samedi 11 mai 2024

Ordre des Prémontrés

 

L’Ordre des Prémontrés  (O.PRAE.)



Il fut créé jusqu’à 650 maison en Europe. L’Ordre compte aujourd’hui dans le monde 32 abbayes d’hommes (2 en France : Saint Michel de Frigolet à Tarascon (Bouches-du-Rhône) et Saint Martin de Mondaye près de Caen (Calvados),  7 monastères de religieuses et 5 congrégations de sœurs.

Norbert (1080-1134) Evêque.

Fête le 6 juin. Né à Xanten, issu d’une famille de la noblesse rhénane, il rompt radicalement avec son passé en 1115 après une vie dissipée. Ordonné prêtre peu après, il se voue à une vie austère et à une prédication itinérante à travers l’Europe.

N’ayant pu réformer les chanoines de Saint-Martin de Laon, il fonde en 1120, dans la forêt voisine de Voas à Prémontré (Aisne) une communauté de chanoines réguliers, qui associe vie contemplative en commun et service des paroisses. C’est l’origine des Prémontrés ou Norbertins.

Norbert, tout en s’inspirant de l’exemple de Cîteaux, qui vit sous la règle de saint Benoit, donne à son ordre la règle de saint Augustin.

En 1120, l'évêque de Laon, Barthélemy de Jur donne à Norbert de Xanten un terrain dans la forêt de Voas (aujourd'hui la forêt de Saint-Gobain dans l'Aisne) au lieu-dit « Presmontré » pour y fonder une abbaye. Norbert y installe une communauté de chanoines réguliers, soumis à la règle de saint Augustin, ainsi qu'une communauté de femmes. Plus tard ces chanoines réguliers seront appelés Prémontrés ou Norbertins. Dès l'origine, les prémontrés ont une structure triple : un ordre d'hommes, un ordre de femmes et un tiers-ordre, ajouté en 1122 par Norbert, de laïcs voulant s'associer à la spiritualité de l'ordre.

Les prémontrés ont une double mission : l'apostolat, en tant que clercs, c'est-à-dire l'action auprès des fidèles dans les paroisses, et l'Office divin, comme les moines. Cette double mission répond à la devise augustine sanctitatem et clericatum (de sainteté et d'apostolat). Ils sont parfois considérés comme des précurseurs des ordres mendiants.

En 1126, il est nommé évêque de Magdebourg ; il travaillera à réformer dans son diocèse jusqu’à sa mort à 54 ans. .

L'ordre des prémontrés a eu un rite liturgique propre entre le XIIe siècle et 1970 : le rite prémontré.

En 1130, les prémontrés sont déjà cinq cents frères et plus de mille religieuses. Quatre ans plus tard, Norbert meurt. Il sera canonisé en 1582

Les prémontrés portent l'habit et le scapulaire blancs. Les chanoines avaient adopté le costume canonial - surplis de lin et chape de laine noire et l'aumusse, un capuchon de fourrure que les moines se mettaient sur la tête durant les offices en hiver.

Les établissements prémontrés sont regroupés en circaries. Au début du XVIIe siècle, en Lorraine d'abord, l'abbé de Sainte-Marie-au-bois, Servais de Lairuelz, est l'initiateur de la réforme de l'ordre, appelée également « réforme de Lorraine », et entraîne dans sa « Communauté de la primitive rigueur » une quarantaine d'établissements de prémontrés dont l'abbaye Sainte-Marie-Majeure de Pont-à-Mousson sera l'abbaye mère.

À Haguenau (Alsace), notamment, après l'occupation de la ville par les troupes françaises en 1635, les prémontrés du monastère d'Allerheiligen en Forêt-Noire, rachètent l'église et le couvent et reprennent leur service à l'église Saint-Nicolas ; ils la conserveront jusqu'à la Révolution française de 1789.

À la Révolution française la plupart des abbayes disparaissent ; comme les autres religieux, les prémontrés doivent quitter leurs abbayes. Leurs biens sont confisqués et vendus comme « biens nationaux ». Certains s'exilent, d'autres deviennent curés de paroisse.

En 1858, les premières restaurations d'abbayes prémontrées ont lieu à Mondaye dans le Calvados et à Frigolet dans les Bouches-du-Rhône. Après les lois d'expulsion du début du siècle, les prémontrés sont de retour dans les abbayes en 1921.


Première assemblée de Norbert de Xanten 
et ses premiers disciples en la forêt de Laon.

vendredi 10 mai 2024

Vitrail - Saint Amelie

 

Saint Amelie

Artiste : Kehinde Wiley

Réalisation : ateliers de la République Tchèque - 2014

Verre et plomb, peinture à la grisaille, émaux

Courtesy Templon, Paris-Bruxelles

 

Ce vitrail interpelle, c’est l’un des objectifs de l’artiste américain Kehinde Wiley. Le peintre se situe lui-même dans la lignée des peintres de portrait anglais, tels Joshua Reynolds ou Thomas Gainsborough ou le français jean-Auguste-Dominique Ingres.

