dimanche 25 mai 2025

Jean Léguisé Évêque de Troyes

 

Saint-Évêque - XIVe siècle

Jean Léguisé Évêque de Troyes, signe les Statuts Synodaux de Jean Colet avec Odar Hennequin.

Il s’agit d’un ouvrage important, daté de 1530, édité chez Jean Lecoq sous l’autorité de l’évêque de Troyes. C’est une œuvre de Jean Colet, juriste au tribunal épiscopal, natif et curé de Rumilly-les-Vaudes (de 1465 à 1479), qui rassemble les statuts promulgués par Jean Bracque (1370-1375), Jean Léguisé* (1426-1450) et Odard Hennequin (1525-1544), évêques de Troyes.

voir : STATUTS SYNODAUX DE JEAN COLET : ici


Odard Hennequin XVIe-XVIIe ( ?) Sacristie de la cathédrale de Troyes

Bandeau dans registre inférieur : OVDART . HENNEQVIN . AVMONIER . DE FRANCOIS . Pr . / EVESQVE . DE . SENLIS . PVIS . DE . TROIES . MORT . EN . 1544.


Jean Léguisé naît à Troyes et y fait ses études.

 En 1426, il est placé sur le trône épiscopal.

 En 1429, Troyes est "possédé par les Anglo-Bourguignons" qui tiennent garnison. Le 5 juillet, Jeanne d’Arc, conduisant l’armée française, se présente devant Troyes qui était forte par ses murailles.

A une lettre du Dauphin lui demandant d’ouvrir ses portes, la municipalité répond que les défenseurs résisteront jusqu’à la mort. Travaillés par l’évêque Léguisé, qui les exhorte vivement de se rendre, les éléments français restés en ville, avec les habitants, obligent la garnison à capituler.

 Le roi est reçu avec les témoignages de la joie la plus parfaite.

Tous les historiens disent que « les événements qui se passèrent à Troyes du 5 au 12 juillet 1429, décidèrent du sort de la France ».

L’entrée des troupes royales dans la ville ont un retentissement considérable : les villes situées sur la route de Reims se rallient alors au Dauphin.

C’est ainsi que " Troyes fut le triomphe du Droit et de la Justice. Ce fut la grande revanche du traité sacrilège et déshonorant livrant la France à l’étranger, qui y avait été signé en 1420, et que, de toutes les autorités politiques de l’époque, seule la Papauté, seul le pape Martin V, ne voulut pas reconnaître ".

Jean Léguisé décède à Paris le 3 août 1450, son corps est amené à Troyes et il est inhumé dans la chapelle du Sauveur de la cathédrale, avec une inscription sur son tombeau.

Par un testament aujourd’hui perdu, il lègue ses biens à sa mère Guillemette de la Garmoise, héritage qu’autorise la coutume de Champagne. Celle-ci avait alors confié certains objets liturgiques à Jacques de Roffey, lieutenant général du bailli de Troyes « pour et ou nom de Révérend père en Dieu monseigneur l’évesque de Troyes ».

Mais une charte du 9 janvier 1480 porte un conflit d’héritage à notre connaissance. Les descendants de la mère de l’évêque, décédée, souhaitent en effet récupérer les biens transmis au bailliage et appartenant soi-disant au défunt.


Cote G464 (Archives départementales de l'Aube)


S’engage alors, trente ans après la disparition de Jean Léguisé, un procès qui va durer huit années. Dans une cédule datée du 25 février 1450 [1451 n. st.] et recopiée dans la présente charte, Jacques de Roffey confessait avoir reçu de la mère de l’évêque :

« une mictre ensemble les deux lambeaulx servans à ladite mictre garnye de plusieurs pierres fines et pelles pesant ensemble douze marcs six onces et demye. Item une crosse ensemble trois bartons dargent fin à ladite crosse en laquelle y a des pierres et pelles fines pesant ensemble vingt et quatre marcs une once d’argent. Item deux agneaulx pontificaulx d’argent dorez où il y a des pelles et des pierres. Item les sandales et les soulers pontificaulx. Item deux paires de guans esquels a deux esmaulx d’argent dorez et esmaillez avec la tonaille. Item deux mictres blanches de boucassin ayens deux pendens. Item une chasuble de lin garnye d’estolle et manipulon. Item une tunique et dalmatique blanchez. Toutes ces choses dessus dites servans à un évesque et appartenant à ladite vesve ».

Les héritiers somment Jacques de Roffey de répondre de cette affaire. Ce dernier affirme avoir gardé les objets liturgiques pour l’exercice du culte de Louis Raguier, successeur de Jean Léguisé ; ce que Jean Pinette, procureur de l’évêque, confirme, avançant tous deux que

« lesdites crosses et mictres estoient des biens de feu maistre Estienne de Givry jadis évesque dudit Troyes prédécesseur immédiat de feu maistre Jehan Lesguisé ».

