mercredi 24 avril 2024

Jacques Edme Regnault de Beaucaron

 

Jacques-Edme Regnault de Beaucaron

 


Vous allez vivre la Révolution avec cet Aubois qui a tant servi la France et le département de l’Aube et lire ce texte, comme un véritable roman, une page passionnante de notre Histoire.

    La famille Régnault de Beaucaron, est originaire du bourg de Lantages, où elle possédait une terre seigneuriale depuis le XVIIe siècle. Sa présence y est confirmée par un ancien relais de chasse datant de 1647, portant incrustés sur sa façade, un nombre prodigieux de bois de cerfs et de chevreuils. S'y ajoutait, dans une tradition folklorique bien champenoise, et au grand dam des bonnes âmes de son entourage, l'inscription suivante sur une pierre :

« Cornu, cornard ou cornichon

qui passe parmy cette rue

N'y passe que la tête nue

Pour te choisir un capuchon ».

     Le relais de chasse, devenu mairie après la Révolution, fut démoli en 1956. La pierre portant l'inscription n'a pas été conservée au fronton de la nouvelle mairie! Mais elle a été scellée dans un mur donnant sur la rue principale, non loin du panneau d'affichage.

    La famille Régnault de Beaucaron fait partie des notables de la commune de Chaource, située à 6 km de Lantages, dont ses nombreux descendants ont administré la cité en tant que maires ou conseillers municipaux.


Jacques-Edme Regnault de Beaucaron naît le 1er septembre 1759 à Chaource. Son père, docteur en médecine, jouissait d’une grande considération. Sa mère, née Sollagesse, appartenait aussi à une vieille famille du pays. Elevé dans les principes d’une saine et forte éducation, il fait ses classes, d’abord à Chaource, au collège fondé par Amadis Jamin, ensuite à Troyes.

Il apprend l’italien, l’anglais, l’espagnol et le portugais. Il va à Paris, est reçu avocat au Parlement à l’âge de 20 ans, et revient à Troyes pour y remplir une charge de magistrature. Regnault de Beaucaron brille dans les « causeries de salon » de la société troyenne, grâce à ses bonnes manières, au charme de sa conversation, chez Mesdames Berthelin, Fromageot, de Chavaudon… Dans ces réunions, il sème des bons mots, des madrigaux, et sait rapidement se faire apprécier. Dès 1781, il adresse des épîtres en vers à deux auteurs dramatiques très en vogue, Auguste de Piis et Barré. Il envoie un grand nombre de ses productions à de nombreux journaux : « L’Almanach des Muses », « Le Chansonnier des Grâces », « L’Almanach des Grâces », « Les Etrennes lyriques et anacréontiques », « Les Etrennes de Mnémosyne lyriques et anacréontiques », « Les Etrennes de Mnémosyne », « L’Esprit des Journaux », « Le Journal de Nancy », « Le Journal de Troyes »… Il y écrit plusieurs articles en prose sur les œuvres de Simon de Troyes… Ses sortes de nouvelles qui paraissent en plusieurs fois, sont l’origine de nos romans feuilletons. Chaque fois, les éloges ne lui sont pas ménagés.

En 1787, il est reçu membre de la Société anacréontique de Rosati, où il a pour collègues Carnot et Robespierre. La même année, il est reçu membre de l’Académie des Arcades de Rome et de l’Académie royale des Belles-Lettres d’Arras, membre associé correspondant du Musée de Paris. Ces succès lui attirent des épigrammes de Rivarol qui l’inscrit à 2 reprises dans son « Petit almanach des Grands Hommes ».

Renoir à Essoyes

 

Pierre Auguste Renoir vers 1875

 Le titre prestigieux de " Ville d’Art " attribué à la Ville de Troyes impose des devoirs, c’est pourquoi la capitale des Comtes de Champagne a présenté au Musée des Beaux-Arts, une exposition consacrée à " Renoir et ses amis ", à l’occasion du 50ème  anniversaire de la mort d’un des plus grands peintres impressionnistes, en 1969.

Pourquoi une exposition Renoir à Troyes ?

Parce que le grand artiste, bien que né à Limoges, est un Aubois d’adoption. Ses fréquents et longs séjours dans notre département, à Essoyes, pays de sa femme et de son modèle préféré Gabrielle, le choix qu’il a fait du petit cimetière de ce village pour y dormir son dernier sommeil, sont autant de preuves de son attachement à notre région. S’il est pour nous une gloire locale, il est pour la France une gloire mondiale. Il n’est, pour s’en rendre compte que de visiter les plus célèbres Musées d’Europe ou des Etats-Unis, ou même de consulter leurs catalogues. Les plus importants collectionneurs de tous pays se font une fierté de posséder une ou plusieurs des œuvres de ce Maître. Il a été peintre de nus, de portraits, paysages, marines, natures mortes et scènes de genre. Il a aussi été pastelliste, graveur, lithographe, sculpteur et dessinateur.

