L’objectif des pages qui suivent n’est pas de peser les arguments pour ou
contre l’authenticité d’un morceau de toile apparu en Champagne en 1357 et
conservé à Turin depuis 1578, présenté comme le linceul du Christ. Il s’agit
simplement d’établir, avec la plus grande rigueur possible, la chronologie de
tout ce que l’on sait avec certitude à son sujet. Avant le XIVᵉ siècle, rien
n’est attesté : il est donc inutile d’examiner les hypothèses imaginées pour
lui construire une histoire entre la Palestine du Ier siècle et la Champagne
médiévale.
Le Saint-Suaire entre véritablement dans l’histoire en 1357, lorsque Jeanne
de Vergy, veuve de Geoffroy Ier de Charny, organise l’ostension d’un linceul
dans la collégiale de Lirey. Aujourd’hui, Lirey n’est plus qu’un petit village
de cent habitants, à vingt kilomètres au sud de Troyes. La collégiale, détruite
après la Révolution, a été remplacée en 1897 par une modeste église
paroissiale. De l’édifice d’origine ne subsistent que deux retables, réalisés
après une première reconstruction en 1526. L’un, offert par Jean Huynard, doyen
du chapitre, est conservé au Victoria and Albert Museum de Londres ; l’autre se
trouve depuis 1828 dans l’église de Crésantignes. Tous deux représentent la
Mise au Tombeau, mais aucun ne correspond à ce que l’on observe sur la pièce de
tissu conservée à Lirey au XIVᵉ siècle.
Lirey, aujourd’hui paisible commune rurale, fut pendant plusieurs décennies un centre de pèlerinage, de controverses, de procès, de bulles pontificales, de rentes, de transferts, et de décisions royales. L’histoire du suaire, souvent racontée de manière fragmentaire, mérite d’être restituée dans sa totalité, avec ses documents, ses acteurs, ses lieux, ses tensions, ses déplacements, ses incendies, ses ostensions, et ses survivances. Les archives de l’Aube, qui conservent une partie essentielle des pièces médiévales, permettent de reconstruire cette histoire avec une précision rare.
Geoffroy de Charny, fondateur de la collégiale, né vers 1300, était considéré par ses contemporains comme le modèle du chevalier. Intime des rois Philippe VI et Jean II le Bon, il fut conseiller, ambassadeur, porte-oriflamme de France, chevalier de l’ordre de l’Étoile, et auteur de trois traités sur la chevalerie. Sa vie fut une succession de campagnes militaires, de captivités, de missions diplomatiques et d’actes de bravoure. héros de la guerre de Cent Ans, écrit au pape Clément VI pour lui faire part de son intention de fonder une église à Lirey. Il souhaite remercier Dieu de l’avoir libéré de captivité en Angleterre. Quelques années plus tard, en 1353, il fonde officiellement la collégiale Notre‑Dame de l’Annonciation, dotée de cinq chanoines et d’un doyen. L’acte de fondation, conservé aux Archives de l’Aube, est approuvé par Henri de Poitiers, évêque de Troyes. Ce document, aujourd’hui jauni, porte encore la trace de la volonté d’un homme qui voulait doter son village d’un chapitre digne des grandes églises de Champagne. Le roi Philippe VI lui concéda les revenus d’une terre pour l’aider à accomplir le vœu qu’il avait fait en captivité : construire une église à Lirey. Le roi lui donna également des reliques, sans jamais mentionner de linceul.
L’église, bâtie en bois selon la tradition locale, fut achevée en quatre mois. Geoffroy obtint du pape Clément VI qu’elle soit érigée en collégiale, puis signa l’acte officiel de fondation le 20 juin 1353. Rien, dans ces documents, ne fait la moindre allusion à un suaire.
Geoffroy meurt héroïquement le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers. Sa veuve, Jeanne de Vergy, organise en 1357 les premières ostensions attestées du suaire dans la collégiale de Lirey. Un insigne en étain, retrouvé en 1855 dans la Seine, témoigne de ces ostensions. Il représente deux silhouettes du Christ, l’une de face, l’autre de dos, exactement comme sur le suaire. Ce petit objet, perdu par un pèlerin, est aujourd’hui conservé au musée de Cluny.
[En 2009, un joggeur découvrit dans la campagne de Machy un
moule en pierre ayant servi à fabriquer des insignes similaires. Le dessin,
gravé à l’envers, montre deux chanoines présentant le linceul, dont le tissage
en chevrons est restitué avec précision. L’effigie du corps, elle, est
détruite, mais une tête du Christ subsiste, encadrée par les blasons des Vergy
et des Charny. Une inscription, à lire de droite à gauche, mentionne pour la
première fois en français le mot « suaire ». Ce moule confirme que les ostensions
de Lirey avaient pris une ampleur réelle.]