Les objets en question sont en effet dédiés au culte ecclésiastique, certains pouvant même faire partie du trésor de la cathédrale de Troyes.

Après plusieurs rebondissements, c’est finalement le Parlement de Paris qui statue en faveur de Louis Raguier, l’évêque pouvant conserver les objets de la querelle. Mais la famille Léguisé fait appel de cette décision, considérant qu’ils sont les « vrais héritiers de ladite Guillemectre et dudit feu maistre Jehan Lesguisé ».

L’affaire est définitivement close en 1488. D’autres membres de la parentèle Léguisé affirment avoir :

« bonne et vraye amour » pour leur nouvel évêque Jacques Raguier, successeur de Louis Raguier. Pour cette raison, « ilz ont donné, cédé, quinté, transporté et délaissé et par ces présentes donnent, cèdent, quinctent, transportent et délaissent par donacion irrévocable faicte entre vifz et sans le povoir ou vouloir jamais rappeller en aucune manière ». L’évêque peut désormais posséder ces biens « pour en faire et disposer comme des biens meubles appartenant audit évesché ».

Ce procès montre que la frontière entre les domaines privé et public est ténue. Elle est bien comprise des hommes d’Église et d’État : Jean Léguisé et sa mère, Louis Raguier et Jacques de Roffey ont conscience que ces biens appartiennent à l’évêché. Mais pour les Léguisé, cette frontière est plus floue.

Ironie du sort, Louis Raguier meurt le 19 août 1488, au moment de la rédaction des deux dernières chartes et de l’entière renonciation de la famille à hériter. Cette affaire aura donc durée 38 ans, de 1450 à 1488, sur une période de quatre épiscopats.

Le 5 décembre 1980, le conseil municipal donne son nom à une rue de Troyes.






Des troyens à Saint-Louis-des-français de Rome

 

Église St Louis des Français - Rome


St Louis sur la façade de l’église (en bas à gauche)


On lit, dans l’église de Saint-Louis-des-Français, à Rome, 3 épitaphes qui rappellent le souvenir d’autant de personnages originaires du diocèse de Troyes.

 1ère Epitaphe

Jean Milet, français, originaire de Troyes, est devenu citoyen romain par un séjour prolongé dans la Ville-Eternelle, après y avoir exercé, pendant toute sa vie, les fonctions de maître de la signature des brefs apostoliques. Il décède en 1577, à l’âge de 62 ans. 

2ème Epitaphe

Daniel Hannier, également aubois, originaire de Dosnon en notre diocèse, qui acquit le titre de citoyen romain, en remplissant à Rome, l’emploi de scribe des brefs apostoliques. Il décède en mai 1577, âgé de 59 ans.

 Cette communauté d’origine, cette similitude de fonctions, expliquent les « relations amicales et intimes qui ont existé entre ces deux diocésains ».

 Jean Milet est le protecteur de Daniel Hannier, ayant sur son compatriote, la supériorité de l’âge et celle de la position qu’il occupe.

 Ils décèdent  tous les deux, la même année. Jean Millet a deux fils, Augustin et Alexandre. Lors de son décès, Hannier teste en faveur d’Augustin qu’il a adopté. C’est ce dernier qui consacre, dans l’église de Saint-Louis-des-Français, un souvenir de reconnaissance à l’ami de son père dont il a été constitué l’héritier, par une épitaphe qui relate ses titres de citoyen romain et de scribe des brefs apostoliques. La qualification de : Viro officii ac fidei pleni, qui précède l’indication de ses bienfaits, constate simplement sa constance dans l’amitié et le penchant naturel de son cœur toujours disposé à rendre des services.

Jean Milet appartient à une très ancienne famille, dont les membres exerçaient, à Troyes, depuis de longues années, la charge de notaires. Un de ses ancêtres, joua un certain rôle pendant la domination des Anglais en France. Il était notaire et secrétaire d’Henri VI, roi d’Angleterre, et du duc de Bedford, régent du royaume. De plus, il remplissait les fonctions de secrétaire auprès de la haute commission gouvernementale de la Champagne, dont il était membre.

 Jean Millet né à Troyes en 1514, arrive fort jeune à Rome, puisqu’il remplit toute sa vie les fonctions de maître de la signature des brefs apostoliques. Cet emploi a beaucoup d’analogie avec la charge de notaire. C’est Clément VII (1523-1534) qui le lui a conféré. Par conséquent, le titulaire a tout au plus 20 ans, à l’époque de la mort de son illustre protecteur.