Pierre-Auguste Renoir naît le 25 février 1841 à Limoges. En 1844, il vient habiter au quartier du Louvre à Paris avec sa famille. Il travaille comme apprenti chez un peintre sur porcelaine en 1856, et suit des cours de dessin le soir. En 1862, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts, où il rencontre Monet, Sisley et Bazille. Il fait la connaissance de Fantin-Latour avec lequel il visite souvent le Musée du Louvre.

Il part travailler dans la forêt de Chailly avec les trois peintres ci-dessus et rencontre Diaz.

Vers 1867, il partage un atelier avec Bazille et Monet, ce dernier devenant une influence importante sur son art. Avec Monet ils entreprennent de documenter l’évolution de Paris dans une série de vues.

Sa maîtresse Lise Tréhot (1848-1922) pose pour le tableau Lise à l'ombrelle (1867), qui, exposé au salon de 1868, a suscité les commentaires élogieux d'un jeune critique, nommé Émile Zola. Mais en général, les critiques sont plutôt mauvaises, et de nombreuses caricatures paraissent dans la presse, telles celles de Bertall. Deux enfants naissent de cette liaison : Pierre, né à 9 heures du soir au 35 rue Saint-Claude à Ville-d'Avray le 14 septembre 1868 et mort vers 1930, et Jeanne Marguerite, née à 5 heures du matin au 200 faubourg Saint-Denis à Paris 10e le 21 juillet 1870 et morte le 8 juin 1934, inhumée à Sainte-Marguerite-de-Carrouges.

En 1869, dans une situation financière difficile, il doit vivre chez ses parents retirés dans le hameau de Voisins, non loin de Louveciennes où habite Pissarro. Il y fait le portrait de son père qui suggère une personnalité sévère.

Bal au Moulin de la Galette 1876 - Musée d'Orsay Paris

Eglise de Saint André les Vergers

 

Eglise Saint-André de Saint-André-les-Vergers

 


Montier-la-Celle, Saint-Michaut "alias Saint-Michel" (l’église paroissiale de Saint-Michel, debout dès le IXe siècle, disparut dans le cours du XVIe, avec les habitants de la paroisse, dont le territoire est compris dans celui de la commune de Saint-André), Saint-André, sont trois noms inséparables. De la célèbre abbaye, de l’antique église et du village, c’est le village qui a survécu. Le vieil édifice primitif de Saint-Michel n’a laissé ni traces ni vestiges. Saint Frobert désirant se retirer dans un endroit solitaire à proximité de Troyes sa ville natale, choisit le lieu-dit "insula Germanic ", dit aujourd'hui l’Ile Germaine, avec la permission de Clovis II, et s’y installe avec ceux qui le suivent. Il fonde la glorieuse Abbaye de Montier-la-Celle en 650, dont relèvent 17 prieurés, 30 églises paroissiales. Mais, malgré sa célébrité, malgré les Patriarches, les Archevêques, les Evêques, les Abbés sortis de son sein, et le nombre de ces savants qui ont porté si haut la renommée scientifique des Bénédictins, elle s’écroule sous l’influence des temps et des événements (On peut citer : Saint-Robert de Molesme qui était prieur de Montier-la-Celle, fonde l'abbaye de Molesme, puis se rend à Citeaux où il fonde une abbaye qui donne naissance à l'ordre des Cisterciens. Saint-Remi de Reims, qui finit Archevêque de Chartres).

Châsses de l'Abbaye Montier-la-Celle

Saint-André rappelle un établissement dont nos ancêtres s’écartaient avec effroi : ils refusaient de passer par la petite porte à l'ouest de son église, car saint André donnait accès aux lépreux guéris de la Maladrerie des Deux-Eaux, connue sous le nom de Saint-Lazare, hospice établi depuis le XIIe siècle, à l’entrée de Bréviandes (sur le finage de Rosières qui dépendait de Saint-André), et détruit en 1733.

La paroisse sise dans la « Présentation » de l’abbaye, est donnée à celle-ci par Hugues évêque de Troyes. En 1071, Philippe 1er confirme cet acte. Mais, 7 siècles plus tard, la « manse abbatiale » est réunie à l’évêché. La Paroisse de Saint-André passe alors sous l’autorité directe de l’évêque de Troyes, Mgr Barral. L’Abbaye est vendue et détruite en 1791. Dans le même temps et dans les mêmes circonstances disparait l’Abbaye de Notre dame des Prés, fondée en 1231 par les Bernardines avec l’appui de saint Bernard, à 1 km de Montier-la-Celle.