Alors que les pèlerinages se développaient, Jeanne de Vergy se remaria en 1361 avec Aimon de Genève, seigneur d’Anthon et de Varey. Son fils, Geoffroy II de Charny, était désormais en âge de porter les armes. Pendant ce temps, le diocèse de Troyes changeait d’évêque : Henri de Poitiers mourut en 1370, remplacé successivement par Jean Braque, Pierre de Villiers, puis Pierre d’Arcis en 1377. Ce dernier allait devenir l’adversaire le plus acharné du suaire.
Pierre d’Arcis voyait dans les ostensions une supercherie montée par le doyen de Lirey pour soutirer de l’argent aux pèlerins. Il interdit les présentations du linceul, ce qui poussa Jeanne de Genève à retirer la relique de la collégiale et à la mettre en sûreté dans son château de Montfort. En 1378, le cardinal Robert de Genève, cousin par alliance de Jeanne, fut élu pape sous le nom de Clément VII. En 1389, Geoffroy II de Charny demanda au cardinal Pierre de Thury, légat du pape, l’autorisation de reprendre les ostensions. Le roi Charles VI donna son accord, et Clément VII confirma la permission. L’évêque de Troyes entra alors dans une colère noire, menaça d’excommunication, et tenta d’obtenir l’arrêt des ostensions. Le pape, cependant, confirma son autorisation.
Pierre d’Arcis rédigea un long mémoire accusant le doyen de Lirey d’avoir fabriqué une fausse relique, d’avoir simulé des miracles, et d’avoir même obtenu les aveux du faussaire. Mais ce document n’est connu que par une copie sans date ni signature, et aucune trace ne subsiste d’une enquête menée par Henri de Poitiers, pourtant présenté comme celui qui aurait démasqué la fraude. Rien ne prouve qu’il ait jamais interdit l’ostension du suaire, alors qu’on possède au contraire l’approbation qu’il donna à la fondation de la collégiale. Pierre d’Arcis, d’ailleurs, ne met jamais en cause la famille de Charny, seulement le doyen.
Le 6 janvier 1390, le pape Clément VII tranche. Il ordonne à l’évêque de Troyes de garder le silence sous peine d’excommunication. Il autorise les ostensions, mais à condition de préciser qu’il s’agit d’une “image” du suaire du Christ. Il écrit à Geoffroy II de Charny pour encadrer les présentations. Ces bulles, conservées aux Archives de l’Aube, sont les premiers documents pontificaux concernant le suaire. Elles montrent que Lirey, petit village champenois, est devenu un enjeu religieux international.
En 1418, la Champagne est ravagée par les bandes armées. Les chanoines de Lirey confient le suaire à Humbert de Villersexel, seigneur de La Roche et de Lirey, pour le mettre en sécurité. Il le transporte dans son château de Montfort, puis à Saint‑Hippolyte sur Doubs. Un reçu détaillant les reliques confiées à Humbert est conservé aux Archives de l’Aube. Il énumère les joyaux, les reliques, les objets liturgiques, et mentionne explicitement “l’image du Saint‑Suaire”. Après la mort d’Humbert, sa veuve, Marguerite de Charny, refuse de rendre le suaire au chapitre de Lirey.
S’ensuivent des procès, des permissions temporaires, des rentes imposées, des excommunications. En 1443, le Parlement de Dole statue que le suaire doit rester entre les mains de Marguerite jusqu’à la Pentecôte. En 1447, l’Officialité de Besançon prononce une sentence d’excommunication contre
Marguerite et son secrétaire Philibert Thibault pour leur refus de rendre le suaire. En 1449, Charles de Noyers, frère de Marguerite, s’engage à payer 800 ducats d’or et 300 livres au chapitre de Lirey pour compenser la perte des aumônes que rapportait le suaire.
Finalement, en 1453, Marguerite cède le suaire au duc Louis Ier de Savoie. En 1464, un accord fixe une rente perpétuelle de 50 francs d’or au chapitre de Lirey. Cet acte, conservé aux Archives de l’Aube, est le premier document attestant que le suaire devient propriété de la Maison de Savoie. Lirey perd sa relique, mais gagne une rente. Le suaire quitte définitivement la Champagne.