 Des événements politiques ont peut-être forcé le père de Jean Millet à s’expatrier, en raison du rôle compromettant et peu honorable pour sa famille, qu’avait joué à Troyes, un de ses ancêtres. Il aurait emmené, dans son voyage, avec son fils, le jeune Daniel Hannier, qui lui était étroitement uni par les liens d’une amitié d’enfance. Ce dernier, au moment du départ de notre ville, était attaché à l’étude du père.

3ème Epitaphe

 Jacques Vignier, fils de J. Viguier, Marquis des Riceys, Comte de La-Chapelle-Gonthier, Baron de Juilly, Villemaur et Saint-Liébault, Seigneur de Chennegy, Maître des requêtes, Conseiller d’Etat et privé, Intendant des finances, et Président aux Etats de Bourgogne, et de Marie de Mesgrigny, fille d’Eustache de Mesgrigny de Villebertin. Jeune, il a été pourvu des prieurés de Saint-Martin-des-Champs et de Notre-Dame-d’Argenteuil.

 Il a à peine 20 ans, lorsqu’il est désigné pour occuper le siège épiscopal de Troyes, en remplacement de Mgr René de Breslay, démissionnaire en 1621. Après sa nomination, le nouveau prélat se rend à Rome, afin d’obtenir lui-même ses bulles, en attendant qu’il ait atteint l’âge canoniquement requis pour recevoir l’ordre de prêtrise et la consécration épiscopale.

 Pendant ce voyage, la Sorbonne le proclame Docteur en théologie. Ce titre n’a jamais été accordé à aucun absent, ni à personne aussi jeune que lui. La Faculté, en le lui conférant, a eu égard à ses talents extraordinaires.

 Il a soutenu et expliqué, en quatre exercices publics, tous les mystères de la théologie, « avec une érudition merveilleuse et au-dessus de son âge ». Par son savoir prodigieux, « il a excité l‘étonnement, comme l’admiration, de la France entière, à un tel point, qu’on le comparait à Jean Pic de la Mirandole ».

 Marie de Mesgrigny, sa mère, établit à Troyes (14 septembre 1620), avec l’aide du cardinal de Bérulles, une communauté de carmélites, qu’elle reçut dans la maison paternelle d’Eustache de Mesgrigny de Villebertin. Jacques désirait vivement assister à la canonisation de sainte Thérèse, fondatrice de cet ordre religieux. Il eut cette satisfaction pendant son séjour à Rome.

En effet, le 12 mars 1622, le pape Grégoire XV, à la sollicitation du Sacré-Collège, des rois de France et d’Espagne, et des généraux des différents ordres, canonisa, dans une seule solennité, 5 illustres personnages, recommandables par leurs vertus et la sainteté de leur vie : saint Isidore l’agriculteur, saint Philippe de Néri, florentin, fondateur de la congrégation de l’Oratoire, saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, saint François-Xavier,  associé de saint Ignace, pour la fondation de la Compagnie de Jésus, et sainte Thérèse, fondatrice de l’ordre des Carmes-Déchaux. Cette solennité, dont Jacques Vignier fut témoin, se fit avec la plus grande pompe. Annoncée et préparée longtemps à l’avance, elle attira à Rome une foule considérable d’étrangers, avec beaucoup de Français.

 Six semaines après son arrivée à Rome, et 16 jours après la canonisation de sainte Thérèse, Jacques Vignier, atteint d’une maladie mortelle, succombe le lundi de Pâques 28 mars 1622, à l’âge de 22 ans. Son corps est inhumé dans l’église de Saint-Louis-des-Français.


Chapelle Saint-Louis - Église Saint-Louis des Français de Rome

Retable représenant Saint-Louis roi de France


L’église est une exaltation de la France à travers la représentation de ses saints et de ses grands personnages historiques. Ainsi, en façade se trouvent les statues réalisées par Pierre de l’Estache qui représentent Charlemagne, Saint Louis, Sainte Clotilde, et Jeanne de France. En outre la salamandre de François Ier est présente aux extrémités.

A l’intérieur des fresques représentant l’Apothéose de Saint-Louis et de Saint-Denis ainsi que des histoires de la vie de Clovis et des Francs.

Elle est formée de trois nefs avec cinq chapelles de chaque côté, une décoration baroque d’un foisonnement de marbres, dorures et sculptures.

Les chapelles sont dédiées à saint Denis, sainte Cécile, Jeanne de Valois, Saint Louis, Saint-Sébastien, à l’Immaculée Conception et à la confrérie des Lorrains. La toile du maitre-utel est une Ascension de la vierge de Francesco Bassano.

