samedi 4 mai 2024

Médailles du Diocèse de Troyes


 Les médailles de reconnaissance du Diocèse de Troyes



Médaille de la Reconnaissance Diocésaine de TROYES

créé entre 1927 & 1930, sous l'épiscopat de Monseigneur FELTIN (1927 - 1932)

1 degré. Médaille circulaire de 30mm en métal doré.

Avers : bustes tournés vers la droite de Saint-Pierre (avec les clefs au premier plan) et Saint-Paul (avec le glaive au deuxième plan),

entourés des inscriptions "S. PETRUS" à gauche et "S. PAULUS" à droite.

Revers : guirlande lobée, inscription circulaire "Diocèse de Troyes (en haut) / Médaille d'Honneur (en bas)". Au centre, jeton circulaire vide.

Ruban : rouge bordé de tricolore.

Graveur : C. Charles.

 





Sur ce modèle, nous avons les blasons des villes de Sens (à droite), siège de l’Archidiocèse et de Troyes (à gauche) siège du diocèse




Il existe plusieurs broches ou médailles du diocèse de Troyes différentes. La différence se fait principalement sur les blasons qui y figurent.

Ainsi, sur ce modèle, nous avons les blasons des villes de Nogent-sur-Seine (en haut à gauche), Bar-sur-Seine (en haut à droite), Arcis-sur-Aube (en bas à droite, Bar-sur-Aube (en bas à gauche) et brochant le tout, celui de Troyes, siège du diocèse





Nouvelle crosse pour Mgr Joly

 

La nouvelle Crosse de Mgs Joly

Suite au vol à l’été 2022 des affaires de Mgr Joly – dont sa crosse personnelle qui symbolisait son parcours et ses origines bretonnes  – le diocèse de Troyes a sollicité quatre artisans aubois pour fabriquer un nouvel insigne épiscopal.

En juillet, l’évêque de Troyes se fait voler sa crosse, rangée dans une sacoche, alors qu’il voyage dans le TGV Paris-Rennes. Sacoche qu’il avait posée avec sa valise à l’entrée de la voiture (le terme wagon est utilisé pour le transport de marchandises) sur le rangement dédié aux bagages.

Éric Pallot, ancien architecte en chef des Bâtiments de France (dessin), la vitrailliste Flavie Vincent-Petit (verre et bois), Martial et Jérémy de l’entreprise Baty pour la partie ébénisterie ont uni leurs compétences, pour concevoir ensemble une nouvelle crosse épiscopale d’1m90, pour l’évêque de Troyes.

À travers cet objet, ils ont voulu évoquer l’architecture de la cathédrale de Troyes, en représentant la voûte gothique au niveau du crosseron et la présence de Sainte Mâtie (patronne du diocèse de Troyes).  La partie la plus décorative, baptisée le nœud, sera en verre pour symboliser le vitrail, avec du jaune d’argent, pour rappeler ceux de la cathédrale et souligner l’idée de transparence et de lumière, qui écarte le mal et les ténèbres. Sainte Mâtie, souvent illustrée avec des roses sera représentée de manière symbolique puisque la crosse sera faite de bois de chêne et de rose.

Dimanche 25 juin, Monseigneur Alexandre Joly avait donné rendez-vous à une cinquantaine de fidèles pour présenter sa nouvelle crosse épiscopale, fruit d’un travail entre plusieurs artisans aubois.

Après une explication des symboles de l’évêque, Monseigneur Alexandre Joly est revenu sur le processus de fabrication de cette crosse. Après le vol de sa dernière, en juillet 2022, l’évêque souhaitait que la crosse « dise quelque chose de l’Aube. » C’est ainsi que la hampe rappelle les colonnes de la cathédrale, le nœud rappelle les chapiteaux tandis que la crosse fait écho à l’arc brisé de la grande arcade du bas-côté de l’édifice.

