arbre des Roys,  XVI s. VIII d.

 A Nicolas Petit, Lambert d’Assencières, Estienne de Marisy, orfèvres demeurant à Troyes, pour 50 marcs 6 treseaulx d’argent, en douze tasses à pié verrées et données au Roy, VIc XXVI livres II sous I denier

Aux dits orfèvres, pour 6 treseaulx d’argent employez es esmaulz de quatre potz d’argent que Mons Maistre Loys Raguier, esvesque de Troyes, presta aux dits habitants de Troyes pour les présenter au Roy avec les 12 tasses, pour ce que ceulx que les dits habitants avoient ordonnée estre donnez à icelluy avecques icelles tasses n’étoient pas faiz à sa dicte entrée,  XXII s. VI d.

A eulx, pour avoir redorey, reberny et fact les esmaulx des dits potz, CX (110) s.

 [Troyes comptait alors d’habiles orfèvres, parmi lesquels Jean Papillon qui fit la magnifique châsse de saint Loup. Il faut croire que le linge était autrefois d’un certain prix, car les habitants de la ville en offrirent une assez belle quantité à Monseigneur d’Orléans, à Madame de Beaujeu, à Monsieur de Graville, à M. de Lisle, au bailli de Meaux et à beaucoup d’autres personnages de la suite du roi. Ce linge était « frangé par les bords d’or de Chypre et d’or de Lucques et enveloppé dedans du papier grant et fort. »

Le vin figure même parmi les présents, le vin blanc et le vin clairet de bourgogne, de Bar-sur-Aube, de Bar-sur-Seine et de Clairvaux. Mais le vin le plus estimé fut celui de Beaune qui fut surtout prodigué « le jour de la réception du Roy » et qui ne coûta pas mois de 197 livres.]

A Jehan le Gras pour ses peines et salaires d’avoir esté par plusieurs foiz de la dicte ville de Troyes en la ville d’Arcys, tant de jour que de nuyt à conduire les postes,  L (50) s.

[Les postes ne furent organisées que sous Charles VIII, quoique l’idée de leur établissement paraisse remonter à Louis XI. Ce ne fut qu’en 1495 que Troyes compta pour la première fois un maître de poste, « à l’hôtel de la Piolée ou du Prieuré ».]

A Peloton pour viande pour le disner de Messieurs les poursuivans les foires la veille que le Roy partit,  V s.

Pour despense faicte par Messieurs les officiers du Roy, eschevins et officiers de la cicte ville de Troyes, les sergens et aultres qui ont assisté le samedi XXV jour de novembre au dit an mil CCCCIV et six à faire les aviz et publications faiz le dit jour par les carrefours d’icelle ville à publier les dites foires, en ce comprins les eschaudez qui furent gectez par les dits carrefours aux petiz enfans, afin de perpétuer la mémoire et salaire de la trompette, XIV liv

A Pierre de Thil, tabellion de la cour ecclésiastique de Troyes, pour son salaire d’avoir translaté de François en latin les dites lettres d’octroy des dites foires, afin de les envoyer ès allemaines, XII s. VI d.

A l’imprimeur, pour ses peines d’avoir imprimé cinq cens copies des dites lettres, comprins cinq sols pour le vin de la marchandise par marché fait à luy, VI liv. II s. VIII d.

Aux notaires qui ont collactionné et signé deux cens des dites coppies,  IV liv.

Aux clercs qui en ont coppié sept à la main,  II s. VIII d.

[Presque rendues désertes par l’établissement des foires de Lyon, celles de Troyes si célèbres au Moyen-Age furent rétablies par le roi Charles VIII, l’année même de sa Joyeuse entrée. Mais, malgré les affiches qui furent envoyées en Allemagne et dans beaucoup d’autres contrées, les foires de Troyes perdirent presque tout leur éclat. Celles qui se tenaient encore un peu plus tard n’étaient plus qu’un bien faible souvenir de celles qui attiraient au XIIIe siècle, les marchands des pays les plus lointains et où se débitaient les mille productions de l’univers connu à cette époque.]




BONNARD (Mgr J. Dieudonné)  mon parrain, archives des diocèses de Troyes-Langres

BARBELON—Les Monnaies racontent l'Histoire.

BEAUCHAMP (Louis A. Marquis de) mon aïeul, archives familiales

COURTALON, Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes

D'ARBOIS de JUBAINVILLE,  Répertoire archéologique.

FICHOT, Statistique monumentale du département de l'Aube.

