dimanche 4 août 2024

Châtellenie de Villemaur (Aube-10)

 

Châtellenie de Villemaur


Son précédent nom datant du XVIIe siècle s'écrivait VilleMort.Ville : de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica. Des auteurs se piquant de toponymie pensent que la terminaison en "-maur" signifie fonds marécageux (Du vieux norrois maurr). De fait, les villages de Vaumort (Yonne) et l'habitant de Fossemor (à Theil - Yonne) donnent du crédit à l'hypothèse. La Vanne est une rivière traversant la commune qui donne son nom à l'aqueduc de la Vanne desservant Paris.

Villemaur, aujourd’hui Villemaur-sur-Vanne est une petite commune bâtie sur un ancien cimetière. Au Moyen Âge, une fosse commune était située à l'entrée du village afin de dissuader les fourbes d'y pénétrer. Villemaur est situé sur la voie romaine de Sens à Troyes sur la Table de Peutinger*.

Durant tout le XIIe siècle, le village est le siège d'une seigneurie qui dispose d'un certain relief. Un chemin conduit directement à Joigny, comté qui intègre la vassalité du comté de Troyes dès l'année 1100. Ce chemin passe par Coulours où les Templiers installent leur première commanderie, et par Rigny-le-Ferron, où les vicomtes de Joigny installent le siège de leur vaste seigneurie.

La famille de Villemaur possède la seigneurie durant tout le XIIe siècle. Son autorité est néanmoins cantonnée par d'autres seigneurs des environs : les Trainel à Pouy et Villeneuve-l'Archevêque; les de Mauny à Bagneaux, vassaux des Trainel; les vicomtes de Joigny à Rigny-le-Ferron ; l'évêque de Troyes à Aix-en-Othe; le sire de Marigny (cadet de la famille de Trainel) au Nord. La seigneurie sous la suzeraineté du comté de Troyes qui se fond dans le comté de Champagne à partir des années 1160.

Le premier titulaire connu est Manasses. En épousant Ermensent, veuve d'un vicomte de Sens, il portera courtement le titre vicomtal (de Sens) en 1103. Il vit en 1125 et est peut-être décédé avant 1127. Il semble être le frère d'un Hilduin de Marolles (sur-Seine ?). Son fils puîné Manasses sera chanoine de Sens (1164) et archidiacre de Troyes (1131), mettant à profit la paix retrouvée après 1152 entre le domaine royal et la Champagne pour faire une carrière à cheval sur la frontière. Son fils aîné Eudes de Villemaur décède avant 1154. Sa veuve Hélie se remarie à Guillaume Le Roi maréchal de Champagne (1158).

Les seigneurs disposent d'un château à Villemaur. Deux familles de chevaliers sont vouées à sa garde : les le Louche et les le Chasseur. Une collégiale dotée de chanoines démontre la volonté de prestige de la famille.

À la fin du XIIe siècle, le lignage disparaît à la quatrième génération.

La seigneurie entre dans le domaine comtal champenois vers 1195. Le comte choisit d'ériger Villemaur au rang de châtellenie. On lui rattache ainsi des fiefs dont les titulaires n'ont plus à se rendre à Troyes pour accomplir leur devoir féodal. De cette petite châtellenie dépendra la seigneurie de Marigny (propriété d'une branche de la famille de Trainel) ; le fief de la Mothe, à la sortie Nord de Rigny-le-Ferron. Un prévôt comtal succède au prévôt seigneurial.


Villemaur  village fortifié

 À la fin du XIIIe siècle le comté de Champagne passe à la Couronne de France par le mariage de la comtesse Jeanne* avec Philippe IV le Bel. En 1316, leur fils aîné le Roi Louis X le Hutin décède, rapidement suivi dans la tombe par son fils posthume Jean Ier.

Sa fille, Jeanne de France, est dépossédée de la couronne de France et de ses droits en Champagne-Brie par son oncle Philippe de Poitiers (Philippe V) : son tuteur et oncle, le duc de Bourgogne, puis son mari Philippe d'Evreux, lui font ménager par plusieurs traités passés avec Philippe V, Charles IV et Philippe VI, un dédommagement financier sous forme de rentes et assignations. À cette occasion, on découvre l'existence de forges, sans doute alimentées en combustible et en minerai par la forêt d'Othe voisine.

