Le prieuré de Foissy (ou Foicy)
Fondé en 1134 par le comte Thibaud II aux portes de
Troyes (Saint-Parre-aux-Tertres), le prieuré de Foissy, sous le vocable de
Notre-Dame, appartenait à l’ordre de Fontevrault. . Thibaud a succédé à son
oncle Hugues entré en religion en 1125 dans l’Ordre des Templiers. Dans sa
jeunesse, il a entendu parler de Robert d’Arbrissel qui a fait sur lui et les
siens une très forte impression et c’est d’autre part le fait de sa femme
Mathilde de Carinthie qui tient à mourir dans l’habit des religieuses de
l’Ordre et que trois de ses filles la suivirent.
Suivant la coutume de cet ordre, il comportait 2
communautés, l’une d’hommes, l’autre de femmes, ayant chacune son église, ses
bâtiments claustraux et son jardin. La première, celle des hommes disparut en
1484, mais la seconde a subsisté jusqu’à la Révolution, et elle était un des
rares prieurés demeurés conventuels.
1129 : Renaud d’Epagne, chevalier, et Colin de
Ramerupt sont témoins d’une charte de donation faite au prieuré de Foicy, par
Guy du Mesnil consistant en 4 setiers de grains à prendre sur le four de Précy.
Renaud d’Epagne est l’oncle d’Agnès prieure de Foicy et Colin de Ramerupt son
cousin.
1134 : Thibaud II et avec le consentement de
Mathilde, sa femme, donne aux religieuses deux fours à Troyes avec les maisons
adjacentes
1136 : le prieuré de Foicy est cité dans le
privilège de 1136 comme devant son origine à Alix, dame de Chappes et au comte
de Champagne, Thibaud II, qui, en tant que comte de Blois, quatrième du nom,
avait aussi favorisé le prieuré de L’Epine-aux-Autels au diocèse de Chartres.
L’abbesse Pétronille vient visiter ce prieuré accompagné d’Hugue du désert
récemment rallié à Fontevraud avec ses frères de la Chaise-Dieu ; ce fut en
leur présence et celle de Guy, frère de Saint-Bernard, qu’au chapitre de
Saint-Martin-ès-Aires, Guillaume, abbé de cette abbaye augustine de Troyes,
céda aux moniales de Foicy des terres, bois et prés à Jully-sur-Sarce.
1139 : sous le sceau de Geoffroi de Rochetaillé,
évêque de Langres, qui constate une donation de Gauthier de Maleterre pour la
dot de sa fille quand elle entra en religion à Foicy, Il promet de servir tous
les ans, sa vie durant, une rente de 3000 oignons à la communauté.
La prieure la plus anciennement connue (1155) était
la veuve d’Anseau 1er de Traînel. Non seulement, Anseau appartenait à l’une des
plus illustres familles champenoises (son fils Anseau II, fut bouteiller de
Champagne sous Henri le Libéral) mais il se signala par d’importantes
libéralités envers divers établissements religieux du diocèse, parmi lesquels
l’abbaye de Saint-Loup dont un de ses petits-fils fut abbé, et surtout la
seconde des maisons religieuses, l’abbaye très intellectuelle du Paraclet.
1159 : Henri, comte de Troyes, confirme la donation
faite par son père à Foicy, des usages dans le bois d’Isles.
1165 : Henri le Libéral, fils et successeur du comte
Thibaud II de Champagne : « Mon père donna aux moniales de Foissy sa garenne,
au milieu de laquelle est une chapelle et un ermitage ; c’est là qu’elles
habitèrent. Puis poussé par sa piété et son zèle, il leur construisit un
monastère et une église en l’honneur de la bienheureuse marie. Pour l’entretien
de ses religieuses, qui se consacraient là au service de Dieu, il leur donna
des vignes et d’autres terres »
1184 : Mathilde d’Anjou (1149-1155) fait confirmer
par la papauté qu’elle est indiscutablement le chef de l’Ordre tout entier, la
même bulle a compensé la dépendance de l’abbesse à l’égard de l’évêque de
Poitiers pour sa bénédiction. Réitérée sous Gilette (1180-1189) par Lucius III
en 1184 cette dernière est respectée puisque l’évêque de Troyes, Manassès, le
jour de la Saint-Thomas (21 décembre) vient bénir les vierges du prieuré de
Foicy : de la reine-mère de France Adèle de Champagne- fille de Thibaut II – de
la « reine d’Angleterre » Marguerite de France et de la demi-sœur de cette
dernière, la comtesse régente de Champagne, Marie, qui fait à cette occasion,
don de ses droits de pécher à volonté
dans l’eau de la seine jusqu’à Payns.