Les dimensions de l’église de Saint-André-les-Vergers peuvent surprendre. C’est qu’elle était autrefois le cœur d’une paroisse encore plus étendue qu’aujourd’hui : limitée par le faubourg Croncels, où elle avait pour succursale l’irremplaçable chapelle Saint-Gilles, elle comprenait la contrée des Gayettes, les communautés de Laines-Bourreuses (lieu disparu), de Rosières, de Viélaines.

Vie de st André XVIe  
( cliché de nuit, vu depuis l'extérieur )


mardi 23 avril 2024

Eglise Saint-Nizier

 


Historiquement, cette église certainement la plus ancienne de Troyes, après la Cathédrale, qui date des premiers siècles de l’introduction du Christianisme dans les Gaules, et le curé est le troisième des curés cardinaux. Lorique Gallomagne, 13ème  Evêque de Troyes (562-584), ayant appris au concile de Mâcon en 582 les miracles ("qui faisaient alors du bruit") de saint Nizier, Evêque de Lyon, mort depuis 10 ans, va demander ces reliques, qu’il dépose, "avec une grande solennité" à son retour à Troyes, et les fait placer dans une chapelle dédiée à saint Maur.

Depuis 1081, par don de l’évêque de Troyes Philippe de Pons (1081-1121), la chapelle est à la collation du chapitre de la cathédrale qui a droit de visite. Le curé a le titre de prêtre-cardinal. Les Chanoines de la Cathédrale en sont desservants, et conservent jusqu’à la Révolution, des droits sur la paroisse. Pour cela, ils y vont encore tous les ans la veille de la fête patronale chanter premières vêpres, et donnent 5 fois à la fabrique qui doit fournir les cierges. Ces cierges doivent être allumés autour d'une " contenance ", posée au collatéral de la gauche, et les chanoines, à l'issue des vêpres, faire une recommandation à la décharge d'une fondation faite en 1588, par Edmond Somonnier, leur bienfaiteur. 

L’incendie de 1524, en obligeant beaucoup d’habitants du quartier haut à se réfugier dans la partie appelée « Entre-deux-Portes », augmente le nombre des paroisses, et nécessite la construction d’un nouvel édifice. Des quêtes à domicile et 13 confréries contribuent à trouver les fonds nécessaires, de telle sorte que de 1535 à 1578, dans l’espace de 43 ans, l’église est entièrement achevée de l’abside au portail. Ainsi, la chapelle devient une église et une paroisse.

Elle mesure L 48 m sur larg. 27, une hauteur des maîtresses voûtes de 17 m. L’abside est à 5 pans, avec 3 chapelles et une galerie autour du chœur. La tour carrée est terminée en 1619, la 1ère  pierre a été posée en 1602 et montée à la hauteur de 33 mètres. Sa construction témoigne ainsi du passage du style gothique à celui de la Renaissance. Très homogène, elle est semblable à Saint-Nicolas mais s’en distingue toutefois par la présence d’un transept. Sa toiture aux tuiles vernissées multicolores de style Bourguignon, restaurée en 2018, en fait un édifice peu commun dans le Bouchon de Champagne.

Classé MH en 1840, cet édifice reste le seul dédié à Saint-Nizier dans le diocèse de Troyes.

Révérend père Lafra

lundi 22 avril 2024

Notre Dame des Trévois


UNE NOUVELLE ÉGLISE PAROISSIALE DU DÉBUT DU 20e SIÈCLE




Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, le quartier ouvrier des Trévois est en plein essor en raison de l’industrie textile. En effet, le développement de la bonneterie permet à la ville de Troyes d’acquérir une renommée internationale à cette époque. Afin de répondre aux besoins des paroissiens, une chapelle de secours est construite en 1912. Il s’agit d’une succursale de la paroisse Saint-Jean-au-Marché, baptisée Notre-Dame-de-l’Écherelle, du nom d’une ancienne chapelle environnante détruite en 1795 et encore bien ancrée dans la mémoire populaire. 
Cette chapelle remplaçait elle-même une autre chapelle du même nom détruite au milieu du 17e  siècle qui se trouvait dans les environs et s’écroulait. La chapelle de 1912 est nommée dans les différents documents NotreDame de l’Écherelle ou Notre-Dame-des-Trévois. 
 
Monseigneur Maurice Feltin, évêque de Troyes, décide de construire une église définitive, centre d’une nouvelle paroisse, en grande partie financée par un comité de grands industriels du textile ainsi que par un système de souscription. Le paysage urbain et le parcellaire desserré du quartier des Trévois offrent la possibilité d’une vaste construction tout à fait novatrice, atypique, dans une tradition ancestrale et répondant aux nouvelles préoccupations sociales de l’Église. Dom Bellot, moine bénédictin, est chargé de cette réalisation dont la première pierre est posée le 6 décembre 1931 par Monseigneur Feltin. 