L'assiette de ce dédommagement successoral est arrêtée en 1328. Jeanne de France reçoit la châtellenie de Villemaure, et celles de Chaource, d'Isle (-Aumont) et de Payns. Elle résulte du travail conjoint du bailli de Troyes et du doyen de la cathédrale de Troyes missionnés par Philippe VI. Devant l'insuffisance de l'assiette de la seule châtellenie de Villemaure, les autorités parisiennes ont donné l'autorisation de ponctionner les trois autres châtellenies. L'assiette de la seule châtellenie de Villemaure est vaste. Elle s'étend alors de Vauluisant, Les Sièges et Coulours jusqu'à Fontvannes, Messon, Sormery, Vauchassis. Il est de ce fait assuré que la châtellenie de 1328 dépasse largement la seigneurie indépendante dans ses éléments relevés au XIIe siècle. Par ailleurs, les experts chargés localement d'estimer le revenu des différents éléments constitutifs insistent pesamment sur le fait que la valeur du fermage de la prévôté est montée excessivement et que les derniers prévôts-fermiers "en ont été de leur poche". Cette difficulté économique un peu antérieure à 1328 est aussi relevée dans les autres châtellenies incluses dans l'assiette. Les estimateurs ont refusé d'assigner une valeur au revenu tiré des châteaux comtaux de la quasi-totalité de l'assiette (sauf Payns). Ils ont donc été cédés à Jeanne de France pour une valeur nulle. La charte originale de l'assiette se trouvait à la Chambre des Comptes de Paris et brûla avec elle en 1737. Par chance une copie avait été opérée un demi-siècle auparavant.

Aux XVe – XVIe siècles, Villemaur forme avec IsleChaource, Maraye, Payns, un groupe de châtellenies constituant un groupe féodal aux mains des ducs de Bourgogne, notamment la duchesse Marguerite, puis leurs descendants comtes ou ducs de Nevers.

Villemaure accueillait plusieurs administrations royales, dont un grenier à sel et un siège particulier d'élection.

Aux XVIIe – XVIIIe siècles, Villemaur forme avec Saint-Liébault le duché de Villemaur pour le chancelier Séguier, puis le duché d'Estissac pour les descendants du chancelier membres de la famille de La Rochefoucauld-d'Estissac. Cette dernière famille a conservé des documents sur Villemaure depuis le XVIe siècle.

 

Maison de Mailly (Aube 10)

 Maison de Mailly


d'or à trois maillets de sinople.

La maison de Mailly est une famille subsistante de la noblesse française d'extraction chevaleresque (1050), originaire de Picardie. Elle tire son nom d'un bourg situé en Picardie, non loin d'Amiens, bourg dont elle possédait la seigneurie : Mailly-Maillet.

Elle s'est subdivisée à la fin du XVe siècle en deux principales branches :

L'aînée, des seigneurs de Mailly-Maillet, se subdivisa à son tour au XVIIe siècle, en deux rameaux, l'aîné des seigneurs de Mailly-Maillet, éteint en 1774 dans la Maison de France d'Hézecques , le puîné des seigneurs de Nesle, Rubempré et Montcavrel, éteint en 1810 dans la Maison d'Arenberg, puis dans la Maison royale de Bavière.

La branche cadette des seigneurs d’Haucourt, devenue l'aînée en 1810, compta au XVIIIe siècle pour représentant le plus notable, Augustin Joseph de Mailly, comte de Mailly, marquis d'Haucourt, maréchal de France en 1783, dont le fils aîné, Louis Marie, duc de Mailly, député aux États généraux de 1789, mourut sans postérité en 1792, et dont le fils cadet, Adrien de Mailly, Pair de France sous la Restauration, est l'auteur des représentants actuels de la famille.

La Maison de Mailly a été admise 11 fois aux honneurs de la Cour, de 1729 à 1786.

Elle revendique le titre de prince d'Orange en vertu des droits sur cette principauté hérités de la Maison des Baux par la Maison de Chalon, dont la descendante Jeanne de Monchy, veuve de Louis Charles de Mailly, marquis de Nesle, fit prendre possession, par procuration, de la principauté d'Orange en 1709 4.

En vertu de la substitution masculine perpétuelle accordée par lettres patentes du Roi Louis XIV en décembre 1701 à Louis Charles de Mailly, marquis de Nesle, les titres de prince d'Orange et de marquis de Nesle se transmettent à l'infini entre les aînés successifs de la Maison de Mailly, de branche en branche. Les Mailly actuels continuent donc à porter le titre princier.

Branches de Mailly, Nesle et Rubempré, éteintes en 1810

Jean de Mailly (dominicain), religieux dominicain de Metz vers 1220, chroniqueur.

Jean de Mailly, seigneur d'Authieule (Somme), combat et trouve la mort à la bataille d'Azincourt en 1415

Colart de Mailly, dit "Payen", seigneur de Boullencourt) (Somme) combat et trouve la mort à la bataille d'Azincourt en 1415.

Louise de Mailly, abbesse de l'abbaye aux Dames de Caen, abbesse du Lys ;

Gédeon de Mailly, époux de Nicole de Marquette seigneur de Briauté (XVIIe siècle).

Philippe de Mailly et ses enfants : Antoinette, Margueritte et Marie de Mailly, sieur de Briauté demeurant à Boulzicourt.