La Maison de Savoie installe le suaire à Chambéry. En 1502, il est placé dans la Sainte‑Chapelle du château, dans une niche murale protégée par quatre serrures. Le 4 décembre 1532, un incendie
ravage la chapelle. Le reliquaire fond, mais le suaire, plié, est partiellement préservé. Les Clarisses de Chambéry le restaurent en 1534, cousant des pièces de tissu pour réparer les brûlures. Ces réparations, visibles aujourd’hui, sont les traces matérielles de cet incendie.
En 1578, pour éviter au cardinal Charles Borromée un voyage difficile à travers les Alpes, le duc Emmanuel‑Philibert fait transférer le suaire à Turin. Il n’en repartira plus. Les ostensions se
multiplient. Le suaire est montré pour des mariages princiers, des fêtes religieuses, des événements politiques. Des gravures, des récits, des témoignages décrivent ces ostensions.
En 1898, le photographe Secondo Pia réalise la première photographie du suaire. Le négatif révèle un visage d’une précision inattendue. En 1931, Giuseppe Enrie photographie à son tour le suaire, confirmant les détails. En 1933, le suaire est montré à la lumière du jour. Le docteur Pierre Barbet, chirurgien, observe les traces de blessures et publie des études qui marquent l’histoire de la médecine légale.
En 1997, la chapelle Guarini brûle. Le suaire est sauvé par les pompiers. En 1998, 2000, 2010 et 2015, des ostensions modernes permettent à des millions de pèlerins de le voir.
Lirey, aujourd’hui, n’a plus sa collégiale, détruite après la Révolution. Mais il conserve son histoire, ses
archives, ses traces. Le retable de la collégiale, daté de 1504, est conservé au Victoria and Albert Museum. L’acte de fondation de 1353, les bulles de 1390, les procès de 1443, les accords de 1464, les inventaires du trésor, les correspondances du XVe siècle, tout cela est conservé aux Archives de l’Aube.
Lirey est le point de départ d’une histoire qui traverse la Champagne, la Savoie et l’Italie.
Le Saint‑Suaire, aujourd’hui conservé à Turin, est né
historiquement à Lirey. C’est là qu’il apparaît pour la première fois, là qu’il
est montré, là qu’il provoque des débats, là qu’il est protégé, là qu’il est
transmis. Lirey est l’origine. Et cette origine se trouve dans l’Aube, sur ton
territoire, dans un village qui fut un jour le centre du monde chrétien.
Le fonds de Lirey conservé aux Archives de l’Aube contient une série de
pièces essentielles pour comprendre la vie de la collégiale et le destin du
Saint‑Suaire. On y trouve d’abord les inventaires du trésor, comme celui de
1505, où Pierre Colin, chantre de l’église de Troyes, remet au doyen Jean
Huyard des reliques provenant du trésor de Saint‑Marc de Rome : saints Abdon et
Senen, saint Marc pape, saint Marc évangéliste, saint Laurent, saint Hippolyte,
saint Jean‑Baptiste, saint Blaise. Ces reliques enrichissent le trésor de
Lirey, dont un inventaire détaillé est dressé en 1552, accompagné d’une note
sur les revenus de la collégiale.
La liasse la plus importante concerne le Saint‑Suaire lui‑même, depuis 1390 jusqu’au XVIIIᵉ siècle. On y trouve les deux bulles de Clément VII, datées du 6 janvier 1390, autorisant les chanoines de Lirey à exposer l’image du Saint‑Suaire, mais en leur imposant de préciser à haute voix qu’il ne s’agit que d’une image du vrai suaire du Sauveur. Ces bulles sont les premiers documents pontificaux concernant le suaire.
La liasse contient ensuite les pièces relatives au transfert du suaire en 1418 : le reçu délivré par Humbert de La Roche, seigneur de Villersexel et de Lirey, qui énumère les joyaux et reliques confiés par les chanoines, dont l’image du Saint‑Suaire. Après la mort d’Humbert, sa veuve Marguerite de Charny restitue les reliques, mais conserve le suaire, avec l’autorisation du chapitre, moyennant une rente annuelle de 12 francs et une somme de 30 livres. Elle promet de rendre le suaire si le village de Lirey devient la propriété de François de La Palu, comte de La Roche. Son frère, Charles de Noyers, se porte garant.