Une plaque située sur le chevet de l’église mentionne cette date. Le suivi des travaux qui connaissent trois campagnes successives est assuré par les architectes troyens Joseph Hugot et René Roger. L’édifice est consacré le 18 juin 1934 et mentionné dans la revue L’Architectureen 1936. Le 18 novembre 1938, l’église NotreDame-des-Trévois est érigée en paroisse sous le titre de Notre-Dame des Sept Douleurs.

 Elle est classée au titre des monuments historiques depuis le 6 juillet 2001 et labellisée « Patrimoine du XXe siècle » de facto. Il s’agit de la seule église troyenne dédiée à la Vierge Marie et du premier édifice troyen du 20e siècle à bénéficier d’une protection au titre des monuments historiques. Elle est la propriété de l’association diocésaine de Troyes. 
Après la construction de l’église, la chapelle des Trévois a été transformée en salle de spectacle puis aménagée en salle paroissiale. Par ailleurs, sa bibliothèque attenante est devenue une petite chapelle. On y dit encore la messe, perpétuant ainsi le souvenir de NotreDame de l’Écherelle.

Basilique Saint Urbain IV

 

Basilique Saint Urbain

Merveille de l’architecture ogivale, la basilique Saint-Urbain est un pur joyau de l’art gothique, qui rivalise avec la Sainte Chapelle de Paris, à laquelle la comparent de nombreuses personnalités. Tous les amateurs d’art n’hésitent pas à la qualifier de " joyau d’architecture ", de " véritable châsse de pierre ciselée comme un reliquaire géant ", c’est " le Parthénon de la Champagne ".

Jacques Pantaléon est né en 1185 à Troyes (un des rares papes français). Fils d’un savetier troyen, il connaît une brillante carrière ecclésiastique. Archidiacre de Laon et de Liège, évêque de Verdun, il devient pape en 1261 sous le nom d’Urbain IV en hommage au pape martyr Urbain 1er (222-230). Créateur de la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), il réorganise le gouvernement de l’Église malgré son grand âge. Attaché à sa ville d’origine et soucieux de la valoriser, il fonde une collégiale composée d’un chapitre de douze chanoines à l’emplacement de sa maison natale. Il veut laisser à Troyes, une marque d’affection et de magnificence : bâtir en 1262 une somptueuse basilique, à l’emplacement de l’échoppe paternelle et aux frais du trésor romain. Il meurt 2 ans après, et les sommes qu’il envoyait à Troyes sont arrêtées. Heureusement, le Cardinal Ancher, son neveu, prend à cœur de ne pas laisser inachevée cette œuvre.

Une consécration est prévue le 25 mai 1266 car le chœur est achevé et les parties basses de l’édifice élevées. Cependant, l’abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains, Ode de Pougy, ne l’entend pas de cette manière et fait en sorte que le chantier soit saccagé par crainte de cet édifice situé sur son territoire et dépendant directement de la papauté. « Ainsi, elle fait envahir le chantier par une troupe qui arrache les portes, brise le maîtreautel, des colonnes, des chapiteaux et enlève le matériel des charpentiers. À peine de nouvelles portes sont-elles posées que la même troupe s’en revient les fracturer et les emporter ! Mais ce n’est pas tout. Quelques mois plus tard, un mystérieux incendie détruit une partie des murs, des voûtes et de la toiture de l’église. Enfin, le légat pontifical, venant bénir le nouveau cimetière en 1268, est accablé de coups, d’injures et se voit poursuivit dans les rues de Troyes. »

En conséquence, Ode de Pougy et ses complices sont excommuniés le 15 juillet 1268. Néanmoins la construction reprend vers 1267-1270. La partie haute du transept et ses deux porches sont alors édifiés. Seuls les bas-côtés de la dernière travée de la nef sont voûtés en 1286, date de la mort du cardinal Ancher.

La collégiale est consacrée en 1389, devant une foule considérable, et les reliques sont placées sur les 9 autels. Elle échappe miraculeusement à l’incendie qui ravage une partie de la ville en 1524, détruisant 3.000 maisons.

En 1565, 2 vols importants sont commis : 1 croix d’or, 2 d’argent et tous les reliquaires. Les coupables sont roués en place publique en 1574.

En 1761, la foudre tombe pour la 5ème fois sur le clocher. Les chanoines en réduisent la hauteur, en l’arrêtant au-dessus des cloches.

 La Révolution de 1789 en fait un magasin de blé, ce qui lui permet d’échapper à la rage de la destruction qui sévissait à cette époque. Un fonctionnaire municipal demande même au Conseil sa démolition, et celle des autres églises, sauf notre cathédrale ! Les 4 cloches, les cuivres du chœur, de la croix, du coq du clocher, sont fondus pour " sauver la patrie en danger " ! Les reliquaires contenant un bras de saint Urbain, la tête de saint Daniel et celle d’une des 11.000 vierges, une épine de la sainte couronne, la magnifique statue de cuivre de 4 pieds de haut de saint Urbain, datant du XIIIe siècle, sont détruits !