Louis III de Mailly-Nesle (1689-1754), prince d'Orange et ses filles :

Louise Julie de Mailly-Nesle, maîtresse de Louis XV

Pauline Félicité de Mailly-Nesle, également maîtresse de Louis XV

Diane Adélaïde de Mailly-Nesle, duchesse de Lauraguais

Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle

Victor-Augustin de Mailly-Nesle (1649-1712), évêque de Lavaur de 1687 à 1712

François de Mailly (1658-1721), archevêque d'Arles de 1697 à 1710, archevêque-duc de Reims de 1710 à 1721, pair de France, cardinal en 1719, frère du précédent ;

Louis de Mailly (1663-1699), maréchal général des camps et armées de Louis XV, frère des précédents ;

Louis de Mailly Rubempré, marquis de Nesle (1696-1767), fils du précédent ;

Marie Anne de Mailly-Rubempré (1732-1817), fille du précédent, marquise de Coislin, maîtresse du roi Louis XV de France, du Roi Gustave III de Suède et du tsar Pierre III de Russie, amie et confidente de Chateaubriand.

Branche d'Haucourt, devenue en 1810 de Mailly Nesle

Augustin-Joseph de Mailly, seigneur d'Haucourt, (1708-1794), maréchal de France.

Marie-Jeanne-Constance de Mailly d'Haucourt (1734-1783), marquise de Voyer d’Argenson, femme du monde et épistolière, fille du précédent ;

Louis-Marie de Mailly (1744-1810), maréchal de camp, député de la noblesse aux États généraux de 1789, frère de la précédente ;

Adrien de Mailly (1791-1878), officier, aide de camp du duc de Berry, Pair de France, frère du précédent ;

Solange de Mailly Nesle, astrologue française, descendante du précédent.

Alliances

            Les principales alliances de la maison de Mailly sont : Colbert de Torcy, de Lonlay de Villepail, de Monchy, du Pouget de Nadaillac, Frerejean de Chavagneux (…).

 

Maison de Trainel (Aube-10)

 

Maison de Traînel alias Trainel, Traynel, Champagne, Châtellenie du comté de Champagne :

Traînel, Pont-sur-Seine, Marigny-le-Châtel et Villeneuve-aux-Riches-Hommes (Aube), avec Prévôt & Bailli, Voisines et Foissy-sur-Vanne (Yonne) ; chef-lieu d’un doyenné de 34 cures de l’ancien Diocèse de Sens.



Armes : «Vairé, contre-vairé d’argent et d’azur» alias : «De contre-vair plein» souvent confondu avec «De Vair plein»

Déodat de Traînel ou Dieudonné de Traînel († avant 1079). Premier seigneur de Traînel connu. Il est cité comme témoin dans une charte de l'archevêque de Sens Richer et du comte de Champagne Thibaud Ier de Champagne en faveur du chapitre de Saint-Quiriace de Provins. Le nom de son épouse est inconnu, mais il a probablement au moins un enfant :

Pons Ier de Traînel, qui suit.

Pons Ier de Traînel (né vers 1035, † avant 1095), seigneur de Traînel et de Pont-sur-Seine. Il épouse Mélisende Caravicina de Monthléry dite La Jeune ou Chère Voisine, fille de Gui Ier, seigneur de Montlhéry, et d'Hodierne de Gometz, dont il a au moins trois enfants :

- Anseau de Traînel, probablement mort jeune.

- Garnier Ier de Traînel, qui suit.

- Philippe de Traînel, dit Milon, évêque de Troyes de 1081 à 1121 ;

-  peut-être un autre enfant qui serait l'ancêtre de Gui de Traînel dit Gasteblé († après 1217) et      de Garnier de Traînel, évêque de Troyes de 1193 à 1205.

Garnier Ier de Traînel dit L'Ancien (né vers 1055, † après 1110), seigneur de Traînel et de Pont-sur-Seine. Il fait prisonnier Lambert de Guînes, évêque d'Arras, alors qu'il se rend au Concile de Clermont. Immédiatement averti, son frère Philippe de Traînel, évêque de Troyes, lui adresse des remontrances et le somme de le délivrer. Garnier demande pardon à Lambert puis le libère. Entre-temps, le pape Urbain II le menace d'excommunication et demande à Richer, archevêque de Sens, de fulminer la sentence. Entre 1104 et 1108, il accompagne le comte de Champagne Hugues Ier en croisade en terre sainte. En 1110, il fonde le prieuré de Saint-Hilaire. Il épouse Adélaïde, dont le nom de son épouse est inconnu, dont il a au moins trois enfants :

- Pons II de Traînel (né vers 1080, † après 1146). Dès 1100, il fait partie de la cour du comte de Champagne Hugues Ier. En 1106, il enlève et épouse de force Mathilde de la Ferté-Milon, fille d’Hugues Le Blanc, seigneur de la Ferté-Milon, et d'Helvide de Soissons, alors fiancée à Galeran de Senlis, chambrier du roi. Ce mariage sera annulé en 1106 par l’évêque Brunon, légat du pape, et Mathilde de la Ferté-Milon épousera par la suite Hervé II de Donzy. Pour expier son crime, Pons se fait moine à l'abbaye de Preuilly. Il meurt sans descendance.

- Anseau de Traînel, qui suit.