Les procès commencent en 1443. Le Parlement de Dole ordonne que le suaire reste entre les mains de Marguerite jusqu’à la Pentecôte, tandis que les autres reliques sont déposées chez les Frères mineurs de Dole. Le 9 mai 1443, le chapitre de Lirey lui accorde la permission de garder le suaire jusqu’en 1449, moyennant une rente de 15 francs. En 1447, l’Officialité de Besançon prononce une sentence d’excommunication contre Marguerite et son secrétaire Philibert Thibault pour leur refus de
rendre le suaire.
En 1457, Louis Ier de Savoie accorde au chapitre de Lirey une rente perpétuelle de 50 francs d’or, en compensation de la cession du suaire faite par Marguerite. En 1464, il écrit aux chanoines pour leur demander de cesser de publier que Marguerite est excommuniée, rappelant qu’il leur a accordé une rente perpétuelle en échange du suaire. En 1473, le chapitre accorde à Charles de Noyers la permission de garder encore trois ans le suaire, moyennant une rente annuelle de 50 livres et la promesse de construire une place forte à Lirey.
En 1449, Charles de Noyers s’engage à payer 800 ducats d’or et 300 livres au chapitre, pour compenser la perte des aumônes et les frais de justice. Le chapitre reconnaît qu’il paraît impossible de rentrer en possession du suaire et lève l’excommunication. En 1458, l’Officialité de Troyes ordonne de notifier à Charles de Noyers son excommunication s’il ne paie pas les sommes dues.
Enfin, le fonds contient des correspondances du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle entre le doyen de Lirey, un Augustin déchaussé et le chanoine Sergent de Villersexel, ainsi qu’un acte de 1423 où Amédée VIII de Savoie prolonge un don accordé aux habitants
À partir de 1357, et jusqu’en 1418, la collégiale conserva le linceul qui, selon la tradition, avait enveloppé le corps du Christ. C’est là, dans ce petit village de l’Aube, que se mirent en place les premières ostensions et les premiers pèlerinages, non sans provoquer de vives controverses, notamment avec l’évêque de Troyes. Lirey devint alors, pour quelques décennies, un centre de dévotion inattendu, attirant des foules venues de toute la région.
De la collégiale médiévale, détruite après la Révolution, il ne subsiste aujourd’hui que deux retables. Le premier, offert par Jean Huynard, doyen du chapitre, est conservé au Victoria and Albert Museum de Londres.
Le second,
ramené de Lirey en 1828, se trouve dans l’église de Crésantignes. Sa
disposition d’origine, qui plaçait la Crucifixion entre la Flagellation et la
Mise au tombeau, n’a pas été respectée lors du transfert. Restaurée en 1987 par
Maimponte, cette œuvre, datée vers 1530, demeure l’un des rares témoins
matériels de l’histoire du Saint‑Suaire en Champagne.
Les Archives départementales de l’Aube conservent deux ensembles
documentaires essentiels pour retracer cette histoire champenoise du suaire :
les cotes I 17 à I 19 et la sous‑série 9 G. Une partie de ces documents est
déjà disponible en ligne, en attendant la numérisation complète de la sous‑série
9 G, prévue pour la fin de l’année 2023. Ces archives permettent de suivre pas
à pas la fondation de la collégiale, les ostensions, les conflits, et le rôle
déterminant joué par la famille de Charny.
Acte de fondation de la collégiale de Lirey (1353)
Parchemin enluminé rédigé en latin, confirmant la création du chapitre de Lirey
sous le vocable de Notre‑Dame de l’Annonciation par Geoffroy de Charny, porte‑étendard
du roi de France. Ce document, conservé aux Archives départementales de l’Aube,
constitue la source la plus ancienne attestant l’existence de la collégiale où
fut conservé le Saint‑Suaire.
1353, 20 juin. (Acte,publié par Camuzat,
Promptuariurn, fol. 412 1420 ro; analysé par M. l'abbé Prévost,
L'ancienne collégiale de Lirey. - Approbation par Henri
de Poitiers, évêque de Troyes, de l'acte précèdent. 1356, 28 mai (publié par
Camuzat, fol. 422 vu; analysé par Prévost,p. 19). - Vidimus, daté du 11 août
1361,. par Humbert des Granches, garde du scel de la prévoté de Troyes, des
actes suivants : Cession par Henri, seigneur de Joinville, comte de Vaudémont
et sénéchal de Champagne, à Geoffroy de Charny, du village d'Assencières,
auquel il avait droit comme héritier de lew tante Mme de Beaufort; 1348, samedi
avant l'Apparition (nienticon erronée de Prévost, p. 12; - don h la collégiale
de Lirey par Geoffroy de Charny de diverses rentes; 1354,16 octobre (analyse
inexacte de Prévost, p. 17).