Dans la chapelle Sainte Cécile, des fresques du bolonais Dominiquin représente des passages de l’histoire de Sainte-Cécile (1616-1617), et sur l’autel est exposé une copie de la Sainte Cécile de Raphaël réalisée par Guido Reni.

C’est dans la cinquième chapelle de gauche, la chapelle Contarelli, que se trouvent trois chefs-d’œuvre de Caravage: Le Martyre de saint Matthieu (1601), Saint Matthieu et l’ange (1602) et la Vocation de saint Matthieu (1601).

Une fresque au plafond de cette chapelle, la Résurrection de la fille d’un roi, représente un autre épisode de la vie de saint Matthieu, réalisée par le Cavalier d’Arpin, ancien maître de Caravage.

La quatrième chapelle côté sud est consacrée à Clovis et à sa conversion au catholicisme avec son baptême à Reims par Saint Rémi en 496, qui fit de lui le premier roi chrétien de France. Les œuvres de la chapelle datent du XVIe siècle. Au-dessus de l’autel, le tableau où Clovis détruit les idoles est de Jacopino del Conte. A droite, le baptême de Clovis est de Sermoneta, peintre de l’école de Raphaël. Sur la voûte sont présentés des épisodes narrés par Grégoire de Tours comme la prise de Soissons, le vase de Soissons et la bataille de Tolbiac.

La chapelle baroque dédiée à Saint-Louis est l’œuvre de Plautilla Bricci, une femme peintre, sculpteur et architecte, qui y travailla entre 1644 et 1680. A gauche, Catherine des Médicis présente à Saint Louis le plan de l’église de Nicola Pinson et à droite saint Louis apporte à Paris la couronne d’épines de Luigi Giminiani.

L’église conserve aussi plusieurs tombes, comme celle Pauline de Beaumont construite par son amant François-René de Chateaubriand, ou encore un monument dédié au peintre du XVIIe siècle Claude Lorrain, ainsi que la tombe du cardinal François Joachin de Bernis, qui était ambassadeur des rois de France (Louis XV et Louis XVI). Un monument aux morts est consacrés aux français ayant péri à Rome lors du siège de 1849.



Monument aux soldats français morts sous les murs de Rome 
Hommage du pape Pie IX


En contre-façade, le très bel orgue fut construit par Joseph Merklin en 1881.





jeudi 22 mai 2025

Ordre Équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

 




Les origines historiques de l’Ordre sont quelque peu obscures, bien que, selon une tradition non documentée, elles remontent à la Première Croisade. En fait, la première preuve documentaire d’une investiture de chevaliers dits « du Saint-Sépulcre » date de 1336. Depuis ce premier témoignage de l’existence de l’Ordre, c’est-à-dire à partir du XIVe siècle, les papes ont progressivement et régulièrement exprimé leur désir d’annexer juridiquement l’organisation au Saint-Siège.

L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a toujours bénéficié de la protection des Papes qui, au fil des siècles, l’ont réorganisé, augmentant et enrichissant ses privilèges. Clément VI confia la garde du Saint-Sépulcre aux frères franciscains en 1342, mais c’était encore à une époque où seuls les chevaliers avaient le droit de créer d’autres membres de l’Ordre. Alexandre VI se déclara modérateur suprême de l’Ordre en 1496 et délégua aux franciscains le pouvoir de faire chevalier les nobles et les gentilshommes pèlerins en Terre Sainte (pouvoir d’investiture). La confirmation de ce privilège franciscain, soit verbalement, soit par la bulle papale, fut renouvelée par le pape Léon X en 1516, par Benoît XIV en 1746, jusqu’à la restauration du Patriarcat latin de Jérusalem par Pie IX en 1847.

C’est ainsi que la délégation pontificale fut transférée au Patriarche lorsque, en 1868, Pie IX publia des lettres apostoliques annonçant la restauration de l’Ordre. L’Ordre des Chevaliers s’ouvre avec la nomination des Dames du Saint-Sépulcre grâce à Léon XIII, en 1888. De plus, en 1907, Pie X décida que le titre de Grand Maître de l’Ordre serait réservé au Pape lui-même.

En 1932, Pie XI approuva la nouvelle Constitution et permit aux Chevaliers et aux Dames de recevoir leur investiture dans leurs lieux d’origine et pas seulement à Jérusalem. En 1940, Pie XII nomma un cardinal protecteur de l’Ordre et centralisa l’organisation à Rome, dans le cadre du Grand Magistère, transférant le titre de Grand Maître au cardinal Canali. Jean XXIII approuva la nouvelle Constitution présentée par le cardinal Tisserant en 1962.

