lundi 15 avril 2024

Ecole des Beaux-Arts

 

de l'Ecole Royale de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de Troyes

 

 Il n’y a que quelques rares villes en France à partager avec Troyes, le privilège d’avoir une histoire aussi longue et prestigieuse de son école de dessin. Beaucoup en effet, de celles qui furent fondées au XVIIIe siècle, ont disparu depuis.

 

arts graphiques - musée st Loup Troyes

 En 1773, Pierre-Jean Grosley (1718-1785) (membre de l’Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres) a le premier l’idée de la création à Troyes, d’une école de dessin, avec 5 artistes troyens. Selon le règlement provisoire établi par les officiers municipaux, l’école comprend 3 classes : la figure, l’ornement et l’architecture.

 Les professeurs assurent leurs cours à titre bénévole.

 Le roi les remercie par Lettres Patentes, leur permettant d’être soustraits à l’obligation du " logement des gens de guerre et du privilège d’exempter un de leurs enfants du sort de la levée des soldats provinciaux ".

L’enseignement est donné 5 jours par semaine, y compris dimanche et fêtes. De surcroît, une classe de dessin est ouverte le dimanche pour les ouvriers et les artisans. Cette volonté d’éducation populaire en fait une école gratuite, où l’on est admis à partir de 10 ans.

 La Ville fournit le local au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville, et prend en charge les dépenses. 50 élèves sont inscrits au départ, 80 l’année suivante.

 Le mécénat a toujours existé. Le plus grand bienfaiteur de l’école fut en 1775, Jacques de Brunneval, receveur des gabelles à Troyes, qui, par testament, lègue sa maison au profit de l’Ecole gratuite de dessin. Ce geste généreux suscite l’émulation, et, à partir de cette date, plusieurs personnes font des donations.

 C’est alors une éminente et rapide consécration qui est faite (en considérant d’autres villes qui durent attendre longtemps), en 1779, Louis XVI donne les Lettres patentes : "… les habitants de la Ville de Troyes, Capitale de Champagne, se sont toujours distingués par leur attachement pour les Sciences et les Beaux-Arts : les monuments dont cette ville est remplie, et le grand nombre d’Hommes célèbres auxquels elle a donné le jour, sont des preuves non équivoques de leurs goûts et de leurs talents… je confirme, approuve et autorise l’établissement d’une Ecole royale, gratuite et publique de dessin, mathématiques, d’architecture et des arts dans la Ville… sous la direction du maire. Cela comporte l’affiliation de l’école à l’Académie royale de Paris ".

 Il y a 100 élèves, les études durent 3 ans, sanctionnées par un concours dont le lauréat reçoit un brevet de maîtrise octroyé par le roi.

 Chaque année a lieu avec le plus grand apparat la distribution des prix. En 1787, presque tout le parlement de Paris assiste à cette fête scolaire, et Madame la 1ère présidente daigne distribuer les prix de sa main et embrasser les vainqueurs.

 En 1806, elle prend le nom "d'Ecole impériale des Arts ", et en 1855, elle est transférée rue du Temple (aujourd’hui rue Général Saussier).

 A partir de 1878, est créé un cours de dessin pour les filles âgées de plus de 14 ans.

 En 1880, il y a 228 élèves.

En 1897, l’Ecole de dessin est complétée par un cours d’architecture, un de stéréotomie, un de modelage et un de composition d’art décoratif.

 En 1903, l’école s’installe aux Jacobins jusqu’en 1914, l’école devenant hôpital militaire.

 A cette époque, conformément au programme ministériel, l’étude du nu qui n’est autorisé que d’après les plâtres, ne sera pas assurée, par crainte de la réaction des élèves et des parents. Aujourd’hui ce n’est plus le cas !

 En 1908, 442 élèves.

 En 1945, elle prend le nom d’ "Ecole municipale des beaux-arts ".

 En 1973, installation rue Jeanne d’Arc, avec 483 élèves.

Depuis 1980, l'école est un établissement d'enseignement artistique placé sous la tutelle du Ministère de la culture, permettant aux troyes de tous âges de s'initier pour leurs loisirs aux diverses discipines artistiques.

Aujourd’hui l’école accueille 468 élèves.

Sainte-Marie ancien conservateur des musées de Troyes écrivait il y a plus d’un quart de siècle :            " Espérons que notre Ecole Royale de dessin, continue de prospérer pendant les siècles à venir, pour le plus grand renom, non usurpé de Troyes ville d’art " !!

 

La Bibliothèque Bleue


   "Qui n’a point entendu parler des quatre fils Aymon, de Huon de Bordeaux, de Galien le restauré et de tant d’autres héros dont les trouvères chantaient les exploits devant les chevaliers et les belles dames du moyen âge? Qui le croirait? C’est pourtant grâce à l’imprimerie troyenne que leur renommée s’est propagée dans toutes les chaumières et qu’elle a trouvé plus d’admirateurs que celle d’Alexandre le Grand... les éditeurs de la bibliothèque bleue se sont emparés des facéties, des légendes et de quelques classiques et ont obtenu une telle vogue... "

De la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle, circulent en France, quantité de petits livrets connus sous le nom de Bibliothèque bleue. Pendant près de trois siècles, la Bibliothèque bleue constitue, pour le plus grand nombre, le moyen le plus commun d’accéder à la culture écrite.

