mardi 7 mai 2024

Cathédrale st Pierre et st Paul de Troyes

 


La cathédrale Saint Pierre et Saint Paul (Longueur: 114 m., 28,50 m. de hauteur sous voûte, largeur du transept 50 m.) a été bâtie à l'endroit même où les saints Potentien, et Sérotin avaient établi leur premier oratoire.

Des fouilles de 1973 ont montré l'existence de 3 constructions successives.

C’est en 313, lorsque Constantin donne aux chrétiens la permission d’établir des temples et qu’un évêque est institué dans chaque cité, que la cathédrale de Troyes commence d’être un édifice public.

Notre 1er évêque saint Amateur, en 340 commence à l’agrandir. Saint Urse construit une église plus importante en 426.

L’Évêque saint Prudence évoque en vers latins, en 860, " la magnifique demeure élevée par les chrétiens en l’honneur du Christ où sont vénérées les reliques des saints apôtres Pierre et Paul. C’est en cette église des saints apôtres qu’est conservé le corps de sainte Mâthie ".

Trop petite ou en mauvais état, l’évêque Otulphe la reconstruit en 872.

Incendiée comme Troyes par l'invasion normande des Vikings en 888, il ne reste que des pans de murs que l'on relève et recouvre d'une charpente et d'une toiture.                        

L'évêque Milon l’agrandit vers 980.

Très endommagée par le grand incendie qui ravage la ville en 1188, elle est reconstruite sous l’épiscopat de Garnier de Trainel, puis en 1208, sous celui d’Hervée. Dans l’un de ses rapports il dit : « Que tous le sachent : étant donné que pour l'allongement prévu de l'église Saint-Pierre de Troyes, la construction s'étendra au-delà des murs de la cité, nous avons transporté le four dit de Sainte-Mathie contigu au mur antique sur la place du Pêcheur-Chrétien acquise par nous à la suite d'un échange ». A sa mort en 1223, les chapelles rayonnantes et une grande partie du chœur sont achevées.


Vitrail - Sainte Mathie XIIIe s.

En 1228 une terrible tornade provoque la chute des parties hautes de la cathédrale. Le pape Grégoire IX appelle à l’aide toute la population du royaume de France.

Les travaux reprennent et les parties hautes du chœur sont restructurées à partir de 1235 puis achevées vers 1240. Cette restructuration est l'occasion d'une « modernisation » par rapport au parti d'origine notamment par l'ajourage du triforium qui dans le plan d'origine était aveugle, améliorant ainsi la luminosité à l'intérieur de l'édifice. Il s'agit en outre de l'un des tout premiers triforiums vitrés avec celui de la basilique Saint-Denis. Parallèlement à la construction de la partie haute du chœur sont érigés les piliers des bras du transept. La construction de cette zone médiane de l'édifice est pratiquement achevée en 1260, mais non voûtée.

En 1263, Urbain IV y contribue par une bulle d’indulgences " en faveur des fidèles qui aideraient de leurs aumônes l’édification de l’œuvre somptueuse ".

En 1304, sous l’épiscopat de Jean d’Auxois, le transept est terminé.

1310 la voûte du transept ainsi qu’une flèche élevée au-dessus de la croisée sont achevées.

En 1365, un ouragan abat le grand clocher. Le roi Charles V compatissant envoie aux Troyens des subsides.

En 1410, on construit un grand clocher avec des dons en bois des seigneurs Jehan de Joinville et Jean de Noyers en leur bois de Vendeuvre sous la supervision de jean de Nantes. Si la heuse du clocher, couverture en plomb et cuivre du sommet et des arêtes, se fait en 1432, le coq d'airain doré, œuvre de Nicolas Chévry, et la croix qui le soutenait n'a été posée que le 18 août 1433.

Ce n'est qu’en 1430, un an après le passage de Jeanne d'Arc et du dauphin Charles, que l'édifice est consacré par l'évêque Jean Léguisé.

Son successeur Jacques Raguier jette les fondements du portail et de la tour. " La cathédrale de Troyes, par la lenteur de sa construction, présente une synthèse de l’architecture en Champagne du début du XIIe siècle à la fin du XVe. Elle donne aujourd’hui une profonde impression de grandeur et d’harmonie... ".