- Garin de Traînel, tige de la branche dite de Venizy, qui suit plus loin.

Anseau Ier de Traînel dit Le Vieux (né vers 1085, † après 1146), seigneur de Traînel. Il contribue à la fondation de l'abbaye de Vauluisant. Il épouse Hélissent de Montmirail, fille de Gaucher de Montmirail, seigneur de Montmirail et de la Ferté-Gaucher, et d’Élisabeth de Châtillon, dont il a cinq enfants. Une fois veuve, Hélissent de Montmirail se retire au prieuré de Foicy, dont elle devient prieure.

- Anseau II de Traînel, qui suit.

- Élisabeth de Traînel, qui épouse Hugues III de Plancy, d'où postérité.

- Garnier II de Traînel, tige de la branche dite de Marigny, qui suit plus loin.

- Garin de Traînel, qui se fit convers à Prully. Le nom de son épouse est inconnu, mais il a au moins deux enfants :

- Philippe de Traînel, abbé de Saint-Loup de Troyes.

- Théceline de Traînel, dame d'Ermel.

- Milon de Traînel, abbé de Saint-Marien d’Auxerre en 1155 à 1202.

Anseau II de Traînel dit Le Jeune ou Le Bouteiller (né vers 1125, † en 1188 ou 1189), seigneur de Traînel et bouteiller du comte de Champagne Henri Le Libéral, avec qui il participe à la deuxième croisade, accompagné de son frère puîné Garnier. En 1153, il est fiancé avec Alix de Donzy, fille de Geoffroi III de Donzy, mais Étienne de Sancerre, frère cadet d'Henri de Champagne, l'épouse avant lui. Il épouse par la suite Ermesinde de Bar-sur-Seine, fille du comte de Bar-sur-Seine Gui Ier et de Pétronille de Chacenay, dont il a deux enfants :

- Anseau III de Traînel, qui suit.

- Marie de Traînel , dame de Charmoy. Elle ne semble pas avoir été mariée ni avoir eu de postérité. Elle aurait été lépreuse à la léproserie des Deux-Eaux.

Anseau III de Traînel († entre 1208 et 1212), seigneur de Traînel et de Sacey. Il sert deux fois de caution pour le roi de France Philippe-Auguste. Il épouse Ide de Brienne (peut-être fille d'Érard II de Brienne et d'Agnès de Montfaucon ?), dont il a deux enfants. À la mort d'Anseau, ses enfants étant trop jeunes pour gouverner, c'est sa veuve Ide qui se charge d'administrer Traînel pour leur compte.

- Anseau IV de Traînel, qui suit.

- Érard de Traînel († avant 1258), seigneur de Foissy-sur-Vanne. Il épouse en premières noces Agnès Cauda de la Queue-en-Brie, puis en secondes noces Yolande de Montaigu. De l'une des deux, il a un enfant :

- Jean de Traînel, seigneur de Foissy-sur-Vanne. Probablement mort jeune sans descendance.

Anseau IV de Traînel, dit Le Gros († en 1239), seigneur de Traînel et de la Villeneuve-aux-Riches-Hommes. En 1222, il sert de caution pour le roi de France Philippe-Auguste. En 1239, il participe à la croisade des barons, avec Robert de Courtenay et Jean de Mâcon, où il trouve la mort. Il épouse Sibylle Britaud, fille de Henri Britaud, seigneur de Nangis, et Ermengarde de Bolegny, dont il a plusieurs enfants :

- Henri Ier de Traînel, qui suit.

- d'autres enfants cités mais non nommés dans une charte de 1248.

Henri Ier de Traînel, dit de Villeneuve († avant 1281), seigneur de la Villeneuve-aux-Riches-Hommes (il ne succède pas à son père au titre de seigneur de Traînel, qui semble aller à une branche cadette de la branche de Marigny). Il épouse Jeanne de Melun, fille d’Adam III, vicomte de Melun, et de Comtesse de Sancerre, dont il a au moins un enfant :

- Henri II de Traînel, qui suit.

Henri II de Traînel († avant 1314), seigneur de la Villeneuve-aux-Riches-Hommes. Le nom de son épouse est inconnu, mais il a au moins un enfant :

- Henri III de Traînel, qui suit.

Henri III de Traînel († après 1315), seigneur de la Villeneuve-aux-Riches-Hommes. Probablement mort sans postérité.

Branche de Venizy

Garin de Traînel-Venizy (né vers 1090, † vers 1149), seigneur de Venizy. Il épouse une femme prénommé Péronelle mais dont le nom de famille est inconnu, avec qui il a au moins cinq enfants :

- Anseau de Traînel-Venizy, qui suit.

- Fréhier de Traînel-Venizy, cité dans plusieurs chartes et qui semble avoir eu postérité.

- Hugues de Traînel-Venizy, cité dans des chartes de 1152 et 1153.