GALLICA, Site de la Bibliothèque nationale de France

GROSLEY, Champagne méridionale

LOUIS LE GRAND, Coutume et bailliages de Troyes.

PREVOST—Histoire du diocèse de Troyes

ROSEROT DE MELIN (Mgr Joseph) Le diocèse de Troyes, des origines à nos jours.


 




Sainte Hoïlde

 

Statue de Ste Hoïlde surmontant le porche de l’ancienne abbaye cistercienne Sainte-Hoïlde 
à Val-d’Ornain dans la Meuse (55)

Hoïlde naît entre 460 et 470,  de parents de noblesse distinguée, comte et comtesse de Perthes en Champagne.

Elle paraît rapidement "la plus fervente en piété, de ses 6 sœurs… elle croît en vertu… au lieu de choisir quelque beau gentilhomme parmi tant de beaux et gaillards Seigneurs qui désirent l’avoir pour épouse… un incendie divin s’enflamme en elle, la donne toute à Jésus, dans un esprit saint, elle est modèle de piété…".

Les sept sœurs " très pudiques vivent alors en la règle et la doctrine de leur spirituel et digne Prélat saint Alpin… ne respirant autre chose que la charité et le service de Dieu, s’employant en aumônes vers les pauvres, en instruction vers les ignorants… ces Saintes filles persistant en cette sainteté virginale, jusqu’au dernier soupir de leur vie… ".

Dans sa chronique de 1241, Albérix de Trois-Fontaines raconte qu’en 1159, sous le pape Alexandre III, Henri de Carenthie évêque de Troyes, et Louis VII le Jeune, roi de France, le comte de Champagne Henri le Libéral " noble Prince Catholique en sa foi, dévot en sa piété, magnifique en bonnes œuvres, a une vision d’une sainte Vierge nommée Hoïlde… il lui semblait qu’il allait trébucher dans un puits profond, où il courait péril de sa vie, il réclama Dieu pour y recevoir son assistance, mais que soudain il aperçut cette sainte Vierge Hoïlde qui lui prêtait sa main favorable et le retirait de ce lieu où il était en grand péril… en son cœur il promit de l’honorer… le lendemain, il fait assembler des hommes bien versés en l’histoire, auxquels il s’enquiert qui pourrait être cette Vierge appelée Hoïlde… en quel lieu elle aurait saintement vécu, et où son corps était inhumé… afin de l’honorer et la remercier… ayant retrouvé le saint corps, avec grand honneur, il le fit transporter en l’église Collégiale Saint-Etienne pour y faire connaître et glorifier la sainte par plusieurs miracles… ".

Il fait enfermer ces reliques dans un sac de cuir de cerf et les place dans un vase en ivoire qu’il dépose dans la collégiale qu’il a fondée près de son palais.

Particulièrement dévot à sainte Hoïlde qu’il considère comme sa protectrice et celle de son comté, Henri le Libéral assigne à la châsse de bois doré, couverte d’un parement de velours violet parsemé de fleurs de lys d’or, qui lui a été offerte pour y déposer le vase en ivoire, une place d’honneur, derrière le chœur.

Mais cette châsse ne suffit pas à la piété des chanoines de Saint-Etienne, et en 1649, ils en commandent une en argent à un orfèvre troyen, et en 1651, ils y transfèrent les reliques de la Vierge. Ils la placent derrière l’autel de saint Pierre et saint Paul. Elle y reste jusqu’à la Révolution et est détruite en 1794.

Henri le Libéral fait tailler " en figure de pierre fort ancienne, la sainte Vierge tenant son fils, et le comte Henri agenouillé à ses pieds. Derrière lui, saint Etienne, et de l’autre côté, sainte Hoïlde, vierge, une palme à la main droite, un livre fermé à la main gauche… ", au-dessus de l’une des portes de l’église Saint-Etienne.

Un bras de la sainte est donné par le comte Henri II à Agnès, veuve illustre du comte de Bar, sur son instante supplication, " ayant ouï parler des grâces que Dieu faisait par elle… elle le fait enchâsser et transporter dans un pieux monastère de Religieuses de l’ordre de Citeaux qu’elle avait fait bâtir… ".

En 1790, il est transporté dans l’église Saint-Antoine de Bar-le-Duc.

En 1641, le chapitre de Saint-Etienne donne au duc d’Angoulême, par ordre de la reine Anne d’Autriche, un os de sainte Hoïlde, pour être placé sous le maître-autel de l’église des Petites-Cordelières du faubourg Saint-Germain, que ce prince avait fondé ainsi que le monastère.

