mercredi 8 mai 2024

Hôtel Menisson

 

hôtel Menisson - rue des quinze-vingts- troyes

C’est dès 1407 que l’on trouve la présence d’une maison rue des Quinze-Vingts, tenant « des 2 côtés du pavé royal de la rue de l’église de la Madeleine ».

Parmi les détenteurs, figurent, en 1446, Jean de Rance, puis en 1462, Antoine Disosme, secrétaire du roi, dont la fille Guillemette se marie avec Jean Menisson, riche marchand épicier, bourgeois, conseiller de ville pendant 16 ans, de 1502 à sa mort en 1518.       

Un de ses fils, Christophe Menisson, seigneur de Saint-Aventin-les-verrières, marié en premières noces à Claude Largentier, acquiert le 16 mai 1538, cette maison qui appartient aux Quinze-Vingts de Paris, dans la rue de ce nom.

Cette rue s’est appelée rue des Gris-d’Arcis (étoffe couleur grise fabriquée à Arcis), puis du Mortier d’Or, rue de Gérard-de-Nivelle, puis de Colas-Verdey (Charmont) dès 1333, du nom de 2 notables y habitant, et en 1460, elle porta le nom des Quinze-Vingts. En effet, elle le doit à cette très petite maison qui appartenait à l’hospice des aveugles de Paris, et qui fut vendue en mai 1538, en l’état de masure, par le président Briconnet, directeur des Quinze-Vingts, à Christophe de Menisson, receveur du domaine à Troyes, qui réunit alors dans son habitation les n° 1, 3 et 5 de la rue des Quinze-Vingts, 8 et 12 de la rue de la Madeleine.

Christophe Menisson est un personnage important. Il fut échevin de Troyes de 1528 à 1530, puis conseiller de ville (comme son père) de 1530 à 1532. La considération dont il jouit à l’échevinage, lui vaut d’effectuer pour le compte de la ville, plusieurs voyages à Paris pour défendre les intérêts de la cité. En 1531, il se rend à Fontainebleau avec Nicolas Largentier, pour savoir si le roi François 1er a l’intention de venir à Troyes pour assister à une représentation du « Mystère de la Passion ». C’est à l’occasion de ces voyages qu’il noua des relations avec le président Briconnet, directeur de l’Hospice des Quinze-Vingts, ce qui lui donna la possibilité de réunir la maison appartenant à cet hospice, aux propriétés voisines.

 L’Hôtel Menisson est construit par Christophe Menisson vers 1540, 3, rue des Quinze-Vingts. Cet édifice construit sur 3 niveaux, avec un immense grenier et une grande cour en avant, permettant de dégager la façade principale pour laisser à la lumière et au soleil la faculté d’éclairer l’ensemble des locaux d’habitation, est élégant. Il est édifié en pierre et brique sur la façade sud-ouest et en pierre pour les 2 pignons. Au rez-de-chaussée, on trouve une partie centrale, avec accès direct sur la cour, l’antichambre qui sépare une salle à manger, côté rue de la Madeleine, et le salon, rue des Quinze-Vingts. La propriété de la famille Menisson forme un quadrilatère important, près de la porte de la Madeleine, compris entre la rue de la Corterie aux chevaux (devenue rue Général de Gaulle), la rue de la Madeleine et des Quinze-Vingts.


Au cours des siècles, les immeubles changèrent souvent de titulaires et la propriété fut scindée entre plusieurs familles, au gré des héritages et des mariages.  

Maison du Dauphin

La maison  du Dauphin  -  (côté rue Kléber)

côté est - rue Célestin-Philbois

Cette maison est l’une des plus anciennes de Troyes ; son manteau de cheminée porte la date de 1472. À la base de la console d’angle du poteau cornier nord, rue Célestin-Philbois, est gravé un blason comprenant trois fleurs de lys et un dauphin sous la couronne royale : c’est celui du Dauphin, fils du roi François Ier et futur Henri II de France. Il permet lui aussi de dater la construction. 

Henri est passé à diverses reprises par Troyes et notamment pour se rendre à Reims pour être Sacré roi de France le 26 juillet 1547, il prend comme emblème le croissant de lune. Ses devises sont Plena est œmula solis (« L'émule du soleil est pleine ») et Donec totum impleat orbem (« Jusqu'à ce qu'elle remplisse le monde tout entier »).



Restaurée en 2004 et longue de six travées, la maison du Dauphin* est typique de l’architecture troyenne, avec ses fenêtres à meneaux et son encorbellement, et présente une ferme d'avant-corps sur la rue Kléber et une autre sur la façade arrière.