- Bulle d'indulgences accordée par \vingt-sept
cardinaux en faveur de la reconstruction de la collégiale. 1508, 5 novembre:
lettres peintes (anal. pw Prévost, p. 85-87). –
Bulle d'un légat du Pape en France accordant des indulgences qux bienfaiteurs de la collégiale. 1515, 16 septembre (pièce très mutilée). - Copie de l'article consacré par Camuzat à Geoffroy de Charny (fol. 410 vo-412 r0)
(1La
partie principale du fonds de Liiey est conservée aux Archives de l'Aube
1505-1552. - Trésor. Procès-verbal de remise par Pierre Colin, ,chantre de l’église de Troyes, à Jean Huyard, doyen de Lirey, de diverses reliques des saints Abdon et Senen, S. Marc pape et S. Marc évangéliste, S. Laurent, S. Hippolyte, S. Jean-Baptiste et S. Blaise, provenant du trésor de Saint-Marc de Rome. 1505, 8 octobre. ~
Inventaire du trésor de la collégiale, suivi d’une
note sur son revenu.
1552, 26 avril (Publié par Lalore, Inventaires des principales églises de Troyes, t. II, p. 267-268).
1 19 \Liasse). - 5 pieces parchemin ; 5 piéces
papier. dont 1 cahier de 24 feuillets ; 1 fragment de sceau
1390-XVIII” siècle. - Saint-Suaire. (La plupart des
pièces de cette liasse ont été analysées par l’abbé Lalore, Historique de
l’Image du Saint-Suaire de Jésus-Christ, priinitiurJment à Lirey (Aube), et maintenant à Turin. Revue catholique du diocèse de Troyes, 1877, p. 120-124.
133-136. Ce travail a été reproduit presque intégralement par M. l’abbé Prévost, L’ancienne collégiale de Lirey, p. 24 et suiv.). Deux bulles de Clément VI1 autorisant les chanoines de Lirey a exposer l’image du Saint-Suaire, mais sans les cérémonies interdites par l’évêque de Troyes, et à condition de notifier au peuple à haute voix qu’il ne s’agit que d‘une image du vrai Suaire du Sauveur. Avignon, 8 des ides de janvier, an XII du Pontificat (1390, 6 janvier).
- Copies de pièces concernant le Saint-Suaire, 1418-1473 : Reçu délivré par Humbert, comte de La Roche, seigneur de Villersexel et de Lirey, aux chanoines de Lirey, énumérant la liste des joyaux et reliques qu’ils lui ont confiés. 1418, 6 juillet (Publié par Lalore, Inventaires, t. II. p. 263-265).
- Sous les sceaux du tabellionnage de Gray et de I’Officialité de Besançon, lesdoyen et chanoines de Lirey constatent la restitution à eux faite par Marguerite de Charny, veuve d‘Humbert de La Roche, des joyaux et reliques de leur église, à l’exception de l’image du Saint-Suaire, qu’ils l’autorisent à conserver encore trois ans ; Marguerite donne en retour au Chapitre une somme de 30 l., et s’engage à lui payer pendant ces trois ans une rente annuelle de 12 francs pour remplacer les aumônes dont l’église de Lirey serait ainsi privée ; elle rendra le Saint-Suaire au Chapitre si avant la Nativité de saint Jean-Baptiste le village de Lirey devient la propriété de François de La Palu dit de Varambon, comte de La Roche ; enfin elle donne au Chapitre divers ornements liturgiques et confirme les libéralités de ses prédécesseurs. Charles de Noyers son frère se porte pleige de ces engagements.
1443,s mai. - Arrêt du Parlemenl de Dole ordonnant que sur l’opposition formée par François de La Palu, comte de La Roche et seigneur de Villersexel, héritier de Humbert de Villersexel, il statuera sur l’accord précédent avant la Pentecôte, et que jusque là l’image du Saint-Suaire restera entre les mains de Marguerite de Charny, et les autres reliques seront déposées en l’église des Frères mineurs de Dôle.
1443, 9 mai. - Sous le Sceau de I’Officialité de Besançon, le Chapitre de Lirey accorde à Margueriie de Charny la permission de garder le Saint-Suaire jusqu’à la saint Simon et saint Jude 1449, moyennant une somme de 50 francs .et une rente annuelle de 15 francs. 1447, 18 juillet. - Sentence d’excommunication de I’Officialité de Besançon contre Marguerite de Charny au Chapitre de Lirzy l’image du Saint-Suaire et de s’acquitter des obligations contraktées en échange du prêt qui leur en a Pté fait.