Côté symbolique, le choix était d’utiliser deux bois : le bois de chêne pour rappeler la pérennité et le bois de rose en référence à sainte Mâtie, patronne de la ville de Troyes. Le nœud, quant à lui, représente la lumière et est composé de quatorze pièces de verres rappelant les douze apôtres, Jésus et Marie.

 

Alexandre dans son bureau



Avènements des Evêques de Troyes / Mgr Joly

 

Joyeux Avènements des Evêques de Troyes

 


Les textes relatifs à ce « Joyeux Avènement des Evêques de Troyes », sont tirés de l’obituaire (registre d’un monastère) de l’abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains (écrit en latin), actuellement à la Bibliothèque Nationale. Un texte en français fut écrit vers l’an 1300, car c’est à cette époque qu’eut lieu l’enquête relative au palefroi (cheval de parade) de l’évêque Guichard : l’abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains, Isabelle de Saint-Phal, réclamait le cheval sur lequel l’évêque avait fait son entrée, disant qu’il appartenait aux écuries de l’abbaye. L’évêque prétendait que l’abbaye n’avait aucun droit sur son cheval.

Le roi Charles Le Sage, en 1375, était très attaché à son confesseur « par les liens de l’estime et de la plus intime confiance », Pierre Champagne, né à Villiers-Herbisse, près d’Arcis-sur-Aube, dont il avait anobli sa famille, en la personne de Nicolas Champagne, son frère, et, en sa faveur, avait enrichi d’un grand nombre de manuscrits la bibliothèque des Jacobins. Quand ce dernier devient évêque de Troyes sous le nom de Pierre de Villiers, le Roi, pour lui donner « un témoignage éclatant », engagea le Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, à honorer de sa présence l’entrée du nouvel évêque. Par considération pour ce Prince qui, avec Gui de la Trémoille l’accompagna à pied pendant toute cette longue cérémonie, l’humble confesseur n’avait pas voulu monter dans la chaire, qui lui avait été présentée par ses Barons.

Au XV° siècle, les religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains assistaient aux processions publiques, et y affichaient un luxe scandaleux. L’évêque de Troyes, Jean Léguisé essaya, le 12 juillet 1442, de soumettre à la clôture ces religieuses, mais il dut renoncer à cette réforme, et se contenta, par rapport aux processions publiques, d’ordonner aux religieuses : d’y paraître seulement quand il les appellerait, de mettre de côté leurs coiffures prétentieuses, et de porter des vêtements simples.

Le Cérémonial du « Joyeux Avènement des Evêques de Troyes » est donc bien antérieur à 1519, car cette année-là, l’évêque Guillaume Parvi soumit les religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains à la clôture. Or, d’après le Cérémonial, elles ne sont pas cloîtrées, puisqu’elles vont en procession jusques à « La Croisette », c’est-à-dire assez loin en dehors des murs du monastère, et en 1527, à l’entrée de l’évêque Odard Hennequin, elles allèguent qu’elles ne peuvent aller en procession à sa rencontre jusques à la Croisette, parce qu’elles sont cloîtrées, « ne pouvant partir ni aller audit lieu de La Croisette où ses prédécesseurs avaient été par elles reçus auparavant leur dite réformation ».   