A cette époque, on évoque sainte Hoïlde à Troyes, pour obtenir la pluie. On descend alors sa châsse et l’expose à la vénération des fidèles, ou bien, on la porte en procession dans la ville. Par exemple, " au mois d’août 1678, il y avait plus de deux mois qu’il était tombé de pluie et qu’il faisait une chaleur excessive…le chapitre fit descendre la châsse et ordonna de faire des prières… à deux heures après midi, il plut en abondance et on porta la châsse en procession…".

La procession de 1536 est faite à l’occasion du jubilé accordé pour obtenir la paix entre le roi de France et l’empereur Charles Quint.

Parmi les nombreux miracles, il y a ce Troyen " ayant une fâcheuse maladie, il en devint plus mort que vif, ne pouvant mettre un pied devant l’autre… le jour de la Sainte Hoïlde, il se fait transporter en l’église St-Etienne, promettant qu’il l’honorerait et la visiterait… au même moment, il se sentit allégé de son mal et, sans aucune aide ni bâton, il s’en retourna en son logis, confessant à tout le monde que Dieu l’avait guéri par les mérites de sainte Hoïlde ".

Lors du grand incendie de Troyes en 1530, " les Vénérables de St-Pierre apportèrent en procession le corps de sainte Hoïlde… le feu bientôt après se vint à s’éteindre, tellement que sainte Hoïlde coopéra par ses mérites à ce secours octroyé de Dieu à la ville de Troyes. Dieu en soit loué pour jamais… ".

Aujourd’hui, il ne reste donc plus que le bras de sainte Hoïlde, dans l’église Saint-Antoine de Bar-le-Duc.(anciennement église des Augustins jusqu’à la Révolution)

La fête solennelle de notre sainte Hoïlde se fait le dernier jour d’avril.

 

 

Sainte Hélène

 

L'invention de la croix par Ste Hélène (J.W. Baumgartner vers 1751) 
Musée du Louvre

Hélène d'Athyra  vivait du temps de saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople et de l’Empereur Arcade, au commencement du Ve siècle.

Son corps qui était à Corinthe, fit partie du dépôt des reliques dont fut chargé Garnier, évêque de Troyes en 1204. Ce prélat étant mort, son chapelain Langlois transporta le corps de sainte Hélène à Troyes, où il n’arriva qu’en 1209.

La joie des Troyens à la vue de ces reliques fut bientôt changée en inquiétude. On ne connaissait pas  la sainte dont on venait de recevoir le corps, et Langlois n’avait apporté aucun acte qui instruise de son histoire. Quelques-uns, voyant les ornements dont ces reliques étaient accompagnées, pensèrent que c’était la mère du grand Constantin. Dans cette incertitude, et pour fixer l’objet du culte, l’évêque Hervée, successeur de Garnier, et le chapitre de la cathédrale, renvoyèrent Langlois à Constantinople, pour s’informer de la naissance, des actions, de la mort et du culte de la sainte.

En effet, si Hélène est une sainte parce qu’elle est une remarquable thaumaturge, l’on peut espérer que les étonnants miracles qu’elle a accumulée tout au long de sa vie, se reproduiront encore dans notre cathédrale, attirant ainsi les dévots et les pèlerins qui pourront contribuer de la sorte aux frais énormes de la construction du nouvel édifice.

Peu de jours après son arrivée, Langlois découvrit, à Constantinople, un ecclésiastique nommé Angermer, du diocèse de Troyes, qui avait acquis l’usage de la langue grecque et était devenu lecteur de l’église de Chalcédoine. Langlois lui déclara le sujet de son voyage et le pria de lui donner les éclaircissements qu’il venait chercher. Angermer les lui promit.

Langlois fit à la hâte une vie de sainte Hélène qu’il dit avoir trouvée dans les anciennes bibliothèques, et « dans de très amples collections », dont il lui donnait un extrait, pour remettre à l’évêque de Troyes. Il y rapporte que sainte Hélène prit naissance dans la ville de Naturas, peu éloignée de la mer et de Constantinople, entre cette ville et Selymbria, aujourd’hui Sélivria, que son père était Agiel, roi de Corinthe, et que sa mère s’appelait Gratulie. On y voit que sa naissance fut annoncée par un présage miraculeux, et que, lorsqu’elle vit le jour, Evagre, évêque de Phillippes, la nomma Hélène, du mot grec qui signifie lampe, lumière, comme devant être un flambeau de l’église. Il nous apprit que dès sa plus tendre enfance, elle avait reçu le don des miracles. Aussi, lui en fait-il opérer une multitude.

