mardi 7 mai 2024

Hôtel de l'Arquebuse

 



Avant l’invention des armes à feu, il y a à Troyes une compagnie militaire sous le titre d’arbalestriers ou compagnons du serment de l’arbalète. Depuis l’usage de la poudre à tirer, l’arbalète est négligée et entièrement abandonnée pour l’arme que l’on appelle Arquebuse-Buttière, et les membres de la compagnie sont nommés Arquebusiers ou Chevaliers de la Butte.

L'ancien hôtel des arquebusiers rue de la planche clément à Troyes

Pendant le mois d’août 1475, on achève de bâtir et accommoder l’hôtel et le jardin de l’Arquebusier de Troyes. On nomme ce bâtiment les Buttes. Il était hors de la ville, et en principe faubourg de Croncels, où au XVIIIe siècle existait encore le Champ des Arquebusiers. La maison, négligée pendant les guerres, tomba en ruine. Les maires et échevins promirent aux Arquebusiers de la rétablir où ils voulaient. Ils indiquèrent une place sur la Vienne, proche la porte de Croncels (proche Saint-Gilles). L’acquisition est faite en 1552. Mais cet endroit est humide et marécageux, et souvent inaccessible, les exercices devant être interrompus. Le duc de Nevers, gouverneur de la province leur fait bâtir en 1620, à ses frais, un grand corps de logis, dans l’enceinte des murs, au pied des remparts, terrain où étaient plusieurs maisons particulières, dont on fit l’acquisition. Ce bâtiment s’appela Hôtel de l’Arquebuse, qui fut augmenté et embelli successivement. Il était remarquable par la beauté et l’agrément de sa situation sur le bord d’un canal de la Seine, et par l’étendue de son jardin qui faisait une promenade très agréable. Dans la carrière du tirage existait une grande bascule pour la facilité de montrer l’oiseau qui devait avoir 100 pieds de haut. Il se tirait ordinairement le dimanche qui suit la foire de septembre. En souvenir du passage du roi Henri IV à Troyes, en mai 1595, 4 jolies verrières de Linard Gonthier étaient exposées autrefois dans la salle principale de l’Hôtel des Arquebusiers, puis dans la grande salle de la bibliothèque de l’ancienne abbaye Saint-Loup.


l'arquebusier Linard Gonthier

En 1483, la ville de Troyes crée une compagnie volontaire d’arquebusiers. Leurs buttes sont aux Prés aux duels. Les chevaliers qui veulent en faire partie doivent prêter serment et jurer d’observer fidèlement les statuts, pratiquer la religion catholique, être de bonnes vies et  mœurs et reconnus dignes. Louis XII établit les Arquebusiers en 1501. François 1er leur accorde des lettres-patentes. En 1512, à l’assemblée de la Saint-Barnabé, la population troyenne décide la reconstitution de la compagnie de l’arquebuse, mais elle n’a pas lieu. En 1524, le projet est repris et une organisation s’en suit sous le titre de : « Compagnie des hacquebuttiers ». Les lettres-patentes de François 1er sont confirmées par d’autres lettres en forme de charte, datées de Compiègne au mois de juillet 1557, par le roi Henri II. Ce prince y confirme l’élection de Jean Mauroy, seigneur de Colasverdey, et contrôleur sur le fait des aides et tailles, pour capitaine de la compagnie, « pour jouir des honneurs, autorité, prérogatives,  franchises et libertés qui y appartiennent… lequel pourra résigner quand bon lui semblera, et si vacation y advient, lesdits Arquebusiers pourront nommer qui bon leur semblera pour leur capitaine ». Ce prince y détaille les privilèges et exemptions dont doivent jouir le capitaine et le roi de l’oiseau, et permet de faire des règlements, à charge de les faire homologuer par le roi. Les privilèges et prérogatives de l’Arquebuse sont confirmés par les rois suivants. A partir de l’obéissance de Troyes à Henri IV, le nombre des chevaliers augmente. Suite à cet accroissement de la compagnie, sont créés un lieutenant, un sergent, un major et un enseigne, à qui l’on accorde les mêmes privilèges qu’aux autres officiers. Ces compagnies ont toujours été favorisées par les rois, soit lorsqu’elles portaient le titre d’Arbalestriers, soit lorsqu’elles furent connues sous celui d’Arquebusiers. Ils regardèrent ces établissements comme propres à former les jeunes gens à l’exercice des armes, et comme une école militaire à peu près semblable à celle des cadets, pour les rendre capables de servir plus utilement dans les occasions de guerre. Les princes en retirèrent des avantages considérables, et les chevaliers leur donnèrent en tout temps des marques d’un grand attachement à leurs personnes, et d’une fidélité inviolable dans leur service.  