Dans l’histoire de l’imprimerie et de la lecture, c’est sans conteste la formule éditoriale qui connaît le succès le plus long et le plus massif, faisant circuler des dizaines de millions d’exemplaires.

Le plus répandu des livrets bleus est un ouvrage broché recouvert d’une couverture muette de papier bleu. Il est de petit format, et renferme peu de pages. Les romans de chevalerie dans la Bibliothèque bleue, eux, sont la plupart du temps relativement épais et renferment plusieurs illustrations. Ensuite, il existe des exceptions à la règle. Certains livrets sont recouverts d’une tout autre couleur que le bleu: papier marbré, rouge, dominoté...

Très rapidement, au cours du XVIIe siècle, l’idée qui prédomine, est de produire au moindre coût un objet qui pourra être ensuite revendu au prix le plus bas. On estime généralement que leur prix de vente est inférieur à un sol l’exemplaire, alors qu’un ouvrage d’édition classique peut coûter 10, 20 sols, voire une livre pour un roman de chevalerie par exemple.

La tradition fait remonter à Nicolas Oudot l’invention de la Bibliothèque bleue en 1596. Son imprimerie à l’enseigne du Chapon d’Or couronné, est située à Troyes dans la rue Notre-Dame (aujourd’hui rue Émile Zola). Il a été devancé dans cette idée, par son père Jean Oudot (qui imprime la première édition des Fables de Phèdre, qui, jusqu’alors " s’étaient dérobées aux recherches des Savants ") et Claude Garnier, à la fin du XVIe siècle. Ces libraires imprimeurs s’étaient installés à la place des copistes et parcheminiers qui avaient déjà contribué à la réputation de notre ville médiévale.

Le succès couronne rapidement l’initiative de l’éditeur troyen et de ses successeurs, comme l’atteste Charles Perrault dans sa préface à l’Apologie des femmes : " Boileau a beau se glorifier du grand débit que l’on fait de ses satyres, ce débit ne s’approchera jamais de celui de Jean de Paris... du moindre des Almanachs imprimés à Troyes au Chapon d’Or ".

 La Bibliothèque bleue est troyenne pour deux siècles.

Bois gravé extrait de l’album de l’imprimeur troyen Baudot

vendredi 12 avril 2024

Rue du Temple


                                        La rue du Général Saussier à Troyes

Cette rue relie la rue de Turenne à la rue Emile Zola selon une curieuse orientation Nord-Est/Sud-Ouest. Avant le XIIe siècle, elle reliait le cœur de la ville au village de Croncels. Elle jouait un rôle important car c’était un passage obligé pour les voyageurs qui empruntaient l’axe Flandres-Italie notamment pendant les foires de Champagne (route de Dijon).

Cette rue a porté successivement les noms de rue Composte, puis rue du Temple et, depuis 1906, celui du général Saussier

Mais qui était le général Saussier ?

Félix Gustave Saussier, naît à Troyes, 59, rue Emile Zola (une plaque rappelle ce souvenir), le 16 janvier 1828. C'est le fils de Félix, Savinien, Magloire, fabriquant de draps et tissage de laine. Il fait ses études au lycée de Troyes et est d’ailleurs Président Fondateur de l’Association des Anciens Elèves du Lycée.

En 1848, il entre à l’Ecole Spéciale Militaire.

En 1850, il fait campagne en Algérie comme sous-lieutenant, et en 1854 part pour la Crimée comme lieutenant. En 1855, il est blessé devant Sébastopol par un coup de baïonnette à la tête, le 19 janvier, et au bras le lendemain. Il est cité à l’ordre de l’Armée d’Orient.

En 1855, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur.   Il retourne en Algérie en 1856 et y est blessé par coup de feu à la jambe droite.

En 1859, il repart pour la campagne d’Italie, nommé capitaine à Magenta, il se distingue à Solferino. Il revient en Algérie, capitaine, de 1859 à 1861, où il est emprisonné 2 mois, pour indiscipline en présence de la troupe.

Il part pour le Mexique en 1863. Il est chef de Bataillon et est cité deux fois à l’ordre du Corps Expéditionnaire du Mexique.

En 1866, il est fait officier de la Légion d’Honneur. 

Lieutenant-Colonel en 1867, il appartient au Corps Expéditionnaire de Rome et est cité pour Mentana et Monté Rotondo.

Colonel en 1869, guerre contre l'Allemagne : il repousse pendant trois heures les colonnes ennemies. A Rezonville et St Privat, il est à nouveau remarqué et effectue à cette dernière bataille une charge à la baïonnette (deux chevaux tués sous lui) qui arrête temporairement l'ennemi et lui vaut une citation à l'ordre de l'Armée du Rhin. 

A la reddition de Metz, il refuse de s'engager sur parole et est enfermé avec ses hommes à Mayence, puis en Silésie. Il s'en évade en décembre 1870, par – 26 ° et 52 km à faire sur la neige gelée et rejoint la France par la frontière Russe, la Pologne, l’Autriche et l’Italie.

 En 1871, général de brigade il est envoyé en Algérie. Nous lisons dans le journal " L’Aube " du 1er novembre 1873 : " La Colonne Saussier a pacifié la Kabylie orientale… et pris le Cheikh Adda. Elle a soutenu 47 combats… "

En 1872, il est fait commandeur de la Légion d’Honneur

Il débute ensuite une carrière politique dans les rangs républicains. Elu député de l’Aube en 1873, il prend part aux débats sur la réorganisation de l'armée.