Hôtel Juvénal des Ursins

 

Cet hôtel a appartenu à la famille de Jouvenel ou Juvénal des Ursins, magistrat, né à Troyes vers 1340, et décédé vers 1431, et dont on sait le rôle important dans l’histoire de notre pays au XIV° siècle.      

C’est une construction en pierres blanches, précédée d’un large perron.  La façade aux grandes fenêtres à meneaux moulurés s’orne d’un bel oriel de style gothique à trois faces, surmonté d’une tourelle finement sculptée à jour (restaurée au XVIIe s.). Au-dessus de l’entrée, on remarque, en encorbellement sur la façade, un édicule absidial à trois faces qui forme un joli oratoire, décoré de verrières du XVI° siècle.

Sur la façade  centrale est sculpté le blason de France entouré du cordon de Saint-Michel.  A droite, dans un cadre Renaissance, une inscription datée de 1688, dit que cette maison fut bâtie en 1520, brûlée en 1524 et réédifiée en 1526.  Sous le dôme, un Amour désarmé.


 Dans 2 pièces du premier étage, se trouvent des cheminées à manteau de boiseries Louis XVI. Le toit comporte une grande lucarne gothique du XVe s. provenant d’un édifice antérieur. Les vitraux intérieurs représentent les donateurs et La Crucifixion, aujourd'hui au musée des beaux-arts de Troyes.




 L'Hôtel des Ursins est classé parmi les monuments historiques depuis 1932.

Jusqu’en 1948, cette demeure abritait la clinique Juvénal des Ursins, rachetée par la Ville le 29 juin 1979

l'intérieur de l'hôtel des Ursins aujourd'hui



l'Hôtel Juvenal côté jardins



mardi 7 mai 2024

Hôtel d'Argenteuil

 


Au " point central " de l’oppidum romain d’Augustabona, à quelques pas de la Cathédrale de Troyes, se dresse une construction de pans de bois et torchis, avec un portail monumental Louis XVI, édifié en cintre, avec une pierre d’armories scellée en son tympan, qui fait revivre le motif sculpté figurant autrefois en clé de voûte et que la Révolution a nivelé. Ce sont deux écus accolés timbrés d’une couronne de marquis. 

Le premier se blasonne de gueules à trois macles d’argent, le second, Gironné d’argent et de gueules de 12 pièces.

C’est à ces armes que la vieille demeure doit le nom qu’elle porte : Hôtel Le Bascle d’Argenteuil, ou plus simplement : Hôtel d’Argenteuil.

Ce manoir abritait postérieurement une vaste hôtellerie : l’Hôtel des Carreaux (quarreaulx = trait d’arbalète de forme carrée). Et sur le plan de la Ville de Troyes de 1769, il est situé n° 2096 de la rue des Carreaux. La rue devient en 1851, rue Hennequin.

L’ensemble comprend un vaste corps principal de bâtiments sur 33 m de largeur le long de la rue, deux ailes prennent naissance à chacune des extrémités de ce corps principal profond de 10 m et 18 m vers la rue de la Cité.

C’est là qu’au début du XVIe siècle, sont accueillis les voyageurs et les étrangers.

Les bâtiments sont en 1565, la propriété de l’Abbaye de Boulancourt, habitation personnelle d’Elion d’Amoncourt, son abbé.

Quelques années plus tard, tous les biens de l’Abbaye font l’objet d’un partage et l’Hôtel des Carreaux devient la propriété personnelle de son occupant, Elion d’Amoncourt, nommé en 1573, abbé de Saint-Martin-ès-Aires et Prieur de Fouchères.

Après son décès en 1582, ses héritiers vendent en 1586, l’Hôtel des Carreaux à Pierre de Beurville et Marguerite de Hault son épouse.

Au milieu du XVIIe siècle, Jean-Baptiste Dorigny, Ecuyer, Seigneur de Fouchères et sa femme Marie de Beurville se rendent acquéreurs de l’Hôtel des Carreaux, et y édifient la monumentale cheminée de pierre sculptée qui existe encore de nos jours, dans la grande salle du rez-de-chaussée. C’est alors que commence la période de splendeur de cette demeure, qui devient pendant plus d’un siècle, le lieu de rendez-vous habituel de la société troyenne : les de Vienne, les Mauroy, les Hennequin, les Pithou, les le Pelletier, les Molé, les Angenoust, les Pothérat…

Après le décès de Jean-Baptiste d’Origny, l’hôtel revient à sa fille Jeanne d’Origny, Dame de Fouchères et Rosson, épouse d’Isaac Le Tanneur, Ecuyer, dont une fille , Anne-Elisabeth Le tanneur épousa François La Bascle d’Argenteuil, Chevalier, Conte d’Epineuil, Seigneur d’Argenteuil, Pouy, Launay, Regnault et autres lieux, Lieutenant-Colonel du Régiment, et devient au décès de madame Le Tanneur, sa mère, propriétaire par succession de l’Hôtel des Carreaux dont l’appellation se transforme alors en celle d’ " Hôtel d’Argenteuil ".