1457, lundi après l’Ascension. - Concession par Louis, duc de Savoie, au Chapitre de Lirey, d’une rente perpétuelle de 50 francs d‘or sur les revenus de son Château-Gaillard, près de Genève, et fondation d‘offices en l’église de Lirep, en compensation du préjudice causé audit Chapitre par la cession du Saint-Suaire faite au duc par Marguerite de Charny. 1464 (v. st.).
- Lettre du duc de Savoie aux chanoines de Lirey, les invitant à cesser de publier que Marguerite de Charny, qui lui a cédé le Saint-Suaire, est excommuniée ainsi que son secrétaire Philibert Thibault, son pleige, et leur rappelant qu’il leur a accordé une rente perpétuelle en échange dudit Suaire. 1464 [sic], 23 mai. - Procuration du Chapitre de Lirey à Marc de Vaudrey, chanoine et ,archidiacre de Besançon, et Hugues Mergey, maître es-arts, pour réclamer de la veuve de Louis de Savoie l’exécution de l’accord du 6 février 1465; la rente stipulée n’ayant jamais été payée. 1473,14 mai.
- Sous le sceau de la Prévôté de Troyes, le Chapitre de Lirey accorde à Charles de Noyers, au nom de Marguerite de Charny, comtesse de La Roche et dame de Lirey, la perdission de garder encore ‘trois ans le Saint-Suaire qu’elle devait resiituer à la saint Simon et saint Jude dernière, - et bien qu’elle n’ait jamais rempli les obligations contractées en échange du prêt précédent, - moyennant une rente aiinuelle de 50 l., et la promesse de construire une place forte à Lirey pour défendre le Chapitre et ses reliques. 1449, 6 novembre.
-Sous le sceau de la Prévôté de Troyes, Charles de Noyers, seigneur de Watefale et de Signy-Ie-Petit, s’engage à payer au Chapitre de Lirey avant la saint Remi, 800 ducats d‘or jadis promis par sa sœur Marguerite de Charny en retour du prêt du Saint-Suaire, et 300 1. pour dédommager le Chapitre de la perte des aumônes que rapportait le Saint-Suaire et des frais de justice dépensés contre ladite Marguerite; il s’engage de plus a obtenir du Pape et de l’évêque de Troyes la permission d’aliéner le Saint-Suaire. Le Chapitre, en échange, reconnaissant que lesdites sommes seront employées utilement à la restauration de l’église, et qu’il parait impossible de rentrer jamais en possession du Saint-Suaire, s’engage à lever l’excommunication prononcée contre Marguerite et ses pleiges. 1458,
19 janvier. (Copie collationnée de 1519).
- Mandement de l’Officia1 de Troyes aux Officiaux de Reims de notifier ; à Charles del Xoyers, Ecuyer, seigneur de Watefale et de Sigiiy-le-Petit, son excommunication, si avant la saint Remi il n’a pas livré au Chapitre de Lirey les sommes de 800 ducats d‘or et de 300 1. au paiement desquelies il s’est engagé par acte de ce mème jour. 1458 (v. st.), 19 janvier.
- Fragment de mémoire présenté par le Chapitre au ijrocés contre Antoine Guerry, possesseur de la terre de Lirey, pour le paiement des redevances stipulées avec Marguerite de Charny (Antoine Guerry est dit tenir cette terre par donation de ladite Marguerite, sa marraine
XVe siècle. - Correspondances relatives au
Saint-Suaire entre le doyen de Lirey, un Augustin déchausséFet le chanoine
Sergent, de Villersexel, 1691-1726 (Anal. par Prévost, p. 24, note, 34-35).
Aux actes relatifs au Saint-Suaire est joint le
document suivant :
Aiuédée VIII, duc de Savoie, prolonge de dix ans le
don accorde par son aïeul Humbert, seigneur de Thoyre et de Villars, aux
habitants de Poncin, du droit de treizième sur les vins entrant en ladite
ville, pour I’ocuvre des fortifications. 1423,1 juin.
(Margueriie de Charny la permission de garder le Saint-Suaire jusqu’à) trouver où
Date 1353 - XVIIIe siècle
Analyse
Fondation et histoire du chapitre Notre-Dame de l’Annonciation.
Observations
Liasse - 5 pièces, parchemin ; 3 pièces, papier.