- Mélissent de Traînel-Venizy, probablement dame douairière de Marcilly, elle apparait également sous le nom de Mélisende de Méry. Elle épouse avant 1149 Simon Fournier, fils de Geoffroi II Fournier de Troyes et de son épouse Laure et a au moins deux enfants :

- Garin Fournier de Méry, chevalier.

- Garnier Fournier, chevalier puis clerc et enfin chantre du chapitre de Traînel.

Péronelle de Traînel-Venizy, dite Comtesse de Venizy, qui épouse Pierre de Courtry, seigneur du Châtel, avec qui elle a plusieurs enfants : Mile, Anseau, Frahier, Garin et Héloïse qui est moniale à l'abbaye du Paraclet.

Anseau de Traînel-Venizy (né vers 1125, † après 1158), seigneur de Venizy. Il épouse avant 1152 Isabelle de Nangis, d'origine capétienne, fille de Fleury de France, seigneur de Nangis et fils du roi des Francs Philippe Ier, avec qui il a deux filles :

- Adélaïde de Traînel-Venizy († en 1221), dame de Venizy et Saint-Valérien, qui épouse en premières noces André de Brienne, seigneur de Ramerupt, d'où postérité. Veuve, elle épouse en secondes noces Gaucher de Joigny, seigneur de Château-Renard, mais n'a pas de postérité avec lui.

- Héloïse de Traînel-Venizy († vers 1225), dame de Nangis, qui épouse Pierre Britaud, vicomte de Provins, d'où postérité.

Duché d'Estissac (Aube-10)

 

Duché d’Estissac


Parti :

au 1er fascé d’argent et d’azur de dix pièces, aux trois chevrons brochant de gueules, le premier écimé,

au 2e d’or semé de trèfles de sable au lion de gueules brochant, au chef chargé d’une bande d’argent accostée de deux cotices potencées et contre-potencées d’or et de deux abeilles volant du même.

 Nicolas de Fontenay († 1396 ; fils de Nicolas seigneur de Pars-lès-Chavanges ; bailli de Troyes, général des Aides et trésorier de France, lié au duc de Bourgogne) est seigneur de Saint-Liébault (ancien nom d'Estissac) et maître de forges en forêt d'Othe dans la deuxième moitié du XIVe siècle. Sa fille Marguerite transmet Saint-Liébault à son mari Jean de Courcelles. Cette famille du Vexin normand garde Saint-Liébault jusqu'au milieu du XVIe siècle.

En 1564, Saint-Liébault fait partie du grand tour de France de Charles IX sur l'initiative de Catherine de Médicis. Le jeune roi y soupe le 21 mars.

En 1615, Jacques Vignier († 1631) baron de Jully-le-Châtel et des Riceys, achète Villemaur et Saint-Liébault où il construit le château. Son fils Claude Vignier est président à mortier au Parlement de Metz, intendant de Châlons, seigneur de Tanlay ; il épouse en 1635 Catherine Chabot († 1662), arrière-petite-fille de l'amiral Chabot. Il embellit de jardins le château de Saint-Liébault ; mais, endetté, il doit finalement vendre en 1647 au chancelier Pierre Séguier.

Séguier l'intègre à son duché de Villemor. Sa fille Marie-Madeleine Séguier épouse Guy de Laval-Bois-Dauphin. Ils ont entre autres enfants Madeleine de Bois-Dauphin, qui reçoit Estissac et s'unit : 1° à la famille du Cambout de Coislin ; puis 2° aux Laval-Bois-Dauphin. Sa fille Madeleine de Bois-Dauphin, issue de son deuxième mariage, reçoit Saint-Liébault et Villemaur. Elle épouse le maréchal Henri-Louis d'Aloigny et ils ont pour fille Marie-Henriette d'Aloigny de Rochefort, qui reçoit Saint-Liébault en 1732 et épouse 1° en 1676 son cousin germain Louis-Fauste de Brichanteau (Postérité), puis 2° en 1691 Charles de La Rochefoucauld de Blanzac (issu des comtes de Roye et de Roucy ; Postérité). En 1758, leur fils Louis-François-Armand de La Rochefoucauld (1695-1783 ; père du duc François XII) hérite de cette terre. C'est à lui que la commune doit son nom actuel : il fait ériger la seigneurie, avec Villemaur, en duché héréditaire sous le nom d'Estissac, d'après une baronnie du Périgord au nord de Bergerac et à l'est de Mussidan (dont Saint-Jean, Saint-Hilaire, Saint-Séverin), venue aux La Rochefoucauld par un mariage avec une Madaillan d'Estissac (voir les articles « Louis de Madaillan d'Estissac » et « Famille de Madaillan de Lesparre »).

Le château est reconstruit à la fin XVe siècle, sur l'emplacement d'un ancien château fort. Il est complètement détruit en 1793. Une description en est faite par le procureur fiscal Jean Chobert, en 1630. Au premier étage, après l'escalier d'honneur se trouvait une chambre aux tableaux et à côté la chapelle. Une autre était à fleur de lys et l'autre représentait la vie de Marie Stuart sur les murs. Au second étage se trouvait une pièce au trésor et une autre où se logeait le mécanisme de l'horlogerie du pavillon.