Plan de 1600 

[Un panorama du quartier est dressé avec l’abbaye Saint-Loup, aujourd’hui musée des Beaux-Arts, les maisons canoniales, comme l’hôtel du Petit Louvre, le cellier Saint-Pierre, en cours de restauration, le palais épiscopal, aujourd’hui Musée d’Art moderne, le palais des Comtes de Champagne, aujourd’hui disparu, dont il reste seulement l’Hôtel Dieu, actuel lieu d’exposition, et les bâtiments de l’université Reims Champagne Ardenne (URCA). Autant de lieux qui posent le quartier de la cathédrale comme quartier intellectuel, artistique et culturel.]

Tour Eucharistique lumineuse

 


Une Tour eucharistique lumineuse en la cathédrale de Troyes 

A l’occasion des 800 ans de la cathédrale de Troyes en 2008, une Tour eucharistique, joyau de verrerie, a été créée dans la Chapelle du Saint Sacrement.

Sous le vitrail de la Vierge des Litanies et au cœur de la chapelle trône la tour eucharistique, lieu de conservation de l’Eucharistie. Cette œuvre répond à une commande du diocèse et plus particulièrement de l’évêque de Troyes, Mgr Stinger, et du recteur de la Cathédrale et responsable de la commission diocésaine d’art sacré : P. Dominique Roy.

Posé sur un socle haut en verre, le tabernacle est composé de verres polychromes surmontés d’une pyramide blanche.

De l’intérieur de cette demeure précieuse, jaillit la lumière, grâce à une installation de leds blancs doublant les verres.

L’artiste, Hélène Mugot témoigne à propose de cette œuvre : "Dans ce tabernacle de l’Eternel se conjuguent la figure archaïque de la Maison, l’iconographie de Byzance, les châsses précieuses gothiques, l’abstraction moderne et les technologies du XXIème siècle… toute la mémoire de l’Art Chrétien. "

Une attention particulière a été portée au lien unissant le vitrail de la Vierge, situé au-dessus et le tabernacle. Que ce soit à travers le choix du matériau, et une palette chromatique identique, un écho artistique et spirituel résonne entre ces deux œuvres.

L’artiste poursuit "Ce « tabernacle précieux », sera aussi - à la manière des Matriochka -enveloppé et déployé dans le chromatisme de la Vierge du vitrail, où la lumière qui le traverse fait figure d’Annonciation.»



Cet extrait de la litanie des saints fait majestueusement écho à ces créations :

"…Mère très pure, priez pour nous

Mère très chaste, priez pour nous

Mère sans tache, priez pour nous

Mère sans corruption, priez pour nous…

Vase spirituel, priez pour nous

Vase honorable, priez pour nous

Vase insigne de dévotion, priez pour nous…

Tour de David, priez pour nous

Tour d’ivoire, priez pour nous

Maison d’or, priez pour nous

Tabernacle précieux, priez pour nous…

Arche d’alliance, priez pour nous

Porte du ciel, priez pour nous

Étoile du matin, priez pour nous…"

 



lundi 6 mai 2024

Jeanne d'Arc à Troyes

Les notables de Troyes remettent les clefs de la ville au roi Charles VII en présence de Jeanne d'Arc. Miniature issue du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, vers 1484, BNF.

Le 10 juillet 1429, Charles VII, en chemin vers Reims pour se faire sacrer roi de France, entre pacifiquement dans Troyes. La ville lui a ouvert ses portes, malgré la présence d'une garnison bourguignonne, après plusieurs jours de négociations entre partisans de Charles VII et partisans du parti Bourguignon. Ce ralliement, à première vue insignifiant, sera imité par les villes de Châlons et de Reims, permettant ainsi un sacre en évitant toute attaque contre des cités françaises. La légitimité de Charles VII, renforcée grâce à son sacre, sera également confortée grâce à son entrée pacifique dans ces villes de Champagne.