L’artiste, face à l’absence du corps noir dans les collections muséales, décide de les réintégrer en réinterprétant des œuvres classiques de sa peinture, puis de la sculpture. Dans des portraits de taille monumentale, il applique le vocabulaire visuel et les conventions de la peinture héroïque et du sublime en insérant des figures d’hommes et de femmes de couleur. Il s’inspire de portraits photographiques qu’il prend d’abord dans les rue de Harlem, puis dans les grandes villes du monde entier. Il est particulièrement célèbre pour son portrait présidentiel de Barack Obama en 2018.

Ce vitrail fait partie d’une série inspirée des cartons de vitraux du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) pour la chapelle Saint Ferdinand à Paris, commandé par le roi Louis Philippe en 1842. 

Kehinde Wiley s’est associé à des ateliers de République Tchèque pour traduire sa peinture sur le verre.

 Ici, à la place de Sainte Amélie, reine de Hongrie, l’artiste représente un de ses modèles récurrents, Kern Alexander. L’homme auréolé se tient debout sur un podium à son nom, sous une arcade géminée, bordée de croisillons, rosaces et trèfles à quatre feuilles. L’arrière-plan très orné et coloré qui s’inspire directement de l’œuvre néo-gothique, contraste d’autant plus avec la figure de l’homme afro-américain, habillé de vêtements contemporains urbains. Cité du vitrail de Troyes

 

Barack Obama par Kehinde Wiley - 2018








vitrail Perdrix

 

Perdrix 
verre et plomb, peinture à la grisaille, jaune d'argent

Panneau d’essai pour la cathédrale Saint Gatien de Tours

Par Pierre Carron (1923-2022)

Réalisation Michel Blanc-Garin (Sarthe) 2011


  En 2011, un concours est organisé par l’Etat pour une création contemporaine dans le transept nord de la cathédrale de tours. Il s’agit de remplacer les verres blancs modernes entourant la rose médiévale.

Le peintre Pierre Carron réalise avec Michel Blanc-Garin ce panneau d’essai qu’il présente au jury.

 Il choisit de « peindre  sur le ciel lui-même un contre-ciel, son envers, sous la forme de quatre éléments ». 

Sur une corniche architecturale, trois perdrix s’apprêtent à s’envoler. La perception de la vibration de l’air est permise par l’emploi d’un verre antique plaqué à l’épaisseur irrégulière, par la gravure et l’emploi de la grisaille qui modulent la lumière,  par le dépoli qui atténue la transparence.

Le choix du motif figuratif et le recours aux techniques traditionnelles du vitrail (peinture à la grisaille et jaune d’argent, emploi du plomb et de la gravure) sont un moyen pour Pierre Carron de s’intégrer dans le programme de vitraux médiévaux existant. 

Il avait notamment utilisé ces procédés pour les vitraux réalisés quelques années avant dans la cathédral Sainte Croix d’Orléans.

Son projet pour Saint Gatien fut finalement écarté au profit de celui de Gérard Collin-Thébaut.

A voir à la Cité du vitrail à Troyes.


Vitrail - le guépard

 

Panneau d’essai : Guépard

Artiste : Jean Michel Alberola (1953-)

Réalisation : atelier Duchemin (Paris)

pour la cathédrale St Cyr et Ste Julite de Nevers de Nevers

Verrière de la Création– 2002

Verre et plomb, peinture à la grisaille

 

En 1944, les vitraux de la cathédrale de Nevers sont détruits par un bombardement. Un programme de création contemporaine est lancé dès 1948 et se poursuit jusqu’en 2005, faisant intervenir plusieurs artistes. Les verrières du chœur gothique reviennent à Jean-Michel Alberola qui s’associe aux ateliers Duchemin.

Ce panneau d’essai appartient à une verrière consacrée au thème de la Création. Les choix iconographiques et techniques de l’artiste reposent sur le principe de citation. 

Ainsi, le guépard est peint à la grisaille d’après une gravure sur bois du XIXe siècle. L’évocation des vitraux médiévaux disparus se fait par l’emploi d’une large bordure, par le motif grillagé qui rappelle les « cages à mouches » du XIIIe s. ou encore par le choix du plomb qui cerne le dessin.

Pour autant, Albérola ne se contente pas d’un simple pastiche. Le guépard ici peint sur un verre émaillé opale sur blanc n’épouse pas la forme prévue au moment du dessin du carton. Le décalage créé entre le contenu et le contenant évoque visuellement la technique du collage chère à l’artiste et introduit une part d’abstraction dans l’œuvre.