Avec le renouvellement du Concile Vatican II, une nouvelle Constitution a été approuvée par Paul VI en 1977. Par la suite, Jean-Paul II a fait de l’Ordre une personnalité légale, canonique et publique, constituée par le Saint-Siège. Aujourd’hui, l’Ordre cherche à recueillir l’engagement de ses membres dans les églises locales pleines d’espoir pour leur sanctification. C’est la raison essentielle et profonde qui a motivé la révision de la Constitution lors de la « Consulta » qui a eu lieu en 2013.




L’Ordre aujourd’hui

a) Finalités

Les objectifs de l’Ordre sont les suivants :

· Renforcer chez ses membres la pratique de la vie chrétienne, dans une fidélité absolue au Souverain Pontife et selon les enseignements de l’Église, en observant comme fondement les principes de charité qui font de l’Ordre un moyen fondamental d’assistance à la Terre Sainte ;

· Soutenir et aider les œuvres et les institutions caritatives, culturelles et sociales de l’Église catholique en Terre Sainte, en particulier celles du Patriarcat latin de Jérusalem et du Patriarcat latin, avec lequel l’Ordre entretient des liens traditionnels ;

· Soutenir la préservation et la propagation de la foi dans ces terres, et promouvoir l’intérêt pour cette œuvre non seulement parmi les catholiques dispersés dans le monde entier, qui sont unis dans la charité par le symbole de l’Ordre, mais aussi parmi tous les autres chrétiens ;

· Défendre les droits de l’Église catholique en Terre Sainte.

L’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est la seule institution laïque de l’État du Vatican chargée de pourvoir aux besoins du Patriarcat latin de Jérusalem et de toutes les activités et initiatives visant à soutenir la présence chrétienne en Terre Sainte. Les contributions de ses membres constituent donc la principale source de financement des institutions patriarcales.

 b) Structure de l’Ordre

L’Ordre a une hiérarchie définie. Au sommet se trouve le Cardinal Grand Maître qui est nommé directement par le Saint-Père, pour diriger et gouverner l’Ordre. Le Grand Maître est assisté d’un organe consultatif, le Grand Magistère, qui a pour tâche d’identifier et de convenir avec le Patriarcat latin de Jérusalem des programmes et des actions à entreprendre chaque année pour pourvoir aux institutions et aux communautés chrétiennes en Terre Sainte, y compris les modalités de fonctionnement et les calendriers.

La Présidence du Grand Magistère est composée du Gouverneur général, des Vice-gouverneurs généraux et du Chancelier de l’Ordre : il s’agit du « conseil » exécutif de l’Ordre.

La hiérarchie se divise alors en deux parties distinctes : ecclésiastique et laïque. Le premier, dirigé par le maître de cérémonie, est responsable du développement spirituel de l’Ordre ; la seconde, dirigée par le gouverneur général et le chancelier, est responsable de la gestion de l’Ordre.

La tâche de la hiérarchie ecclésiastique est de définir les programmes et les événements à mettre en place pour développer la spiritualité des membres. La tâche de la hiérarchie laïque est de mener à bien les activités sociales et caritatives de l’Ordre en faveur de la Terre Sainte.

L’Ordre est subdivisé en Lieutenances, qui à leur tour sont divisées en Sections. Le cas échéant, les sections peuvent être divisées en délégations.

Le Lieutenant, les Chefs de Section (Presidi en Italie et en Sicile) et les Délégués (responsables des Délégations) sont accompagnés par une organisation ecclésiastique parallèle composée de Prieurs de Section et de Délégation.

Tous ces rôles sont fonctionnels et impliquent des responsabilités administratives ; Ce ne sont pas des titres honorifiques. Le mandat est de quatre ans, renouvelable et à condition que le titulaire s’acquitte correctement et efficacement de ses tâches.

Les candidats appropriés pour chaque poste sont suggérés par le supérieur immédiat et soumis à ceux qui occupent des postes supérieurs et au Grand Magistère pour approbation finale.

L’Ordre compte actuellement 52 Lieutenances : 24 en Europe, 15 en Amérique du Nord et au Canada, 5 en Amérique latine et 6 en Australie et en Extrême-Orient.

À l’heure actuelle, le nombre de membres actifs est d’environ 23 000. Ce sont les membres qui pratiquent effectivement la vie consacrée au service et à la charité qu’ils ont promis de défendre lors de leur admission dans l’Ordre.

 c) Activités

Comme nous l’avons déjà indiqué, l’Ordre est représenté dans presque tous les pays du monde où il y a une grande communauté catholique et des conditions appropriées pour des activités qui lui permettront d’atteindre ses objectifs.