Jusqu’au XVIIIe siècle, un cérémonial se pratiquait donc aux entrées solennelles de nos Evêques. La veille de son intronisation, le nouvel Evêque, arrivant en cavalcade, formée d’une partie du clergé, des officiers de justice, des licenciés ès lois, et de la Noblesse de Troyes, venait descendre à l’abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains. A l’entrée des lisses qui ferment la place de cette abbaye, il rencontrait l’Abbesse, et toutes les religieuses s’avançant en procession au-devant de lui. Il mettait pied à terre, et l’Abbesse « se saisissait de la mule du révérend, et la faisait mener comme sienne, dans l’étable de l’abbaye ». Elle prenait ensuite l’Evêque par la main, et précédée de sa Communauté, en procession, chantant des antiennes, elle le conduisait par le cloître, à l’église intérieure de la maison qui demeurait ouverte au peuple de tous états, qu’attirait la cérémonie. Après sa prière faite dans l’église, l’Abbesse, le tenant toujours par la main, le menait au chapitre, où, après l’avoir revêtu d’une chape, lui avoir mis une mitre sur la tête et une crosse à la main, elle lui faisait jurer sur les évangiles de conserver et maintenir les droits et privilèges de l’abbaye. Ce serment prêté, et le Notaire présent en ayant dressé acte, un aumônier chantait à haute voix, et l’évêque donnait sa première bénédiction. L’abbesse lui ayant ensuite ôté la chape et la mitre, elle le reconduisait par la main, toujours précédée de ses religieuses, marchant en procession et chantant, à un appartement qui lui était préparé, « en lui déclarant qu’il devait y prendre son gîte, et coucher la nuit audit lieu, ainsi qu’avaient toujours fait ses prédécesseurs sans aucun contredit ». L’Evêque restait à l’Abbaye avec sa suite, y soupait de la cuisine de l’abbaye, y couchait. Le lendemain, le chapitre faisait sa visite. Puis, c’était la procession dans l’église de l’abbesse. L’évêque, l’abbesse à côté de lui, va au grand autel, porté sur les épaules de « quatre pairs de Méry-sur-Seine», sur une chaire revêtue d’un drap d’or, et il dédie à nouveau l’église.

vendredi 3 mai 2024

Les Évêques du Diocèse de Troyes

 

Les évêques de Troyes, du 1er à ce jour….


Saint Loup de Troyes terrassant le Dragon


Presque tout  a été dit sur les évêques de la ville de Troyes sur internet ou dans divers documents, mais ils contiennent tous de grossières erreurs ou omissions (dates, noms ou ordre de succession), c’est pourquoi, après des recherches très approfondies, je pense que vous devriez trouver ici, cette liste complète. Même dans son ouvrage «  Le Diocèse de Troyes », de 1957, Mgr Roserot de Melun reconnaît qu’il n’a pu établir cette liste sans erreurs. Grâce aux archives de la cathédrale et surtout celles du Vatican, ainsi qu’à la rigueur de mon parrain Mgr J. Dieudonné Bonnard, Dr en Théologie et Droit Canonique,  historien de l’art  et de son ami Mgr Eugène-Marie Ernoult, que ce chapitre a pu voir le jour.


1er 340-346 : saint Amateur ou Amadour

 

Saint Amateur évêque de Troyes (appelé aussi Amadour), mort vers 340 est le premier évêque de Troyes à l’époque de Constant Ier. Le bréviaire troyen fait mention de ce saint le 1er jour de mai

 Si son nom est connu, la date de fondation de l'évêché est inconnue. Elle est probablement postérieure à la promulgation de l'édit de Milan en 313 par l'empereur romain Constantin Ier.

 Selon Jean Charles Courtalon-Delaistre, Conflantin, métropolitain de Sens a invité le clergé et les citoyens de Troyes à s'élire un évêque qu'il consacra lui-même.

 

2e 346-375 : Optatien ou Obtatin

 

Optatien, second évêque de Troyes, succède à saint Amateur vers 343.

Saint Servais étant à Utrecht a une vision qui lui annonce les intrusions des Barbares (des Huns) dans le siècle suivant. Il en fait part à plusieurs évêques qui s’assemblent avec lui à Troyes, en 346, où ils tiennent  un concile afin de délibérer sur les moyens de détourner la colère de Dieu et de prévenir ce fléau. Ils chargent saint Servais d’aller à Rome au tombeau des saints apôtres pour implorer leur intercession auprès de Dieu.

Avant de partir, le Saint charge les évêques d’examiner l’accusation d’hérésie qu’il a intentée contre Euphratas, évêque de Cologne.