Troyes, une des anciennes capitales du comté de Champagne, a connue une prospérité croissante du XIème au XIIIème siècle, notamment grâce aux foires de Champagne. A Troyes, deux foires sont organisées, celle de la Saint-Jean, le 24 juin, et celle de la Saint-Rémi, le 1er octobre, chacune durant quinze jours. Les marchands originaires de Flandre ou d'Italie voyagent en toute sécurité dans une contrée pacifiée, allant même jusqu'à être protégé en dehors des domaines des comtes grâce aux « conduits des foires ». Les guerres franco-flamandes à la fin du XIIIème entament le déclin des foires, qui subsisteront encore quelques années. Le souvenir de ses foires restera gravé, d'autant que plusieurs familles italiennes ou flamandes se sont fixées à Troyes.

Entre-temps, les comtes, devenus rois de Navarre, s'éteignirent et la Champagne fut réunie au royaume de France par le mariage en 1284 de l'héritière Jeanne de NAVARRE avec le roi Philippe le Bel. La guerre de Cent-Ans débuta quelques années plus tard, plongeant la région dans une insécurité quasi permanente. Les fortifications sont renforcées, les impôts et les rançons sont payées, mais la population est ruinée : en 1371 seulement 300 familles troyennes sont solvables pour le règlement des impôts. Dix ans plus tard une émeute du petit peuple perturba la cité plusieurs mois.

Proche de la puissante Bourgogne, les Troyens sont plutôt partisans des Bourguignons contre les Armagnacs (partisan du Dauphin Charles opposé à son père). La reine Isabeau de BAVIÈRE et l'administration royale s'installent régulièrement à Troyes de 1417 à 1420, fuyant la capitale en proie aux troubles. L'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur par des Armagnacs, fait basculer les Bourguignons dans le camp anglais. Le roi Charles VI désavoue son fils, déclaré indigne de succession, et annonce le mariage de sa fille Catherine avec le roi anglais Henri V. Le mariage est célébré en l'église Saint-Jean du Marché de Troyes le 2 juin 1420 et le traité de Troyes désigne Henri V comme héritier et régent du royaume de France.

Le Honteux Traité de Troyes

 

Traité de Troyes intitulé au nom du roi d'Angleterre Henri V, 21 mai 1420

Arch. nat., AE/III/254 (J 646, n° 15)

En mai 1420, Henri V d’Angleterre et le roi de France Charles VI signent le traité de Troyes, d’une importance majeure dans l’histoire de France. Ce « honteux traité » entérine la toute-puissance anglaise dans le cadre de la guerre de Cent Ans et met grandement en péril la survie du royaume de France, qui, sans doute, aurait pu disparaître… Si ce traité est une catastrophe pour le royaume, il est également un moment charnière dans l’histoire de France. Le traité de Troyes a alimenté les pires craintes, mais a aussi nourri les plus grands espoirs, ceux de voir les Français « bouter les Anglais hors du royaume » comme le dira un peu plus tard une certaine Jeanne d’Arc.

Au début du XVe siècle, le royaume de France est dans une position bien délicate face à son homologue anglais, emmené par le puissant Henri IV d’Angleterre, père du futur Henri V. Henri IV est issu de la branche cadette des Plantagenêts, les Lancastre. Nous sommes alors en pleine guerre de Cent Ans et l’Angleterre s’est rendue maîtresse d’une importante partie du royaume de France. Les reconquêtes amorcées sous Charles V ont laissé place à une instabilité chronique exacerbée par un roi pris de folie, Charles VI, incapable de régner. Cependant, il faut bien avoir en tête que la première crise de folie du roi intervient en 1392, soit 12 ans après sa montée sur le trône. Si Charles VI mérite bien son sobriquet de « fol », son règne ne peut en être résumé à cela. Bref, au début des années 1400, le royaume est bel et bien gouverné par un roi instable. De plus, en 1407, s’ouvre une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, deux partis qui se disputaient le pouvoir au Conseil du roi. Problèmes financiers, guerre civile, roi incapable de régner, morale en baisse : le royaume de France est sans doute au plus bas. Surtout, en 1413, Henri IV meurt et laisse le trône à son fils, Henri V, ambitieux et impétueux, bien décidé à faire plier le royaume de France.