                                              La façade du château sur parc - 1738

Parmi le mobilier de ce château, certaines de ses œuvres d'art font partie du premier fonds du musée des Beaux-Arts de Troyes. Sont conservés cinq portraits de grands personnages propriétaires du château aux XVIIe et XVIIIe siècles, dont un tableau par Charles Lebrun du chancelier Pierre Séguier*, représenté à cheval (tableau au musée du Louvre) ; un portrait du cardinal Coislin par Largillière, un portrait du maréchal de Nangis par Rigaud et deux portraits de La Rochefoucault, l'un en abbé et l'autre en cardinal et qui se trouvait à Rome.


Le chancelier Séguier –Musée du Louvre

 

En 1774, Estissac devint le siège du grenier à sel de Villemaur.

En 1789, le village était de l'intendance et de la généralité de Châlons, de l'élection et du bailliage de Troyes. Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement les noms de Lyébault-sur-Vanne et de Val-Libre.

Une communauté protestante relativement nombreuse a existé à Estissac et dans ses environs, sous l'Ancien Régime et au XIXe siècle. La commune d'Estissac était d'ailleurs dotée d'un temple protestant au XIXe siècle.


*Pierre Séguier


« D'azur au chevron d'or accompagné de deux étoiles de même en chef, et un mouton tranquille d'argent en pointe »

Descendant de Jacques Cœur, Pierre II Séguier, seigneur d'Autry (seigneurie du Vieux-Château), comte de Gien, baron de Villemor et seigneur de Saint-Liébault, est fait duc de Villemor (en janvier 1650). Il est fils de Jean Séguier et petit-fils du magistrat Pierre Ier Séguier (1504-1580), issu d'une famille réputée de juristes originaire de Saint-Pourçain-sur-Sioule, malgré ses prétentions à se rattacher à une famille féodale homonyme originaire quant à elle du Quercy. Son père, Jean Séguier, seigneur d'Autry, occupait les fonctions de lieutenant civil de Paris au moment de sa mort prématurée en 1596.

Pierre Séguier, d'abord élève du collège des jésuites de La Flèche, fut élevé par son oncle, Antoine Séguier (1552-1624). Il épouse Madeleine Fabry, avec qui il eut :

Marie Séguier (1618-1710), qui épouse le neveu de Richelieu, Pierre César de Cambout, marquis de Coislin et lieutenant des armées du Roi, puis qui épouse en secondes noces Guy de Laval-Bois-Dauphin. Elle sera la mère du cardinal d'Orléans, Pierre IV du Cambout de Coislin.

Charlotte Séguier (1622-5 juin 1704), qui épouse en 1639 Maximilien III de Béthune, duc de Sully, puis, en 1668, Henri de Bourbon-Verneuil.

 


mercredi 31 juillet 2024

Le parler troyen au XVIIIe siècle

 

Le langage troyen du XVIIIe

Il y a de cela deux siècles, l’historien Pierre Grosley* se penchait sur l’étude du troyen, un des parles du dialecte champenois, qu’il jugeait déjà en voie de disparition. Bien avant lui, un savant juif, le Rabbin Rachi, avait également émaillé ses textes de mots du dialecte.

Au XIXe et tout au long du XXe siècle, des maitres d’école, des instituteurs, des curés de village, des érudits locaux ont noté les mots, les phrases qui leur paraissait étranges, patois, voire argotique ; et chacun s’est plu à dire que ces façons de parler n’étaient plus que l’apanage es vieux du temps…

Pourtant, malgré les « raisons d’État » qui firent du français une langue unique et obligatoire, malgré les interdits, les blâmes, les sévices parfois, prodigués par l’enseignement officiel du début du siècle, le CHAMPEIGNAT n’est pas totalement disparu et reparait, par bribes, dans le langage populaire.

Aujourd’hui, le législateur reconnait le droit à l’existence des parlers régionaux. Les sachant, pour beaucoup moribonds, le risque n’est pas grand. Mâ, qui qui sait ? Si com eun coquatris, lou champeignat i fro’m eun cul-berciau et eun pie-d’ney ai ceuss-là qui l’creyot encrotté ! ?....




LE PARLER TROYEN

Grosley ne distingue pas la langue écrite et prononciation orale, ce qui rend ses propos assez souvent confus. Ses références au latin n’arrangent rien puisqu’on ne le prononçait pas à cette époque, comme on le prononce aujourd’hui dans une articulation dite « restituée ». Ce n’est pas la place ici de distinguer langue, dialecte, patois, parler. Disons simplement ceci :

Primitivement on parlait en Gaule le gaulois, dialecte celtique.