L’église devient paroissiale après la Révolution. A partir de 1850, la mairie démolit les maisons accolées à son abside. Paul Selmersheim, architecte diocésain, achève la nef de 1893 à 1905 après restauration du chœur et du transept de 1876 à 1886. Les maisons alentours sont, jusqu’alors, adossées aux murs de l’édifice. La flèche en bois, auparavant située sur la croisée et démontée en 1761, n’est pas restituée. L’église, classée au titre des monuments historiques en 1840, accueille en son chœur la dépouille d’Urbain IV en  1901 et devient basilique mineure en 1964 à la demande de l’évêque de Troyes, Monseigneur Julien Le Couëdic.

Le 20 février 1906, 200 fidèles et des personnalités troyennes opposés à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat occupent Saint-Urbain et résistent pendant des heures aux forces de police et militaires qui, sur ordre du maire Louis Mony (franc-maçon, tour à tour clérical, bonapartiste, conservateur, républicain modéré, radical et alors radical-socialiste), et conduites par le préfet Marais, sont venues faire l’inventaire des biens immobiliers et mobiliers de la paroisse. Ils sont finalement délogés, les portes de la collégiale défoncées à coups de hache par les pompiers. La police emprisonne des catholiques.



La basilique Saint-Urbain est un joyau de l’art gothique rayonnant se distinguant par son homogénéité et sa symétrie. Le visiteur peut appréhender l’ingéniosité des bâtisseurs de l’époque médiévale en admirant les nombreux gâbles et arcs-boutants d’une extrême finesse, véritable squelette de pierre permettant de répartir les forces des voûtes et ainsi de stabiliser l’édifice.

Une autre surprise réside dans les porches du transept maintenus par des « échafaudages » de pierre.

Quant au porche de la façade (à l’ouest), il comprend trois portails datés du 13e siècle dont le principal orné d’un tympan, en haut-relief représentant le Jugement dernier à la manière d’un vitrail. Ce même thème est traité différemment, en peinture, au revers de la façade à l’intérieur de l’édifice.


en haut : Christ en Majesté - juste en dessous : les douze apôtres
au registe intermédiaire : à gauche la Vierge - à droite saint jean
au registre inférieur : de gauche à droite :
Abraham, le Paradis, les Démons, l'Enfant


Les gargouilles de la basilique Saint-Urbain constituent une autre curiosité qui intrigue souvent le visiteur. En effet, elles révèlent des épisodes de la vie au Moyen Âge ou des scènes historiques et sont, à l’image des vitraux, des témoins du passé. A noter cinquante célèbres gargouilles, qui sont très pittoresques

La statuaire est aussi d’une grande richesse artistique. La Vierge au raisin, chef-d'œuvre de l’École Troyenne, a été choisie par la Mairie de Troyes comme médaille officielle.

 Les restes de notre illustre Pape reposent depuis 1935, dans le chœur de l’église. A l’occasion du VIIe centenaire de sa mort, en 1964, Paul VI érige l’église Saint-Urbain en Basilique.

BAS-RELIEF REPRÉSENTANT URBAIN IV DEVANT LE CHRIST


Ce bas-relief en pierre polychrome, daté de 1936, est l’œuvre d’Henry Charlier, artiste troyen. Depuis 1935, il recouvre l’espace dans lequel repose la dépouille d’Urbain IV. On peut y apercevoir le Christ au centre portant un ostensoir (symbole du SaintSacrement). Urbain IV se trouve à droite tandis que sainte Julienne est à gauche, à genoux, en prière.

Cette collégiale est dédiée au 17ème  pape martyr, Urbain 1er, pontife de 222 à 230, enterré au cimetière de Calliste, sur la Via Appia à Rome, fêté le 19 Mai (ou le 25 Mai dans certains diocèses de France).

La basilique Saint-Urbain est souvent comparée à la Sainte-Chapelle de Paris (érigée au 13e siècle) en raison de son plan et des vitraux du chœur occupant toute la surface disponible en hauteur et en largeur, donnant ainsi un élan vertical à l’édifice. On note l’absence de déambulatoire puisque les chapelles ne communiquent pas entre-elles. On remarque une coursière devant les fenêtres basses de l’abside qui paraît former devant elles un écran ajouré particulièrement élégant. Il s’agit là d’une autre particularité de la basilique Saint-Urbain.