En 1875 la loi qui supprime l'éligibilité des militaires le renvoie dans la troupe. Il est envoyé à Marseille commandant la 58ème brigade (1876-1878)

Il est membre associé de la Société Académique de l’Aube en 1877. Il est également élu Président de la Chambre de Commerce de Troyes.

En 1878, il est Général de Division en disponibilité. 

L'arrivée du Président Jules Grévy et des républicains à la tête de l'Etat va accélérer sa carrière, il se voit confier des postes de confiance. Il est envoyé en Algérie comme commandant le 19ième CA, puis au Corps Expéditionnaire de Tunisie, où il prend Kairouan.

Il est fait Grand Officier de la Légion d’Honneur en 1881 et reçoit la Médaille Militaire en 1882. Cette même année, il est nommé Membre du Conseil Supérieur de la Guerre (vice-président de 1889 à 1897). 

Nommé Gouverneur militaire de Paris en 1884, il contribue très activement à la protection de la République contre le péril de l'affaire Boulanger, s'affirmant alors comme la personnalité la plus influente de l'armée, ainsi que le relate le ministre Freycinet : "… je provoquais ses avis, qui étaient toujours décisifs… et ceux là même qui s'étaient le plus avancés revenaient sans faux amour propre se ranger à son point de vue… ".

En 1891, il commande les célèbres grandes manœuvres de Vendeuvre.

En 1897, il est à l’incendie du Bazar de la Charité et s’en tire avec des brûlures aux pieds.

Dans le fameux " j’accuse " d’Emile Zola, lors de l'affaire Dreyfus, il n’y a que le général Saussier qui soit épargné !

Ses fredaines de vieux garçon alimentent la chronique de l'époque.  Il décède le 19 décembre 1905, et est inhumé au cimetière de Troyes.

Suite à un legs fait à la Ville, une rue de Troyes porte son nom depuis le Conseil municipal du 26 janvier 1906.

 

mercredi 10 avril 2024

Prieuré bénédictin et son église St Victor


l'église st Victor et sa double nef

 L'imposante église Saint Victor des XIIe, XVe et XVIe domine le village, semblant le protéger, possède deux nefs.

Les deux nefs de l'église sont dues à la présence de prieurs (moines vignerons) du XIème siècle à la révolution, qui demeuraient dans l'important prieuré contigu et avaient fait édifier une chapelle prieurale jouxtant l'église d'où ils assistaient aux offices.

Le prieuré bénédictin de Viviers-sur-Artaut fut édifié en 1180. Il dépendait de l’abbaye de Monthiéramey aujourd’hui disparue. Vestige et mémoire de ce passé rayonnant, source de développement viticole et économique, le Prieuré de Viverie a été parfaitement restauré et aménagé pour vous surprendre, et vous faire découvrir cette histoire passionnante. Vous retracerez également l’histoire du vignoble aubois, le travail de la vigne et du vin de champagne agrémenté de dégustations… Des œuvres d’artistes contemporains sauront éveiller votre curiosité, et vous pourrez même privatiser le lieu si vous souhaitez en profiter davantage !

Un peu d’histoire

Il se trouvait un prieuré à trois-quarts de lieue qui dépendait de l'abbaye de Montiéramey, le prieur en était le seigneur de Viviers. Il aurait été formé à partir d'une cella appartenant à Molesme en 1085 et était mentionné comme prieuré en 1178.

L'abbaye de Montiéramey est une abbaye pour hommes fondée au IXe siècle à Montiéramey dans l'Aube, en France Elle a été l'un des plus anciens et l'un des plus gros établissements religieux du diocèse de Troyes, et a profondément marqué ses environs. Bénédictin jusqu'en 1655, l'établissement est à cette date réformé et affilié aux bénédictins de la congrégation de Saint-Vanne jusqu'à sa fermeture en 1790. En partie détruits à la Révolution, les bâtiments encore existants sont devenus propriétés privées. L'abbaye de Montiéramey possédait aussi une chapelle Saint-Victor en 1177.

Le premier seigneur certain est Erard II de Chacenay en 1205, il y avait fours et pressoirs banaux.

Au XVII siècle, le village est le seul du comté de Bar qui eut encore des familles de protestants, en 1698, trois familles émigraient et il restait six familles au village, les dernières durent abjurer .

En 1789, le village dépendait de l'intendance et de la généralité de Dijon, de l'élection et du bailliage de Bar-sur-Seine.

 Le Prieuré de Viverie



Surplombant le village de Viviers Sur Artaut, l’ancien Prieuré Bénédictin du XIIeme siècle renaît sous l’impulsion de Vincent Grandpierre.

Vigneron en Champagne depuis 12 générations et enfant du village, il redonne à ce lieu emblématique sa vocation viticole d’origine.

Le Prieuré de Viverie est, comme de nombreux sites religieux de la région, relié à l’Abbaye de Montiéramey aujourd’hui disparue.

Malgré les aléas de l’histoire, il reste, au fil des siècles, un édifice architectural d’une grande intensité.