1220 : Haya, sœur de Geoffroy de Villehardouin, et
damerons, sa fille, toutes deux religieuses à Foicy, abandonnent leurs droits
de la dîme de Chesley en faveur des religieux de Molême. Acte ratifié en 1229
par Hugues, évêque de Langres.
1360 : Eléonore de Parthenay, fille de Jean de
Parthenay, âgée de 27 ans rentre en religion de Saint-Benoît au Bourg de
Saint-Jean à l’âge de 5 ans, y porte le voile jusqu’à l’âge de 15 ans et est
reçue en religion à Fontevraud en 1451. En 1360, elle devient prieure de Foicy.
1453 : le 2 mars Marie de Montmorency, 24ème abbesse
(1451-1457), demande à la prieure et au prieur de Foicy d’aller recevoir sœur
Catherine de Saint-Amand avec le congé de son abbesse, à la requête de madame
la comtesse de Vendôme et d’Harcourt.
En 1460, Marie de Bretagne, pour réformer tout
l’ordre, donne au père Guillaume Bailleul, grand prieur de Fontevraud l’ordre
de visiter tout l’ordre et de rapporter un compte exact du nombre de personnes
religieuses qu’il trouvera dans chaque prieuré, l’état des maisons tant pour le
spirituel que pour le temporel. La ruine des bâtiments, la perte des revenus à
cause des guerres avec les Anglais provoque un grand désordre dans l’ordre.
Nous voyons dans quel abandon se trouve la grande majorité des prieurés. Le
prieuré de Foicy est habité par une prieure et 8 religieuses et un prieur avec
un revenu de 1800 livres
Mentionné dans la bulle papale d’Eugène III, du 16
septembre 1145
Depuis un siècle, la prépondérance de Fontevraud a
été accrue par le pouvoir royal, qui a décidé d’étendre à presque toute la
France la réforme de Fontevraud instauré par Marie de Bretagne.
Foicy est réformé sous Anne d’Orléans (1477-1491)
1499 : Renée de Bourbon (1491-1534) confirme l’élection à Foicy en la
personne de Sœur Françoise du Pont.
En 1501, frère Olivier Maillard, vicaire général des
Franciscains de France expédia au prieuré de Foissy certains privilèges qu’il
avait obtenus du légat en faveur de cette maison.
1577-1580 : les catholiques bénéficient au XVIe
siècle d’une possibilité d’enrôlement dans la Confrérie du Rosaire dressée
entre 1577 et 1580 dans le prieuré de Foicy? C’est Louise de Bourbon
(1534-1575) qui en fait la demande à Séraphin Caballi, général des dominicains.
Au cours de la démarche apparait le nom de Jean Millet, prêtre natif de Troyes
et résidant à Rome où il tient la signature des brefs apostoliques. Dès 1577,
la prieure de Foicy met en place une chapelle du Rosaire. Il faut orner les
murs d’une Représentation des 15 Mystères de la Vierge et fait peindre un
tableau sur lequel Saint-Dominique reçoit à genoux le Rosaire de la Vierge .
Les Troyens peuvent s’y inscrire pour manifester à un culte contre-réformateur
1542 le 18 octobre : Incendie entre 10 H et 11 H du
soir, le feu pris par accident à la ramée de l’église de Foicy. Le clocher, la
moitié des dortoirs et une grande quantité de joyaux et d’ornements servant à
l’église sont brûlés, les cloches fondues. Mais les habitants des villages
voisins sauvent les provisions du monastère.
En 1544, les bâtiments, incendiés avec la plupart
des titres, furent rétablis avec l’aide des aumônes d’un jubilé ordonné à cet
effet par le Souverain Pontife.
1609 : 60 religieuses qui font jusqu’en 1793
l’édification de Saint-Parres-aux-Tertres.
1647 : 70 religieuses
En 1688, Jeanne-Baptiste de Bourbon, abbesse de
Fontevrault, envoie une partie des reliques de Sainte-Radegonde, reine de
France. Les populations environnantes venaient en foule les vénérer le lundi de
Pâques. C’était une des fêtes chrétiennes les plus populaires des alentours de
Troyes.
Jeanne-Baptiste de Bourbon - Fresque de la salle capitulaire de l'Abbaye de Fontevraud