LES VITRAUX

Certainement posés vers 1270, les vitraux du chœur s’intègrent merveilleusement à l’architecture et se distinguent par la clarté de leur composition en grisaille car leur fonction est de faire entrer abondamment la lumière pour éclairer l’église et mettre en valeur ses formes et ses volumes. Ces vitraux comportent des panneaux colorés représentant des personnages de profil dans les baies hautes, entourés d’une bordure héraldique sur laquelle on peut reconnaître les armes de France, de Navarre, de Troyes, du pape Urbain IV et du chapitre collégial. Nous ignorons leurs auteurs car les vitraux sont souvent anonymes entre le 12e et le 17e siècle.

PAVILLON (OU OMBRELLINO PONTIFICAL)

Insigne caractérisant une basilique. Sorte de parapluie à demi-ouvert, dont l’armature en bois est recouverte de bandes de soie alternativement rouges et jaunes, couleurs du gouvernement pontifical. Le pavillon est à moitié ouvert lorsqu’il s’agit d’une basilique mineure et totalement déployé pour les basiliques majeures.


Le choeur et ses baies de lumière du XIIIe - à gauche l'Ombelle


la Crucifixion XIIIe


VITRAIL DE LA VISITATION

Ce vitrail fait partie d’un ensemble de panneaux historiés relatant des épisodes du Nouveau Testament. Il s’agit ici de la Visitation, d’après l’Évangile selon saint Luc. Marie, enceinte du Christ, rend visite à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. La représentation de la scène, sous forme de médaillon, est caractéristique du 13e siècle.

la Visitation et la Nativité


VERRIÈRE DES PATRIARCHES

Cette verrière est animée par de grands personnages, prophètes et figures bibliques sur fond bleu ou rouge. Tout comme les figures des vitraux du 13e siècle, celles-ci sont particulièrement expressives. Les bordures héraldiques très colorées sont larges, ce qui est extrêmement rare au 13e siècle car on a plutôt tendance à réduire les dimensions de l’encadrement. On peut y apercevoir Abraham, Zacharie, Isaïe..

 Joël, Noé, Abraham

Lévi, Cham et Samuel


Les verrières de la nef représentent vingt-quatre saints et saintes de la région troyenne témoignant du sentiment des aubois à l’égard de la religion et de leur patrimoine à la fin du 19e siècle. Ainsi, ces vitraux furent majoritairement financés par des habitants de la paroisse.


 ÉPISODES DE LA VIE D’URBAIN IV

Situés dans les bas-côtés nord de la nef, seize panneaux, restaurés par Didron (peintre-verrier) en 1897, représentent des épisodes de la vie d’Urbain IV et de son neveu, le cardinal Ancher. Parmi ceux-ci, citons Jacques Pantaléon à la maîtrise de la cathédrale, Jacques de Troyes prêchant, l’échoppe paternelle, le baptême de Jacques Pantaléon, sa première communion, le cardinal Ancher et Urbain IV…

Vitrail de la façade (Didron, 1901)

De gauche à droite : Saint Valérien, saint Louis, saint Urbain Ier, Urbain IV, saint Thomas d'Aquin, sainte Cécile



STATUAIRE 

VIERGE AUX RAISINS, (classée MH en 1894)

Cette œuvre, autrefois polychrome, représente Marie portant Jésus, debout sur un croissant de lune symbolisant l’Immaculée Conception. Posé sur la main de Marie, un oiseau, apparenté à la colombe du Saint-Esprit, picore du raisin en référence à l’épisode de la Passion. Il est aussi fait allusion à l’Incarnation lorsque Marie tient le pied gauche de son fils. On remarque de nombreux éléments caractéristiques de la statuaire champenoise des années 1520 : traits du visage, longue chevelure dénouée, simplicité du vêtement, robe couverte d’un manteau ramené « en tablier » et chaussures à bout carré dit « en gueule de vache ». La bordure du manteau est digne d’un travail d’orfèvre.

 Une estampe de Dürer (1516) a pu servir de modèle à ce groupe. L’Enfant bénit de la main droite, reliée à l’origine par un ruban à la patte de l’oiseau, lequel picore le pampre de vigne en référence à la Passion. La Vierge tient le pied gauche de son Fils, allusion à l’Incarnation. Les traits du visage et la longue chevelure dénouée sont caractéristiques de la statuaire champenoise des années 1520, ainsi que la simplicité du vêtement, une robe couverte d’un manteau ramené « en tablier » et des chaussures à bout carré dit « en gueule de vache ». Le drapé nerveux ménage des effets de lumière qui résonnent dans la bordure orfévrée du manteau. La disparition de la polychromie, grattée au XIXe siècle, ne permet pas une juste appréciation de l’œuvre. Cette statue provient du même atelier que la Sainte Agnès de Saint-Nicolas à Troyes et a dû servir de modèle pour les Vierge de Pougy et de Périgny-la-Rose.