Ensemble et individuellement, chaque Lieutenance, Section et Délégation élaborent un programme annuel de rencontres et d’événements visant à renforcer la croissance spirituelle des Membres, ainsi que des événements visant à sensibiliser au rôle et aux activités de l’Ordre dans leurs communautés locales respectives.

 Les dons recueillis pour la Terre Sainte sont administrés par les Lieutenances conformément à la législation administrative et fiscale de leur pays d’opération et chaque Lieutenance tient des comptes pertinents qui sont rapportés au Grand Magistère. Ces comptes comprennent le montant des dons, les bénéficiaires et l’objectif auquel ils sont affectés.

Le travail que le Patriarcat latin et les autres institutions catholiques accomplissent en faveur des chrétiens de Terre Sainte grâce au soutien de l’Ordre peut être résumé comme suit :

Les temps particulièrement difficiles qui ont suivi la deuxième Intifada (qui a mis un terme au travail et à l’activité économique dans une très grande partie de la Terre Sainte) ont fait perdre leur emploi à de nombreux chrétiens et ont incité le Patriarcat latin, la Nonciature apostolique et les autres institutions catholiques à s’engager dans la distribution d’aide sociale et humanitaire dans le cadre d’une opération visant à apporter un soutien financier direct aux familles les plus nécessiteuses. Cependant, la charité sous forme de subventions directes – que certains peuvent considérer comme des « aumônes » – ne fait pas partie des méthodes normales de fonctionnement de l’Ordre. Les aumônes humilient les personnes obligées de les accepter et ont un effet néfaste en encourageant les bénéficiaires à vivre de charité.

La politique de l’Ordre a été, et est toujours, d’aider les chrétiens de Terre Sainte à atteindre des normes éducatives et professionnelles qui leur permettront de jouer un rôle actif dans la société de leur propre pays, à un niveau qui leur donnera l’égalité avec les personnes d’autres religions.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les familles chrétiennes de la classe moyenne quittant la Terre Sainte à la recherche d’un avenir sûr à l’étranger sont devenues un véritable exode. Aujourd’hui, le nombre de chrétiens dans les différentes régions de la Terre Sainte varie de 2 % à 4 % de la population locale et il s’agit très largement d’artisans, de petits commerçants et de ceux qui travaillent dans l’industrie touristique qui s’est développée parallèlement aux pèlerinages. De telles très petites minorités ne peuvent survivre que si leurs compétences sont suffisamment élevées pour leur mériter l’appréciation et l’estime de la société dans laquelle elles vivent ; Et cela ne peut être réalisé que grâce à de meilleures normes d’éducation et de formation.

Depuis la fin du 19ème siècle, l’Ordre a financé la construction de 40 écoles patriarcales en Israël, en Palestine et en Jordanie et s’est maintenant engagé à financer leurs frais de fonctionnement. Aujourd’hui, environ 19 000 élèves et étudiants fréquentent ces écoles, de la maternelle à l’école primaire, au collège et au lycée, ainsi que dans un certain nombre d’écoles techniques. En moyenne, la répartition des étudiants est de 60 % de chrétiens (catholiques, orthodoxes, etc.) et de 40 % de musulmans.

L’engagement de l’Ordre dans le domaine de l’éducation aide à faire face à un problème très important dans la région : comment habituer les personnes de races et de religions différentes à vivre dans la paix et le respect mutuel. Si ces valeurs sont encouragées dès le plus jeune âge, elles peuvent être implantées dans l’esprit des enfants, sinon il n’y a aucun espoir de le faire à un stade ultérieur, car à l’adolescence, les jeunes sont des proies faciles pour les idéologies extrémistes.

Les frais de fonctionnement du Patriarcat et de ses 68 paroisses, les salaires des quelque 900 enseignants et autres membres du personnel des établissements d’enseignement, les coûts du séminaire patriarcal et des orphelinats et cliniques, ainsi que ceux des nouvelles entreprises du Patriarcat et d’autres projets en cours (y compris la construction de logements pour les jeunes familles chrétiennes) sont énormes et augmentent continuellement. mettant un lourd fardeau sur notre Ordre. De tels coûts ne peuvent être supportés que grâce à la générosité des membres actifs de l’Ordre.

 d) Ce que signifie être membre de l’Ordre

Adhérer à l’Ordre, c’est s’engager pour la vie. L’engagement d’être un témoin de la foi, de mener une vie chrétienne exemplaire de charité continue en soutien aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, de pratiquer le véritable engagement caritatif d’un chrétien.

Le but de l’adhésion à l’Ordre est de servir l’Église catholique et d’accomplir des actes de charité pour rendre possibles les opérations de maintien de la présence chrétienne en Terre Sainte. Le but de l’adhésion à l’Ordre n’est pas de devenir membre d’une organisation prestigieuse afin de se vanter de son statut ou d’acquérir des avantages et des avantages personnels.