Hôtel d'Aultruy et Louis le Boucherat

 

Hôtel d’Aultruy – rue Général de Gaulle à Troyes

Cet hôtel construit vers 1560 pour Louis le Boucherat, prend le nom qu’il porte encore aujourd’hui lorsqu’il est racheté par Jean d’Aultruy, maire de Troyes en 1592, anobli par le roi Henri IV.

La façade en appareillage champenois (alternance de craie et de brique) est ornée d’une belle lucarne. Le linteau de la porte d’entrée est sculpté : entre les vases de fleurs et de fruits, on y découvre les blasons de la famille d’Aultruy autour du « coq hardy », emblème des Boucherat.

En contournant la maison par la rue de la Madeleine, on aperçoit contre la façade arrière une jolie tour à cinq pans.


Louis Boucherat, Seigneur de Compant, né le 20 août 1616, descend de Guillaume Boucherat de Troyes, qui, avocat au Parlement de Paris, au milieu du XVI° siècle, y occupait le Barreau avec Pierre Seguier, Charles du Moulin, Christophe de Thou, Denis de Ryantz, Jean-Baptiste du Mesnil et autres illustres « qu’un mérite connu et éprouvé éleva depuis aux premières places de la Robe ». 

Louis Boucherat en robe de chancelier, la main posée sur la cassette des sceaux de France.

Monument des Bienfaiteurs

 

Sculpteur : BRIDEN          
Place Jean Jaurès Troyes
Matériau: Bronze
Type d'œuvre: Statues décoratives, Monument aux morts et commémoratifs
Année: 1900




Le monument des Bienfaiteurs de la ville de Troyes fut inauguré le 14 juillet 1900. Il perdit ses sculptures exécutées par sculpteur Désiré BRIDEN en 1942 et fut rasé en 1969. Il occupait le cœur de la place Jean-Jaurès (nom actuel). Il mesurait onze mètres de haut.

 Ce monument s’appuyait sur une grande plateforme quadrangulaire formée de volumineux blocs granitiques. Les angles s’embellissaient d’énormes feuilles d’acanthe séparées par des rangées de bandes verticales. Un socle en retrait surmontait ce premier soubassement. Au-dessus se dressait le fût pyramidal qui supportait les mémorables inscriptions.

 Au sommet de la colonne, un génie en bronze, aux ailes déployées, se maintenait d’un seul pied, en équilibre sur un globe censé représenter le monde.

 Appuyé sur le piédestal, un homme de bronze occupait magistralement le devant du monument. Figuration réaliste d’un ouvrier bonnetier troyen, manches de chemise retroussées, col largement ouvert, il saluait avec une branche de chêne…

 


 

Cathédrale st Pierre et st Paul de Troyes

 


La cathédrale Saint Pierre et Saint Paul (Longueur: 114 m., 28,50 m. de hauteur sous voûte, largeur du transept 50 m.) a été bâtie à l'endroit même où les saints Potentien, et Sérotin avaient établi leur premier oratoire.

Des fouilles de 1973 ont montré l'existence de 3 constructions successives.

C’est en 313, lorsque Constantin donne aux chrétiens la permission d’établir des temples et qu’un évêque est institué dans chaque cité, que la cathédrale de Troyes commence d’être un édifice public.

Notre 1er évêque saint Amateur, en 340 commence à l’agrandir. Saint Urse construit une église plus importante en 426.

L’Évêque saint Prudence évoque en vers latins, en 860, " la magnifique demeure élevée par les chrétiens en l’honneur du Christ où sont vénérées les reliques des saints apôtres Pierre et Paul. C’est en cette église des saints apôtres qu’est conservé le corps de sainte Mâthie ".