XIIe siècle, la fondation

En 1180, sous l’impulsion de l’Abbaye de Montiéramey, un Prieuré est construit à Viverie (qui deviendra Viviers-sur-Artaut). C’est  un emplacement stratégique, propice à la culture de la vigne et à la collecte des vins de villages alentours. 


période sombre de la fin du moyen-âge

Passé l’effervescence spirituelle et intellectuelle des XIIème et XIIIème siècles, Viviers souffre. Des siècles durant et du haut de son village, le prieuré observe impuissant les pillages, les maladies, les famines et la mort se répande.




En temps plus heureux, le prieuré reste un lieu de spiritualité, de travail et de quête d’excellence où les moines ont su développer la culture de la vine et percer les secrets de la vinification.

 Révolution française



A compter de 1789 et sur fond de Révolution française, le prieuré et ses dépendances deviennent  biens nationaux.

Un dénommé Jean Robert achète une partie des vignes du Prieuré. C’est à ce moment que les aïeux de Vincent Grandpierre vont commencer à écrire l’histoire contemporaine du Prieuré.

Entre ses mains, le Prieuré renoue avec la force de son identité, suscite l’émotion, raconte son histoire et redevient un lieu de vie.

 

la cour du prieuré devenu Site oenotouristique unique en Champagne

Qui est Saint Victor



L’empereur Maximien, les mains encore fumantes du sang de la légion thébéenne et de celui de plusieurs autres martyrs qu’il avait répandu dans plusieurs provinces des Gaules, vint à Marseille, où il y avait une Église aussi nombreuse que florissante. Son arrivée remplit de crainte les fidèles qui la composaient. Dans cette consternation générale, un officier chrétien, nommé Victor, allait durant la nuit de maison en maison visiter les frères, pour les exhorter au mépris de la mort, et pour leur inspirer le désir des biens éternels. Il fut surpris dans cet exercice de charité et conduit devant les préfets, qui, ne pouvant le déterminer à renoncer à la foi, le renvoyèrent à l’empereur. Maximien ne réussit pas davantage, et, dans sa colère, il commanda qu’on le traînât, pieds et mains liés, par la ville, pour y être exposé aux coups et aux insultes de la populace. Après plusieurs autres tortures, on le jeta dans un cachot, où il convertit ses trois gardes. Cette nouvelle circonstance augmenta la fureur du tyran, qui fit d’abord mourir les néophytes, puis tourmenter Victor de la manière la plus cruelle. Enfin, le glorieux martyr de Jésus-Christ eut la tête tranchée.

Saint Victor est toujours représenté en costume militaire, et souvent, comme saint Georges, monté à cheval, armé d’une lance et terrassant un monstre. On le voit aussi renversant du pied l’autel où l’on voulait lui faire offrir de l’encens. On le représente aussi avec les trois soldats qu’il convertit et fit baptiser tandis qu’on le gardait en prison. Les imagiers français lui ont souvent mis en main un petit moulin à vent. On lui donne aussi un étendard, comme à un chevalier. L’abbaye de Saint-Victor, à Paris, avait pour armes une roue, peut-être comme indication d’engrenages ; car certaines relations ne parlent pas tant d’un moulin que d’un mécanisme destiné à broyer.

Avant la Révolution de 1793, la ville de Marseille possédait presque entier le corps de l’illustre martyr saint Victor ; une grande partie de ses ossements était conservée dans la cathédrale. L’abbaye de Saint-Victor gardait sa tête renfermée dans un très riche reliquaire. La Révolution a privé Marseille de presque toutes ces reliques. Il n’y reste plus que deux ossements de la jambe de saint Victor, ou de ses compagnons, martyrs à Marseille. Ils furent replacés dans l’église de l’antique abbaye, par M. de Clapiers, curé de Saint Victor, à la réouverture des églises. On les possède encore. Ils sont aujourd’hui enfermés dans une petite châsse placée au-dessus de l’autel dédié à saint Victor. À côté de ces reliques se trouve un globe de cristal contenant de la terre teinte du sang de saint Victor.

 

ce n'est pas le Golgotha mais ça y ressemble

poutre de Gloire 17e
Christ en bois 16e

Prie-Dieu du Prieur 17e
Bouquet de fleurs - dos du Prie-Dieu


Maître-Autel

bâton de procession - Vierge à l'Enfant

bâton de procession st Victor

bâton de procession - st Eloi

Vitrail du Saint Sacrement

Joli personnage du XIIIe siècle

st Victor en moine

Prière à Saint Victor

ô vous dont la gloire brille d’un éclat si pur si doux, protégez notre famille, Saint VICTOR, priez pour nous.

Amour, reconnaissance au bienheureux VICTOR, de l’église de France, la gloire et le trésor.

Dans le sein de la gloire, il règne pour jamais, célébrons sa mémoire, ses vertus, ses bienfaits.

Brûlant dès son jeune âge d’une céleste ardeur, Victor, pour héritage ne veut que le Seigneur.

Quelle tendresse immense en son cœur généreux. Il est la Providence.