Villehardouin, témoin oculaire, confirme le culte de sainte Hélène. Dès que son corps est déposé dans la cathédrale, il y a 36 miracles.

Sans plus attendre, l’évêque Hervée fait construire une châsse exposée entre les premières travées du chœur qui commence à s’élever. Las ! Une tornade, le 9 novembre 1228, fait s’ébouler une partie de la construction. La châsse est détruite, mais le corps est préservé intact.

 « Le lundi après Quasimodo 1229, le doyen Milon ordonne que chaque chanoine (ils sont plus de 70), donnera sur sa prébende, un setier de grains par charité », pour la réfection de la châsse.

L’évêque Nicolas de Brie qui achevait le chœur au milieu du XIII° siècle, le fit orner de verrières, dont plusieurs de la vie d’Hélène.

Cette sainte est alors regardée comme une, des patronnes de la ville de Troyes et du diocèse.

A partir de 1260, il y a une procession annuelle en l’honneur d’Hélène, ordonnée par Nicolas de Brie.

Au XIVe siècle, on trouve mentionnée dans la cathédrale, une chapelle de sainte Hélène. Elle se trouvait à l’angle, du collatéral droit du chœur et du transept. Elle fut endommagée dans la chute du clocher le 13 août 1365.

Le prestige de sainte Hélène était tel que la reine Anne d’Autriche de passage dans notre ville le 20 avril 1630, visita dévotement ses reliques. Ce fut aussi le cas le 9 mai 1666, de la princesse douairière de Conti, nièce de Mazarin, qui assista ce jour-là à la messe dans la cathédrale.

En 1706, l’obligation de la fête chômée, jusque-là étendue à l’ensemble du diocèse, fut limitée à la ville de Troyes. Cette dernière prescription fut à son tour supprimée en 1763, malgré la protestation des chanoines soucieux de l’honneur « dû à l’un des anges tutélaires de la cité ».

Le culte de sainte Hélène fut définitivement ruiné dans la sinistre nuit du 9 au 10 janvier 1794, où la plupart des reliques de la cathédrale furent jetées au feu allumé dans la sacristie par les révolutionnaires.

Les quelques débris qui furent sauvés furent reconnus par Mgr de Boulogne le 24 avril 1811, et par Mgr de Séguin des Hons en septembre 1830.

Cette sainte est regardée comme une, des patronnes de la ville de Troyes et du diocèse.

baie 210 (1240-1250) du chœur de la cathédrale de Troyes
 « Translation des reliques de sainte Hélène ».




Sainte Mathie (Mastie, Mâtie)

 

Chœur de l’église Ste Mathie de Sens (89)

Il n’y a pas eu de sainte plus honorée à Troyes, jusqu’au XIXe siècle, que sainte Mathie. Elle naît à Troyes, dès les premiers temps du christianisme, vers la fin du 1er siècle ou au commencement du second après Jésus-Christ.

Cette Vierge et Patronne de Troyes, serait la fille d’un comte ou gouverneur de la ville de Troyes et de tout le pays des Tricasses, ce qui l’a fait appeler « vierge royale ».

D’après une légende, la sainte aurait été la servante d’un boulanger. On raconte que pleine de bonté, elle distribuait aux pauvres du pain en abondance, et tout cela sans que le boulanger ne puisse s’en apercevoir, car dans l’échoppe, la quantité de miches restait toujours la même. Une fois, son maître surprend le manège, et se rend à l’évidence qu’il se passe quelque chose de mystérieux. Ne pouvant y croire, il veut mettre sa servante à l’épreuve. Un jour, il retire des braises de son four et, comme Mathie est toute proche, il verse sa pelle pleine de braises, dans la poche du tablier de la jeune fille en ajoutant d’une façon perfide : " puisque Dieu fait des miracles en ta faveur, voyons s’il en fera un autre ! " Et là, à sa stupéfaction, alors qu’il s’attend à voir sortir des flammes et Mathie se rouler par terre de douleur, les charbons ardents se transforment en un magnifique bouquet de roses bien fraîches et pleines de senteur. 