La langue française est avant tout l’héritière directe du latin importé en Gaule par les conquérants romains du premier siècle avant Jésus Christ. Mais, attention ! il s’agit du latin vulgaire ou latin de la conversation, langue orale fort différente de celle que l’on connait par les écrivains latins. Ce latin va, peu à peu remplacer le Gaulois (on considère qu’à la fini du IVe siècle, plus personne ne parlait Gaulois), se transformer lentement, insensiblement, si  bien que, pour certains, la question « quand a-t-on cessé de parler latin pour parler français ? » n’a proprement aucun sens, le français n’étant, comme les autres langues romanes, qu’un dialecte médiéval et moderne du latin.

A partir du Ve siècle, après les invasions des Germains, le Gallo-roman (latin parlé en Gaule) va se scinder peu à peu en trois langues : on appelle communément la langue du Nord, Langue d’Oïl, celle du sud, Langue d’Oc ou Provençal ou Occitan, celle de la région de Lyon et la Savoie, le Franco-Provençal.

La langue d’Oïl se différenciera en plusieurs dialectes : Picard, Normand, Lorrain, etc… et, évidemment Champenois. Le parler troyen est une variante de ce dialecte champenois.


La dictée champenoise 

Le samedi 25 juin 2005 s’est déroulée la première dictée champenoise à la Villa Bissinger. Les participants se sont confrontés à l’originalité du vocabulaire et des expressions champenoises. Les meilleurs dont votre serviteur, ont été récompensés.

 

dimanche 28 juillet 2024

Les bains-douches à Troyes

 

Des bains-douches à la piscine du Vouldy 

appelée également Piscine Lucien Zins

Cet établissement aura une fonction sanitaire permettant de :

- doter la population de lavoirs avec eau de sources permettant de remplacer les lavoirs à eau sale établis sur les ruisseaux sillonnant la Ville

- de proposer des bains-douches pour la population qui ne dispose pas d’eau courante

La Municipalité Clévy précise que l’établissement pourra être complété par une piscine d’eau chaude. Le site a été retenu : entre le quai Lafontaine, le quai St Dominique et la Rue du Cloître St Etienne, sur l’emplacement de l’ancienne usine élévatoire des eaux du canal


Plusieurs projets voient le jour. Ci-dessous (à gauche) le projet prévoit un réaménagement de l’usine élévatoire des eaux. Ci-dessous (à droite) le projet présente un nouveau bâtiment dans lequel apparaissent une piscine… et l’emplacement d’une deuxième piscine si nécessaire.


Benoit Klopstein, Président du Cercle des Nageurs Troyens, vice-Président de la fédération française de natation et de sauvetage, et homme fort de la natation troyenne, engage un fort lobbying auprès des élus municipaux et des autres sociétés sportives. Ainsi, les 45 sociétés sportives troyennes somment, dès juin 1929, dans un courrier collectif adressé au Maire de reconsidérer le projet précédent et demandent la création d’une piscine en même temps que les bains-douches. Avec trois sociétés de natation (Les Mouettes de Troyes, l’Energie Troyenne et le Club des Nageurs Troyens), il est vrai que Troyes dispose d’un potentiel important de nageurs.

Le 28 mai 1930, sous l’impulsion du Maire Armand Privé, le Conseil Municipal considère que la construction d’une piscine s’impose. Afin de former un établissement modèle et d’éviter les complications techniques liées à une construction ultérieure, il est acté la construction :

  • de bains-douches comprenant 16 cabines de bains, 24 cabines de douches et 4 WC
  • d’un bassin de 25m x 12m d’environ 550m3
  • d’un lavoir de 48 places et d’une buanderie aménagée
  • de 104 cabines de déshabillage réparties sur 2 niveaux en passerelle
  • d’un labyrinthe hydraulique permettant aux nageurs accédant au bassin de se savonner et de se rincer

Les eaux seront déversées après filtration et épuration dans le canal ou dans la Seine.


Plan du projet final On distingue chaque espace : les douches, les bains, les lavoirs, la buanderie, au centre le bassin et le labyrinthe hydraulique. Crédits photos : Carole Bell / Ville de Troyes

La dépense totale pour la construction de l’établissement est évaluée à 3 720 000 francs.

Il est prévu que la Ville participe à hauteur de 800 000 francs et l’Etat à hauteur de 700 000 francs. La « Société d’Habitations à bon marché et de bains-douches » doit réaliser les travaux et en financer une partie pour en bénéficier ensuite d’un droit d’exploitation pour une durée de 15 ans.

Suite aux difficultés financières et la probable faillite de la « Société d’Habitations à bon marché et de bains-douches » en octobre 1932, une négociation est engagée avec la « Société des belles piscines de France » (SBPF). Seulement, la « Société d’Entreprises et de Constructions en Béton Armé » (SECBA) fait une meilleure offre à la Ville (3 500 000 francs) avec une durée de concession de 30 ans contre 40 pour la SBPF. Le projet est sensiblement amélioré et le nombre de cabines est porté de 104 à 180. Le Conseil Municipal approuve, le 25 juillet 1933, le contrat avec la SECBA et prévoit une durée de réalisation de 10 mois.