Trop petite ou en mauvais état, l’évêque Otulphe la reconstruit en 872.

Incendiée comme Troyes par l'invasion normande des Vikings en 888, il ne reste que des pans de murs que l'on relève et recouvre d'une charpente et d'une toiture.                        

L'évêque Milon l’agrandit vers 980.

Très endommagée par le grand incendie qui ravage la ville en 1188, elle est reconstruite sous l’épiscopat de Garnier de Trainel, puis en 1208, sous celui d’Hervée. Dans l’un de ses rapports il dit : « Que tous le sachent : étant donné que pour l'allongement prévu de l'église Saint-Pierre de Troyes, la construction s'étendra au-delà des murs de la cité, nous avons transporté le four dit de Sainte-Mathie contigu au mur antique sur la place du Pêcheur-Chrétien acquise par nous à la suite d'un échange ». A sa mort en 1223, les chapelles rayonnantes et une grande partie du chœur sont achevées.


Vitrail - Sainte Mathie XIIIe s.

En 1228 une terrible tornade provoque la chute des parties hautes de la cathédrale. Le pape Grégoire IX appelle à l’aide toute la population du royaume de France.

Les travaux reprennent et les parties hautes du chœur sont restructurées à partir de 1235 puis achevées vers 1240. Cette restructuration est l'occasion d'une « modernisation » par rapport au parti d'origine notamment par l'ajourage du triforium qui dans le plan d'origine était aveugle, améliorant ainsi la luminosité à l'intérieur de l'édifice. Il s'agit en outre de l'un des tout premiers triforiums vitrés avec celui de la basilique Saint-Denis. Parallèlement à la construction de la partie haute du chœur sont érigés les piliers des bras du transept. La construction de cette zone médiane de l'édifice est pratiquement achevée en 1260, mais non voûtée.

En 1263, Urbain IV y contribue par une bulle d’indulgences " en faveur des fidèles qui aideraient de leurs aumônes l’édification de l’œuvre somptueuse ".

En 1304, sous l’épiscopat de Jean d’Auxois, le transept est terminé.

1310 la voûte du transept ainsi qu’une flèche élevée au-dessus de la croisée sont achevées.

En 1365, un ouragan abat le grand clocher. Le roi Charles V compatissant envoie aux Troyens des subsides.

En 1410, on construit un grand clocher avec des dons en bois des seigneurs Jehan de Joinville et Jean de Noyers en leur bois de Vendeuvre sous la supervision de jean de Nantes. Si la heuse du clocher, couverture en plomb et cuivre du sommet et des arêtes, se fait en 1432, le coq d'airain doré, œuvre de Nicolas Chévry, et la croix qui le soutenait n'a été posée que le 18 août 1433.

Ce n'est qu’en 1430, un an après le passage de Jeanne d'Arc et du dauphin Charles, que l'édifice est consacré par l'évêque Jean Léguisé.

Son successeur Jacques Raguier jette les fondements du portail et de la tour. " La cathédrale de Troyes, par la lenteur de sa construction, présente une synthèse de l’architecture en Champagne du début du XIIe siècle à la fin du XVe. Elle donne aujourd’hui une profonde impression de grandeur et d’harmonie... ".

Plan de 1600 

[Un panorama du quartier est dressé avec l’abbaye Saint-Loup, aujourd’hui musée des Beaux-Arts, les maisons canoniales, comme l’hôtel du Petit Louvre, le cellier Saint-Pierre, en cours de restauration, le palais épiscopal, aujourd’hui Musée d’Art moderne, le palais des Comtes de Champagne, aujourd’hui disparu, dont il reste seulement l’Hôtel Dieu, actuel lieu d’exposition, et les bâtiments de l’université Reims Champagne Ardenne (URCA). Autant de lieux qui posent le quartier de la cathédrale comme quartier intellectuel, artistique et culturel.]

Tour Eucharistique lumineuse

 


Une Tour eucharistique lumineuse en la cathédrale de Troyes 

A l’occasion des 800 ans de la cathédrale de Troyes en 2008, une Tour eucharistique, joyau de verrerie, a été créée dans la Chapelle du Saint Sacrement.