Sainte Mathie est honorée d’un culte public dès le IXe siècle, et saint Prudence, évêque de Troyes, en parle dans son discours sur la vie de sainte Maure : " la jeune vierge embrasse étroitement chaque matin, l’autel sous lequel repose sainte Mathie, et y verse des larmes abondantes, dont je suis témoin "..

En 980, le 7 mai, Milon, évêque de Troyes, en agrandissant la cathédrale, fait détruire un ancien autel où il sait être le corps de sainte Mathie.

Il découvre dans un sarcophage, son corps " enveloppé de pourpre et intègre, comme si elle avait été mise au tombeau la veille... Le nombre des miracles s’élève quotidiennement... ". Avec une rapidité prodigieuse, la nouvelle est connue de la ville entière et une foule immense accourt pour voir ce prodige.

Toutes les veilles de la fête du 7 mai (jusqu’à la Révolution de 1830), anniversaire de la découverte de son sarcophage, " une foule innombrable, des aveugles, sourds, paralysés, personnes à la main desséchée, se pressent au tombeau, en la cathédrale de Troyes, venant des contrées voisines, affluant de partout avec dévotion. Ils veillent toute la nuit, de sorte que la plupart obtiennent par leurs prières assidues et l’entremise de la vierge conciliatrice la santé du corps qu’ils n’avaient pu recevoir des médecins... "

Le 7 mai était une fête chômée, non seulement pour le peuple de Troyes, mais encore pour toute la Champagne. Rien que pendant la semaine pascale de l’an 1007, j’ai retrouvé le récit de 12 miracles accomplis par l’intercession de sainte Mathie.

 - une pauvre femme de Tonnerre, " ayant un bras sec et entendant que les malades étaient guéris aux reliques de la sainte, vint en la ville de Troyes, fit ses dévotions de bon cœur et pleine de foi, se mettant sous la châsse, frappa sa poitrine de la main dont elle s’aidait, invoquant avec larmes le secours de Dieu, car son autre main était sèche, le bras avide et sans aucune vigueur naturelle, les doigts pressés dans la paume et son poing tenant collé à son estomac, elle invoqua le nom de sainte Mathie plusieurs fois, et soudain l’humeur mêlé de chaleur se mit en son bras ; son poing se desserra de son estomac, et les doigts de la paume de sa main ; et elle fut guérie ".

- le même jour, à 9 heures, venant de Sens, les parents d’un enfant de 3 ans, si faible qu’il ne pouvait se tenir debout et cheminait à 4 pattes, comme une bête, ne pouvant même pas lever son visage vers le ciel, implorèrent notre vierge, en l’église Saint Remy. " Bientôt, le petit enfant sentit l’assistance de Dieu, fut guéri, et se dressant sur ses pieds, il marcha ! ".

- un père, ayant son fils aveugle, s’en alla dévotement à une procession à la cathédrale, et se recueillit devant la châsse de sainte Mathie. " Sa prière pas plutôt faite, par la bénignité et l’intercession de la sainte, l’enfant fut réparé ! ".

- 8 jours plus tard, les chanoines chantaient matines, quand un cri perçant retentit dans la cathédrale. Une femme " ses nerfs tirés ne lui permettant pas de marcher sur ses pieds, se traînant sur les genoux, soutenant son corps avec ses mains, avait passé la nuit entière en supplication auprès de la châsse de notre vierge ". Le cri qu’elle avait poussé, lui avait été arraché par la douleur, signe de sa guérison. Ses membres avaient repris leur place naturelle, elle se leva et marcha sans difficulté.

- il y eut encore la guérison d’une femme qui avait " une si cruelle rétractation de nerfs, que ses jambes étaient collées contre les cuisses, et qui se traînait le mieux qu’elle pouvait sur ses genoux, aidée avec ses mains, dans lesquelles elle tenait de petits sabots ".

- et aussi le cas d’un homme paralytique " à la porte de l’église, courbé comme un arc, sa main gauche sèche, sans vigueur naturelle, véritable cadavre, propre à mettre dans le tombeau ". Sur son insistance, des bras généreux le portèrent jusqu’au tombeau de Mathie, et le firent passer 2 fois en dessous. " Là, son corps paralytique se trouva en une nouvelle santé, tellement que fort aise, qu’il se mit à marcher ! "

- mais également le récit d’une sourde, puis d’une aveugle venue de très loin, d’un petit enfant de 7 ans contraint de marcher à 4 pattes, d’un jeune homme ayant la main droite " sèche, ses doigts retirés en la paume ", puis 2 petites filles aveugles, un jeune homme venu de Langres et bien d’autres encore.