Croix de Mission 



mardi 9 avril 2024

Prieuré de Foissy

Le prieuré de Foissy (ou Foicy)


Fondé en 1134 par le comte Thibaud II aux portes de Troyes (Saint-Parre-aux-Tertres), le prieuré de Foissy, sous le vocable de Notre-Dame, appartenait à l’ordre de Fontevrault. . Thibaud a succédé à son oncle Hugues entré en religion en 1125 dans l’Ordre des Templiers. Dans sa jeunesse, il a entendu parler de Robert d’Arbrissel qui a fait sur lui et les siens une très forte impression et c’est d’autre part le fait de sa femme Mathilde de Carinthie qui tient à mourir dans l’habit des religieuses de l’Ordre et que trois de ses filles la suivirent.

Suivant la coutume de cet ordre, il comportait 2 communautés, l’une d’hommes, l’autre de femmes, ayant chacune son église, ses bâtiments claustraux et son jardin. La première, celle des hommes disparut en 1484, mais la seconde a subsisté jusqu’à la Révolution, et elle était un des rares prieurés demeurés conventuels.

1129 : Renaud d’Epagne, chevalier, et Colin de Ramerupt sont témoins d’une charte de donation faite au prieuré de Foicy, par Guy du Mesnil consistant en 4 setiers de grains à prendre sur le four de Précy. Renaud d’Epagne est l’oncle d’Agnès prieure de Foicy et Colin de Ramerupt son cousin.

1134 : Thibaud II et avec le consentement de Mathilde, sa femme, donne aux religieuses deux fours à Troyes avec les maisons adjacentes

1136 : le prieuré de Foicy est cité dans le privilège de 1136 comme devant son origine à Alix, dame de Chappes et au comte de Champagne, Thibaud II, qui, en tant que comte de Blois, quatrième du nom, avait aussi favorisé le prieuré de L’Epine-aux-Autels au diocèse de Chartres. L’abbesse Pétronille vient visiter ce prieuré accompagné d’Hugue du désert récemment rallié à Fontevraud avec ses frères de la Chaise-Dieu ; ce fut en leur présence et celle de Guy, frère de Saint-Bernard, qu’au chapitre de Saint-Martin-ès-Aires, Guillaume, abbé de cette abbaye augustine de Troyes, céda aux moniales de Foicy des terres, bois et prés à Jully-sur-Sarce.

1139 : sous le sceau de Geoffroi de Rochetaillé, évêque de Langres, qui constate une donation de Gauthier de Maleterre pour la dot de sa fille quand elle entra en religion à Foicy, Il promet de servir tous les ans, sa vie durant, une rente de 3000 oignons à la communauté.

La prieure la plus anciennement connue (1155) était la veuve d’Anseau 1er de Traînel. Non seulement, Anseau appartenait à l’une des plus illustres familles champenoises (son fils Anseau II, fut bouteiller de Champagne sous Henri le Libéral) mais il se signala par d’importantes libéralités envers divers établissements religieux du diocèse, parmi lesquels l’abbaye de Saint-Loup dont un de ses petits-fils fut abbé, et surtout la seconde des maisons religieuses, l’abbaye très intellectuelle du Paraclet.

1159 : Henri, comte de Troyes, confirme la donation faite par son père à Foicy, des usages dans le bois d’Isles.

1165 : Henri le Libéral, fils et successeur du comte Thibaud II de Champagne : « Mon père donna aux moniales de Foissy sa garenne, au milieu de laquelle est une chapelle et un ermitage ; c’est là qu’elles habitèrent. Puis poussé par sa piété et son zèle, il leur construisit un monastère et une église en l’honneur de la bienheureuse marie. Pour l’entretien de ses religieuses, qui se consacraient là au service de Dieu, il leur donna des vignes et d’autres terres »

1184 : Mathilde d’Anjou (1149-1155) fait confirmer par la papauté qu’elle est indiscutablement le chef de l’Ordre tout entier, la même bulle a compensé la dépendance de l’abbesse à l’égard de l’évêque de Poitiers pour sa bénédiction. Réitérée sous Gilette (1180-1189) par Lucius III en 1184 cette dernière est respectée puisque l’évêque de Troyes, Manassès, le jour de la Saint-Thomas (21 décembre) vient bénir les vierges du prieuré de Foicy : de la reine-mère de France Adèle de Champagne- fille de Thibaut II – de la « reine d’Angleterre » Marguerite de France et de la demi-sœur de cette dernière, la comtesse régente de Champagne, Marie, qui fait à cette occasion, don de ses droits  de pécher à volonté dans l’eau de la seine jusqu’à Payns.

1220 : Haya, sœur de Geoffroy de Villehardouin, et damerons, sa fille, toutes deux religieuses à Foicy, abandonnent leurs droits de la dîme de Chesley en faveur des religieux de Molême. Acte ratifié en 1229 par Hugues, évêque de Langres.

1360 : Eléonore de Parthenay, fille de Jean de Parthenay, âgée de 27 ans rentre en religion de Saint-Benoît au Bourg de Saint-Jean à l’âge de 5 ans, y porte le voile jusqu’à l’âge de 15 ans et est reçue en religion à Fontevraud en 1451. En 1360, elle devient prieure de Foicy.

1453 : le 2 mars Marie de Montmorency, 24ème abbesse (1451-1457), demande à la prieure et au prieur de Foicy d’aller recevoir sœur Catherine de Saint-Amand avec le congé de son abbesse, à la requête de madame la comtesse de Vendôme et d’Harcourt.