Monsieur le Marquis François d’Argenteuil meurt en 1720, et Madame la Marquise d’Argenteuil décède en son hôtel, le 14 juin 1722.



Voici quelques extraits de ses obsèques lus la presse : " Le 16 juin 1722 a été fait un service solennel et pompe funèbre pour Madame Anne-Elisabeth Le Tanneur, veuve de Haut et puissant Seigneur François Le Bascle d’Argenteuil, Chevalier, Comte d’Epineuil. Toute l’église était tendue de noir depuis le bas jusqu’à la voûte, ornée d’espace en espace de bandes de velours semés de devises et d’écussons aux armes de ses Seigneur et Dame comte et comtesse d’Argenteuil. Dans le milieu du cœur se tenait un catafalque garni de 400 chandeliers d’argent avec autant de cierges. Et  sur le haut duquel était posée une couronne de comte. 60 prêtres ont assisté à cette cérémonie qui s’est faite en présence de Mgr le Marquis d’Argenteuil, Lieutenant Général pour le Roi des Provinces de Champagne et Brie, Gouverneur de cette ville de Troyes, son fils et tous les Corps de ladite Ville se sont trouvés et il fut célébré cent et quelques messes ".

Hôtel de l'Arquebuse

 



Avant l’invention des armes à feu, il y a à Troyes une compagnie militaire sous le titre d’arbalestriers ou compagnons du serment de l’arbalète. Depuis l’usage de la poudre à tirer, l’arbalète est négligée et entièrement abandonnée pour l’arme que l’on appelle Arquebuse-Buttière, et les membres de la compagnie sont nommés Arquebusiers ou Chevaliers de la Butte.

L'ancien hôtel des arquebusiers rue de la planche clément à Troyes

Pendant le mois d’août 1475, on achève de bâtir et accommoder l’hôtel et le jardin de l’Arquebusier de Troyes. On nomme ce bâtiment les Buttes. Il était hors de la ville, et en principe faubourg de Croncels, où au XVIIIe siècle existait encore le Champ des Arquebusiers. La maison, négligée pendant les guerres, tomba en ruine. Les maires et échevins promirent aux Arquebusiers de la rétablir où ils voulaient. Ils indiquèrent une place sur la Vienne, proche la porte de Croncels (proche Saint-Gilles). L’acquisition est faite en 1552. Mais cet endroit est humide et marécageux, et souvent inaccessible, les exercices devant être interrompus. Le duc de Nevers, gouverneur de la province leur fait bâtir en 1620, à ses frais, un grand corps de logis, dans l’enceinte des murs, au pied des remparts, terrain où étaient plusieurs maisons particulières, dont on fit l’acquisition. Ce bâtiment s’appela Hôtel de l’Arquebuse, qui fut augmenté et embelli successivement. Il était remarquable par la beauté et l’agrément de sa situation sur le bord d’un canal de la Seine, et par l’étendue de son jardin qui faisait une promenade très agréable. Dans la carrière du tirage existait une grande bascule pour la facilité de montrer l’oiseau qui devait avoir 100 pieds de haut. Il se tirait ordinairement le dimanche qui suit la foire de septembre. En souvenir du passage du roi Henri IV à Troyes, en mai 1595, 4 jolies verrières de Linard Gonthier étaient exposées autrefois dans la salle principale de l’Hôtel des Arquebusiers, puis dans la grande salle de la bibliothèque de l’ancienne abbaye Saint-Loup.