Les pèlerinages demandent des objets de piété, et c’est ainsi qu’une foire se tient du 1er mai à la Pentecôte aux alentours du palais comtal. On appelle cette foire " les vierges ", car à sainte Mathie, on joint sainte Hélène. Un long cortège sort de la cathédrale, derrière la châsse de la sainte, pour faire un long parcours dans les rues de Troyes. On fait toucher à la châsse un enfant, divers objets, un livre, un ornement ou une simple fleur, et " ces prémices du printemps qu’on distribue encore aujourd’hui à la fête de sainte Mathie ont fait appeler ce jour la fête des gogues "(ce mot vient d’un mot qui, dès le XIIe siècle, servait à désigner les fêtes, les réjouissances, la liesse. D’où de nos jours, par extension partir en goguette et à gogo). Tout au long du parcours se succèdent les saltimbanques, les étalages de confiserie ou de gaufres, les marchands de fleurs. Un chanoine et un clerc se rendent en procession à l’hôtel-de-ville où ils retrouvent une troupe d’enfants qu’ils emmènent à la cathédrale où ils leur distribuent des pommes.

Les chanoines de Saint-Pierre doivent prendre des dispositions contre des petits boutiquiers qui, d’années en années empiètent sur leurs droits. En 1543, le chapitre Saint-Pierre interdit toute vente de marchandises dans les environs immédiats de l’église, afin que la " piété des vrais fidèles ne fut pas distraite ".

On raconte que le jour de la fête en 1559, un homme, sans doute un huguenot, s’approche de la châsse et se permet une parole irrespectueuse contre la sainte. Le peuple indigné, l’entraîne hors de l’église et l’assomme à coups de pieds et de pierres. Ce geste est significatif de la popularité du culte de la sainte.

Le 20 mai 1606, Monseigneur René de Breslay, évêque de Troyes, fait ouvrir la châsse et trouve le corps toujours intact, la tête séparée du tronc, ce qui accrédite la thèse du martyre.

De nombreux miracles sont aussi signalés à cette époque :

- un clerc de la collégiale Saint-Etienne, paralysé de tous les membres depuis 4 mois, est subitement guéri en touchant le tombeau.

- Louise Léger vient présenter sa jambe gauche toute enflammée que les médecins veulent couper : elle est guérie dans la nuit du 6 au 7.

- Edmer Le Clercq et Françoise Patrois repartent elles aussi sans leurs béquilles… 

En 1630, ce même évêque, fait présent de quelques reliques de cette sainte à la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, qui est alors à Troyes, et qui désire voir l’ouverture de plusieurs châsses, et surtout celle de sainte Mathie.

A toutes les époques, dans les temps de disette et de calamités publiques, la châsse de sainte Mâthie est exposée à la vénération des fidèles, et aux processions publiques, elle est portée dans les rues de la cité, avec les saintes reliques de saint Loup, de sainte Hoylde, de sainte Hélène et de saint Savinien. On croyait alors, avec raison, que le fléau devait s'enfuir à l'approche de ces saints protecteurs.

Dans la funeste nuit du 9 au 10 janvier 1794, les révolutionnaires viennent détruire toutes les reliques de la cathédrale : " ils brisent la châsse et trouvent dedans la forme d’un corps enseveli d’un suaire, où est sa tête et une partie de ses ossements qu’ils ont tirée de la châsse et l’ont traînée au feu qui était dans la sacristie et l’ont jetée avec son suaire, à l’exception d’une parcelle de la tête, deux dents et un os du pied qui ont été détournés par le sonneur et le suisse ". Ces reliques se trouvent au trésor de la cathédrale, mais il y en a aussi à Saint-Remi, au Chêne, à Maizières-la-Grande-Paroisse, à Jully-sur-Sarce et aux Chartreux à Paris.

De nos jours, la fête de sainte Mâthie n'offre plus ce concours immense de pèlerins de tout âge, de tout sexe, de toute condition, qui venaient à jeun apporter leurs offrandes au pied de ces saintes reliques, et s'en retournaient ensuite le coeur joyeux, emportant dans leurs foyers une simple fleur qui avait touché les restes bénis de la vierge troyenne.

Le diocèse de Troyes fête la sainte Mathie le 7 mai.