En 1460, Marie de Bretagne, pour réformer tout l’ordre, donne au père Guillaume Bailleul, grand prieur de Fontevraud l’ordre de visiter tout l’ordre et de rapporter un compte exact du nombre de personnes religieuses qu’il trouvera dans chaque prieuré, l’état des maisons tant pour le spirituel que pour le temporel. La ruine des bâtiments, la perte des revenus à cause des guerres avec les Anglais provoque un grand désordre dans l’ordre. Nous voyons dans quel abandon se trouve la grande majorité des prieurés. Le prieuré de Foicy est habité par une prieure et 8 religieuses et un prieur avec un revenu de 1800 livres

Mentionné dans la bulle papale d’Eugène III, du 16 septembre 1145

Depuis un siècle, la prépondérance de Fontevraud a été accrue par le pouvoir royal, qui a décidé d’étendre à presque toute la France la réforme de Fontevraud instauré par Marie de Bretagne.

Foicy est réformé sous Anne d’Orléans (1477-1491)

1499 : Renée de Bourbon  (1491-1534) confirme l’élection à Foicy en la personne de Sœur Françoise du Pont.

En 1501, frère Olivier Maillard, vicaire général des Franciscains de France expédia au prieuré de Foissy certains privilèges qu’il avait obtenus du légat en faveur de cette maison.

1577-1580 : les catholiques bénéficient au XVIe siècle d’une possibilité d’enrôlement dans la Confrérie du Rosaire dressée entre 1577 et 1580 dans le prieuré de Foicy? C’est Louise de Bourbon (1534-1575) qui en fait la demande à Séraphin Caballi, général des dominicains. Au cours de la démarche apparait le nom de Jean Millet, prêtre natif de Troyes et résidant à Rome où il tient la signature des brefs apostoliques. Dès 1577, la prieure de Foicy met en place une chapelle du Rosaire. Il faut orner les murs d’une Représentation des 15 Mystères de la Vierge et fait peindre un tableau sur lequel Saint-Dominique reçoit à genoux le Rosaire de la Vierge . Les Troyens peuvent s’y inscrire pour manifester à un culte contre-réformateur

1542 le 18 octobre : Incendie entre 10 H et 11 H du soir, le feu pris par accident à la ramée de l’église de Foicy. Le clocher, la moitié des dortoirs et une grande quantité de joyaux et d’ornements servant à l’église sont brûlés, les cloches fondues. Mais les habitants des villages voisins sauvent les provisions du monastère.

En 1544, les bâtiments, incendiés avec la plupart des titres, furent rétablis avec l’aide des aumônes d’un jubilé ordonné à cet effet par le Souverain Pontife.

1609 : 60 religieuses qui font jusqu’en 1793 l’édification de Saint-Parres-aux-Tertres.

1647 : 70 religieuses

En 1688, Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de Fontevrault, envoie une partie des reliques de Sainte-Radegonde, reine de France. Les populations environnantes venaient en foule les vénérer le lundi de Pâques. C’était une des fêtes chrétiennes les plus populaires des alentours de Troyes.

Jeanne-Baptiste de Bourbon - Fresque de la salle capitulaire de l'Abbaye de Fontevraud

Ermitage dans l'Aube (10)

 L’Ermitage du Hayer de Chennegy



En 1343, Messire de L’Hospital, seigneur de Saint-Liébault et de Chennegy, fait construire une église dans les circonstances suivantes : une statue de la Sainte Vierge a été trouvée dans les bois qui couvrent le Hayer.

A cette époque, on dit que c’est la preuve que Marie demande des honneurs et un sanctuaire en ce lieu : « Nous avons à 4 lieues de Troyes, à Chennegy, Notre Dame du Hayer, ermitage et beau pèlerinage de notre diocèse, où il y a si bonne affluence du peuple le jour de l’annonciation, pour vénérer cette image de la Sainte Vierge qui, de temps immémorial, a été trouvée en ce lieu, où beaucoup de personnes reçoivent assistance en leurs mal… ».

En 1553, Messire de Courcelles, gendre du précédent et seigneur comme celui de Chennegy, voulant compléter l’œuvre, fait construire autour de l’église un petit logement pour 2 solitaires, dont la mission est de veiller à la garde et à l’entretien du lieu saint.

En 1608, l’ermite aux soins duquel est dévolue la garde du sanctuaire de Marie, est le frère Jean Grados. Ce solitaire s’est retiré au Hayer, au retour d’un pèlerinage aux Lieux-Saints. Habile en chirurgie, il a l’occasion de rendre de nombreux services aux habitants de la contrée. Pour lui témoigner sa reconnaissance, le peuple le comble de générosité. Il en emploie le produit à l’achat de plusieurs héritages, dont il gratifie son église.