En août 1415, le roi anglais et ses 10 000 hommes environ débarquent en Normandie, à Harfleur. Après plus d’un moins de siège, la ville tombe en septembre 1415. Henri V poursuit sa lancée sur les côtes normandes, en direction du nord, sans doute avec le projet de rejoindre Calais, déjà aux mains des Anglais. Une armée française menée par le connétable Charles d’Albret le talonne sans pour autant ouvrir les hostilités. Finalement, après quelques semaines de course-poursuite, les troupes royales décident de barrer la route aux hommes de Henri V à Azincourt fin octobre 1415. Le 25, la bataille est engagée. Les Français subissent une violente défaite, sans n’avoir jamais pu dominer. La défaite entérine les difficultés françaises et marque le temps de la suprématie anglaise, chapeautée par le puissant monarque Henri V d’Angleterre.

dimanche 5 mai 2024

Le Saint Suaire de 1349 à nos jours


 Faits saillants de l’histoire incontestée



 10 (ou 16) avril 1349 : La guerre de Cent Ans faisait rage entre la France et l’Angleterre depuis plus de onze ans et la peste noire venait de finir de ravager la majeure partie de l’Europe lorsque Geoffroy de Charny, un chevalier français, écrivit au pape Clément VI pour lui faire part de son intention de construire une église à Lirey, en France. On dit qu’il construit l’église Sainte-Marie de Lirey pour honorer la Sainte Trinité qui a répondu à ses prières pour une évasion miraculeuse alors qu’il était prisonnier des Anglais. Il est également déjà en possession du Suaire, que certains pensent qu’il a acquis à Constantinople.

·         N° 1355 : D’après le « Mémorandum D’Arcis », rédigé plus de trente ans plus tard, les premières expositions connues du Suaire ont lieu à Lirey à cette époque. De grandes foules de pèlerins sont attirées et des médaillons souvenirs spéciaux sont frappés. Un spécimen unique se trouve encore aujourd’hui au musée de Cluny à Paris. Apparemment, l’évêque Henri a refusé de croire que le Suaire pouvait être authentique et a ordonné l’arrêt des expositions. Le Suaire a ensuite été caché.

·         19 septembre 1356 : Geoffroy de Charny est tué par les Anglais à la bataille de Poitiers, lors d’un dernier combat au cours duquel il défend vaillamment son roi. Moins d’un mois plus tard, sa veuve, Jeanne de Vergy, fait appel au régent de France pour qu’il transmette à son fils, Geoffroy II, les subventions accordées à Geoffroy. Celle-ci est approuvée un mois plus tard. Le Suaire reste en possession de la famille de Charny.

·         4 août 1389 : Une lettre signée par le roi Charles VI de France ordonne au bailli de Troyes de saisir le Suaire de Lirey et de le déposer dans une autre église de Troyes en attendant qu’il se prononce sur son aliénation.

·         15 août 1389 : Le bailli de Troyes rapporte qu’en se rendant à l’église de Lirey, le doyen protesta qu’il n’avait pas la clef du trésor où était conservé le Suaire. Après une longue discussion, l’huissier scelle les portes du trésor afin que le Suaire ne puisse pas être emporté.

·       5 septembre 1389 : Le premier sergent du roi rapporte au bailli de Troyes qu’il a informé le doyen et les chanoines de l’église de Lirey que « l’étoffe était maintenant mise verbalement entre les mains de notre seigneur le roi. La décision a également été transmise à un écuyer de la maison de Charny pour qu’il la transmette à son maître.

·         Novembre ( ?) 1389 : Mgr Pierre d’Arcis, évêque de Troyes, fait appel à l’antipape Clément VII à Avignon au sujet de l’exposition du Suaire à Lirey. Il décrit le tissu comme portant la double empreinte d’un homme crucifié et qu’il est revendiqué comme le véritable Suaire dans lequel le corps de Jésus a été enveloppé, attirant des foules de pèlerins.

·         6 janvier 1390 : Clément VII écrit à l’évêque d’Arcis, lui ordonnant de garder le silence sur le Suaire, sous peine d’excommunication. À la même date, Clément écrit une lettre à Geoffroy II de Charny, reprenant apparemment les conditions dans lesquelles les expositions pouvaient être autorisées. Ce jour-là, il écrit également à d’autres personnes concernées, leur demandant de veiller à ce que ses ordres soient obéis.