Vitrail XIIe siècle, cathédrale st Pierre et st Paul de Troyes – baie 21 – dans le chœur 


La foule vénère ses reliques

L’évêque Million découvre les reliques de Sainte Mâthie

La sainte en action de grâce

Sainte Mâthie distribue du pain aux pauvres

Sainte Mâthie accueille Saint Potentin et Saint Sérotin


Sainte Savine

 

Ste Savine 
façade occidentale église de St André-les-Vergers

Savine, « sœur consanguine de saint Savinien », nait en 240, comme lui à Samos, de Savinus, noble et riche citoyen, idolâtre, qui l’eut d’une seconde femme de famille Chaldéenne établie dans le Péloponèse.

Son culte est très ancien. Savine reçoit, comme son frère, une éducation toute païenne, et « suce chez ses parents, le lait empoisonné de l’erreur ».  Elle vit 10 ans avec son frère et reste 15 ans chez son père.

Lorsque Savinien quitte la maison paternelle, la jeune Savine est remplie de regrets. L’image de ce frère chéri se présentait sans cesse à son esprit, et « le trouble de son cœur lui faisait répandre des larmes continuelles ». Au milieu de ses gémissements, elle s’adresse aux idoles, mais sans succès. Elle tombe dans le plus affreux accablement. Alors Dieu lui communique des lumières intérieures, et se fait connaître comme l’auteur de tout bien, seul digne de ses hommages. Elle apprend en songe que son frère était chrétien, et qu’elle doit, à son exemple, quitter la maison paternelle pour suivre Jésus Christ.

Savine suit l’inspiration du ciel. « Malgré la faiblesse de son sexe » et les périls des voyages, elle prend la résolution d’abandonner ses parents et sa patrie, et de chercher son frère pour lui communiquer les bienfaits dont Dieu l’a comblée, et de chanter avec lui les divines miséricordes. Elle déclare son dessein à Maximilone, sa sœur de lait et son amie. Elles forment ensemble le pieux complot et, après avoir passé la nuit en prières, elles se recommandent à Dieu, et sortent discrètement de Samos. Ce départ ne demeure pas longtemps caché. L’absence de Savine répand dans sa famille l’étonnement et la consternation. Savinus, agité par la plus cruelle inquiétude, n’omet rien pour découvrir où est sa fille. Il s’humilie devant ses idoles et leur offre ses vœux, mais, n’en ayant aucune réponse, il s’adresse enfin au Dieu des chrétiens, et le prie de détruire ses idoles qui ne peuvent le secourir. Aussitôt, elles sont réduites en poussière. Savinus reconnait son erreur, et plusieurs témoins de ce prodige crurent en Dieu.

Tandis que ces prodiges éclatent dans Samos, Savine continue son voyage.  Elle arrive à Rome et s’y arrête pour s’instruire entièrement des dogmes de la religion chrétienne. Dieu l’adresse à une dame pieuse nommée Justine, avec qui elle forme une liaison étroite. Justine aime Savine comme sa fille, elle l’instruit dans la foi et la prépare à recevoir le baptême.

« Lorsqu’elle eut connu la sincérité de la foi et son désir pour le sacrement de la régénération », elle la présente, ainsi que sa compagne, au prêtre Eusèbe, qui, depuis monta sur la chaire de Saint-Pierre.

Ce ministre de Jésus-Christ confère le baptême à ces 2 étrangères. Savine consacre à Dieu sa virginité, le saint prêtre reçoit son sacrifice et devient le dépositaire de sa promesse.

 Bientôt, Dieu manifeste les vertus de Savine par de nouveaux prodiges. Elle rend la vue aux aveugles et redresse les boiteux, par la prière et par le signe de croix. Elle « brille dans Rome comme un astre favorable », et la réputation de sa sainteté se répand au loin.

Elle vit dans cette ville pendant 5 ans, édifiant les fidèles par ses exemples, instruisant par son zèle et soulageant les pauvres par ses bons offices. Elle semble même avoir oublié le dessein d’aller chercher son frère, lorsqu’une voix se fait entendre du ciel qui lui reproche cet oubli et lui ordonne de se rendre dans les Gaules, au pays des Tricasses. Elle obéit promptement, et recevant le même ordre qu’à Samos, elle montre la même docilité. Elle quitte Rome au regret du souverain pontife même, qui ne peut s’empêcher de témoigner sa douleur. Dans le cours de son voyage, elle passe à Ravenne, où « elle fait encore admirer l’héroïsme de ses vertus ». Là, elle guérit « d’une maladie opiniâtre », la fille unique d’un citoyen riche et distingué, dont on attendait plus que le moment de la mort. Savine qui demande l’hospitalité dans cette maison, est conduite auprès de la malade, et reste quelques moments dans cette situation, le visage enflammé. La malade recouvre aussitôt la santé et rend grâce au tout-puissant et à sa bienfaitrice.