Sur sa réquisition, ils se rendent en cette ville, où ils tiennent un concile le 12 mai 346, à ce sujet. Euphratas qui s’est lié aux ariens et nie la divinité de Jésus-Christ, y est déposé et Séverin élu à sa place.

Ce concile est présidé par saint Maximin, évêque de Trèves. On commence par lire la lettre de l’église de Cologne et des villes de la Germanie, dénonçant l’apostasie d’Euphratas ; ensuite, tous les évêques donnent leur avis, à leur tour, et suivant leur rang. Optatien, Episcopus Tricassiium, est nommé le cinquième. Baronius le nomme le quatrième.

Pendant tout le moyen-âge, et jusqu’au XVIe siècle, ces actes souvent cités sont constamment et universellement regardés comme authentiques, et on les trouve insérés dans toutes les collections des conciles. L’année suivante se tient le concile de Sardique, en Illyrie, aux confins des empires de Constant et de Constance, assemblé par le pape saint Jules, de concert avec les 2 empereurs.

On y compte 97 évêques, dont 34 évêques des Gaules, et Optatien y est nommé le 17ème.  Il s’y montre fortement attaché au parti de saint Athanase, c’est-à-dire à la foi catholique, et y signale son zèle pour la doctrine de l’Eglise.

Trois objets sont soumis à l’examen du concile : 1) une déclaration de la foi catholique sur la question posée par l’arianisme, 2) la cause des évêques chassés de leurs sièges et accusés par les Ariens, 3) les plaintes formées contre les Ariens eux-mêmes par leurs victimes.  Après un épiscopat glorieux par ses travaux pendant l’espace de plus de 34 ans, Optatien meurt.

 

3e 375-380 : Léon

 4e 380-390 : Héraclius

 5e 390-400 : saint Melain ou Melan ou Merlan

 6e 400-426 : Aurélien

 7e 426-426 : saint Urs ou Ursion, vulgairement saint Ours

 8e 426-479 : saint Loup

 

" Entre tous, l’évêque saint Loup occupe une place exceptionnelle, son seul nom suffit à classer cette Eglise de Troyes dans l’histoire… tout le désigne à l’admiration, au respect, et fait de lui le plus grand des évêques troyens ", a écrit Mgr Roserot de Melin.

Saint Loup naît vers 383 à Toul. Parvenu à la plus haute érudition, la renommée de sa brillante éloquence, le fait connaître à tout le pays.

En 417, il épouse une bergère, Piméniola. Sept ans après, ils n’ont pas encore d’enfants, et d’un commun consentement, s’engagent à garder la continence et à vivre comme frère et sœur.

Il abandonne son bien aux pauvres, quitte la demeure familiale et se rend auprès de saint Honorat, abbé du monastère fondé dans l’île de Lérins. Après une année passée dans une fervente piété, Loup juge sa vocation affermie.

Il regagne Troyes qui vient de perdre son évêque saint Ours. Les Troyens le prient de lui succéder. Ainsi commence en 426 un pastorat remarquable.


Il crée le monastère de Saint-Martin-ès-Aires, instruit un peuple ignorant, gouverne son clergé " avec les rênes d’une sainteté attentive ".

" Doté d’une intelligence vigoureuse, d’une éloquence célèbre, d’une éminente sainteté ", il est envoyé en 429, en mission en Grande Bretagne, afin de purger l’île de l’hérésie pélagienne. Il calme une forte tempête en s’y rendant, et est accueilli par la foule, au vu de miracles éclatants : les paralytiques marchent, les morts sont réanimés, les aveugles voient. Après cette mission, il regagne Troyes avec une autorité accrue du succès éclatant qui l'a couronnée. " les Gaules tressaillent d'allégresse à l'annonce de son arrivée ", dit le biographe de saint germain.

Il établit à Troyes une école d’où sortent plusieurs disciples qui ont honoré l’épiscopat.