Sous le vitrail de la Vierge des Litanies et au cœur de la chapelle trône la tour eucharistique, lieu de conservation de l’Eucharistie. Cette œuvre répond à une commande du diocèse et plus particulièrement de l’évêque de Troyes, Mgr Stinger, et du recteur de la Cathédrale et responsable de la commission diocésaine d’art sacré : P. Dominique Roy.

Posé sur un socle haut en verre, le tabernacle est composé de verres polychromes surmontés d’une pyramide blanche.

De l’intérieur de cette demeure précieuse, jaillit la lumière, grâce à une installation de leds blancs doublant les verres.

L’artiste, Hélène Mugot témoigne à propose de cette œuvre : "Dans ce tabernacle de l’Eternel se conjuguent la figure archaïque de la Maison, l’iconographie de Byzance, les châsses précieuses gothiques, l’abstraction moderne et les technologies du XXIème siècle… toute la mémoire de l’Art Chrétien. "

Une attention particulière a été portée au lien unissant le vitrail de la Vierge, situé au-dessus et le tabernacle. Que ce soit à travers le choix du matériau, et une palette chromatique identique, un écho artistique et spirituel résonne entre ces deux œuvres.

L’artiste poursuit "Ce « tabernacle précieux », sera aussi - à la manière des Matriochka -enveloppé et déployé dans le chromatisme de la Vierge du vitrail, où la lumière qui le traverse fait figure d’Annonciation.»



Cet extrait de la litanie des saints fait majestueusement écho à ces créations :

"…Mère très pure, priez pour nous

Mère très chaste, priez pour nous

Mère sans tache, priez pour nous

Mère sans corruption, priez pour nous…

Vase spirituel, priez pour nous

Vase honorable, priez pour nous

Vase insigne de dévotion, priez pour nous…

Tour de David, priez pour nous

Tour d’ivoire, priez pour nous

Maison d’or, priez pour nous

Tabernacle précieux, priez pour nous…

Arche d’alliance, priez pour nous

Porte du ciel, priez pour nous

Étoile du matin, priez pour nous…"

 



lundi 6 mai 2024

Jeanne d'Arc à Troyes

Les notables de Troyes remettent les clefs de la ville au roi Charles VII en présence de Jeanne d'Arc. Miniature issue du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, vers 1484, BNF.

Le 10 juillet 1429, Charles VII, en chemin vers Reims pour se faire sacrer roi de France, entre pacifiquement dans Troyes. La ville lui a ouvert ses portes, malgré la présence d'une garnison bourguignonne, après plusieurs jours de négociations entre partisans de Charles VII et partisans du parti Bourguignon. Ce ralliement, à première vue insignifiant, sera imité par les villes de Châlons et de Reims, permettant ainsi un sacre en évitant toute attaque contre des cités françaises. La légitimité de Charles VII, renforcée grâce à son sacre, sera également confortée grâce à son entrée pacifique dans ces villes de Champagne.

Troyes, une des anciennes capitales du comté de Champagne, a connue une prospérité croissante du XIème au XIIIème siècle, notamment grâce aux foires de Champagne. A Troyes, deux foires sont organisées, celle de la Saint-Jean, le 24 juin, et celle de la Saint-Rémi, le 1er octobre, chacune durant quinze jours. Les marchands originaires de Flandre ou d'Italie voyagent en toute sécurité dans une contrée pacifiée, allant même jusqu'à être protégé en dehors des domaines des comtes grâce aux « conduits des foires ». Les guerres franco-flamandes à la fin du XIIIème entament le déclin des foires, qui subsisteront encore quelques années. Le souvenir de ses foires restera gravé, d'autant que plusieurs familles italiennes ou flamandes se sont fixées à Troyes.

Entre-temps, les comtes, devenus rois de Navarre, s'éteignirent et la Champagne fut réunie au royaume de France par le mariage en 1284 de l'héritière Jeanne de NAVARRE avec le roi Philippe le Bel. La guerre de Cent-Ans débuta quelques années plus tard, plongeant la région dans une insécurité quasi permanente. Les fortifications sont renforcées, les impôts et les rançons sont payées, mais la population est ruinée : en 1371 seulement 300 familles troyennes sont solvables pour le règlement des impôts. Dix ans plus tard une émeute du petit peuple perturba la cité plusieurs mois.