En 1638, le Père Claude Gombault (né à La Rivière de Corps, et ayant pendant son jeune âge vénéré très souvent en pèlerinage la Vierge du Hayer), supérieur des Ermites de Saint-Augustin, établis en l’ermitage de Saint-Charles du diocèse de Langres, vient demander au frère Grados de transporter sa communauté sous son toit. En effet, la France est en guerre avec la couronne d’Espagne, et les solitaires sont plus d’une fois en danger de mort. La demande ayant été agréée et réglée par les notaires royaux, le Hayer sort de cette situation d’institution précaire, faute de membres pour en assurer la perpétuité. Les ermites changent leur nom d’Ermites de Saint-Charles en celui d’Ermites de Notre-Dame-de-Grâce du Hayer, par honneur pour la Sainte Vierge, patronne de ce lieu. Mgr René de Breslay, évêque de Troyes, alors en son château d’Aix-en-Othe, accorde en octobre 1639, l’autorisation sollicitée. Il est stipulé que le nombre des frères ne pourra être inférieur à 4, et qu’ils s’adjoindront pour se procurer un service religieux sûr et permanent, un prêtre qui prendra le titre de chapelain. Mgr François Malier en 1659 donne son approbation et fait sa première visite au Hayer en 1660, les 8 solitaires renouvelant leurs vœux entre ses mains. Mgr François Bouthilier de Chavigny en 1684, donne lui aussi son approbation. La sanctification par la prière et le travail des mains, à l’exemple des anciens anachorètes, tel est le but poursuivi par les solitaires. Tout le temps qu’ils n’accordent pas à la prière, ils le consacrent aux travaux des champs, c’est-à-dire plus de 7 heures par jour. En été, lever à 4 heures, en hiver, à 5 heures : prières et oraisons. La messe se dit à 7 h 15 en été, et à 8 h en hiver. Tous les jours, le dîner à lieu à 10 h, on ne prend rien avant. Pendant le Carême et les jours de jeûnes,  le repas n’a lieu qu’à 11 h 30. Le dîner est suivi d’une lecture à la Chapelle. Les vêpres et complies se disent à 3 h 15, excepté les dimanches et jours de fête, où les vêpres sont récitées à 2 h et les complies à 3 h 45. Le souper, en tout temps, est servi à 6 heures. A 8 h 45, matines et laudes, ensuite lecture du sujet d’oraison pour le lendemain, puis le coucher. Les jeûnes sont fréquents, à ceux observés dans l’église universelle, les frères ajoutent celui des mercredis et vendredis de l’année, et les veilles des fêtes de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge, de saint Michel et saint Augustin. La confession et la communion fréquentes sont en usage au Hayer.

1 mois ou 6 semaines après leur entrée au couvent, les novices déposent l’habit séculier pour en prendre l’habit des religieux qui est de drap ou de serge de couleur blanche. Il consiste en une robe, une tunique, un scapulaire attaché au capuce, une ceinture de cuir et un manteau blanc. Lorsque les frères sont occupés aux travaux des champs, ils portent d’autres habits, plus en rapport avec leurs occupations. Chaque religieux à sa cellule, modestement meublée, de 7 pieds sur 8.

L’hospitalité était généreusement donnée à tous ceux qui venaient frapper à la porte du Hayer. La ferme était attenante à l’ermitage dont elle n’était séparée que par l’église, avec ses dépendances : grange, écuries, remises, corps de logis.

L’église, de style gothique, construite tout en bois, mesurait 14 toises sur 3. La toiture était en ardoise. Derrière le maître-autel, il y avait un chœur à l’usage des religieux. Le sanctuaire et le chœur des religieux étaient recouverts de boiseries. Une grille de fer séparait le chœur de la nef. Le clocher abritait 3 cloches et une horloge dont les aiguilles et la voix servaient à régler les heures de la prière et du travail.

Le 5 septembre 1761, la Conseil d’Etat rend un arrêt par lequel « Sa Majesté ordonne que, par le sieur évêque de Troyes, supérieur majeur, et par le sieur duc d’Estissac, seigneur temporel et fondateur, il soit choisi, nommé un économe séquestre, avec défense aux religieux de troubler l’économe comme aussi de recevoir des novices » ; 22 septembre : « … en raison de leurs dettes criardes, il ne reste plus que 881 livres pour vivre ; c’est l’impossibilité d’aller plus loin… » ; 27 octobre : « Signification est faite aux religieux de l’arrêt du Conseil d’Etat portant extinction et union du Hayer au Petit Séminaire… » ; 12 novembre 1763, le roi porte un décret : « à partir de ce jour, tout est consommé : l’Ermitage du Hayer a cessé, le Petit Séminaire en a recueilli l’héritage, il a duré 137 ans ».

Après la suppression de l’Ermitage du Hayer de Chennegy, il y est établi un pénitencier ou renfermerie, tant il y a de misère et de mendiants de 1767 à 1770.

 En juillet 1772, le duc d’Estissac autorise la démolition de la maison du Hayer, à condition que le prix de la vente des matériaux soit consacré au remboursement du capital des rentes dues par les religieux.

Pendant les 137 ans de sa durée, la maison du Hayer a abrité 59 religieux.

Les Ermites du Hayer ont toujours été les amis des pauvres, des malheureux. Jamais l’infortune ne frappa en vain à leur porte. L’exercice de la charité leur était familier. Ils nourrissaient un pauvre du pays, et, quand celui-ci était mort, ils faisaient pour un autre ce qu’ils avaient fait pour lui. Cela ne les empêchait pas de faire l’aumône à quiconque venait la solliciter. De plus, en temps de disette, de mauvaises récoltes, ils distribuaient des semences aux laboureurs dépourvus, partageant avec les maigres ressources dont ils disposaient.

En 1889, l’Abbé Masson écrit : « Ils ne sont plus… des nécessités malheureuses ont mené leur déchéance et précipité leur ruine. Mais, en face de leur vie exemplaire et sainte, de leur esprit de sacrifice et de générosité, nous n’en sommes pas moins obligés de proclamer qu’ils ont bien mérité de la Religion et de la Société ! ».