 

Mais les Huns deviennent un grave danger. En 451, Attila franchit le Rhin, brûlant les villes, et assailli par les Romains, il résiste dans la célèbre bataille des Champs catalauniques, près de Saint-Mesmin.

Notre évêque, qui fait également fonction de maire, lui envoie 8 clercs avec des paroles de paix, pour le prier d’épargner Troyes. Mais un incident est cause de leur mort : les rayons du soleil frappent les évangiles, et par réverbération, les yeux d’un cheval qui renverse en le tuant son maître, général d’armée et parent d’Attila.

Le roi barbare furieux, ordonne la mort des troyens. Un jeune clerc peut se sauver et en faire le rapport à son évêque. Saint Loup se présente, vêtu de ses ornements pontificaux, son clergé marchant processionnellement devant lui. Attila a peur que le prélat ne soit armé d’une puissance surnaturelle, il est frappé du discours du pontife, subissant l’ascendant de notre évêque qu’il devine comme partenaire digne de lui.

Il traverse notre ville sans dommage, la population n’est pas molestée, et en admiration pour la vertu de notre évêque, il lui demande de l’accompagner dans sa retraite jusqu’au Rhin, puis le renvoie à Troyes comblé d’honneurs et se recommandant à ses prières.

Les miracles continuent, et saint Loup encourage et protège les premières foires de Champagne.

 Il décède en 479, et est inhumé à Saint-Martin-ès-Aires.

La postérité le définit d’un mot : " son amour a sauvé la patrie ".

Les miracles continuent après sa mort, les mères portent leurs enfants à son tombeau lorsqu’ils sont malades…

En 574, après le décès de Clotaire 1er, fils de Clovis, ses 3 fils Gontran, Sigebert et Chilpéric, à la mort de leur frère Caribert, se disputent son héritage. Ils se retrouvent à Troyes, et y jurent la paix, se promettant amitié, sur le tombeau de saint Loup. Alors, les Troyens, d’abord effrayés de se voir au milieu de 3 armées prêtes à combattre, passent de la crainte à la joie la plus vive, et reçoivent les rois " avec des applaudissements universels ! ".

Le corps de notre évêque, dans ses vêtements pontificaux, miraculeusement conservé intact, est montré en 1147 " à tout le peuple de la région " , et est mis dans une magnifique châsse en argent.

En 1515, notre évêque Jacques Raguier expose le chef de saint Loup et le transfère dans un magnifique vase précieux, décoré d’or et de pierreries, avec des plaques d’émail de Limoges retraçant la vie du saint (Trésor de la cathédrale).

En 1524, lors du grand incendie qui détruit une partie de la ville, 3.000 maisons brûlées, 3 églises gravement endommagées, les hospices Saint-Bernard et Saint-Abraham détruits… le fléau s’arrête près de Saint-Jean, quand des religieux apportent processionnellement les reliques de saint Loup. De même, en 1430, alors qu’un incendie consume déjà 80 maisons, les chanoines de Saint-Loup apportent la châsse de leur saint patron, et les flammes s’abattent aussitôt.

Dans la malheureuse nuit du 9 au 10 janvier 1794, les révolutionnaires ouvrent la châsse et jettent les ossements dans un feu allumé à la sacristie de la cathédrale. Seule, une portion du crâne et 16 émaux sont détournés par deux employés de l’église.

En 1811, une nouvelle châsse est bénie, et y reçoit les restes du saint.

Saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont-Ferrand (431-486), parle toujours de saint Loup dans des termes les plus flatteurs. Il l'appelle " le père des pères, l'évêque des évêques, la règle des moeurs, la colonne des vertus, l'évêque incomparable, le premier des pontifes de la Gaule... il fait partie de cette phalange de grands redresseurs de torts, de pourfendeurs d'hérésies, infatigables prêcheurs, que préoccupent plus que les vicissitudes politiques, le souci de leurs ouailles et la conversion des païens...".