Fondation et Histoire du Chapitre. Fondation par Geoffroy de Charny, seigneur de Savoisy et de Lirey, d'unecollégiale en son village de Lirey, sous l'invocation de l'Annonciationde la Vierge. 1353, 20 juin. (Acte publié par Camuzat, Promptuariurn,fol. 412 - 420; analysé par M. l'abbé Prévost, L'ancienne collégialede Lirey, p. 13-16).
- Approbation par Henri de Poitiers, évoque deTroyes, de l'acte précèdent. 1356, 28 mai (publié par Camuzat, fol. 422 vu; analysé par Prévost,p. 19).
- Vidimus, daté du 11 août 1361,.par Humbert des Granches, garde du sel de la prévôté de Troyes, des actes suivants : Cession par Henri, seigneur de Joinville, comte de Vaudémont et sénéchal de Champagne, à Geoffroy de Charny, du village d'Assencières, auquel il avait droit comme héritier de leurtante Mme de Beaufort ; 1348, samedi avant l'Apparition (mention erronée de Prévost, p. 12 - don à la collégiale de Lirey par Geoffroy de Charny de diverses rentes ; 1354, 16 octobre (analyse inexacte de Prévost, p. 17).
- Bulle d'indulgences accordée par 27 cardinaux en faveur de la reconstruction de la collégiale. 1508, 5 novembre : lettres peintes (anal. par Prévost, p. 85-87).
- Bulle d'un légat du Pape en France accordant des indulgences aux bienfaiteurs de la collégiale. 1515, 16 septembre (pièce très mutilée)
- Copie de l'article consacré par Camuzat à Geoffroy de Charny
(fol. 410 -412)
- Liste des indulgences accordées pour la visite de
l'église de Lirey.
Analyse Saint-Suaire (voir le détail des pièces).
Observations Liasse - 5 pièces parchemin ; 5 pièces
papier. dont 1 cahier.
Saint-Suaire. (La plupart des pièces de cette liasse ont été analysées par l’abbé Lalore, Historique de l’Image du Saint-Suaire de Jésus-Christ, primitivement à Lirey (Aube), et maintenant à Turin.
Revue catholique du diocèse de Troyes, 1877, p. 120-124, 133-136. Ce travail a été reproduit presque intégralement par M. l’abbé Prévost, L’ancienne collégiale de Lirey, p. 24 et suiv.).
Deux bulles de Clément VII autorisant les chanoines de Lirey à exposer l’image du Saint-Suaire, mais sans les cérémonies interdites par l’évêque de Troyes, et à condition de notifier au peuple à haute voix qu’il ne s’agit que d'une image du vrai Suaire du Sauveur. Avignon, 8 des ides de janvier, an XII du Pontificat (1390, 6 janvier).
- Copies de pièces concernant le Saint-Suaire, 1418-1473 : Reçu délivré par Humbert, comte de La Roche, seigneur de Villersexel et de Lirey, aux chanoines de Lirey, énumérant la liste des joyaux et reliques qu’ils lui ont confiés.
1418, 6 juillet (Publié par Lalore, Inventaires, t. II, p. 263-265).
- Sous les sceaux du tabellionnage de Gray et de I’Officialité de Besançon, les doyen et chanoines de Lirey constatent la restitution à eux faite par Marguerite de Charny, veuve d‘Humbert de La Roche, des joyaux et reliques de leur église, à l’exception de l’image du Saint-Suaire, qu’ils l’autorisent à conserver encore trois ans ; Marguerite donne en retour au Chapitre une somme de 30 l., et s’engage à lui payer pendant ces trois ans une rente annuelle de 12 francs pour remplacer les aumônes dont l’église de Lirey serait ainsi privée ; elle rendra le Saint-Suaire au Chapitre si avant la Nativité de saint Jean-Baptiste le village de Lirey devient la propriété de François de La Palu dit de Varambon, comte de La Roche; enfin elle donne au Chapitre divers ornements liturgiques et confirme les libéralités de ses prédécesseurs. Charles de Noyers son frère se porte pleige de ces engagements.
1443, mai. - Arrêt du Parlement de Dole ordonnant que sur l’opposition formée par François de La Palu, comte de La Roche et seigneur de Villersexel, héritier de Humbert de Villersexel, il statuera sur l’accord précédent avant la Pentecôte, et que jusque là l’image du Saint-Suaire restera entre les mains de Marguerite de Charny, et les autres reliques seront déposées en l’église des Frères mineurs de Dôle.