Habituellement, mais pas toujours, un candidat est proposé par un membre existant de l’Ordre. Le délégué et le chef de section ayant juridiction sur la zone en question évalueront le candidat lors d’un premier entretien. Si ses qualités sont généralement considérées comme conformes aux exigences, le candidat peut commencer une période de formation d’au moins 12 mois. Si le candidat termine cette période avec succès, il peut demander son admission à l’Ordre par l’intermédiaire de la Lieutenance locale.

 

 Le Grand Magistère de l’Ordre



La concession de l’église et du couvent de S. Onofrio al Gianicolo à l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est liée à certains des changements institutionnels les plus importants qui y ont eu lieu. En effet, par un motu proprio du 15 août 1948, Pie XII établit que le siège de l’Ordre serait transféré de Jérusalem à Rome dans ladite Église, et que le Grand Maître serait désormais un cardinal nommé par le Pape.

Ce que l’on sait moins, cependant, c’est que la bienveillance particulière du Pape avait une signification particulière pour l’Ordre. En effet, le témoignage de Torquato Tasso, auteur de Gerusalemme Liberata, l’œuvre dans laquelle sont racontés les actes des croisés qui se sont battus pour reconquérir le Saint-Sépulcre, est encore vivant dans l’Église. Le poète, après avoir erré à travers l’Italie, demanda et obtint l’hospitalité au couvent de S. Onofrio où il vécut les dernières années de sa vie. L’harmonie entre le patrimoine littéraire du lieu, où se trouve un petit musée qui conserve une partie des manuscrits du Tasse, et le caractère chevaleresque de l’institution est donc parfaite.

Le complexe architectural de S. Onofrio est donc un lieu où l’histoire, la culture et la foi se sont transmises à travers les siècles jusqu’à nos jours. Sa construction remonte au XVe siècle mais, à l’origine, c’était un ermitage. La construction de l’église a commencé en 1439 et s’est terminée au XVIe siècle. L’édifice sacré fut confié aux Gérolamitans jusqu’en 1933, année où le pape Pie XI dissolvit la congrégation.

La propriété est située dans une position panoramique, sur la promenade du Janicule où le dôme de Saint-Pierre de Michel-Ange, qui domine le paysage environnant, et le grondement du canon à midi complètent l’atmosphère évocatrice du lieu. Un escalier mène à la porte, qui porte les armoiries de l’Ordre, à partir de laquelle vous pouvez accéder, à travers un beau jardin fleuri, au cimetière en face de l’église. Déjà à l’extérieur, nous trouvons des peintures de belle facture attribuées au Dominiquin et à Sebastiano Strada.

L’intérieur, de style Renaissance encore influencé par le gothique, est une salle rectangulaire avec des voûtes croisées, une abside polygonale et cinq chapelles latérales. Ceux-ci sont dédiés à saint Onofrio, à Notre-Dame de Lorette, au Crucifix, à saint Pie X et à saint Jérôme. Dans le premier, il y a le monument funéraire de Torquato Tasso. Les peintures de l’abside attribuées à Peruzzi et Pinturicchio sont d’une grande beauté, ainsi que celles de la sacristie. Le portique mène au cloître, du XVe siècle, dans lequel règnent la tranquillité et la paix absolues. De l’atrium, en revanche, vous entrez dans le musée Tassiano.

Cette splendeur artistique devient une source d’enrichissement et de croissance spirituelle pour ceux qui s’en approchent et donc pour les membres de l’Ordre.

 

QUARTIER GÉNÉRAL OPÉRATIONNEL TEMPORAIRE DU GRAND MAGISTÈRE



Le palais qui s’appelle aujourd’hui à tort le Palais des Pénitenciers - du nom des derniers propriétaires, les Pères Pénitenciers de Saint-Pierre, était au XVe siècle le palais de Domenico della Rovere : un cardinal piémontais du cercle du pape Sixte IV della Rovere, qui a fait une brillante carrière à Rome, se distinguant par d’importantes fonctions ecclésiastiques et des revenus économiques élevés. Sa construction remonte à la seconde moitié du XVe siècle, entre 1475 et 1490 - l’architecte est le Florentin Baccio Pontelli - et le modèle auquel il se réfère directement dans la typologie du bâtiment est le Palazzo Venezia, le plus important du XVe siècle romain. Le Palazzo della Rovere a été tellement loué et admiré par les contemporains au XVe siècle qu’il a été choisi pour accueillir l’empereur Charles VIII lors de sa visite à Rome en 1495.