On dénombre dans l'Aube, de nombreuses églises dédiées à saint Loup : Blaincourt, Bouy-Luxembourg, Buxeuil, Chappes, Molins, Saint-Loup de Buffigny et Thuisy.


mercredi 1 mai 2024

Cristalleries Royale de Champagne

Les Cristalleries Royales de Champagne - Bayel


La commune de Bayel est réputée pour le travail du verre depuis le XIIème siècle. La proximité de l’Abbaye de Clairvaux, leur travail de déboisement, la rivière Aube et la qualité de son sable, sont parmi les facteurs naturels qui ont favorisé l’installation de verriers itinérants dans le village. Depuis, Bayel vit au rythme du verre puis du cristal avec les Manufactures Royales de Champagne. Le village s’agrandit autour de cet établissement iconique et les familles de verriers sont venues y vivre et y développer toute l’Histoire locale telle qu’on la connait aujourd’hui

La fabrication du verre se développe aux époques romaines et gallo-romaines, pour atteindre à Venise une excellente qualité au XVe siècle.

On façonnait déjà le verre à Bayel en l’an 1300.

En 1663, par ordre de Sa Majesté Louis XIV, le ministre Colbert fit appeler à Paris plusieurs verriers de Murano pour la manufacture et la fabrication de toutes sortes d’articles en verre. Ceux-ci porteurs de secrets de fabrication voyageaient vers la France au péril de leur vie.

En 1666, Jean-Baptiste Mazzolaï ou Mazzola (qui francisa son nom en Mazzolay), et ses collaborateurs, reprirent un atelier de verrerie du Faubourg Saint-Antoine à Paris. Louis XIV enthousiasmé par le travail et l’art verrier de Jean-Baptiste Mazzolay à travers les miroirs de la Galerie des Glaces à Versailles, l’anoblit et lui donna ses lettres patentes en 1666. Le Maître Verrier Vénitien Mazzolay fonde la « Manufacture Royale en cristaux de Bayel », alors que ce n’est qu’en 1764 que Louis XIV crée la cristallerie de Baccarat et en 1767, celle de Saint-Louis. Lorsque Mazzolay décède en 1695, sa veuve, remariée à Mr Simonnot d’Arrentières, poursuit son œuvre jusqu’en 1720. La Manufacture Royale en Cristaux de Bayel a été le fournisseur officiel de la cour jusqu’en 1727.

Ensuite, les dirigeants des Cristalleries sont : Jean Villeprouvée en 1721, Daniel Personne en 1760, Claude Hénard en 1805, François Valory en 1812, Claude Valory en 1835, et la Société veuve Pierre Lecuyer jusqu’en 1852.

En 1854, Alexis Marquot, maître verrier à Bligny dirige les Cristalleries de Bayel, son fils Gustave lui succède en 1863. En 1892, madame veuve Marquot fonde une société avec ses fils.

Avec un personnel d’élite, Bayel connaît une période de prospérité et d’expansion, en acquérant les verreries de Fains (Meuse) en 1910.

A partir de 1924, la Société est présidée par la famille Marquot.

Différents successeurs ont assuré la direction de cette Manufacture Royale, les familles Valory (1771 – 1852), Marquot (1854 – 1987), depuis 1987, la Compagnie Française du Cristal, la Holding Borgosesia, les héritiers de Martini et Rossi, le dernier, la Financière Saint Germain (la Holding Haviland-Daum) ferme l’usine le 13 mai 2016.

mardi 30 avril 2024

L'Art du verre dans l'Aube

 