Le bruit de ce miracle se répand dans Ravenne, on veut persuader Savine d’y établir sa demeure, mais son cœur n’est ouvert qu’aux inspirations, divines. Elle part et emporte avec elle les regrets de toute la ville.

Enfin, après un long et pénible voyage, Savine, accompagnée de Maximinole, arrive au pays des Tricasses. « De dessus les coteaux qui dominent la ville à l’occident », elle aperçoit des murs qui annoncent une ville, et elle apprend d’un berger, que c’est la ville des Tricasses, le terme de ses voyages. Son cœur tressaillit de joie, l’espérance de trouver son frère se ranime, la confiance prend de nouvelles forces. Arrivée dans la plaine à 1 mille de la ville, elle se repose avec sa compagne en attendant que quelqu’un puisse lui donner des nouvelles de ce frère chéri. Un citoyen nommé Licère y passe, et, s’étant approché d’elle, il s’informe du sujet de son voyage. Après quelques moments de conversation, il lui apprend la mort de Savinien, qui avait répandu son sang pour la foi de Jésus-Christ. Lorsque Licère est parti, Savine se prosterne la face contre terre, et, fondant en larmes dit : « Qui suis-je pour m’opposer à la volonté de mon Seigneur ? Qui me retient ici-bas ? Seigneur, terminez ma carrière, et je chanterai avec mon frère ses miséricordes éternelles ». Aussitôt, elle tombe en défaillance, elle s’évanouit et meurt dans la paix du Seigneur, le 29 janvier 313.

Maximinole, s’abandonne à la douleur et s’inquiète de savoir comment elle lui donnera la sépulture. Mais Licère qui repasse, se charge de tout ce qui convient de faire. Il annonce cette mort dans Troyes, et dès qu’on apprend que Savine est sœur de saint Savinien, chacun s’empresse d’assister à ses obsèques. On résolut de l’inhumer dans la ville, mais plusieurs obstacles font connaitre que ce n’est pas la volonté de Dieu : « Même après le trépas, elle fut la bienfaitrice de l’humanité ». Une femme nommée Eleuthère, privée de la vue et de l’usage de ses mains, est guérie par le seul attouchement des vêtements de la sainte. On se détermine à lui donner la sépulture à l’endroit même où elle a rendu l’esprit. Licère fait mettre une grande pierre sur son tombeau, et emmène chez lui Maximinole dont il prend soin.

 Les Tricasses admirèrent la sainteté de Savine, ils lui rendirent des hommages publics et son culte prit tous les jours « de nouveaux accroissements ». Vers le milieu du VII° siècle, Ragnégisile, évêque de Troyes, fit bâtir une église en son honneur, « au faubourg occidental de cette ville », dans un terrain qui lui appartenait. Il voulut même y reposer après sa mort, à l’ombre de la protection de la sainte, et l’on y voit encore son tombeau près du pilier de la chaire.

Saint Frobert, fondateur de Montier-la-Celle, demanda les reliques de cette sainte, et son corps fut conservé dans cette abbaye jusqu’à la Révolution « sur le grand autel du côté du midi », là où l’évêque de Troyes Louis Raguier les avait déposés dans une nouvelle châsse le 23 avril 1470.

Les Chartreux et les religieux de Montier-la-Celle, en 1655 et 1657, en donnèrent une partie à l’église paroissiale qui lui est dédiée.

L’église de Troyes célèbre la fête de sainte Savine le 29 janvier, et sa translation le 29 août.

On peut admirer une statue de sainte Savine sur la façade de l’église de Saint-André-les-Vergers, et, dans celle de Saint Lyé, on voit un groupe sculpté : sainte Savine, accompagnée de Maximinole, part à la recherche de son frère. D’autres statues sont à Saint-Nicolas, Saint-Julien, Lépine, Bouy-Luxembourg, Courtaoult, Ervy, Premierfait, Rilly-Sainte-Syre et Torvilliers.

Elle figure sur un des vitraux de la cathédrale, des Noës et de Saint-Martin-ès-Vignes.

 

Ste Savine, église de Ste Savine (10)





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