Dans les cinq salles du rez-de-chaussée, qui abritent les bureaux de représentation de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre, le complexe abrite un ciel pictural très important de Pinturicchio et de son école : la salle du Grand Maître décorée d’une somptueuse architecture peinte qui simule une loggia ouverte, la salle des Mois qui conserve des fragments d’une représentation très rare des mois liée aux mythes dont sont issus les signes du zodiaque - les scènes restantes concernent le le mois de juin avec le paysan tondant l’herbe et le mythe d’Hercule et de l’hydre d’où provient le signe du zodiaque du Cancer, le mois d’octobre avec la figure de l’oiseleur de la tradition byzantine et le mythe d’Orion d’où provient le signe du zodiaque du scorpion, et le mois de mars avec les soldats prêts à partir à la guerre.

La salle suivante conserve de belles lunettes avec des figures de prophètes récitant leurs prophéties et d’apôtres avec des versets du Credo, tandis que le plafond brillant d’or et de bleu montre des portraits d’empereurs romains.

La salle la plus belle et la mieux conservée est la salle des Demi-dieux, avec un plafond extraordinaire composé de soixante-trois panneaux peints sur papier et collés dans des caissons en bois, où les bestiaires médiévaux sont flanqués d’allégories et de symboles et d’images tirées des sarcophages classiques, témoignage très important d’une culture à la croisée des chemins entre le Moyen Âge et la Renaissance. Des animaux fantastiques et monstrueux, des dieux mythologiques et des êtres hybrides, mi-humains et mi-animaux tels que des sirènes, des tritons, des centaures, des satyres et des sphinx, campent isolés sur le fond doré des tuiles, ou jouent des instruments de musique, ou se battent avec des armes rudimentaires dans une grande variété d’attitudes.

L’ancien réfectoire donnant sur le jardin suspendu, dans l’aile gauche de l’édifice, conserve une décoration du XVIe siècle avec des motifs naturalistes et des figures allégoriques de l’influence de Michel-Ange. Dans la même aile du bâtiment, au deuxième étage, le peintre florentin Francesco Salviati a peint des fresques dans d’autres pièces en 1552 pour le compte du cardinal Giovanni Salviati qui a longtemps été parmi les propriétaires du palais, où il avait une résidence permanente. Parmi ceux-ci se trouve la salle d’Apollon avec une représentation extraordinaire d’Apollon conduisant les chevaux du soleil, peinte avec un effet de trompe-l’œil au centre du plafond parmi les emblèmes de la famille Médicis.

 

            RANGS DE LA CHEVALERIE

 

    Classe de chevaliers

Abr.

Collier Chevalier

 

Chevalier du collier

 

Chevalier de Collier

 

Kollar-Ritter

 

Caballero de Collar

 

 

 

Chevalier

Cav.

Chevalier

KHS

Chevalier

Chev.

Ordensritter

 

Caballero

Taxi.

 

 

Commandant

Comm.

Chevalier Commandeur

KCHS

Commandeur

Comm.

Komtur

 

Commandant

 

 

 

 

Grand Officier

Gr. Uff.

 

Chevalier Commandeur avec étoile

KG * HS

 

Grand Officier

Gr. Off.

 

Großoffizier

 

 

Comendador Grand Oficiale

 

 

 

 

 

Chevalier Grand-Croix

Cav. Gr. Cr.

 

Chevalier Grand-Croix

KGCHS

 

Chevalier de Grande Croix

Chev. Gr. Cr.

 

Großkreuz-Ritter

GKR

 

Caballero de Gran Cruz

 

 

 

 

 

Classe de dames
Classe de dames

 

 

 

 

 

Collier Dame

 

 

Dame du Collier

 

 

Dame de Collier

 

 

Kollar-Dame

 

 

Dame du Collier

 

 

 

 

 

Dame

 

 

Dame / Lady (États-Unis)

 

 

Dame

 

 

Dame

 

 

Dame

 

 

 

 

 

Dame de la Commanderie

 

 

Dame / Dame Commandeur

 

 

Dame de Commande

 

 

Komtur-Dame

 

 

Dama de Encomenienda

 

 

 

 

 

Dame de la Commanderie avec plaque

 

 

Dame / Dame Commandeur avec étoile

 

 

Dame de Commande avec plaque

 

 

Komtur-Dame mit Stern

 

 

Dama de Encomenienda con Plaça

 

 

 

Dame Grand-Croix

D. Gr. Cr.

Dame Grand-Croix

LGCHS

Dame de Grand Croix

 

Dama de Gran Cruz

GKD

Großkreuz-Dame

 

 

 

 


 

 


 

Source : Bibliothèque Vaticane

 

 


 

 

 


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