 VIERGE ET SAINT JEAN

Ces deux sculptures, à la manière de Dominique Florentin, pourraient dater de la seconde moitié du « Beau XVIe siècle troyen » en raison de leur style et des plis amples et moelleux du drapé. Elles proviendraient de l’ancien couvent des cordeliers et auraient fait partie d’un Calvaire car destinées à être situées au pied du Christ sur la croix. On note la différence de mouvement entre les deux personnages : saint Jean semble très vivant tandis que la Vierge est accablée de douleur.

 



SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX

Saint Bernard de Clairvaux est souvent représenté dans les églises de la région troyenne car il s’agit d’une figure locale emblématique au 12e siècle. Théologien et auteur de nombreux ouvrages, il impose rapidement son autorité sur toute la chrétienté et fonde le monastère de Clairvaux. Il prêche la deuxième croisade sur la montagne de Vézelay en 1146. Vêtu de la robe blanche des cisterciens, saint Bernard porte, dans sa main droite, une petite église symbolisant le monastère de Clairvaux.

 


SAINT ROCH

Ce groupe de statues en pierre polychrome fait référence au miracle de saint Roch, pèlerin du 14esiècle, guéri de la peste, fléau de cette époque qui perdure au 16e siècle. Saint Roch est invoqué pour la protection des pestiférés, c’est la raison pour laquelle on le retrouve fréquemment dans l’iconographie locale. Ses attributs permettent de l’identifier : il porte la tenue caractéristique du pèlerin (chapeau, pèlerine, panetière et bourdon) ; il montre un bubon pesteux situé sur sa cuisse ; il est en compagnie de l’ange salvateur et du chien qui tient dans sa gueule le pain qu’il lui apporte quotidiennement durant sa maladie.

Saint Roch, l'ange et son chien tenant un pain - XVIe


Saint Odilon de Cluny - pierre polychrome et dorure - XIVe siècle



Sainte Barbe - calcaire polychorme XVIe


l'Education de la Vierge - calcaire polychrome XVIe

Vierge Marie - pierre  XVe


LAVABO

Situé dans l’abside, ce lavabo date du 13e siècle et figure parmi les éléments les plus remarquables de ce type. Le travail de la pierre en haut-relief y est très habile car les détails sont représentés avec une grande précision. Il évoque l’histoire de la basilique et représente différents épisodes et personnages : le Couronnement de la Vierge au centre, le pape Urbain IV portant le chœur de l’église à gauche, le cardinal Ancher soutenant le transept non couvert à droite.




Saint Jacques le Majeur ; une des plus belles statues de l'art troyen du XVIe

 CUVE BAPTISMALE

Cet élément de mobilier, datant du 15e siècle, se trouve dans la basilique depuis le début du 19e siècle. En effet, cette cuve était autrefois dans l’église paroissiale Saint-Jacques-aux-Nonnains vendue sous la Révolution puis détruite. Son mobilier fut lui aussi vendu. Ce fut le cas de cette cuve baptismale octogonale retrouvée dans une cour troyenne, faisant office de margelle de puits ayant subi des dégradations, ce qui explique son état actuel. Il est difficile d’identifier l’ensemble des personnages mais on reconnaît saint Thomas, patron des architectes, des arpenteurs, des charpentiers et des tailleurs de pierre, tenant

 


DALLE FUNÉRAIREDE JACQUES JULIOT L’AÎNÉ

Cette dalle funéraire est, cas rare, celle d’un sculpteur, Jacques Juliot l’Aîné, le mieux connu d’une dynastie d’imagiers champenois du XVIe siècle, décédé en août 1562 (et non 1567 comme l’indique l’épitaphe) et enterré dans l’église. Juliot habitait rue Moyenne, près de Saint-Urbain. Il fut une personnalité importante dans la société troyenne. Marchand de pierre et de vin, il jouissait d’une situation financière aisée. En 1558, il était « marguillier à verge » de Saint-Urbain. Il obtint le privilège d’être enterré dans l’église avec sa femme en échange de la sculpture d’un grand retable en albâtre qui n’était pas achevé à sa mort. Les entrelacs gravés et dorés sur le marbre noir, qui servent de cadre à l’épitaphe, sont inspirés de motifs bellifontains. Seraient-ils dus à Jacques le Jeune, peut-être le fils de l’Aîné, qui avait travaillé à la galerie François Ier au château de Fontainebleau, et Jean l’Auvergnat, son beau-fils, lesquels s’engagèrent à terminer le retable promis ?


Transcription : Cy gist noble home jacques juliot / maistre sculpteur et margr (marguillier ?) de / céans lequel a donné la table du grad (grand) holtel (autel) il décéda le XII jo (12e jour) de / novèbre (novembre) 1567 priez dieu por (pour) les trespassez.