·       Juin 1390 : Une bulle papale accorde de nouvelles indulgences à ceux qui visitent Sainte-Marie de Lirey et ses reliques.

Le Saint Suaire en photos


Le Saint Suaire à Lirey


Le chapitre de Lirey a été fondé en 1353, sous le vocable de Notre-Dame de l’Annonciation, par le seigneur Geoffroy de Charny, porte-étendard du roi de France tué lors de la bataille de Poitiers (1356).

 Confirmé par les rois Philippe VI et Jean II le Bon, le chapitre est doté à l’origine de cinq canonicats et d’un dignitaire, le doyen.

À partir de 1357 et jusqu’en 1418, l’église collégiale conserve le linceul ayant enveloppé, selon la tradition, le corps du Christ. Ostensions et pèlerinages se mettent alors en place, non sans controverse, notamment avec l’évêque de Troyes


Retable de la Collégiale de Lirey 1504
conservé au Victoria and Albert Museum.


Le deuxième retable de Lirey
aujourd'hui en l'église de Crésantignes

Ce deuxième retable fut ramené de la collégiale de Lirey en 1828, la disposition d'origine qui plaçait la scène de la Crucifixion au centre entre la Flagellation et la Mise au tombeau, n'a pas été respectée lors du transfert en l'église de Crésantignes. Oeuvre restaurée en 1987 par Maimponte. Date d'exécution : vers 1530 (Baudoin).


Exposition du Saint Suaire à turin en 2015



Les Archives de l’Aube conservent deux fonds qui permettent de retracer l’histoire champenoise du Saint-Suaire (les cotes I 17 à I 19 et la sous-série 9G). Une partie de ces documents est d’ores et déjà disponible en ligne, dans l’attente de la numérisation complète de la sous-série 9 G et de sa mise en ligne à la fin de l’année 2023.

 1353 acte de la fondation de Lirey

Fondation  par Geoffroy de Ghariiy, seigneur de Savoisy et ide Lirey, d'une collégiale en son village de Lirey, sous l'invocation de l'Annonciation de la Vierge.

Le Saint Suaire à Lirey (10)

Le Saint Suaire dans l'Aube




Geoffroi de Charny, fils de Jean de Charny et de Marguerite de Joinville, combat avec Charles de Blois pendant la guerre de Succession de Bretagne.

Il est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Morlaix, en septembre 1342. Il fait le vœu de fonder une chapellenie après sa libération, en 1343, à la suite du paiement d'une rançon par le duc de Normandie Jean de Valois.

En 1343, le roi Philippe VI signe une charte accordant à Geoffroi de Charny l'amortissement d'une rente de 120 livres pour la fondation de la collégiale. Le 3 janvier 1349, Henri de Joinville, comte de Vaudémont, sénéchal de Champagne, approuve les donations qui sont faites dans ce but. Geoffroi de Charny est de nouveau prisonnier le 31 décembre 1349.

En 1353, Geoffroy 1er de Charny, seigneur de Lirey (Aube), qui s’illustre plusieurs fois au service de Philippe VI, puis de Jean le Bon, fonde une collégiale de six chanoines et leur confie une relique insigne, qui, dit-il est un don qu’il a reçu lors de sa participation à la croisade de 1345 (il décède à la bataille de Poitiers en 1356) : " un linceul ou suaire sur lequel  on voyait imprimée l’image du Christ Sauveur " (fondation confirmée par Henri de Poitiers le 28 mai 1356).

Le Suaire de Lirey a probablement été acquis par Geoffroi de Charny entre 1343 et 1353, mais aucun document ne permet de préciser comment il a pu l'acquérir. Aussitôt, on expose la relique aux jours de fête, et les foules se pressent pour la vénérer. C'est après les ostensions du Suaire que l'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, va mettre en doute l'authenticité du Suaire et les interdire

Geoffroy II de Charny (fils de Geoffroy 1er) s’adresse directement au légat du pape, qui autorise d’exposer l’image du Saint Suaire. Les pèlerins affluent de nouveau à Lirey.