 

Chapelle du Hayer construite en 1867 sur l'ancienne entrée de l'Ermitage du Hayer en 1639 à la sorite du village. Restaurée par l'Association SVP
 



Association SVP (Sauvegarde et vie du Patrimoine Chennegy-le-Valdreux


Congrégations, couvents, Carmel, dans l'Aube (10)

 

Congrégation du Bon Secours

 


Paul-Sébastien Millet naît dans le petit village aubois, le Mériot, le 21 mai 1797, dans les remous de la Révolution française. Il entre au Petit Séminaire de Troyes, le 12 janvier 1816. Il est ordonné prêtre le 31 août 1823, et devient vicaire d’Arcis-sur-Aube, le 1er juin 1824.

Il découvre que les malades de toutes catégories sociales manquent de soins efficaces et sont souvent abandonnés dans les campagnes mais aussi dans les villes. Mal soignés, la mort est précoce et la cellule familiale se détériore rapidement, tant au niveau de la cohésion de la famille qu’au niveau de la vie de foi.

 

Il est inspiré de fonder une congrégation de religieuses qui, selon lui, pourraient porter remède au dépérissement de l’esprit de foi et de la famille, par la garde et le soin des malades à domicile, dans un service gratuit.

Une anecdote peu connue : le 15 mars 1840, la maison d’Arcis du Maréchal Ludot est à vendre : mise à prix, plus de 10.000 fr. Se portent acquéreurs : la ville d’Arcis, M. Lasnier marchand de grains, tous deux voulant absolument l’acheter et Pierre Néty le charpentier. M. Lasnier vient de mettre 100 fr, ce qui porte à 12.500 fr l’enchère. M. Néty ajoute 100 fr, cela fait 12.200 fr. A ce moment, M. Lasnier se trouve mal : on le sort de la salle, on lui donne de l’air, on se procure de l’eau sucrée… Enfin, on oublie l’adjudication… et la petite chandelle allumée pour la mise de Néty s’éteint ! La maison lui est adjugée ! Mais pour qui M. Néty enchérissait-il ? Pour l’abbé Millet !

Le 25 mars 1840, l’abbé fonde pour le soin des malades à domicile, la congrégation de Notre-Dame du Bon Secours, qui célèbre chaque année, le 25 mars, son entrée dans l’église. Ce prêtre se dévoue sans compter auprès des enfants pour leur instruction et auprès des malades pauvres, et il souhaite que sa communauté prenne racine à Troyes, chef-lieu du diocèse.

En 1841, une maison de Saint-André-les-Vergers offerte pour des religieuses institutrices, devient libre. Le curé l’offre au Père Millet.

Dix sœurs en voile à Arcis, c’est beaucoup pour les besoins d’une petite ville, même si elles vont parfois dans les villages avoisinants. Les habitants de Troyes n’ont pas réclamé les sœurs, qui ne sont connues que d’un petit nombre de Troyens. Elles sont donc reçues sans enthousiasme, mais sans hostilité. Bientôt, mieux connues, les sœurs sont beaucoup demandées et ne suffisent plus à la tâche. Il faut du renfort. Heureusement, les vocations commencent à venir plus régulièrement. Le renom des sœurs s’établit en ville, et les prêtres ne sont pas les derniers à en faire l’éloge.

La décision est prise : il faut que les sœurs se consacrent au soin des malades à domicile. C’est le pressentiment que le milieu est un facteur de guérison, l’hospitalisation à domicile le dit assez aujourd’hui ! La sœur ira donc à domicile, souvent et longuement. Le Père Millet sait bien qu’une amitié ne se noue pas en un jour ou par de brèves visites, le temps d’administrer un remède. Il ne s’agit pas de porter le pain de la boulangère malade, ni de traire une vache, mais suppléer la ménagère défaillante dans les mille petits travaux quotidiens, va établir un lien profond qui permettra l’échange au-delà des soins. C’est une véritable solidarité avec tous ces pauvres gens que la Congrégation a rencontrés. Pauvres, sans espoir, vaincus de la vie qui allaient sombrer dans le découragement et l’oubli.

Le 24 octobre 1843, la communauté s’installe dans des locaux provisoires, rue Hennequin, et en octobre 1849, rue du Cloître Saint Etienne.

 Lors des épidémies qui éclatent dans le département en 1846 (200 malades sur 800 habitants à Bligny), elles y gagnent leurs premières médailles (il y en a plein une armoire !), mais y laissent leurs premières martyres.

Le 24 février 1863, c’est reconnaissance par le Saint-Siège.

A la veille de la Séparation de 1903, cette congrégation compte 119 maisons répandues en France : Algérie, Tunisie, Belgique, Italie, Espagne, Angleterre, Suisse et États Unis, et 7 dans l’Aube.

Au 31 décembre 1989, il n’en subsiste plus que 27, dont 3 dans l’Aube.

 Troyes est la Maison Mère.

 Le centre de soins infirmiers Bon Secours est une  association loi 1901 créée en 2008. Initialement gérée par des religieuses, le personnel laïc a repris l'activité des sœurs depuis 2009.

 

La Mise au tombeau 1ère partie

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