l'arquebusier Linard Gonthier

En 1483, la ville de Troyes crée une compagnie volontaire d’arquebusiers. Leurs buttes sont aux Prés aux duels. Les chevaliers qui veulent en faire partie doivent prêter serment et jurer d’observer fidèlement les statuts, pratiquer la religion catholique, être de bonnes vies et  mœurs et reconnus dignes. Louis XII établit les Arquebusiers en 1501. François 1er leur accorde des lettres-patentes. En 1512, à l’assemblée de la Saint-Barnabé, la population troyenne décide la reconstitution de la compagnie de l’arquebuse, mais elle n’a pas lieu. En 1524, le projet est repris et une organisation s’en suit sous le titre de : « Compagnie des hacquebuttiers ». Les lettres-patentes de François 1er sont confirmées par d’autres lettres en forme de charte, datées de Compiègne au mois de juillet 1557, par le roi Henri II. Ce prince y confirme l’élection de Jean Mauroy, seigneur de Colasverdey, et contrôleur sur le fait des aides et tailles, pour capitaine de la compagnie, « pour jouir des honneurs, autorité, prérogatives,  franchises et libertés qui y appartiennent… lequel pourra résigner quand bon lui semblera, et si vacation y advient, lesdits Arquebusiers pourront nommer qui bon leur semblera pour leur capitaine ». Ce prince y détaille les privilèges et exemptions dont doivent jouir le capitaine et le roi de l’oiseau, et permet de faire des règlements, à charge de les faire homologuer par le roi. Les privilèges et prérogatives de l’Arquebuse sont confirmés par les rois suivants. A partir de l’obéissance de Troyes à Henri IV, le nombre des chevaliers augmente. Suite à cet accroissement de la compagnie, sont créés un lieutenant, un sergent, un major et un enseigne, à qui l’on accorde les mêmes privilèges qu’aux autres officiers. Ces compagnies ont toujours été favorisées par les rois, soit lorsqu’elles portaient le titre d’Arbalestriers, soit lorsqu’elles furent connues sous celui d’Arquebusiers. Ils regardèrent ces établissements comme propres à former les jeunes gens à l’exercice des armes, et comme une école militaire à peu près semblable à celle des cadets, pour les rendre capables de servir plus utilement dans les occasions de guerre. Les princes en retirèrent des avantages considérables, et les chevaliers leur donnèrent en tout temps des marques d’un grand attachement à leurs personnes, et d’une fidélité inviolable dans leur service.  

Hôtel d'Aultruy et Louis le Boucherat

 

Hôtel d’Aultruy – rue Général de Gaulle à Troyes

Cet hôtel construit vers 1560 pour Louis le Boucherat, prend le nom qu’il porte encore aujourd’hui lorsqu’il est racheté par Jean d’Aultruy, maire de Troyes en 1592, anobli par le roi Henri IV.

La façade en appareillage champenois (alternance de craie et de brique) est ornée d’une belle lucarne. Le linteau de la porte d’entrée est sculpté : entre les vases de fleurs et de fruits, on y découvre les blasons de la famille d’Aultruy autour du « coq hardy », emblème des Boucherat.

En contournant la maison par la rue de la Madeleine, on aperçoit contre la façade arrière une jolie tour à cinq pans.


Louis Boucherat, Seigneur de Compant, né le 20 août 1616, descend de Guillaume Boucherat de Troyes, qui, avocat au Parlement de Paris, au milieu du XVI° siècle, y occupait le Barreau avec Pierre Seguier, Charles du Moulin, Christophe de Thou, Denis de Ryantz, Jean-Baptiste du Mesnil et autres illustres « qu’un mérite connu et éprouvé éleva depuis aux premières places de la Robe ». 

Louis Boucherat en robe de chancelier, la main posée sur la cassette des sceaux de France.

Monument des Bienfaiteurs

 

Sculpteur : BRIDEN          
Place Jean Jaurès Troyes
Matériau: Bronze
Type d'œuvre: Statues décoratives, Monument aux morts et commémoratifs
Année: 1900




Le monument des Bienfaiteurs de la ville de Troyes fut inauguré le 14 juillet 1900. Il perdit ses sculptures exécutées par sculpteur Désiré BRIDEN en 1942 et fut rasé en 1969. Il occupait le cœur de la place Jean-Jaurès (nom actuel). Il mesurait onze mètres de haut.

 Ce monument s’appuyait sur une grande plateforme quadrangulaire formée de volumineux blocs granitiques. Les angles s’embellissaient d’énormes feuilles d’acanthe séparées par des rangées de bandes verticales. Un socle en retrait surmontait ce premier soubassement. Au-dessus se dressait le fût pyramidal qui supportait les mémorables inscriptions.

 Au sommet de la colonne, un génie en bronze, aux ailes déployées, se maintenait d’un seul pied, en équilibre sur un globe censé représenter le monde.

 Appuyé sur le piédestal, un homme de bronze occupait magistralement le devant du monument. Figuration réaliste d’un ouvrier bonnetier troyen, manches de chemise retroussées, col largement ouvert, il saluait avec une branche de chêne…

 


 

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