Notre évêque Pierre d’Arcis interdit aux curés et prédicateurs de parler de l’image du Saint Suaire. Le doyen de Lirey en appelle au pape Clément VII (neveu de la veuve de Geoffroy 1er), qui confirme l’autorisation donnée par son légat et impose à notre évêque " un silence perpétuel sur cette question ".  [En 1389, le pape Clément VII avait accordé l'ostension du Suaire demandé par Jeanne de Vergy, veuve de Geoffroi de Charny, remariée à Aymon de Genève († 1369), fils d'Hugues de Genève et cousin du pape.]

En juillet 1418, Humbert de La Roche, mari de Marguerite de Charny, fille de Geoffroi II de Charny (†1398), prend en garde la relique dans son château de Montfort près de Besançon, pour la protéger des effets de la guerre qui se déroule à proximité. La mention du suaire comme propriété du chapitre de Lirey apparaît pour la première fois dans l'acte fait au moment de ce transfert. Le Suaire est déposé dans la collégiale Notre-Dame de Saint-Hippolyte. Après la mort de son époux, les chanoines de Lirey lui réclament leur bien, mais,  Marguerite de Charny obtient un accord, le 8 mai 1443 pour établir que le Suaire était la propriété de son grand-père. La guerre de Cent Ans terminée, le Suaire ne revient pas à Lirey.

 Le 13 septembre 1452, le duc Louis Ier de Savoie et sa femme Anne de Lusignan ont échangé le Suaire possédé par Marguerite de Charny contre le château de VarambonL’officialité de Besançon condamne Marguerite à la restitution sous peine d’excommunication. Elle décède en 1460, et en 1465, le duc de Savoie accorde aux chanoines en compensation de leur renonciation, " une rente à perpétuité de 50 francs d’or ".

C’est ainsi que le Saint Suaire devient propriété de la famille de Savoie qui le conserve à Chambéry, puis à Turin, où il se trouve toujours. Il est exposé dans la cathédrale de la ville, et accueille des millions de visiteurs, pèlerins, princes, rois… Le pape Benoît XVI a vénéré cette relique.

Le Saint Suaire est un grand drap de lin de 4,41 mètres de long sur 1,13 mètres de large contenant l'image du corps d'un homme torturé et flagellé avant d'être crucifié.

Le contact du drap avec le corps nu provoqua des empreintes d'un brun plus foncé, suivant la pression plus ou moins grande. L'agent actif de cette impression aurait été la sueur alcaline, qui rendit en vapeurs ammoniacales ce qu'elle avait reçu en urée exsudée. Le corps du Christ, enduit d'aromates, poisseux de sueurs multiples, se décalqua en quelque sorte sur le tissu imprégné d'huile et d'aloès. C'est donc une photographie en noir, c'est-à-dire négative, qui resta sur le linge.  Les taches de sang au contraire et les autres liquides séreux du corps produisirent des taches positives.

400 scientifiques, experts de la NASA, ont travaillé dans leurs laboratoires entre 1976 et 1980 à raison de 150.000 heures d'analyse en spectrométrie par fluorescence sous rayon X, radiographie par infra-rouge, spectroscopie sous ultra-violet, technologie de renforcement d'image par ordinateur, macroscopes..., sans compter 100.000 heures supplémentaires d'analyses micro-chimiques !

L'analyse la plus connue fut celle du programme de décodage ordinateur appelé V.P.8. analyser, grâce auquel on peut lire les photographies prises par des sondes sur Vénus ou sur Mars, et reproduire en relief le paysage représenté. Appliqué au Suaire, il donna un résultat totalement inattendu : le relief était restitué en creux, ce qui prouvait sans contestation possible que l'origine de la lumière qui imprima l'image venait de l'intérieur du cadavre, et cela d'une manière uniforme dans tout le corps, et enfin avec des caractéristiques thermiques inconnues de nous...

A Rome en juin 1993 un grand nombre des spécialistes de la Sindonologie (ou science du suaire) venus de 18 pays différents, a unanimement, formellement, et pour la première fois, " pris acte du fait que… au vu des résultats déjà acquis, elle ne peut que conclure : l'homme du Linceul ne peut pas ne pas être Jésus de Nazareth ".

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