Musée Saint Loup - Troyes

La plus ancienne trace d’un art du verre exercé à Troyes et dans le département de l’Aube est révélée par les vestiges d’un atelier de verrerie du Haut-Empire (II°, III° siècle après J-C.), fouillé en 1993, à l’emplacement du futur parking aérien de la place Langevin. Cette découverte est unique en Champagne-Ardenne et rare sur le territoire français, pour la période gallo-romaine. La maîtrise de l’art du verre acquise par les artisans du site Langevin allie une parfaite  connaissance des techniques de construction de tous les types de fours (poterie et métallurgie) à la maîtrise du feu lui-même. Les m² fouillés en 1993 à Troyes, n’ont probablement révélé qu’une partie d’un vaste ensemble artisanal implanté depuis le 1er siècle à proximité du cours de la Vienne, entre la rue Emile Zola et le boulevard du 14 Juillet. Les arts du métal et de la céramique devaient y trouver vraisemblablement une place de choix, avant que les incursions barbares ne perturbent l’organisation et la prospérité de la cité tricasse à partir de la seconde moitié du III° siècle. Sur le site, un sesterce d’Hadrien (119-128) a été trouvé dans la masse de limon à proximité du four. L’atelier de verrier a dû fonctionner entre les années 150 et 250 après J.-C.

La fouille de la rue Michelet à Troyes a permis de trouver des objets en verre, de toutes les époques, mais surtout postérieures au XVI° siècle, où les verres peuvent être émaillés et porter un décor plus élaboré, avec représentation de personnages et inscriptions de maximes. A partir du XVII° siècle, les verres sont formés d’une coupe portée par un pied orné d’un bouton plus ou moins décoré. La fin du siècle voit apparaître les premières bouteilles faites pour résister à la pression du vin pétillant de champagne et donc beaucoup plus épaisses que les bouteilles des siècles précédents.

Musée Saint Loup - Troyes

Grille de l'Hôtel-Dieu-le-Comte

 
                          La Grille monumentale de l’Hôtel-Dieu-le-Comte

En 1936, les Troyens ont suivi, avec un intérêt marqué, les différentes phases des travaux entrepris pour la réparation et la « toilette » de la grille de l’ancien hôtel-Dieu-le-Comte, hôpital fondé au XIIe siècle par le comte Henri 1er le Libéral, hôpital qui a été au 18e siècle l’un des plus vastes de France. Cet Hôtel-Dieu, le plus pur chef-d’œuvre du splendide héritage artistique de notre vieille cité champenoise est toujours aujourd’hui, ce monument remarquable qui brille de tout l’éclat de sa splendeur primitive et offre aux yeux admiratifs des passants, les ors rutilants de ses lances et de ses rinceaux, les émaux délicats de ses écussons, qui soulignent l’étonnante majesté de l’imposante structure de sa grille monumentale. Cette superbe grille qui ferme la cour d’honneur sur la rue de la Cité figure parmi les monuments historiques de Troyes. Elle ne coûta pas moins de 34.000 livres.


L’Administration des Hospices fournit elle-même tous les matériaux nécessaires au maître-serrurier parisien de grand talent, nommé Pierre Delphin, qui exécuta sur place ce travail vraiment formidable. Cette grille a « grand air » et sa masse majestueuse, admirablement mise en valeur par l’incomparable richesse de ses ornements et l’élégance des motifs de fer forgé, appelle, irrésistiblement, l’éloge le plus flatteur, et soutient la comparaison, toutes proportions gardées, avec les admirables grilles de la place Stanislas à Nancy.

Elle s’étend sur une façade de 33 m 85. La porte elle-même est surmontée d’une croix qui s’élève à 12 mètres au-dessus du sol. Les armes de France, figurant sous cette croix, sont représentées par un écusson portant 3 fleurs de lys d’or sur un champ d’azur, entouré des colliers des ordres de Saint Michel et du Saint-Esprit, et coiffé de la couronne royale. 





Les armes de France avec les Ordres de st Michel et du st Esprit

La Mise au tombeau 1ère partie

  Crypte de l'Église Saint Jean-Baptiste de Chaource - XVIe siècle La Mise au tombeau se situe à la fin de la Passion du Christ et est r...