A voir à la Cité du vitrail de troyes.

 


Vitrail - La vitesse

 

La Vitesse - 1928

Par Jacques Simon (1890-1974)

Verre et plomb

 

La famille Simon-Marq constitue la dynastie française de peintres verriers ayant connu la plus remarquable longévité, son activité s’étendant du XVIIe au XXIe siècle. 

Durant l’Entre-deux-guerres, son principal représentant est Jacques Simon, qui s’est illustré à la fois par la restauration d’édifices anciens et par ses créations destinées aux architectures contemporaines. Ce vitrail s’inscrit dans ce second aspect de son activité.

Il s’agit d’un vitrail destiné au pavillon de l’Automobile-Club Champagne-Ardenne-Argonne édifié en 1928 à Reims par l’architecte Jacques Rapin, à l’occasion de l’exposition des « Meilleures Marques ».

 Avec le paquebot et l’avion, l’automobile devient durant l’Entre-deux-guerres un symbole de modernité. Associée aux idées de progrès technique de vitesse et de liberté, elle constitue un sujet pour les artistes qui la traitent de manière à mettre en évidence ces propriétés.

Pour cette commande, Jacques Simon n’a pas eu recours à la peinture mais uniquement au verre et au plomb qui composent des panneaux maintenus par des barlotières verticales. Les lignes sont fuyantes et comme courbées par la vitesse du véhicule en plein virage. 

Au second plan, le paysage s’efface et ne conserve de reconnaissable que la rangée d’arbres bordant la route. Le découpage en panneaux verticaux évoque la succession des images sur une pellicule de photographie ou de cinéma, participant également à cette représentation moderne, voir futuriste, de la vitesse.

A voir à la Cité du vitrail de Troyes.



vitrail - Coloquintes et Nymphéas

 

Coloquintes et nymphéas
Par Jacques Gruber (1870-1936)
Provenant de la demeure de Paul Luc à Nancy – 1905

 En 1905, Jacques Gruber est au sommet de sa réputation de maitre-verrier. Il a mis au point des techniques et un vocabulaire artistiques qui lui sont propres et qui font le succès de ses créations. Depuis 1904, il a installé à Nancy ses propres « ateliers de travaux d’art et vitraux » où il peut répondre aux très nombreuses commandes pour des acheteurs variés. 

La production se distingue en « travail riche » pour lequel il utilise les luxueux verres américains et anglais, des verres opalescents ou dichroïques, des verres plaqués et gravés à l’acide, et en « production courante », à destination d’une clientèle plus modeste, dans laquelle il réintroduit la peinture à la grisaille sur des verres de qualité moindre.

Ce vitrail commandé pour la résidence de Paul Luc à Nancy appartient à la première catégorie. Il était intégré à une cloison ouverte dans le salon de l’habitation. Une autre verrière sur le thème des roses ornait les escaliers. Le dessin est une reprise en parti de cartons utilisés par ailleurs par Gruber. Les nymphéas de la partie basse se retrouvent ainsi que sur plusieurs autres verrières conservées en collections privées ou publiques. Les coloquintes de la partie haute en revanche, suivent un dessin original.

Le choix des sujets et leur traitement naturaliste appartiennent aux codes de l’Art Nouveau qui se déploie en Europe au tournant des années 1900 et dont Jacques Gruber est l’un des représentants les plus originaux.

A voir à la Cité du vitrail de Troyes




Vitrail islamique

 

Panneau islamique XIXe s.
Provient du Caire - Egypte
verre coloré, plâtre (dépot du musée du Louvre)

 

Panneau réalisé en plâtre ajouré à motifs de petits trous sur lesquels un réseau de bordures de plâtre en relief crée un ornement : un vase fleuri. De fines plaques de verre coloré insérées à l’arrière complètent le décor. Les bordures de ces motifs en relief sont taillées en biseau afin de diffuser la lumière plus largement. L’orientation des biseaux vers le bas, particulièrement visible sur les contours, indique que ce panneau devait être situé en hauteur et laisser la lumière colorée descendre vers les parties basses de la salle qu’il ornait.

Le motif du vase fleuri –ici des iris- est très répandu dans l’art ottoman et s’inspire de la vie quotidienne. La conception de ce panneau écran est assez éloignée de nos vitraux occidentaux. Ici, il s’agit essentiellement de filtrer la lumière pour en atténuer la puissance et maintenir l’intimité de ceux qui évoluent derrière. Très répandus dans le monde islamique depuis le XIXe siècle en contexte religieux (mosquées) ou privé (palais), ces panneaux contribuent à créer une atmosphère fraiche et colorée en intérieur. Ils sont parfois signés de noms célèbres.

A voir à la Cité du vitrail de Troyes.



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