Proche de la puissante Bourgogne, les Troyens sont plutôt partisans des Bourguignons contre les Armagnacs (partisan du Dauphin Charles opposé à son père). La reine Isabeau de BAVIÈRE et l'administration royale s'installent régulièrement à Troyes de 1417 à 1420, fuyant la capitale en proie aux troubles. L'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur par des Armagnacs, fait basculer les Bourguignons dans le camp anglais. Le roi Charles VI désavoue son fils, déclaré indigne de succession, et annonce le mariage de sa fille Catherine avec le roi anglais Henri V. Le mariage est célébré en l'église Saint-Jean du Marché de Troyes le 2 juin 1420 et le traité de Troyes désigne Henri V comme héritier et régent du royaume de France.

Le Honteux Traité de Troyes

 

Traité de Troyes intitulé au nom du roi d'Angleterre Henri V, 21 mai 1420

Arch. nat., AE/III/254 (J 646, n° 15)

En mai 1420, Henri V d’Angleterre et le roi de France Charles VI signent le traité de Troyes, d’une importance majeure dans l’histoire de France. Ce « honteux traité » entérine la toute-puissance anglaise dans le cadre de la guerre de Cent Ans et met grandement en péril la survie du royaume de France, qui, sans doute, aurait pu disparaître… Si ce traité est une catastrophe pour le royaume, il est également un moment charnière dans l’histoire de France. Le traité de Troyes a alimenté les pires craintes, mais a aussi nourri les plus grands espoirs, ceux de voir les Français « bouter les Anglais hors du royaume » comme le dira un peu plus tard une certaine Jeanne d’Arc.

Au début du XVe siècle, le royaume de France est dans une position bien délicate face à son homologue anglais, emmené par le puissant Henri IV d’Angleterre, père du futur Henri V. Henri IV est issu de la branche cadette des Plantagenêts, les Lancastre. Nous sommes alors en pleine guerre de Cent Ans et l’Angleterre s’est rendue maîtresse d’une importante partie du royaume de France. Les reconquêtes amorcées sous Charles V ont laissé place à une instabilité chronique exacerbée par un roi pris de folie, Charles VI, incapable de régner. Cependant, il faut bien avoir en tête que la première crise de folie du roi intervient en 1392, soit 12 ans après sa montée sur le trône. Si Charles VI mérite bien son sobriquet de « fol », son règne ne peut en être résumé à cela. Bref, au début des années 1400, le royaume est bel et bien gouverné par un roi instable. De plus, en 1407, s’ouvre une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, deux partis qui se disputaient le pouvoir au Conseil du roi. Problèmes financiers, guerre civile, roi incapable de régner, morale en baisse : le royaume de France est sans doute au plus bas. Surtout, en 1413, Henri IV meurt et laisse le trône à son fils, Henri V, ambitieux et impétueux, bien décidé à faire plier le royaume de France.

En août 1415, le roi anglais et ses 10 000 hommes environ débarquent en Normandie, à Harfleur. Après plus d’un moins de siège, la ville tombe en septembre 1415. Henri V poursuit sa lancée sur les côtes normandes, en direction du nord, sans doute avec le projet de rejoindre Calais, déjà aux mains des Anglais. Une armée française menée par le connétable Charles d’Albret le talonne sans pour autant ouvrir les hostilités. Finalement, après quelques semaines de course-poursuite, les troupes royales décident de barrer la route aux hommes de Henri V à Azincourt fin octobre 1415. Le 25, la bataille est engagée. Les Français subissent une violente défaite, sans n’avoir jamais pu dominer. La défaite entérine les difficultés françaises et marque le temps de la suprématie anglaise, chapeautée par le puissant monarque Henri V d’Angleterre.

La Mise au tombeau 1ère partie

  Crypte de l'Église Saint Jean-Baptiste de Chaource - XVIe siècle La Mise au tombeau se situe à la fin de la Passion du Christ et est r...