 

RELIEF FUNÉRAIRE, GISANT

Ce relief se distingue par son originalité. Daté de 1570, il représenterait un membre de la famille Cauchon-Maupas. La représentation du défunt évoque la typologie des tombeaux de la Renaissance italienne. On remarque la sinuosité du drapé animé à la manière de Dominique Florentin faisant référence au suaire. Une femme est voluptueusement étendue sur une dalle funéraire. Son bras gauche soutient sa tête. Son corps, ses membres et sa tête sont recouverts, selon toute vraisemblance d’un linceul. Dans le phylactère est inscrit en latin un passage de l’Ancien Testament (job, 14,6) suivi d’une date : « Laissez-moi reposer un peu jusqu’à ce que vienne le jour désiré. 1570 ».

 

Huile sur toile « La Sainte Famille » - début du XVIIIe 

Cette toile est peut-être l'œuvre de Jacques Carrey, élève de Lebrun

La Sainte Famille - XVIIIe



voir l'article : Le Pape Urvain IV


Église Sainte Madeleine

 

Église Sainte Madeleine


La réalité historique de Sainte Madeleine est difficile à discerner. Trois femmes portent ce nom : Marie de Magdala, une des témoins de la Résurrection ayant participé à l’ensevelissement du Christ, nommée Marie-Madeleine, Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe (parfumant les pieds de Jésus et les essuyant avec ses cheveux quelques jours avant sa mort), parfois assimilée à une pécheresse anonyme, et Marie Jacobée l’épouse de Clopas, mère de Jacques le Mineur et de Joset, figurant parmi les témoins de la Résurrection et placée à proximité du Calvaire. La légende a réuni ces trois personnages en un seul portant le nom de Marie-Madeleine, souvent représentée portant son principal attribut : le vase à parfum.

L’église Sainte Madeleine est une des plus anciennes de Troyes, mentionnée dès 1157

Elle mesure 48 mètres de long et 29,30 mètres de large. La belle porte latérale nord,  est du XIIe siècle. L’église a la forme symbolique d’une croix encadrée de 4 collatéraux qui se prolongent par un déambulatoire à l’entour du chœur.

Porte nord de l'édifice XIIe siècle

Le transept est séparé du chœur par le magnifique jubé de pierre construit en 1508, achevé en 1517 et inauguré le jour de Noël. Il figure parmi les sept restants en France, et reste toujours le plus célèbre en Europe. Dans l’Aube, nous avons également le jubé en bois de Villemaur-sur-Vanne.

Le nom jubé provient de la formule latine « Jube, Domine, me benedicere » qui signifie : « Voulez-vous Père, me bénir » prononcée par le diacre du haut de la tribune face aux fidèles. 

Le jubé permet de séparer l’espace sacré, réservé au clergé (le chœur), des fidèles. Il est construit en pierre de Tonnerre (Yonne). Véritable dentelle ciselée, il a été sculpté par Jehan Gailde, maître-maçon et architecte troyen de renom dans le style flamboyant et ses collaborateurs Huguenin Bailly, Martin de Vaulx, Nicolas Havelin et Simon Mauroy. Commandé par les marguilliers vers 1503-1505. Jean Gailde qui est inhumé en-dessous, avec pour épitaphe « qu’il attendait la résurrection bienheureuse, sans peur d‘être écrasé ». 

Jubé dentelle de pierre du XVIe siècle

Ce jubé est considéré comme un chef-d’œuvre d’élégance, de grâce, de fantaisie, en même temps qu’un tour de force, car d’une virtuosité étonnante. Il paraît suspendu dans le vide. 

L’escalier du jubé réalisé entre 1514-1515, a sa rampe garnie d’animaux fantastiques. Sur elle s’élève un Christ en Croix entre la Vierge et Saint Jean, statues du XVIe s. Deux vantaux en bois de l'ancienne clôture ont été déposés au musée de Vauluisant de Troyes. Autrefois, le jubé était polychrome comme en témoigne la couleur verte des tentures de pierre et orné de statues disparues à la Révolution.

la rampe d'escalier du Jubé et ses animaux fantastiques

détail : les armes de France


détail : le dessous du Jubé

Outre le maître-autel, douze autels sont consacrés à saint Jean-Baptiste, saint Christophe, sainte Catherine, saint Nicolas, la Sainte Vierge et sainte Barbe, saint Claude, saint Thibaud, saint Thomas de Cantorbéry, saint Antoine, tous les saints, saint Jean l’évangéliste et saint Michel.

Le Chambellan de Charles VII fait bâtir la chapelle de Saint-Blaise, et fonde une messe quotidienne, qui doit être dite par « un prêtre idoine, bon homme, ni vicieux, ni concubinaire ».

La Mise au tombeau 1ère partie

  Crypte de l'Église Saint Jean-Baptiste de Chaource - XVIe siècle La Mise au tombeau se situe à la fin de la Passion du Christ et est r...