 Le 4 septembre 1934, Armand Privé, Maire de Troyes, donne le premier coup de pioche de cet établissement hydrothérapique. C’est M. Lévrier, architecte et ingénieur de la Ville qui a apporté tout son savoir-faire dans l’élaboration d’une ligne architecturale avant-gardiste pour l’époque mêlant briques, grandes surfaces vitrées et verrières en toiture.

La Motte-Tilly

 



La marquise de Maillé restaura, seule et en quelques années, l’intérieur du château de la Motte Tilly et lui redonna son faste d’antan. A sa mort, en 1972, elle confia à la Caisse nationale des Monuments Historiques et des Sites la mission d’ouvrir le domaine au public.

La marquise de Maillé demanda au nouveau propriétaire que tout soit fait pour que le visiteur ait le « sentiment d’une présence ». Voulait-elle par-là rappeler sa propre présence ? Souhait-elle lancer les prémices d’une animation pour que cette demeure en s’installe pas, à tout jamais, dans l’attitude figé d’un musée sans vie ? Ou bien désirait-elle saluer, par quelques délicates attentions, le visiteur et lui laisser, au hasard de sa promenade, le soin de découvrir « l’âme des lieux », façonnée par deux cents ans d’histoire ?

1787 : Dans deux ans éclatera la Révolution qui, pour certains sera l’couverture vers une ère nouvelles tandis que, pour d’autres, ce ne sera qu’un énorme pétard mouillé de sang.

Comment vivait-on sous cet « Ancien Régime » ? Il y avait, nous dit-on, trois classes : la Noblesse, le Clergé, le Tiers-Etat. Cette classification n’est qu’arbitraire. La réalité est à la fois plus simplet et plus complexe. Il n’existait que deux sociétés qui s’ignoraient et qui n’avaient entre elles que des rapports obligés : la Noblesse et le Haut-Clergé d’une part, le peuple et le bas-clergé d’autre part.

Cependant, comme les mauvais romans d’amour, un troisième larron allait se glisser entre ces deux protagonistes. Né de l’un comme de l’autre il a nom : Bourgeoisie. C’est son souffle qui déchainera la tempête…


La Motte Tilly à la fin du XVIIe

LA MOTTE TILLY


Le grand escalier et ses fausses pierres peintes sur les murs

Le nom même de la Motte Tilly indique qu’il y eut ici une motte féodale, c’est-à-dire un château-fort bâti sur une hauteur.

Tilly signifierait que ce lieu devait être entouré de tilleuls (lat. Tilia)

Cet emplacement s’élevait au bord de la Seine, à l’extrémité du parc actuel du château. Le tracé des douves qui l’encerclaient se lit encore sur le terrain.

La motte Tilly appartint successivement aux seigneurs de Tilly, aux Maison de Traînel et de Chateauvillain, aux Raguier, aux d’Elbeyne et aux Noailles. Le 24 mai 1748, le Maréchal du de Noailles cède la terre à l’abbé Joseph-Marie Terray et à son frère Pierre, Vicomte de Rosières, Conseiller du Roy.

L’abbé Joseph-Marie Terray né en 1715, n’était alors que conseiller au Parlement de Paris. Ce n’est qu’en 1769 que, protégé de la Marquise de Pompadour, il entrera dans le « trimvirat Maupeou » et deviendra Contrôleur Général des Finances, Ministre d’Etat et Ordonnateur des Bâtiments du Roi. Les mesures financières qu’il prit pour rétablir le trésor royal le rendirent parfaitement impopulaire et, en 1774, Louis XVI dut le faire remplacer par Turgot.


L'abbé Jean-Marie Terray

Au XVIIIe siècle, les « abbés de cour » (de l’araméen abba, père) n’ont que de très lointains rapports avec les prêtres (du grec presbuteros, vieillard). Il est logique à cette époque que dans une famille –même de petite noblesse- l’un des fils fasse une carrière militaire, se marie et aie des enfants qui prolongeront le nom tandis que l’autre fils devient abbé et reste –officiellement - célibataire. Cette façon de faire, approuvée par l’Église, est essentiellement dictée par le désir impérieux de conserver l’héritage indivis.



Ces fils entrant ainsi « en religion » n’ont, bien évidemment, aucune vocation pour la vie monacale et restent clercs, sans être ordonnés. Faute de la fortune des armes, ils briguent les fonctions honorifiques et recherchent la fortune de l’argent et… des femmes.  Jean-Marie Terray ne fera pas exception à la règle, et, puisque la considération vient de l’argent que l’on perd, avec indifférence, aux jeux, des maîtresses qui vous « protègent », de la magnificence du château qu’on possède et du faste des réceptions qu’on y donne, en 1754 devenu Seigneur de la Motte Tilly, il fera raser le vieux château du Moyen-Age et reconstruira une « demeure champêtre » sur une hauteur en retrait de l’ancienne motte.

Les travaux seront confiés en 1755 à François-Nicolas Lancret, neveu et filleul du peintre, auquel on doit également d’Hôte de ville de Chaumont et celui de Châteauvillain en Haute-Marne.




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