1443, 9 mai. - Sous le Sceau de I’Officialité de Besançon, le Chapitre de Lirey accorde à Marguerite de Charny la permission de garder le Saint-Suaire jusqu’à la saint Simon et saint Jude 1449, moyennant une somme de 50 francs .et une rente annuelle de 15 francs. 1447, 18 juillet. - Sentence d’excommunication de I’Officialité de Besançon contre Marguerite de Charny et Philibert Thibault son pleige pour leur refus de rendre au Chapitre de Lirey l’image du Saint-Suaire et de s’acquitter des obligations contractées en échange du prêt qui leur en a été fait. 1457, lundi après l’Ascension.
- Concession par Louis, duc de Savoie, au Chapitre de Lirey, d’une rente perpétuelle de 50 francs d‘or sur les revenus de son Château-Gaillard, près de Genève, et fondation d‘offices en l’église de Lirey, en compensation du préjudice causé audit Chapitre par la cession du Saint-Suaire faite au duc par Marguerite de Charny. 1464 (v. st.), G février (Publié par Camuzat, fol. 423 r-425V O).
- Lettre du duc de Savoie aux chanoines de Lirey, les invitant à cesser de publier que Marguerite de Charny, qui lui a cédé le Saint-Suaire, est excommuniée ainsi que son secrétaire Philibert Thibault, son pleige, et leur rappelant qu’il leur a accordé une rente perpétuelle en échange dudit Suaire. 1464 [sic], 23 mai.
- Procuration du Chapitre de Lirey à Marc de Vaudrey, chanoine et ,archidiacre de Besançon, et Hugues Mergey, maître es-arts, pour réclamer de la veuve de Louis de Savoie l’exécution de l’accord du 6 février 1465; la rente stipulée n’ayant jamais été payée. 1473,14 mai.
- Sous le sceau de la Prévôté de Troyes, le Chapitre de Lirey .accorde à Charles de Noyers, au nom de Marguerite de Charny, comtesse de La Roche et dame de Lirey, la permission de garder encore ‘trois ans le Saint-Suaire qu’elle devait restituer à la saint Simon et saint Jude dernière, - et bien qu’elle n’ait jamais rempli les obligations contractées en échange du prêt précédent, moyennant une rente annuelle de 50 l., et la promesse de construire une place forte à Lirey pour défendre le Chapitre et ses reliques.
1449, 6 novembre. -Sous le sceau de la Prévôté de Troyes, Charles de Noyers, seigneur de Watefale et de Signy-Ie-Petit, s’engage à payer au Chapitre de Lirey avant la saint Remi, 800 ducats d‘or jadis promis par sa soeur Marguerite de Charny en retour du prêt du Saint-Suaire, et 300 1. pour dédommager le Chapitre de la perte des aumônes que rapportait le Saint-Suaire et des frais de justice dépensés contre ladite Marguerite; il s’engage de plus a obtenir du Pape et de l’évêque de Troyes la permission d’aliéner le Saint-Suaire. Le Chapitre, en échange, reconnaissant que lesdites sommes seront employées utilement à la restauration de l’église, et qu’il parait impossible de rentrer jamais en possession du Saint-Suaire, s’engage à lever l’excommunication prononcée contre Marguerite et ses pleiges. 1458, 19 janvier. (Copie collationnée de 1519).
- Mandement de l’Officialité de Troyes aux Officiaux de Reims de notifier à Charles de Noyers, écuyer, seigneur de Watefale et de Sigiiy-le-Petit, son excommunication, si avant la saint Remi il n’a pas livré au Chapitre de Lirey( les sommes de 800 ducats d‘or et de 300 1. au paiement desquelies il s’est engagé par acte de ce même jour. 1458 (v. st.),
19 janvier. - Fragment de mémoire présenté par le Chapitre au ijrocés contre Antoine Guerry, possesseur de la terre de Lirey, pour le paiement des redevances stipulées avec Marguerite de Charny (Antoine Guerry est dit tenir cette terre par donation de ladite Marguerite, sa marraine XVIe siècle.
- Correspondances relatives au Saint-Suaire entre le doyen de Lirey, un Augustin déchaussé et le chanoine Sergent, de Villersexel, 1691-1726 (Anal. par Prévost, p. 24, note, 34-35). Aux actes relatifs au Saint-Suaire est joint le document suivant : Amédée VIII, duc de Savoie, prolonge de dix ans le don accorde par son aïeul Humbert, seigneur de Thoyre et de Villars, aux habitants de Poncin, du droit de treizième sur les vins entrant en ladite ville, pour l'œuvre des fortifications. 1423, 4 juin.


















